Mes petits kiffs

La positive attitude ou comment j’ai passé une journée compliquée

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Paris, France, Janvier 2019

J’ai passé une journée merdique…déjà j’ai commencé en retard. Je crois que je suis la seule personne au monde sans enfant et qui ne fait pas de sport le matin, qui se lève à 6h du matin pour commencer le travail à 9h30 et qui arrive à être en retard.

Bref du coup, j’étais déjà de mauvaise humeur. Puis se font enchainés les couacs. Les rendez-vous compliqués, les mauvais créneaux horaires, les interprètes chelous, l’équipe fatiguée, les mails de l’enfer, les compte-rendus de réunion, les différends, les embrouilles, le bruit à table…+ la dernière consultation de l’enfer : pose de DIU (avec un col capricieux), retrait d’un implant (posé trop profondément par un confrère), frottis et dépistage de chlamydia (bon j’ai quand même tout fait et tout réussi, ouais ouais ouais je gère lol)

Bref j’étais lessivée. J’ai fait du travail « médiocre » (parce que j’ai pas trop écouté les dames, parce que j’ai du avoir une tête agacée avec mon visage méga expressif) avec une journée beaucoup trop chargée, j’ai eu envie de crier, de rouler en boule. Bref ça s’est fini mais j’ai râlé (beaucoup)

Puis j’avais rendez-vous chez le véto. C’était assez intéressant, on est arrivé en avance, Moun comprenait qu’il allait chez le médecin, il était un peu stressé mais il a fait le chien mignon, tout le monde a voulu le toucher et puis il restait près de moi. La vétérinaire est sortie de son bureau et a dit « eh ben dis donc, il est drôlement attaché à vous ce petit chien« . Je lui ai demandé si c’était pathologique elle m’a alors répondu « Un chien est un être qui vous aimera plus qu’il ne s’aime lui-même, profitez de cette boule d’amour » (à la différence de sa 1ere véto qui m’avait lâché un « C’est pas un bébé ni un amoureux, si vous voulez un copain, trouvez-vous un copain » Merci madame mais j’essaie ok?). Du coup j’ai eu le sourire et quand ma boule d’amour m’a prise entre ses pattes pour que je la réconforte après vaccin ben j’ai eu le coeur plein d’amour.

Et puis, j’avais RDV avec une copine pour son projet professionnel. Ça consistait  (je raccourcis beaucoup mais je ne veux pas spoiler) à sélectionner 3 photos de moi (Me, Myself and I) et dire ce à quoi ces photos me faisaient penser. C’est sorti tout seul, j’ai raconté mes joies, mes peines, mes doutes, mes victoires, les gens qui m’entouraient, les activités qui me plaisaient, ma détermination, mes envies folles, ma féminité, ma créativité. J’aimais la nana sur ces photos, j’aimais la vie qu’avait cette nana, j’aimais les moments où on avait fait ses photos, j’aimais les gens qui avaient fait ces photos, j’aimais les occasions qui avaient fait que ces photos existaient. J’ai repensé à toute cette joie que j’avais eu sur ces photos et sur tant d’autres, sur toutes ces bonnes journées, sur tous ces bons moments, j’étais contente et j’ai dit « ma vie aurait pu être différente mais je ne pense pas qu’elle aurait pu être mieux » et je le pensais sincèrement à cet instant T, après une journée pourrie, un célibat pesant, des parents loin et 120€ de véto en moins sur mon compte bancaire. Et puis on m’a posé cette question :

« Depuis quand tu adoptes cette attitude positive?« 

J’ai répondu depuis 2 ans.

Ça fait effectivement 2 ans que j’ai changé de mode de vie. Pas parce que c’est une mode mais parce que c’était vital pour moi. J’étais arrivée à une intersection de vie : soit je pleurais dans mon lit jusqu’à la fin de mes jours soit je décidais d’être face à moi-même et de m’occuper à devenir qqune qui me plairait. J’ai pris le 2e chemin.

Je ne suis pas positive H24, 7/7, loiiiiin de là. Je râle, je boude, je peste, je passe de mauvaises journées (de mauvais mois cf « On ne peut pas plaire à tout le monde »). En 2 ans j’ai vécu des ruptures, des choix difficiles, des disputes avec des gens importants, des problèmes au travail. Mais quand je rentre dans mon lit, je m’endors et le lendemain arrive et demain est toujours un autre jour. J’ai choisi d’essayer – au moins – de me concentrer sur les choses positives, parce que le négatif ben en fait il est passé et on ne peut plus y faire grand chose. Ça paraît con mais ce n’est pas qu’une question de volonté, c’est comme ça, on y arrive ou pas, seul.e ou pas.

