Quoi de neuf docteur?

J’ai eu une cystose

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Roma, Italy, Octobre 2018

C’est un mélange d’une cystite et une mycose…C’était horrible!

Quasiment 8 ans que je n’avais plus fait de cystite et plus de 2 ans sans mycose. Je te vois faire ta tête là…une mycose n’a rien de dégoutant, c’est pas sexuellement transmissible et même si je te disais que j’avais le VIH là, rien ne justifierait ton visage déformé (après tout c’est moi qui le vit, pas toi).

Bref j’ai eu une cystose. C’était pas à cause du sexe, ni à cause de ma mauvaise hydratation, ni à cause de mon oeuf de yoni (rangé depuis plusieurs semaines d’ailleurs), ni à cause de mon mode alimentaire.

Non, c’était à cause de mon changement de…SAVON!

Du coup, je me suis dit que c’était surement le bon moment pour reparler de « toilette intime« …

Par coup de hasard, ma cystose est arrivée juste après qu’une journaliste me demande de participer à une ITW sur ce même sujet. Les cordonniers sont les plus mal chaussés…bon mon frottis est à jour c’est déjà ça…

Je t’ai déjà quasiment tout dit dans cet article là  « Faut se laver la shnek »   donc voilà quoi…

Mais je reprends :

  • Le vagin c’est AUTO-WASH, c’est génial, ça s’auto-entretient DONC N’Y METS AUCUN SAVON
  • Ce qu’il faut laver, c’est la partie externe c’est à dire tes grandes lèvres, tes petites lèvres, ton clitoris, ton périnée et le reste de ta peau!
  • Le moins est le mieux

À la base, on m’a demandé mon avis parce que je ne sais plus quelle marque a sorti une gamme « enfant« , ouais ouais…allez paye ta vulve dès ton enfance! En mode « c’est une zone trop dangereuse » « oula faut faire attention c’est pas comme le reste de ton corps« 

Sauf qu’en fait…ben si…Alors ok il y a des muqueuses, ok ya une flore mais a priori tu n’utilises pas de savon « spécial anus » (Pareil merci de NE PAS METTRE DE SAVON DANS TON ANUS). L’anus aussi a des muqueuses et une flore…(comme ta bouche d’ailleurs et a priori tu ne te mets pas de gel douche dedans…ok ok tu mets du dentifrice, sois pas relou.e chui pas dentiste, j’y connais rien en hygiène buccale)

Techniquement, si on arrêtait de vouloir sentir le fruit de la passion en sortant de la douche et qu’on utilisait un bon gros savon sans savon, sans odeur, sans produit dégueu dedans ça irait : POUR TOUT LE CORPS!

Sauf que bon voilà, les parfums, les produits imprononçables, les colorants avec des lettres ont rempli nos salles de bain…

Dans ma pratique professionnelle, quand on me demande « Mais vous ne pouvez pas me prescrire un savon? » Je dis non. Je conseille ce que je viens de te dire :

Un pain dermatologique, sans savon, sans parfum, sans produit chimique, que tu peux utiliser pour tout le corps.

Tout le reste est assez marketing…

Pareil, une vulve ça se nettoie 2 fois par jour MAXIMUM sans gant NI FLEUR DE DOUCHE pitié (merci les nids à bactéries) et ça se sèche en TAMPONNANT! On ne se DÉCAPE PAS LA VULVE MERCI!

RESPECTE TA VULVE, SOIS GENTILLE AVEC ELLE STP

Donc maintenant, je vais te raconter la petite anecdote…

Personnellement, j’achète mon savon liquide « propre » à Naturalia parce que j’aime bien (je ne bosse pas pour elleux et d’ailleurs, iels ne m’ont rien demandé). Savon que j’utilise depuis maintenant plus d’un an. Et puis n’ayant plus de savon, je m’en vais gaiement en boutique et là oh drame, il n’y a pas mon fidèle savon. Inquiète, je demande de l’aide à Madame la vendeuse, qui me dit qu’elle n’en aura pas avant la semaine suivante.

Devant ce problème, je décide de me rabattre sur une autre marque « bio » et je fais mine d’ignorer le « PARFUM VERVEINE EXOTIQUE » inscrit en gros.

GENRE ÇA EXISTE DANS LA VRAIE VIE DE LA VERVEINE EXOTIQUE. QU’EST CE QUE ÇA VEUT DIRE VERVEINE EXOTIQUE? ET BORDEL ÇA DOIT SENTIR QUOI LA VERVEINE EXOTIQUE? 

Moi qui dit tous les jours « on oublie le tahiti douche fruit de la passion » j’ai pas eu l’air con quand 2 jours plus tard, les premiers signes sont apparus avec ma verveine exotique là…

D’abord une sensation que mon urine était chaude, puis un inconfort dans ma culotte, puis le feu, le feu, le feu. Où tu ne sais même plus si tu as vraiment envie de pisser, de t’essuyer, de mettre une culotte, de mettre un jean…

Comme je dis souvent, mon travail c’est le meilleur endroit pour avoir tes règles ou une mycose : ON A TOUT SUR PLACE!

Inutile de te dire que je me suis enfilée (lol) un sachet de Monuril et des ovules rapido presto.

Cette mésaventure a duré presqu’une semaine…si j’avais su j’aurais attendu tout simplement mon ancien savon. Mais maintenant, je sais que j’ai la vulve capricieuse lol!

Du coup cette mésaventure m’a donné envie de te donner mes…

TRUCS ET ASTUCES CONCERNANT LA MYCOSE :

  • Ta vieille culotte en coton, 3 tailles au dessus de mamie sera ta plus fidèle alliée
  • Fais tourner tes sous-vêt à la machine à laver 60° minimum, je sais je sais tu vas me dire « euh et mon string en dentelle là ça va le flinguer…« 
  • Oublie le string à ce moment là et de manière générale en fait. Bon ok ça passe si c’est 1h pour émoustiller ta meuf/ton mec
  • Ta jupe évasée sera ta plus grande amie
  • Si vraiment tu n’as rien rien rien sur toi : tu peux mettre des glaçons dans ta culotte (fais gaffe à ne pas te brûler avec le froid) ou du yaourt nature dans ton vagin MAIS DANS TOUS LES CAS IL FAUT CONSULTER QQN
  • Demande à ton doc un dosage de B12 et une glycémie à jeun (avec un bonjour, s’il vous plait et merci) si tu en fais beaucoup
  • Si tu en fais à répétition, il faudra peut-être revoir ton mode de contraception
  • Tu peux en avoir de façon cyclique genre avant ou après tes règles, on peut t’aider pour ça
  • La crème anti-mycosique peut te donner envie de t’arracher encore plus la vulve, don’t worry
  • Tu peux utiliser un sèche cheveux (à froid) pour sécher ta vulve en cas de crise
  • C’est pas honteux, ça arrive à quasiment tout le monde
  • Tu peux aller en pharmacie sans ordonnance pour récupérer des ovules, pas besoin d’attendre ton RDV la semaine prochaine chez ta/ton MG ou pire dans un mois avec ta/ton gynéco.
  • Ça n’a pas grand chose à voir avec une mauvaise hygiène sauf cas exceptionnels (à part si tu te laves trop ou si tu utilises des produits trop agressifs)
  • Bois de l’eau (c’est valable pour absolument tout en médecine)
  • Pour ce qui est de l’huile de coco et les HE genre Tree Tea, je ne sais absolument pas…J’aurais tendance à dire que les HE peuvent être agressives. L’huile de coco, j’ai des patientes qui ont testé, ça peut dépanner donc tendance à dire : Si vraiment tu es dans la jungle, que tu ne peux pas consulter et que ta vulve ressemble à un choux-fleur.
  • En période critique, je sais bien que tu n’auras ABSOLUMENT PAS ENVIE DE T’EPILER mais je préfère quand même le dire (il y a peut-être des psychorigides des poils pubiens) LAISSE TES POILS TRANQUILLE. Une fois l’épisode passé, si par souci esthétique, tu veux te débarrasser de tes poils pubiens innocents, OUBLIE LE RASOIR et PREFERE LA CIRE.
  • Cher.e.s partenaires, merci de comprendre qu’en crise, la libido s’approche de -1000 en général, donc respectez aussi nos vulves
  • Tous les « bio » ne se valent pas, lis les étiquettes et si tu vois marquer « VERVEINE EXOTIQUE » FUIIIIIIIS!

Peace

PS: J’aime pas le terme « toilette intime » ça donne un petit côté « spécial, secret, à part » du coup je dis plutôt toilette vulvaire. C’est comme pour l’histoire des « protections hygiéniques », mais bon tu sais que je n’aime pas faire comme tout le monde

 

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Quoi de neuf docteur?

Ma première année

 

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Paris, France, Septembre 2018

À mon anniversaire avec les potos, on a parlé d’un truc. Et puis en rentrant sur Paris, je suis allée au cinéma et j’ai vu une bande annonce me rappelant ce truc, du coup j’ai eu envie de vous parler de ce truc.

Ce truc c’est ma Première Année.

À mon époque ça s’appelait la PCEM1, c’était en 2006-2007 et j’étais à Bordeaux. J’avais 18 ans et un rêve : Passer en P2.

Mon rêve c’était même pas être médecin, mon rêve c’était de passer, tout simplement! Parce que sans ça…yavait rien! Parce qu’avec ça, tu avais le droit d’avoir d’autres rêves!

Le 1e jour, on a eu cours d’anatomie et le professeur a dessiné je ne sais plus quoi avec les 2 mains en même temps, dans un amphi déchainé divisé en 3 parties : les primants (les 1e première année), les doublants (les 2e première année) et les navalais (les élèves militaires).

En rentrant chez moi, j’ai vomi. J’habitais seule et ce jour là j’ai compris que tout cela ne dépendait que de ma force mentale.

Je ne connaissais qu’une seule personne sur Bordeaux et cette ville m’était étrangère.

La 1ere semaine, j’ai rencontré Svetlana, Nassim, Robin et Bertrand, grâce à une seule phrase « Tu ressembles à une fille de mon lycée, tu viens d’où? Martinique? Ah moi Mayotte » et voilà…

La 2e semaine, j’ai rencontré Jessica un soir de tutorat, dans un tramway à 22h : « Salut moi c’est Jessica, tu vas jusqu’où? »

Et puis d’autres dont je ne me souviens pas trop des noms.

Le 1er quadrimestre, j’ai bouffé des cours, je travaillais en amphi de nuit jusqu’à minuit et je rentrais chez moi pour dormir jusqu’aux cours du matin. La journée, j’allais à la bibliothèque, je mangeais des barres de céréales le midi sur place pour ne pas perdre de temps. C’étais la guerre à la bibliothèque, il fallait réserver ta place mais on pouvait te piquer tes notes…

Au tutorat c’était aussi un peu la guerre, il ne fallait pas trop montrer ton niveau, sur les résultats des sous colles, on t’insultait avec des « primant de merde » quand tu étais trop bien classé.e.

Les résultats du 1er quadrimestre sont tombés un mercredi. Je n’étais pas classée. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et j’ai vomi toute la nuit. J’ai vomi tous ces cours, j’ai vomi toutes ces fiches.

Et puis il a fallu continuer…J’ai donc arrêté de manger tout court, j’ai changé de bibliothèque pour ne plus être en face d’autres P1 comme moi, je travaillais à la biblio jusqu’à 22h, je rentrais chez moi et je travaillais jusqu’à 4h du matin pour me lever à 8h. J’avais dans mon ventre un petit déjeuner et c’est tout.

Mon appartement de 20 m carré était rempli de fiches d’anatomie, de formules de biochimie, mes pauses c’était de l’histologie et mon seul moment de plaisir était mon shampooing hebdomadaire et les écritures de lettres à mes copines restées loin de moi. Le vendredi soir je m’accordais une pause aussi Sex And The City pendant que je faisais des annales.

J’ai tenu…Mais si on m’avait dit qu’il fallait continuer une semaine supplémentaire, mon corps aurait lâché.

J’ai eu envie de prendre des amphétamines, parce que certain.e.s en prenaient dans l’amphi et elleux étaient classé.es. Moi j’avais droit qu’au Guronsan et franchement c’était pas mal vu mon rythme cardiaque.

Je n’ai pas commencé le café ni le tabac mais par contre je suis devenue accro au Coca Cola et ça m’a pris presque 10 ans pour me sevrer.