Je ne me force pas à sourire ou à envoyer du love ou à être agréable, des fois je n’y arrive pas, j’ai pas la force, alors je ne le fais. Mais quand j’y arrive, je le fais pour moi et pour les autres. Je ne me force pas non plus à suivre des routines parce qu’il faut en faire pour être à la mode, non j’ai de routines parce que j’en ai besoin pour mon équilibre. Comme je te l’ai dit ici , je fais des crises d’angoisse, donc l’inconnu me fait peur, donc j’ai besoin de cadres, de trucs que je connais pour m’apaiser. Je peux sortir des sentiers battus mais uniquement quand je l’ai décidé et que je suis prête. Sinon en dehors de ça, je réfléchis toujours à quel pied poser quand je me lève, je fais toujours 18 minutes de méditation avant de manger, je sors toujours de chez moi en marchant en arrière. C’est pas parce qu’on m’a dit de le faire, c’est parce que j’ai des tocs je crois et que ça me fait croire que tout ira bien. It’s the life!  (d’ailleurs si je ne le fais pas, tu peux être certain.e que je vais te dire que j’ai passé une mauvaise journée de façon absolument pas objective)

Et puis pour le reste ben il y a les autres…

Tout d’abord il y a ma coach que j’adore et qui m’aide depuis maintenant presque 3 ans. Elle m’a connue mal, bien, très bien, moins bien et de nouveau bien. On s’appelle toujours, que j’aille bien ou pas et quand on me demande « ah bon tu vois une coach? mais pourquoi? » Je réponds : POUR CONTINUER D’ALLER BIEN.

La santé mentale est primordiale, sans ça, ça te flingue. Je crois en une harmonie du corps et de l’esprit parce que je le vis, parce que je le vois. Pendant très longtemps, j’ai été entourée de gens qui pensaient que les « psy étaient pour les fous« , qui du coup minimisaient leurs problématiques, ne s’en préoccupaient pas et laissaient couler. Pour ma part, je n’ai aucune honte à le dire, j’ai vu une psychologue pendant 1 an (suivi arrêté parce que j’ai déménagé et parce que je pensais que j’allais bien lol!), j’ai ma coach depuis 3 ans et je continuerai à voir qq.une tant que j’en ressentirai le besoin. Mon avis est qu’il faudrait que tout le monde voit qq.une à un moment donné, parce qu’on a bien trop de traumatismes enfouis, cachés, qui peuvent polluer nos quotidiens. Là perso c’est une coach parce que j’ai bien accroché avec elle, qu’elle me parle d’énergies, de chakras, de tout ce qui me parle depuis qq temps, on a beaucoup travaillé ensemble sur la non comparaison aux autres, sur le temps qui passe, sur l’estime de moi et dernièrement sur les peurs. Je la vois par skype, parce qu’elle habite loin. Je l’ai rencontrée via quelqu’un de mon entourage et depuis je ne la lâche pas. Je n’ai pas pris de psy parce que je fonctionne au feeling et à Paris, je ne connaissais pas grand monde pour me conseiller et maintenant vu que je suis satisfaite de mon suivi, je n’ai pas envie de voir quelqu’un.e d’autre.

Et puis il y a les copains, les copines, celleux que je pollue avec mes messages quand ça va pas, quand ça va, tout le temps en fait. Ces ami.e.s que j’ai rencontré il y a 10 ans, 5 ans ou il y a 6 mois, à l’école, à la fac, au travail, à la danse, par d’autres intermédiaires. Des gens qui étaient là, qui ne sont plus là, qui sont toujours là. Toutes ces personnes formidables qui ont été si bénéfiques dans mon parcours et pour qui j’aurai toujours beaucoup de bienveillance.

Je ne suis pas positive, j’essaie juste de voir la vie comme un enchainement d’opportunité et je crois que tout arrive pour une raison, alors j’analyse, j’essaie de trouver des sens cachés à à peu près tout, je fais chier avec mes déductions mais ça me fait sourire et plaisir.

Je ne suis pas positive parce que je ne pense pas positif au quotidien ni au moment présent mais je suis positive sur le fait que même si aujourd’hui a été compliqué, il y aura un moment de tranquilité et de ciel bleu. Car à chaque nuit voit son matin et qu’il faut que le soleil se couche pour que la lune apparaisse. Ça prend des fois plusieurs jours et puis il m’arrive de replonger mais bon on continue de m’appeler Madame Positive malgré mes moments de râlance extrême et de down profond, alors bon…et puis de toute façon, la vie n’est pas uniforme, il y a des hauts, des bas donc c’est normal de ne pas toujours réussir à s’adapter en un claquement de doigts à quelque chose de moins agréable.

Alors si toi aussi tu as passé une journée merdique, ben t’as le droit de râler. Fous toi la paix, c’est pas une course au bonheur! Mais sache juste que tu n’es pas tout.e seul.e et que je t’envoie beaucoup d’affection.