Je n’avais pas internet, c’était un choix délibéré. J’ai pas pu surfer sur MSN, j’ai pas pu télécharger de musique, j’ai pas pu perdre de précieuses heures à rien faire. Mon père m’imprimait les cours qui étaient sur Internet et me les ramenait. (c’était faisable à l’époque, tout n’était sur la toile comme à présent)

J’avais un forfait téléphonique très limité pour ne pas perdre de temps à envoyer des sms et à appeler pendant des heures.

J’avais un fixe qui sonnait tous les soirs : ma mère

Je n’ai pas eu de petit copain parce que c’était un perte de temps.

Je n’ai pas eu le temps de pleurer parce que c’était une perte de temps.

Je n’ai pas vraiment fêté Noël, j’ai monté tous mes livres chez mes parents et j’ai révisé encore et encore.

Je n’ai pas eu le temps de me poser des questions parce que c’était une perte de temps et que pour tout ça, j’aurais le temps après le concours.

J’avais pas de plan B.

Ma seule préoccupation était comment encore gagner du temps pour pouvoir encore réviser plus.

J’ai fini à 36 kg cette année là.

Le dernier jour du concours, je suis rentrée chez moi, je n’ai pas fêté, j’ai décroché mes fiches sans les regarder pour ne pas regretter, j’ai effacé mes notes sur mon miroir de salle d’eau, j’ai débranché mon téléphone et j’ai dormi pendant presque 24h.

J’ai découvert que Bordeaux était une belle ville parce que jusque là je ne connaissais que La victoire, la bibliothèque Pey Berland, le centre commercial et la faculté.

Le jour des résultats, mes parents ont fait Paris-Bordeaux pour venir les voir avec moi (je crois qu’ils avaient peur que je me flingue). J’ai éteint mon téléphone à partir de l’heure d’affichage des résultats pour éviter les spoils.

On y est allés dans la nuit avec mon père. On a pris le tramway, j’avais les jambes qui ne tenaient pas, mon père m’a portée, on est allés devant ce fichu panneau d’affichage. La faculté était déserte, il faisait bon, mon coeur battait fort, j’ai cru que j’allais m’évanouir.

Ce panneau qui m’annonçait s’il me laissait continuer mon rêve ou pas…

J’étais reçue, j’ai crié, j’ai pleuré, j’ai passé des coups de fils…

Et puis j’ai regardé le reste du panneau, tous les rêves brisés…et j’ai été triste parce que ce concours était injuste. Une centaine de place pour presque 900 étudiants…

Il reflétait juste ta capacité à avaler des données et à les recracher, à identifier la faute dans la phrase, si le verbe était à l’indicatif ou au conditionnel, si c’était du singulier ou du pluriel…à griffonner des cases avec un stylo noir et pas bleu en faisant attention à ne pas te tromper de ligne. C’était con, fallait juste apprendre, apprendre, apprendre sans comprendre parce que tu n’avais pas le temps en fait. Tu maudissais les QCM 1/0, tu bénissais les QCM 1/0,5/0,25/0 et quand c’était du rédactionnel, tu ne faisais plus de phrases sujet-verbe-complément, c’était que des listes de mots clés.

À mon époque, on était encore en manuel, il y avait peu d’ordi sur les tables, on griffonnait à la vitesse grand V, aucun prof ne répétait, tu écrivais en abréviations, tu faisais des symboles, des lettres à l’envers, des gribouillis…ça ne prouve pas que tu seras un bon médecin ni même que tu es plus intelligent.e que ton voisin, ça montre juste que tu ne te poses pas de question…

En rentrant en P2, j’ai fait un équivalent de « baby blues » comme m’a dit mon médecin généraliste, parce que la P2 c’était dur encore, c’était différent mais ce n’était pas l’Eldorado qu’on nous avait promis et je me suis demandée si ça en avait vraiment valu la peine tout ça…

Et j’ai repensé à tous ceux qui n’avaient pas eu ma chance de faire un baby blues de P2…parce que sur tous mes potes on était que 4 à avoir réussi…

J’ai repensé aux yeux du P1 assis en face de moi à la bibliothèque, ses yeux qui pétillaient quand je sortais mes cours d’anglais médical qui montraient que moi j’étais en P2, que moi j’avais réussi, que moi j’étais son modèle…

Et j’ai continué…

Alors cette semaine quand j’ai appris la fin du numerus clausus, j’ai pleuré parce que j’ai repensé à tous ceux qui y ont eu droit et qui ont échoué…parce que ce concours était con…parce que je ne pourrais absolument rien te sortir de cette année et parce que la seule chose que j’ai retenu c’est que pour atteindre mon objectif…je suis prête à tout, même à mourir de faim…parce que je suis pleine d’espoir que les choses changent et que ce soit plus juste!


Merci à tous mes copains de P1: Svetlana, Nassim, Bertrand, Robin, Jessica, Leslie, Natacha, Laurence, Laure, Yves-Marie (même si je te détestais en P1), David, Prisca et les autres…

Merci à Jayson, mon ancien voisin, rencontré un jour de Carnaval et chez qui j’ai pleuré au début de ma P2.

Merci à tous mes profs du tutorat, malheureusement je ne me rappelle que de Thomas, Mister Embryo, qui m’a donné envie de devenir tutrice

Merci aux Navalais qui étaient très forts mais ne comptaient pas dans le classement donc me faisaient espérer.

Merci à mes professeurs de P1, notamment M.Merlio qui laissait le soleil entrer dans l’amphi et me faisait sourire quand il nous a annoncé en décembre que ça y est les journées allaient s’allonger, M.Caix (décédé en 2015) et M.Montaudon.

Merci à mes parents qui ont été présents pour moi, sont descendus me voir souvent, ont fait mes courses, mes lessives, sont venus pour les exams, les résultats, veillaient aux mêmes heures que moi.

Merci à ma Mamie Laure, qui est décédée cette année là pendant ma seule semaine de vacances sans quoi je n’aurais pas pu aller à son enterrement et qui savait qu’un jour je serais médecin.

Merci à mes copains d’avant pour toutes vos lettres.

Merci à toutes les personnes croisées pendant cette année.

PS: Peut-être que tu as vécu ta P1 différemment, peut-être même de façon très zen, peut-être même que tu as eu le temps de tout comprendre de ce que tu avais appris…peut-être que toi tu as tenté ce concours et que tu l’as raté, je suis assez partisante du « tout arrive toujours pour le mieux » et j’espère que tu es heureuxse dans ta vie et ton métier. Tu peux raconter tout ça en commentaire si tu le souhaites!

PS2: Malgré tout ça, j’ai adoré ma P1 parce qu’à ce moment là, j’ai su que j’étais capable de tout, que je n’avais aucune limite et que tout m’était possible.

PS3: Crois en tes rêves! 

PS4: J’ai pas aimé mes études de médecine globalement, ni le début ni l’externat ni l’internat. Par contre j’ai aimé passer ma thèse et j’adore mon métier actuel et ce que je fais n’a pas grand chose à voir avec ce que j’ai appris dans les bouquins en réalité…

Quoi de neuf docteur?

Elle a 22 ans

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Paris, France, Septembre 2018

Et 2 enfants.

Elle s’appelle Mme L et je l’ai vue pour la première fois, la semaine dernière. Une des dernières patientes. Elle était pressée, elle devait chercher le 1er à l’école. Je l’ai faite rentrer.

Elle m’a d’abord parlé d’une mycose, un truc récidivant, qu’elle avait tapé sur internet, qu’elle avait suivi des recettes de Grand-Mère et ça passait pas.

Elle m’a parlé de ses antécédents, du tabac, de son ulcère d’estomac, de son père décédé d’une embolie pulmonaire.

On a parlé de son moyen de contraception, de ses règles qui durent 30 ans…

On a parlé du stress dans sa vie.

C’est la première fois qu’on se voyait et elle m’a dit à plusieurs reprises « il n’y a qu’à vous que je peux dire ça« 

Et puis elle a posé cette question :

« Est-ce qu’il y a ici des gens pour aider les femmes?« 

Je lui ai demandé de m’expliquer ce qu’elle voulait.

Elle a 22 ans et 2 enfants. Elle est avec son mec depuis 6 ans, un amour de lycée. Tout allait bien et puis à la première grossesse, comme bien souvent dans ces cas là, les coups ont commencé à pleuvoir. Les coups, les insultes, les menaces.

Elle travaillait et elle n’a plus eu le droit, elle se promenait et elle n’a plus eu le droit, elle avait des copines et elle n’a plus eu le droit.

Elle est partie avec son enfant sous les bras, elle a repris le travail, elle a rencontré qqn et puis un matin, il l’a retrouvée. Elle, son nouveau mec, leur fils dans une nouvelle maison. Il a alors agressé le nouveau mec avec une arme devant les yeux de son fils. Tout le monde est en vie mais par contre tout le monde n’en est pas sorti indemne dans sa tête.

C’est en sang, que Mme L s’est retrouvée dehors en pyjama avec la police et c’est en ruine, qu’on l’a mise dehors de l’appartement compte tenu du « scandale« .

J’ai pas tout compris concernant la plainte mais bon…personne n’est en prison

Mme L est restée 5 jours à la rue avec son fils et puis le mec a rappelé en disant « qu’il voulait bien la récupérer même si elle avait fait la pute« .

Ne voyant pas trop d’autres solutions, elle est retournée chez eux et une chose en amenant une autre, elle est tombée enceinte encore.

Elle n’a plus le droit de fumer par le balcon, elle n’a plus le droit de sortir à l’épicerie. Elle ne peut aller qu’à l’école et chez le médecin.

Elle a 22 ans et une vie de 60…Et moi je la revois la semaine prochaine…et toutes les autres probablement…

Peace

PS: Je ne veux pas te déprimer, il existe encore des hommes corrects, attentionnés et aimants…enfin c’est ce que j’essaie de faire rentrer dans ma tête.

Quoi de neuf docteur?

« On ne fait pas des bébés quand on est soi-même un bébé »

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Paris, France, Juillet 2018

J’ai déjà entendu cette phrase ultra paternaliste et infantilisante pas mal de fois. À l’hôpital, dans des réunions de pairs, dans la bouche de collègues, d’ami.e.s etc…j’avais du mal, j’avais du mal…

Aujourd’hui, j’ai eu envie de la dire!

J’ai reçu Mme P. Mme P a 20 ans. J’ai suivi sa grossesse. C’était easy, à part un épisode d’agression physique par des inconnus.

Et puis Mme P a accouché. Elle m’a amené son bébé. Il était tout chou et Mme P était tout sourire.

J’ai fait ma photo de bébé et puis on lui a donné un rdv pour sa visite post-natale. (la fameuse)

Elle est arrivée, on a dit 2-3 conneries sur mes vacances et tout et puis la consultation a commencé.

« La fatigue? Bof non ça va »

« Le moral? Ah non moi le baby blues j’ai pas eu » (fan de tous les épisodes Baby Boom) 

Et puis j’ai creusé, parce que j’aime pas les mamans qui savent d’avance ce que je vais poser comme questions, genre elles se sont exercées.

« Vous ne pleurez pas? Vous n’êtes pas énervée? Sure? »

Et là, elle a craqué. Si elle s’énerve facilement. Contre qui? Contre son mec.

Son mec il a 23 ans, il vit la nuit, il dort le jour. Il ne travaille pas mais il regarde la télé toute la nuit et joue à la Play « Mon bébé est mieux réglé que lui » qu’elle m’a dit

Il ne sait pas changer une couche, ne veut pas apprendre parce que « de toute façon, un jour il n’en portera plus » qu’il aurait dit

Il donne des bonbons à son fils (le gamin a 2 mois), mais des « bonbons en fils, oui ceux qui piquent » (tu imagines bien même si tu n’y connais rien, qu’à 2 mois, des bonbons c’est pas terrible même s’il n’y a pas encore de dents)

Il a mis le bébé par la fenêtre ce matin, en couche (ce matin il faisait 16 degrés) pour « qu’il voit du paysage« . J’ai donc demandé s’il voulait faire le remake de Michael Jackson (ouais je sais, j’ai beaucoup d’humour). En plus à cet âge là…ça ne voit pas de loin un bébé…

Il ne veut pas passer au centre, parce que c’est le matin les pesées et « qu’il n’est pas du matin » (ben tu m’étonnes…si tu te couches à 6h du matin pour jouer à la play…)

Et puis…il réveille le bébé, parce qu’il est « l’heure de manger« …(un bébé qui va bien, ça se réveille tout seul quand il a faim en fait) il lui donne biberon et puis il lui retire brusquement pour le faire pleurer. Parce que ça l’amuse, il joue…(Bonjour le syndrome de frustration inutile)

Plus elle me parlait, plus je voyais un de mes ex et plus je me suis demandée si vraiment je ne voulais pas d’enfant ou si en fait, je n’avais pas voulu d’enfants avec lui.