Peace

PS: Merci à Ma Petite et aux Étoiles de ma vie.

PS2: Tu vis peut-être des choses très graves dans ta vie et là tout de suite même si je ne te connais pas ben sache que je pense à toi!

PS3: Les haters diront que c’est bien facile quand on n’a rien vécu de grave dans sa vie d’avoir une attitude positive, ce à quoi je pourrais te citer 1000 exemples de gens positifs qui ont vécu des choses juste atroces, des gens connus comme des Madames que je vois, mais je ne cherche à convaincre personne. Adopte le style de vie qui te fait du bien, le mien n’étant pas forcément le tien.

PS4: Je ne fais jamais semblant et je ne me force pas à grand chose. Ne fais pas semblant d’aller bien pour paraître cool ou te soumettre au dictat actuel, vide toi, parle à des gens qui te veulent du bien, tu verras ça aide de briser sa carapace. Ce n’est pas une faiblesse que d’avouer aller mal.

PS5: Je me suis habillée dans le noir donc je me suis rendue compte à 11h que j’avais des collants bleus et non noirs…on pourrait s’en foutre mais au moins j’ai rigolé en me disant que « ça mettait un peu de couleur ». On peut rire de pas grand chose et ça fait du bien

PS6: Ouais j’ai des chaussures qui brillent, j’adoooooore ça! et j’adore aussi les tutus donc bon si tu cherches une idée cadeau hein!

Mes petits kiffs

Une très bonne année 2019

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Fort-De-France, Martinique, Décembre 2018

Je te souhaite une magnifique année 2019 avec plein de rires, de sourires et de bons moments…

Avec plein de belles rencontres, de grandes aventures et de petites victoires…

Avec du repos, des projets audacieux et un peu plus de confiance en toi…

Avec des rêves grands ou petits…

Et puis surtout plein d’amour…

 

Love

PS: Mais ça en fait, on est pas obligé d’attendre le 1e janvier pour se le souhaiter, alors sache que même si on se rencontre plus tard dans l’année, c’est que je souhaiterai pour la chouette personne que tu es.

Mes petits kiffs

Je voulais faire un bilan

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Montage Pelée, Martinique, Décembre 2018

Du coup, j’ai essayé de te faire cet article genre 10 fois sans que ça ne m’aille…J’étais un peu frustrée, je ne trouvais pas la forme…et puis au décours d’un repas, en fait la révélation : Mais en fait mon bilan vous le connaissez déjà. Toute cette année, je me suis livrée, vous avez été au courant de toutes mes aventures, mes mésaventures, les bons moments et les moins bons.

J’avais peur de faire mon propre bilan 2018, peur d’être déçue de moi-même (forcément quand tu mets des attentes sur quoi que ce soit, tu laisses place à de la déception potentielle).

Hier j’ai revu mes copines…je crois que ça faisait 12 ans qu’on n’avait pas été toutes ensemble. Les choses avaient changé, un peu certaines, beaucoup pour d’autres. Mais au final, on était là à rire de conneries, de souvenirs (désolée les filles du Couvent de Cluny vous avez pris cheeeeeeer), à partager nos incertitudes sur d’autres sujets qu’avant mais au final c’était un bon moment. Et puis à un moment, je me suis demandée et dans 10 ans, dans 12 ans, à quoi ressemblera-t-on? J’ai souri face à la mer…parce qu’en réalité on en sait rien et c’est ça la magie de la vie.

Le soir, j’ai rencontré en IRL Laury-Ann de Odeamoncoeur , une nana extraordinaire, rencontrée via le blog ou insta je ne sais plus trop. Anyway, mettre un visage sur un nom, sur des articles c’était tellement agréable.

Et en allant me coucher, la seule chose que j’avais envie de vous dire concernant mon bilan 2018, c’était que vraiment j’ai le sourire et que j’avais vraiment envie de dire merci à la vie!

Toute cette année j’ai rencontré des gens que je trouve extraordinaires :

Cette année, j’ai rencontré des personnes tellement inspirantes, des boules d’amour pur, brut et puis j’ai gardé les autres 🙂

On a passé de très bons moments et vraiment je ne vous remercierai jamais assez pour tout l’amour que j’ai reçu, alors je remercie celleux qui font partie de mon quotidien d’y être et de me supporter même quand c’est franchement difficile. (On se sait hein, je ne vais pas noter tous vos prénoms là).

Et puis j’ai eu 30 ans, cette barre mentale que je me mettais, qu’il fallait que je sois mariée avant. Pourquoi? Bonne question…Du coup cette barre ayant disparue, tout est redevenu vraiment possible…On n’a aucune obligation de faire telle ou telle chose avant tel ou tel âge…l’important est de le faire quand on est heureux de le faire et là tout de suite, j’ai envie de manger un flou au citron.

Pour finir cette année mouvementée, j’ai donc pris la décision de venir faire une petite introspection de 15 jours dans un hamac au soleil.

Et tu sais quoi…pour une fois, mon petit coup dans le rétro, je vais le garder pour moi et juste te dire que cette année restera magique dans mon coeur.

Avec tout mon amour…

PS: Je te souhaite un merveilleux bilan 2018 si tu en fais un et puis surtout de belles envies pour 2019

PS2: Sur la photo ya un immense nuage devant moi mais t’inquiète pas, mon corps et ma tête ont quitté le flou pour la clarté 😀

PS3: Ouais je suis petite, c’est la viiiiiie! 

PS4: Alors le rythme des articles restera le même qu’avant: 1 article le mercredi à 18h01 (tant que je suis motivée, que je suis de bonne humeur et que j’en ai envie), tu peux inscrire ton adresse à droite pour recevoir les notifs! là c’est cadeau et exceptionnel! 

Mes petits kiffs

« La vie est belle, partout »

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Paris, France, Septembre 2018

Il y a des matins où je me demande si tout ça sert à quelque chose

Si ça change vraiment quelque chose

Si les choses changeront un jour

Il y a des matins où j’ai un peu envie de baisser les bras

Parce que je me sens seule

Et que j’aimerai faire plus

Il y a des matins où je ne sais pas quoi faire

Pour aider

Pour transmettre de l’amour

Et puis à chaque soir de ces matins là

Je reçois un message, un sourire

Quelque chose qui me fait me dire : « Finalement, si, ça compte ce que tu fais« 

« Grâce à toi, il y a au moins quelqu’un qui a souri, quelqu’un qui a entendu, quelqu’un qui a réfléchi« 

J’ai lu il y a quelques temps, La part du colibri De Pierre Rabhi (ce monsieur est actuellement controversé sur des propos homophobes mais ce livre te parle d’écologie et en fait juste de la vie sur Terre).

Eh bien je suis un petit colibri, je transporte quelques gouttes dans mon bec et je fais ma part, celle que je juge nécessaire et que je peux apporter.

Des fois, je me sens bien impuissante mais je continue même en pleurant, comme ça au moins ça apporte plus d’eau.

Il y a des gens que je croise ici, ailleurs, en vrai, sur internet, qui me font de superbes compliments, que je suis une personne extraordinaire, que j’ai le coeur sur les mains. Je suis terriblement mal à l’aise, parce que je ne sais quoi répondre. Parce que ce n’est pas ce que je perçois de moi. Moi je fais juste de mon mieux pour être en accord avec mes convictions et les choses qui me tiennent à coeur.

C’est pas évident parce que je suis hypersensible, des fois la misère du monde je la prends, je la comprends, je la partage et ça me fait mal. Parfois, les ondes négatives me pénètrent et du coup je suis triste. Mais quoi qu’il arrive je fais de mon mieux, encore et toujours.

Des fois, je trouve le monde dans lequel je vis, un peu moche, parce que je ne le comprends pas, parce que selon moi avec de l’amour on pourrait faire tellement de choses. Quand je vois l’amour entre mon chien et les chattes de ma mère, je me demande pourquoi les humains ne s’entendent pas.

Mais j’essaie de voir le côté plein du verre parce que si pour vous, je fais des choses extraordinaires, c’est qu’il y a dehors des millions de gens qui font pareil et bien mieux.

Alors merci pour vos mots, merci pour votre soutien, merci de me rappeler qu’il y a des gens qui font de leur mieux et qui ne s’en rendent pas forcément compte et que chaque battement compte, chaque goutte compte…

Et que la vie est belle partout…

Il suffit de changer de lunettes…ou d’attendre 2-3 jours…

Love

PS: Je t’envoie du love

Mes petits kiffs

Un petit coup dans le rétro…

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Paris, France, Juillet 2018

Je t’écris depuis mon canapé parisien en sous vêt, avec un ventilo qui me rend malade depuis 2 semaines et je vais bien!

Je rentre de vacances, trop courtes pour te les raconter mais assez intenses pour te les partager.

Il y a à peu près un mois, mon père m’a tel. C’est rare que mon père m’appelle mais quand on prend nos tels pour s’appeler c’est qu’il m’arrive un truc pas cool en général. Tkt pas nos relations sont plus que saines.

Mon père m’a donc tel et il m’a dit : « on s’inquiète pour toi, ça n’a pas l’air d’aller » Par on, j’entends « Je m’inquiète pour toi et ta mère est déjà en train de faire sa valise pour venir se secourir » (ouais ma mère est comme ça)

J’ai chialé, une histoire de coeur, une histoire de gens, une histoire de résilience, une histoire de sentiments…et puis une histoire de peur et une histoire de temps qui passe.