Plus elle me parlait, plus je me demandais quel genre d’adulte, cet enfant sera vu tous les cracs que son père lui crée là « juste pour jouer » (ouais ouais…je sais, je dramatise un peu mais bon vu que ma principale peur concernant les enfants est justement d’abîmer mentalement mes gamins à cause de failles éducatives ou de mauvais dosage…forcément je pense comme ça)

Plus elle me parlait et plus je me suis dit « Mais en fait Mme P, elle a 2 gamins chez elle »

On a donc parlé de la charge mentale, de l’implication du père dans la maison, les tâches ménagères, dans l’éducation du petit et elle a sorti cette phrase qui m’a tuée

« Il ne faut pas trop lui en demander« 

Game Over!

Comment ça? Comment ça il ne faut pas trop lui en demander? MAIS MERDE ALORS! Un enfant c’est à deux, un couple c’est à 2, l’appartement c’est aux 2.

Pour faire redescendre mon énervement, on est passé à autre chose : la contraception.

Elle voulait un stérilet au cuivre. Pas de reprise des rapports sexuels, pas de risque de grossesse : Ok.

Le stérilet posé, je lui dis « Le stérilet est efficace tout de suite donc il n’y a pas de problème pour la reprise des rapports sexuels quand vous en aurez envie »

Elle a répondu : « ça risque pas »

Mais moi j’ai entendu : « ça risque pas? »

J’ai donc redit: « Non ça ne risque rien »

Elle a répété : « Non mais ça ne risque pas, il n’y aura pas de rapport sexuel là »

J’ai donc fait une tête perplexe et là…

« Il a une infection je crois, il a du pus qui sort de son truc depuis que je suis enceinte de 4 mois. Il ne veut pas aller voir de médecin, il a peur. Donc moi je préfère ne pas prendre de risque, même pas avec préservatifs »

GAME OVER

J’ai repensé à mon petit stérilet que je venais de poser et à un charmant gonocoque ou chlamydia remontant par les fils pour rendre Mme P infertile.

J’ai répondu « Ah ben surtout pas alors les rapports sexuels »

Je me suis gardée de dire que c’était probablement une IST et que bon…vu qu’on avait fait son dépistage à elle en début de grossesse et que tout était négatif…ben euh peut-être que…mais bon, j’ai pas vu le mec, ni son zgueg donc je ne peux pas faire d’affirmation mais ça ne m’a pas empêché d’y penser.

Mme P a conclu par un « De toute façon, je ne veux pas de 2e enfant maintenant, j’en ai déjà 2 à la maison »

J’ai ri et elle a fini par lâcher d’elle-même

« Ben c’est ça quand on fait des enfants avec des gamins…l’âge c’est pas physique c’est dans la tête« 

Conclusion : Réfléchis bien avec qui tu fais un enfant, je dis ça, je dis rien…

Peace

PS: T’inquiète j’ai mis l’équipe à domicile sur le dossier…

Quoi de neuf docteur?

Ma pote écrit un blog

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Ma pote écrit un blog. Elle écrit sur les femmes, le sexe, son taf, sa vie, la vie tout court aussi.

Son blog, elle l’a ouvert à quiconque souhaitait y participer. Je souhaitais y participer.

Mais je n’avais pas d’idée. Et moi, je n’écris pas parce que je dois, j’écris parce que je ressens.

Aujourd’hui ma pote a sorti un nouvel article, qu’elle conclut ainsi.

Je m’excuse auprès de toutes les personnes asexuelles, l’asexualité est un sujet que je connais mal, que je ne maîtrise pas, c’est pour cela que je n’en parle vraiment pas dans mes articles

Et aujourd’hui, j’ai ressenti, alors j’écris

 


Quoi ! Si cette pote-là, qui parle de sexualité toute la journée, qui voit des dizaines de femmes par semaine, sous toutes les coutures et surtout les plus intimes, qui court dans des ateliers sexo et lit sur le sujet plus que ce que lis en un an, si cette pote-là ne connait pas l’asexualité : alors qui connait ?

Eh bien, moi. Enfin je crois. Je crois que je connais un peu ça.

En vrai, c’est pas l’asexualité que je connais. Ce que je connais c’est une sensation de pas être comme tout le monde.

C’est passer toute ma maternelle sans « amoureux », mais aussi ma primaire et une bonne partie du collège. J’y ai même jamais pensé en fait. Les garçons sont mes copains, on joue, on se bat, on rit, on chante et puis voilà.

Et puis fin du collège, je me rends bien compte que quand même…. « tous les garçons et les filles de mon âge se promènent dans la rue deux par deux, tous les garçons et les filles de mon âge savent bien ce que c’est d’être heureux. Et les yeux dans les yeux, et la main dans la main…. » (moi aussi je sais pousser la chansonnette) !

Bref, je me rends donc bien compte qu’il y a un truc qui a l’air d’être cool dans le fait d’être avec un mec, de le tenir par la main, d’être dans ses bras à la récré, de l’embrasser…. Mais c’est quoi ce truc ? Pourquoi moi je ressens pas tout ça ?  Ah oui, je peux les trouver très beaux, mais voilà quoi, ça s’arrête là.

Bon, la curiosité est un vilain défaut, mais c’est le mien ! Je suis en 4ème, je reçois un soir un SMS d’un mec de l’autre classe « tu veux sortir avec moi ? ». Allez, c’est l’occaz, je me demande bien ce que ça fait d’embrasser. Je réponds « Oui ».