J’ai entendu ma mère derrière dire : « Mais dis donc tu es vachement mal entourée ma fille » et j’ai entendu mon père me dire : « Tu veux pas nous envoyer ton chien en vacances et partir qq temps en vacances?« 

J’ai donc envoyé mon chien en vacances (mon chien part en congés bonifiés, billets payés, 1 mois et demi au soleil…) et j’ai commencé le tri.

D’abord un tri physique : j’ai vidé mon appartement un jeudi soir, j’ai balancé tous les vêtements dans lesquels je ne me sentais pas bien, dans lesquels je me sentais moche, ballonnée, pas à mon avantage, où qui me rappelaient des moments difficiles. J’ai ensuite balancé tous les bouquins qui m’expliquaient comment trouver l’amour, la paix et de bonnes relations…J’ai ensuite nettoyé mon frigo, j’ai astiqué ma salle d’eau et j’ai récuré mes toilettes. J’ai allumé une bougie Yankee Candle (ouais c’est chimique, ouais j’aime les bougies, ouais j’allume des bougies en pleine canicule)

Ensuite un tri dans mon entourage : j’ai envoyé des mails, j’ai repris contact avec des gens, j’ai dit stop à des relations où je ne m’épanouissais plus. C’était dur parce qu’encore une fois on ne sait pas rompre et que dans une rupture, l’autre pense toujours qu’on le rejette mais en fait il n’en est rien. On rompt pour soi et pas contre l’autre. C’était compliqué aussi parce que pour certaines des ces ruptures, les gens ont cru que je leur en voulais à cause de leurs ressentis, morals, états d’âme alors que pour moi le point de rupture était juste : « suis-je heureuse ou pas? » et la réponse était non. Je me rappelle il y a longtemps je suivais le blog de Diglee (une illustratrice cool que j’adore) et elle parlait de rupture et que pour elle la vraie question n’était pas « est-ce que je suis amoureuse? » mais « est-ce que je suis heureuse? » J’étais bien consciente déjà à l’époque qu’elle avait raison mais j’y arrivais pas…Bref

J’ai fait un tri numérique : j’ai quitté plein de groupes, j’ai arrêté de suivre pas mal de pages, celles qui se plaignaient tout le tps et celles qui ne saluaient jamais les initiatives, celles qui criaient tout le temps, celles qui étaient tout le temps en colère, celles qui voyaient le mal tout le temps et partout.

J’ai fait un tri dans mon coeur : j’ai arrêté de m’engluer dans des relations bizarres avec des gens dont les intentions n’étaient pas claires…Merci de penser à moi tous les jours et pas uniquement les soirs de pleine lune. Merci de me contacter que si tu souhaites une relation sérieuse et si tu es disponible. J’ai arrêté de toujours prendre les initiatives, si je t’intéresse, fais toi savoir, j’en ai eu marre de draguer, de toujours tout donner quand en face t’as rien…de la même manière que je le fais, tu peux le faire. Je veux du 50/50

Et puis je suis partie en vacances…12 jours pour trier ma tête.

En raison de la canicule, j’ai préféré griller 2 jours à Paris parce que je ne voulais pas conduire avec 35 degrés dehors. J’en ai donc profité pour tout déposer chez Emmaüs et puis le vendredi, il y a eu l’éclipse lunaire. Je suis très très sensible à la lune depuis janvier, pourquoi j’en sais rien. Juste avant, il y a de l’orage, de la pluie, de la grêle bref un ciel plein de nuages. Je suis montée sur le roof top (ouais je sais…) et en arrivant là haut, j’ai été submergée. Parce que je savais que je ne verrais pas la lune mais je ne m’attendais pas à ce spectacle. Un ciel plein d’émotions, plein de couleurs, j’ai pris mon courage à 2 mains, j’ai escaladé le muret et j’ai laissé mes pieds pendre. (Clémence si tu lis ça, merci de ne rien dire à la copropriété lol). Suspendue dans la vide, la tête dans les nuages, le ciel plein d’émotions, j’ai pleuré. Je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai pleuré. J’ai tout lâché.

Le lendemain, j’ai pris la route au petit matin, moi, ma tête, mes bouteilles d’eau et ma bagnole.

Je suis allée dans mon cocon, l’endroit où je vais quand ça ne va pas, quand ça va, quand j’ai envie d’avoir une oreille attentive, quand j’ai envie de ne pas parler, quand j’ai envie de juste trainer pieds nus dans l’herbe, quand j’ai envie d’y voir clair.

J’avais peur, parce que ça faisait quasi 2 ans que je n’y étais pas allée en mode Bad Mood.

Près de 8h sous le soleil et en traversant le Lot, j’ai été prise d’émotions, j’ai pleuré de joie. J’ai tout lâché. C’était si beau, c’était si réel, c’était si intense.

Et puis je suis arrivée. On m’attendait…On m’attendait quelque part…Des gens pleins d’amour m’attendaient…et là mon coeur s’est rempli tel une jauge.

J’ai passé une délicieuse semaine entre piscine, glaces, conversations passionnantes, films le soir, méditation matinale au soleil et observation du ciel.

2 jours après mon arrivée, j’ai été réveillée par la lune qui passait par ma fenêtre et qui brillait de mille feux et j’ai su que le vrai tri commençait maintenant.

Dans quelques jours, je vais avoir 30 ans et c’est ça mon problème…Parce que j’ai l’impression de stagner…parce que depuis on va dire 1 an, j’avais l’impression d’être coincée et « ne pas avancer« .

Alors j’ai regardé dans le rétroviseur pour être objective…depuis 6 mois, depuis 1 an, depuis 2 ans, depuis 5 ans, depuis 10 ans…et j’ai vu que…

J’ai fini mes loooooooongues études

J’ai déménagé dans 5 villes

J’ai eu 6 appartements

J’ai enterré un chien

J’ai eu un nouveau chien

Je suis tombée amoureuse 2 fois

J’ai vécu avec un mec

J’ai passé une thèse

J’ai rencontré plein de gens

J’ai acheté 2 voitures

J’ai eu 1 accident de voiture moyennement grave

J’ai appris à changer un pneu toute seule

J’ai repris la danse

J’ai coupé mes cheveux 2 fois

J’ai voyagé dans une tonne de pays (une douzaine-quinzaine chai plus)  selon l’appli AirFrance (et je ne prends pas que cette compagnie), j’en suis à 203705 km, 12 jours 23 heures et 45 minutes passés dans l’avion.

J’ai plus de 100 000km en tant que conductrice de voiture

J’ai dansé à Los Angeles, San Francisco, Berlin et dans le métro parisien

J’ai crée ce blog

J’ai ouvert un compte Facebook, je l’ai fermé et j’en ai recréé un autre 7 ans après

J’ai ouvert un compte Instagram

J’ai ouvert un compte Snapchat et un compte Pinterest mais comme j’y comprenais rien, j’ai supprimé

J’ai su que je pouvais quitter quelqu’un que j’aimais s’il me faisait du mal

J’ai appris à voyager seule, à changer les tuyaux de la douche seule et à vider mon évier seule

J’ai écrit des dizaines de lettres, des centaines d’articles, des milliers de mots doux et pas mal de sextos

J’ai pris du poids, j’en ai perdu, j’en ai repris

J’ai testé la course à pieds, j’ai pris un cours de boxe, de taekwendo et de handball

J’ai rejoint pas mal d’associations

J’ai cru en Dieu, en Bouddha, en l’Univers

J’ai découvert la positive attitude, le mode minimaliste et Louise L Hay

J’ai eu des amis fous qui m’ont écoutée pleurer, rire et crier

J’ai eu 4 téléphones et 2 ordinateurs

J’ai grossi des seins, je les ai perdus et puis maintenant ben ça dépend de si j’ovule ou pas

J’ai voulu acheter des trucs, j’ai renoncé, j’ai plus eu envie

J’ai appris à  sourire devant un ciel bleu et devant de l’herbe fraiche

J’ai ri à gorge déployée

J’ai souri avec mon âme

J’ai pleuré devant Titanic quand il est ressorti en 3D

J’ai fait des cauchemars après Eden Lake

J’ai regardé Sex and The City dans son intégralité 5 fois

J’ai relu tous les Harry Potter

J’ai commencé la photographie

J’ai assumé mon corps et je l’ai aimé même si selon toi c’est pas difficile mais je sors de pas mal d’années où je ne mangeais pas

J’ai testé la pilule, les oestroprog, les progestatifs, l’implants, les préservatifs, l’abstinence

J’ai fait 3 dépistages IST

J’ai eu la mononucléose et on a cru que j’allais mourir tellement j’étais HS

J’ai eu quelques grosses cuites

J’ai sauté dans des rivières, mers, océans, lacs, piscines

J’ai sauté d’une falaise

J’ai fait un combat de boxe thaïlande face à une anglaise qui faisait 2 fois ma taille, le score officiel était match nul, officieusement j’ai dominé et du coup on m’a offert un seau de bière.