Le lundi dans la cour je savais pas trop quoi faire, ni comment me comporter. Je crois que je l’ai évité du coup. Et puis à un moment, on a fini par s’embrasser. Franchement ? Je m’en souviens pas, si ce n’est que je n’ai ressenti aucune émotion. Rien. Rien d’agréable, rien de désagréable. Rien. C’était bon, c’était fait. J’avais embrassé, curiosité assouvie. Quelques semaines après on rompait.

Et puis plus rien, pendant des années. Plus rien parce que pas le besoin.

Vient la  première. Je me rends bien compte qu’il y a un truc qui à l’air cool dans le fait d’être avec un mec, de le tenir par la main, de passer sa main sous son t-shirt, d’être serrée contre lui, de se sentir désirée… Mais c’est quoi ce truc ? Pourquoi moi je ressens rien de tout ça ? La suite vous la connaissez, la curiosité tout ça tout ça…

Quelques flirts d’été avec caresses appuyées et quelques vêtements ôtés, un après midi en duo à pas vraiment parler. Et un jour de mai, la fameuse « première fois ». Check

Celle qui est si importante pour tant de gens, si mystifiée, si fantasmée, si attendue, si intense, si….insignifiante pour moi.

Ce gars on était ensemble depuis quelques semaines, il était sympa, sensible, déjà expérimenté sexuellement, très intéressant dans sa personnalité et ses passions. Ce gars, j’ai couché avec lui. Sans désir mais pas sans envie. J’avais envie de savoir ce que c’était, j’avais envie d’assouvir ma curiosité, mais je n’ai jamais ressenti aucun désir pour lui. Pas non plus de plaisir. On la refait quelques fois. C’était pour moi aussi neutre que regarder la télé, complètement mécanique. Et puis la relation s’est finie.

Le suivant dans ma vie, c’est différent. Le suivant il a été important. Le suivant je me souviens, au début j’ai eu du désir. Des sentiments sont apparus chez moi, pour la première fois. Des sentiments forts, des sentiments que je ne connaissais pas. L’amour. Et avec lui le plaisir.

Faire du sexe ne me laissait plus indifférente. Ca me faisait du bien, physiquement. Le plaisir est toujours resté, mais pas le désir. Ça a été fugace. J’ai quelques souvenirs de désir. D’envie de faire l’amour, d’initiatives pour passer à l’action…. Mais j’en ai peu. Avec lui, ça se compte sur les doigts d’une main les fois où j’ai désiré. En trois ans. En revanche j’ai toujours apprécié, au cours du rapport l’excitation montait, je jouissais…. Aucun « problème » de ce côté-là.

Je dis problème, parce qu’avec le suivant, mon actuel, c’est bien d’un problème qu’il s’agissait.

Au début pas trop. La curiosité, toujours celle-là, a, je pense, aidé à masquer. Envie de découvrir l’autre, donc partante pour des moments d’intimité sans trop de souci.

Mais rapidement la différence de libido se fait sentir. Je ne prends jamais aucune initiative, et je ne suis pas toujours très enthousiaste à l’idée d’un détour sous la couette.

J’ai pas le temps là tout de suite, j’ai d’autres choses à faire, et puis faut se chauffer, se donner, s’impliquer, donner, terminer, se doucher….. Ca me semble long, pesant, barbant. Quand je décide de me laisser convaincre je suis bien obligée de me rendre à l’évidence : ouais c’est long à démarrer, mais faut bien avouer que c’est agréable, c’est chaud, c’est doux, c’est apaisant, c’est excitant, c’est jouissif, c’est bon ! C’est juste que franchement je n’y avais pas pensé.

Et je n’y pense JAMAIS !

A deux, on en a parlé, beaucoup. Il aurait bien aimé que j’initie les choses parfois, il aurait aimé se sentir beau, se sentir désiré par celle qu’il aime, rien qu’une fois. Il aurait adoré me voir coquine, sexy, demandeuse. Ca m’était impossible. Il l’a accepté. L’a compris. Mais pas moi. Moi je comprenais par pourquoi j’étais comme ça. Pourquoi je n’avais jamais envie. Il en souffrait et moi aussi. En me parlant de sa frustration, il ne voulait pas me coller la pression. Et moi je culpabilisais. Qu’est ce qu’on a oublié de me fournir au moment de ma fabrication pour que dans la zone sexe de mon cerveau il ne se passe juste RIEN ?

Et un jour j’ai lu. Un article je crois. Sur l’asexualité.

Mais attendez : ce que je lis là, c’est moi ! Il existe un mot pour ce que je suis, pour QUI je suis. Je suis donc quelque chose qui existe. Je suis pas juste bizarre. Je suis pas juste une étrangère face à cette masse de gens qui mettrait bien « Jessica Alba  ou Josh Hartnett » dans leur lit alors que moi je vois juste des personnes magnifiques, mais c’est tout (oui, je suis vieille, jugez pas mes références beauté !). Je ne suis pas anormale dans ce monde où les gens se choppent en soirée, ont des plans cul ou font l’amour tous les jours alors que moi je ne suis sortie qu’avec des amis et peux coucher qu’une fois par mois sans que ce soit problématique ? La révélation.

L’asexualité, c’ est ne pas avoir d’attirance sexuelle, et il en existe tout un spectre en fait. Avec des mots un peu chelous qui font sourire, des mots pour se définir et ne plus souffrir.

Moi je crois que je me reconnais dans le terme greysexuelle (personne qui ressent du désir sexuel pour quelqu’un extrêmement rarement ou dans seulement certaines circonstances particulières et ponctuelles) et aussi demi-sexuelle (personne qui ressent de l’attraction sexuelle pour son ou sa partenaire seulement après qu’un fort lien, généralement amoureux, et un fort degré de confiance ont été construits).

En gros, ce qui est plutôt cool pour mon couple monogame, c’est que je n’ai a priori de désir que pour mon mec. Ce qui est moins cool c’est qu’en dix ans….ça n’est arrivé qu’une fois !

Une fois où je me suis réveillée la nuit, j’avais envie de lui, c’était intense. Je l’ai réveillé, je lui suis montée dessus, je l’ai embrassé, je l’ai chauffé. J’avais un besoin profond de le sentir en moi. On a fait l’amour, il était ravi. Ce fut la seule fois. J’ai aimé ressentir ça.