Je suis montée sur des toits

J’ai passé des nuits blanches

J’ai commencé la méditation

J’ai testé le yoga

J’ai maté beaucoup de couchers de soleil

Je me suis intéressée à la lithothérapie

J’ai trouvé le travail de mes rêves

Je me suis disputée avec des gens

J’ai mangé au moins 104 boîtes de CocoPops

J’ai du finir AU MOINS 998 BOITES DE NESQUICK

J’ai bu un seul café

J’ai été addict au coca cola et j’en suis guérie

J’ai lu peu de livres (parce que je culpabilisais de lire autre chose que de la médecine) mais je me rattrape depuis 1 an

J’ai eu des causes, des revendications

J’ai eu des projets, des envies, que j’ai réalisés ou pas

J’ai quitté, j’ai été quitté

J’ai été triste mais j’ai été vachement heureuse

J’ai été utile pour des centaines de Mme et quelques Mr je pense

J’ai aidé du mieux que j’ai pu

Je suis devenue une personne cool, une personne que j’aime

Et même s’il y a encore des choses qui me manquent dans la vie…je suis quand même sacrément fière du chemin parcouru

Et du coup…ben depuis j’ai juste hâte de vivre les 10 prochaines années, parce qu’elles vont être excellentes et intenses!

Je ne regarde pas souvent dans le rétroviseur parce que je n’aime pas vivre dans le passé mais quelques fois, ça permet de relativiser et de dédramatiser le présent et le futur.

 

Love

PS: Bon depuis j’ai repris le taf! 

Mes petits kiffs·Quoi de neuf docteur?

La misère en bas de chez toi, la misère en bas de chez moi

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Los Angeles, California, USA, Mai 2018

Tu as peut-être vu passer mon post pour la collecte de sacs à dos…ce week end là, j’étais pas très bien.

Depuis l’été dernier, tous les jeudis, je prends mon vélo pour aller travailler. 20 min le long du canal, il faisait beau, c’était agréable et puis c’est écolo et je faisais du sport (genre).

Et puis en septembre, octobre ben j’allais pas bien, j’avais pas envie de prendre mon vélo…

Et puis il a fait froid…

En janvier, j’ai repris un peu, pas tous les jeudis mais j’ai repris un peu et puis j’ai vu les tentes. Des tentes Quechua, des baskets devant, des gens posés.

Des gens venant d’ailleurs, qui dormaient dans le froid.

Toutes les semaines, il y en avait un peu plus, tellement que des barrières ont été installé pour laisser un petit passage.

Et puis j’ai arrêté le vélo, parce que je ne voulais pas les déranger moi passant en plein milieu de leurs tentes pendant qu’ils dorment, tout ça pour faire ma bobo parisienne et puis parce que ben j’avais du mal à voir cette misère humaine…

Et puis elle est venue…Mme F 32 ans, enceinte avec un gros ventre.

Quand j’ai demandé l’adresse, elle m’a dit « près du centre commercial« , j’ai demandé un nom de rue, elle m’a dit « je dors près de l’eau« 

Et là ben j’ai compris qu’il y avait des hommes mais aussi des femmes et des enfants.

La misère qu’on laissait crever de froid près du canal…

J’ai eu du mal, je me sentais tellement impuissante…et puis Mme F a disparu un jour. Pas de numéro de téléphone…pas de nouvelles…je ne sais pas ce qu’elle est devenue à 7 mois  et demi de grossesse.

Et puis j’ai repris le vélo vers le mois de mars, il faisait un peu meilleur, j’ai vu des associations apporter le petit déjeuner, discuter avec les gens, les aider à remplir des papiers.

J’ai voulu aider, j’ai contacté une association, j’y suis allée mais pas beaucoup de fois parce que c’était dur et j’ai pas réussi à prendre du moi.

Il y a quelques jours, ils ont évacué le camps du Millénaire, plus de 1000 personnes…avec des CRS et des bus qui les ont emmenés je ne sais où.

J’ai eu mal au coeur, en me demandant pourquoi maintenant, où et ce qu’allaient devenir tous ces gens. Pourquoi on avait rien pu faire pendant tout l’hiver…

Et puis un vendredi, j’ai vu un post disant qu’on cherchait des sacs à dos, parce que d’autres camps seraient évacués et que la dernière fois, faute de sacs, certain-e-s (beaucoup) avaient du laisser le peu d’effets personnels qu’iels avaient sur place, toute une vie, toutes leurs vies. J’ai eu le coeur qui s’est serré et puis les larmes qui ont coulé.

Le samedi matin, ça m’a réveillée et j’ai ramené des sacs à dos, j’en ai parlé autour de moi et on a fait comme on a pu.

Lundi, j’ai été au travail et j’ai reçu une nouvelle dame. Mme G 34 ans, qui venait d’accoucher d’un magnifique petit garçon.