L’asexualité c’est environ 1% des gens. Pas de chance pour nous, car c’est pas le plus simple à gérer dans un couple où la libido de l’autre est plutôt au taquet. Alors on parle, on tâtonne. Je sais que des fois il faut que je me motive un peu pour commencer un rapport, parce qu’une fois que ca monte, ca fait du bien, je kiffe. Mais pfiou, je pars de tellement loin, de tellement rien. Pour lui aussi c’est dur, sa libido a diminué avec le temps, mais elle est toujours présente. Il n’ose pas me solliciter, craint d’être rejeté. On trouve notre équilibre, on communique. C’est mon asexualité à moi. Chacun la sienne je pense.

Certaines personnes sont complètement asexuelles, d’autres peuvent être  aromantiques (ne pas ressentir d’attirance romantique) également, ou pas…

Chacun et chacune a sa sexualité dans ce monde. La mienne c’est celle-là, je peux pas dire qu’elle me convienne vraiment. En fait elle me convient à moi personnellement, mais elle me pose problème quand je considère le couple. Il faut composer avec. Et je me demande toujours « pourquoi ? ». Est-ce que quelque chose a déclenché ça, ou est-ce juste « comme ça » ?

Ah au fait : quelques questions subsidiaires

  • Est-ce que je me touche : oui, depuis mes 8 ou 9 ans je pense, ou j’ai découvert par hasard que ça faisait du bien à cet endroit-là. Mais quand je le fais c’est rarement motivé par des pensées sexuelles, juste par l’envie d’un truc agréable (comme un auto massage ou une douche chaude). C’est assez mécanique, en quelques secondes ou minutes, il n’y a pas de scénarisation
  • Est-ce que je fais des rêves érotiques : alors oui ! et c’est ce qui me fait me poser plein de questions. Je fais des rêves érotiques où j’allume de ouf mon partenaire, j’ai super envie et aussi très envie de donner envie à l’autre. Y a rarement rapport sexuel par contre, souvent ça s’arrête avant.

Anonyme

Love

PS: Si toi aussi tu veux partager quelque chose sur ce blog, n’hésite vraiment pas à me contacter

 

 

Quoi de neuf docteur?

Geunoucologue et plaisanteries…

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Bordeaux, France, Août 2018

Bon, je sais qu’en général je te raconte des choses tristes. Mais la semaine dernière, j’ai beaucoup, beaucoup ri!

Ça a commencé avec une Madame dont je ne me souviens pas du nom, donc on va l’appeler Mme X. (Mais pour sûr, je me rappellerai de cette dame toute ma vie!)

J’avais déjà vu une fois Mme X, elle doit avoir dans la trentaine.

J’étais un peu tristoune ce jour là et elle est arrivée.

J’ai dit bonjour, elle a dit bonjour et j’ai demandé « Qu’est ce qui vous amène?« 

Elle m’a répondu : « Je viens parce que j’ai un rendez-vous« 

Bon, j’ai pas trop compris, donc j’ai posé des questions : « Date des dernières règles, si ça allait avec son stérilet, si elle avait des pertes » Tout allait bien

Et puis j’ai demandé : « Et vous avez des douleurs?« 

Elle a répondu : « J’ai mal aux genoux« 

J’ai dit « Ok et le ventre?« 

Elle a répondu : « J’ai mal aux genoux depuis 2 semaines, c’est depuis que j’ai fait le grand ménage, ça passe pas avec le Doliprane« 

J’ai regardé Mme X (Je ne fais pas médecine générale dans mes consultations de gynécologique parce qu’après elles vont faire l’amalgame et ça va être compliqué) et je lui dis : « Il faudra aller voir votre médecin généraliste pour vos genoux« 

Et là…

« Mais vous êtes pas genoucologue?« 

J’ai explosé de rire… »En le disant vite, c’est vrai que ça ressemble » (vas y essaie, répète le vite)


Et puis, j’ai reçu Mme E, 17 ans qui venait pour une mycose vaginale. Elle avait déjà checké sur M.Google ce que c’était et tout et puis bien sur elle avait tapé : »Mycose » dans Google Image (NE FAIS JAMAIS ÇA C’EST PAS FIABLE).

Elle m’a fait :

« j’ai une question, vous êtes docteur que du vagin ou du reste du corps aussi?« 

J’ai trouvé ça mignon : Docteur du vagin. (Bon en vrai, elle voulait savoir si elle avait une mycose buccale)


Et puis la dernière, une Mme L, dont j’ai suivi la grossesse. Elle venait pour son frottis. En se rhabillant, elle a semblé pensive. Je lui ai demandé si quelque chose l’embêtait. Et elle m’a répondu :

« Vous savez, vous avez les mains plus douces que mon mari« 

J’ai répondu: « Beurre de karité Mme L« 

Et on a ri (en vrai c’est lubrifiant + latex des gants). On me l’avait déjà dit…

Love 

PS: J’en ai d’autres des perles lol, je précise bien que je ne me moque pas de mes patientes, on rigole ensemble d’ailleurs!

Quoi de neuf docteur?

« I speak English »

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Paris, France, Août 2018

Today j’ai vu Mme B. Cette Mme B, je t’en ai parlé là il y a longtemps C’est pas que j’aime pas les hommes

Une dame qui vient du Bangladesh. Entre l’écriture de l’article que je viens de te mettre et today, Mme B est tombée enceinte une nouvelle fois, après sa fausse couche de jumeaux, j’ai suivi sa grossesse et elle a accouché cette fois d’une jolie petite fille.

La grossesse a été fortement désagréable parce que Monsieur était tout le temps stressé, il me parlait encore une fois du poids qu’il ne voulait pas qu’elle prenne, il me parlait tout le temps des papiers, il ne voulait pas aller à l’hôpital. Et puis Mme B était triste, mais triste, elle ne souriait pas, elle avait souvent les traits tirés, le regard triste entre la nausée et les remontées gastriques…

Mme B ne parle pas français, j’ai bien essayé de prendre une interprète mais impossible de jarter monsieur de la consultation. Un vrai pot de colle, il faisait genre qu’il ne comprenait pas ce que je disais quand je lui disais de ne pas rentrer…et puis bizarrement…quand je faisais écouter le coeur du bébé, il s’en foutait un peu en fait.

Je n’ai jamais entendu la voix de Mme B. JAMAIS. Elle hochait la tête au maximum et c’est tout mais le plus souvent…elle avait l’air ailleurs. C’est Monsieur qui répondait, même pour les pertes dans la culotte.

Bref j’aimais pas trop M.B (pas du tout même) mais bon…du coup j’étais bien contente quand elle a été suivie à l’hôpital. Parce que j’ai une grande gueule mais M.B me faisait un peu peur quand même et je consulte seule au 1e étage et on est souvent que 2 dans le centre : ma collègue 55kg 1m60 et moi. (Je ne me suis jamais réellement sentie en danger au travail, j’ai juste pris conscience que des gens pouvaient nous casser la gueule à l’hôpital où il y avait des pancartes sur la conduite à tenir en cas de commando anti-IVG et quand on nous a mis des gens de la sécurité sont venus devant les portes pour l’anniversaire des attentats)

Et puis Mme B a accouché et elle est venue en Visite Post Natale. Elle m’a emmenée Bébé B, assez jolie. Et pareil, M.B était toujours là.

J’ai essayé d’examiner Mme B, mais rien à faire, malgré le temps, le lubrifiant, la respiration, j’ai jamais réussi à ouvrir mon spéculum et j’ai pas insisté. Il fallait faire le frottis mais impossible!

Mes antennes s’étaient déjà levées…c’était un mariage forcé d’une gamine alors âgée de 14 ans avec un mec 10 ans plus vieux il y a 5 ans alors bon…en général il y a le package viol conjugal, mais bon, on ne pouvait pas parler VU QUE MONSIEUR ETAIT LÀ.

Et puis aujourd’hui j’ai vu Mme B pour faire son vaccin.

Elle est arrivée avec un autre mec, j’ai pas compris.

Elle est rentrée seule dans mon bureau. Je me suis demandée mentalement comment on allait pouvoir communiquer vu que cette fois çi je n’avais pas demandé d’interprète.

Elle s’est assise et m’a dit : « I speak english« 

J’ai ouvert grand mes yeux! Mme B parlait! Mme B parlait une langue que je comprenais et Mme B parlait parfaitement anglais.

J’ai alors posé des questions : pourquoi elle ne me l’avait pas dit? pourquoi elle n’avait rien dit? Qu’est ce qui se passait réellement chez elle? S’il y avait des violences?

Et puis elle a parlé, longtemps, longtemps.

Elle venait seule aujourd’hui parce que son mari en faisant un barbecue le week end dernier s’est brûlé, pratiquement tout le corps, 2e et 3e degrés. Il est hospitalisé. Le mec qui est venu avec elle, c’est le neveu de son mari qui est là pour la « surveiller » en son absence.

Mme B a été mariée de façon « arrangée » pour dire gentiment, mais en vrai on parle de mariage forcé et est arrivée en France il y a maintenant presque 2 ans. Elle n’a pas de papier (enfin c’est pas encore régularisé), elle n’a pas de sécurité sociale (parce que non encore une fois c’est une utopie les étrangers qui te volent tes papiers! L’Aide Médicale d’Etat lol faut du temps) et surtout elle a un mari violent.

Il la frappe quand elle « ne fait pas ce qu’il veut« , il la viole quand « il a envie« .

J’ai eu envie de pleurer parce que les consultations où j’arrive jamais à mettre le mec dehors, ça pue toujours. Et là ben j’ai baissé les bras alors que mes antennes étaient levées. Je m’en suis voulue et je m’en veux encore.

On a parlé, d’elle, de ses angoisses, du bébé, de ses envies.

Je lui ai dit que j’avais besoin de son épaule pour faire le vaccin, elle a retiré son voile qui descendait jusqu’aux épaules (j’y connais rien en nomenclature de voile), j’ai vu les cheveux de Mme B, des longs et beaux cheveux bruns qui brillent et franchement rivalisent avec n’importe quel pub de shampooing. En général, je m’en fous royalement mais j’ai trouvé Mme B vachement belle aujourd’hui.

Je lui ai dit qu’elle était magnifique et m’a dit merci.

Elle a remis son voile et a souri.

J’ai souri et Mme B est partie.

En sortant, j’ai été voir ma collègue qui m’a dit : « Eh ben Mme B, elle a meilleure mine quand son mari n’est pas là« 

J’ai répondu : « Tu ne sais même pas à quel point« …

J’aurais pu faire mieux, j’aurais pu faire plus, j’aurais pu faire plus tôt mais j’ai fait comme ça…Il y a quelque chose que j’ai bien compris depuis le temps c’est que justement avec le temps, je finis toujours par comprendre pourquoi mes antennes se sont levées, que ça prenne 1 consultation ou 30…et qu’il suffit juste en fait de laisser la place à la parole et puis d’écouter…

Et même sans parler la même langue…on finit toujours par se comprendre…

Maintenant, je recevrai Mme B toute seule et on parlera anglais (et tant pis si M.B m’agresse)

Love

PS: Attention, Ne va pas faire un amalgame, Bangladesh, voile, violence etc… J’ai des dames voilées très heureuses, j’ai des dames non voilées très malheureuses, j’ai des dames du Bangladesh avec des maris choisis et aimants, j’ai des dames d’ailleurs avec des maris violents…Je te parle d’une situation bien précise.

PS2: Pour mes consultations de gynécologie pure, je ne fais jamais rentrer les hommes. Si la dame ne parle pas français, on arrive toujours à se faire comprendre. On mime les douleurs, les gargouilles, les règles etc et au pire on appelle des interprètes par téléphone si on n’en a pas physiquement. Par contre pour les consultations de grossesse, c’est un peu plus compliqué. Parce que ben le bébé il est aux 2, donc je peux comprendre que monsieur ait envie de s’investir, d’écouter le coeur du bébé. En général, je ne les prends jamais pour la toute première consultation et pour les suivantes, je les fais entrer pour le coeur. Le problème c’est quand il n’y a pas d’interprète ni par téléphone, ni en physique, parce que va expliquer le dépistage de la trisomie 21 avec des gestes ou l’inscription à la maternité ou le dépistage du diabète gestationnel…et une fois que tu fais rentrer le mari une fois…c’est souvent foutu pour le reste.