Elle m’a expliqué venir d’un pays d’Afrique, ne pas avoir de sécurité sociale ni de papiers. Qu’elle était arrivée il y a 1 an. (oui tu peux être en France depuis des années et n’avoir  ni papier, ni AME, ni CMU, faut arrêter de croire que oulala les gens viennent prendre ta sécurité sociale) Qu’elle a deux autres enfants là bas, une fille de 14 ans et un garçon de 12 ans. Qu’elle n’est pas fatiguée et qu’elle cherche du travail parce qu’elle veut gagner des sous. Elle est partie de son pays parce qu’elle veut offrir une meilleure vie à ses enfants, elle veut qu’iels puissent faire des études, qu’iels puissent devenir quelqu’un-e. Elle venait d’accoucher mais elle était encore plus en forme que moi.

On a parlé, beaucoup…

Je l’ai examinée et j’ai vu…j’ai vu que son clitoris n’était plus. On en a parlé, elle m’a dit que sa mère ne voulait pas mais que son père disait que c’était la honte dans la famille et que ça porterait malheur. Donc à 8 ans avec 6 copines, elle attendait son tour. Elle était la 3e de la file « d’attente », quand elle a entendu ses copines crier, elle a voulu s’enfuir, mais on lui a couru après et on a coupé. Une de ses copines est morte quelques jours après. Elle se souvient de la lame de rasoir, rouillée, sale, pleine du sang des 2 fillettes avant elle.

Elle m’a dit que son père est finalement parti, il a quitté sa mère et elle aurait aimé qu’il parte avant, avant qu’on lui retire son clitoris, avant qu’on lui fasse vivre un enfer. En plus de ça, il l’a mariée à un homme 30 ans plus vieux qu’elle et violent. Elle a subi les coups pendant plus de 15 ans, le monsieur est mort et elle est partie en France tout de suite après (il y a un peu plus d’1 an). Elle a pris « le bateau« , elle ne pouvait pas partir avec les enfants, elle les a laissés avec sa mère mais elle est inquiète parce que sa fille n’est pas excisée et que même si sa mère ne veut pas, il y a les tantes, les voisines… Donc tous les jours elle appelle, elle menace sa mère de ne plus lui adresser la parole si elle cède, et tous les jours elle demande à sa fille si on lui parle de ça.

Mme G n’a qu’une hâte, travailler, avoir des papiers et faire un rattachement familial.

Je suis retournée à mon bureau et j’ai dit à Mme G qu’on avait des solutions pour elle, que ben « malheureusement » ce qu’on lui a fait pouvait l’aider pour le droit d’asile et pour le rattachement familial et puis qu’on pouvait réparer.

Ses yeux ont pétillé, j’ai dit que ce serait peut être long (parce qu’il y a la théorie et puis il y a la pratique, la sécu, la caf, la préfecture tout ça c’est le parcours du combattant). Elle a pleuré et m’a dit MERCI parce que personne lui avait jamais parlé de ça, qu’on puisse réparer, qu’on puisse l’aider, alors qu’on avait regardé sa vulve un million de fois pendant sa grossesse et puis qu’elle n’en avait jamais parlé à personne.

J’ai répondu  « DE RIEN » parce qu’à force, je commence à comprendre qu’il faut l’accepter ce merci même si c’est difficile.

Elle est descendue à l’accueil pendant que je refermais le dossier où je venais d’écrire : « Excisée, Attention a une fille de 14 ans au pays »

En descendant, je l’ai entendue dire à mes collègues : « La doctoresse que vous avez est extraordinaire c’est un ange« 

J’ai entendu mes collègues répondre « On nous le dit souvent » et elle est partie.

Je me suis assise à l’accueil, mes collègues m’ont demandé si je voulais faire une pause (à force, elles me connaissent…), j’ai répondu : « Je viens de voir une personne avec un courage incroyable qui a vécu un enfer et qui m’a remercié parce que je suis humaine« 

Je ne suis pas un ange, je suis juste humaine et moi la misère humaine qu’on laisse crever en bas de chez nous ben ça me bouffe…alors j’aide…du mieux que je peux…mais maintenant je ferais plus. Parce que même si des fois c’est dur pour moi, ça l’est encore plus pour elleux…

Les gens ne quittent pas leur pays, leurs familles, ne claquent pas toutes leurs économies,  ne prennent pas de bateaux pourrav, blindés, ne risquent pas le viol, la mort, ne dorment pas dans des tentes Quechua près de l’eau pendant tout un hiver de gaieté de coeur…Derrière chaque humain, il y a une histoire…

PS: Tu as peut-être un avis sur les migrant-e-s qui est différent du mien…mais en fait je m’en fiche.

PS2: Mme G ne dort pas dans une tente, elle vit avec le père de son dernier enfant, il l’aide dans ses démarches depuis un an.

PS3: Des histoires comme celles là, je peux malheureusement t’en raconter beaucoup entre mes petites dames, les gamines de la croix rouge qui sont venues seules en étant mineures et puis tous les autres que je croise à vélo…