Quoi de neuf docteur?

« T’as des sous ou non? » ou la Trisomie 21

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Paris, France, Mars 2019 (ces fraises sont françaises et bio)

J’écris cet article, le jour de la journée internationale pour la trisomie 21. Il fallait poster des photos de chaussettes dépareillées sauf que j’aime pas faire comme tt le monde et puis je porte tjr des chaussettes en paires.

Par contre la trisomie…j’avais déjà envie de t’en parler depuis qq semaines donc ça tombe bien.

En réalité, je ne vais pas te parler de la maladie en elle-même, je vais te parler de mes problématiques actuelles.

Comme tu le sais, je suis les grossesses (beaucoup trop et je déteste ça. One day, un ex m’a demandé si qd je voyais une grossesse arriver je me disais « Merde » ben c’est totalement ça, pas merde pour elles, mais merde pour moi parce que je déteste vraiment ça bref!) et je suis les grossesses de dames qui n’ont pas de papiers, pas de sécu, qui ne parlent pas français.

Je t’ai déjà raconté des histoires de trisomie 1/8 

Mais cette année on a atteint un autre level. La trisomie 21 est une maladie génétique c’est à dire qu’au niveau de tes chromosomes, là où il doit y en avoir 2 au numéro 21, il y en a 3. C’est une maladie incurable qui entraîne potentiellement un handicap mental, des malformations d’organes, des caractéristiques physiques and co…On n’a pas de traitement.

Donc chez toutes les femmes (normalement), on propose de réaliser un dépistage (qui est proposé mais NON OBLIGATOIRE). Ce dépistage se fait en plusieurs étapes (je vais essayer de faire simple mais complet mais si tu comprends pas, je peux te faire une version plus soft) :

  • D’abord on évalue un risque potentiel en fonction de l’échographie (avec la mesure de la clarté nucale) et de facteurs maternels dans le sang de la maman. Soit le risque était considéré comme faible (>1/250) soit le risque est considéré comme à élevé (<1/250) et très élevé si c’est <1/50
  • Si le risque était faible, on ne faisait rien, si le risque était élevé : elle était reçue par le service de diagnostic ante-natal qui lui proposait soit le DPNI qui est une prise de sang chez la mère pour chercher s’il y a une surreprésentation du nombre de chromosomes dans l’ADN libre circulant chez la mère (en gros encore une estimation) ou on établissait un caryotype = carte génétique du bébé avec une amniocentèse ou choriocentèse (comme je dis vulgairement une piqure dans le ventre qui peut entraîner une fausse couche). Ça, c’était décidé de façon pluridisciplinaire.
  • Si le DPNI ou caryotype revenait neg, c’était bon, si le DPNI ou caryotype revenait positif, elles avaient toute une batterie d’examen pour en gros décider si on faisait une interruption médicale de grossesse ou si on gardait la grossesse avec un suivi spécialisé et un accompagnement des parents.
  • À chaque étape, la femme peut dire stop bien entendu! et on s’arrête! J’ai certaines femmes qui refusent parce qu’elles n’ont pas envie de savoir, que dans tous les cas elles garderont la grossesse, font confiance à l’Univers, Dieu ou qui sait-je, elles font comme elles veulent!

Plusieurs éléments là tout de suite sont à préciser :

  • La base 1/250 était l’ancienne norme
  • Le DPNI n’était pas remboursée par la sécu et coûte 390€
  • Le caryotype est pris en charge par la sécu et par des prises en chargés spécifiques hospitalières si la dame n’avait pas de sécurité sociale
  • toutes les dames à résultat patho pratiquement pouvaient passer par le service hospitalier de Diagnostic Ante natal dans des délais « raisonnables » pour ne pas « trop » angoisser la maman

Je t’avais raconté 2 cas en fin 2017:

Mme K avec son résultat limité 1/240, elle avait fait un DPNI non remboursé par la sécu, avait claqué 390€, le résultat était revenu négatif, on avait respiré.

Mme S qui avait un résultat à 1/8, qui n’avait pas les moyens de faire le DPNI, qui n’avait pas voulu faire le caryotype à cause du risque de fausse couche et son bébé va bien.

En janvier, 2 choses ont changé :

  • Le taux est passé de 1/250 à 1/1000 donc autant te dire que depuis on voit le nombre de résultats pathologiques flamber.
  • Le DPNI est maintenant remboursé par le sécurité sociale (qd tu as la sécurité sociale, d’ailleurs il faudrait que je regarde le taux)

Et puis bien sur…

  • Il n’y a pas encore de prise en charge par contre ni hospitalière ni par nos services pour les DPNI chez les dames sans sécu

 

Donc voilà que Mme M arrive à ma consultation…Patiente de 28 ans, 1e grossesse, je lui propose le dépistage de la T21, elle accepte de le faire et là je reçois le résultat : 1/300. Mme M n’a pas la sécurité sociale (comme euh 80% de mes patientes). J’appelle donc ma hiérarchie pour savoir si nous avons une prise en charge spéciale pour les DPNI, on me dit que non. Je force un peu j’appelle le laboratoire en leur demandant s’ils prennent mes bons habituels de prise en charge, iels rigolent en me disant que bien sûr que non. J’appelle donc l’hôpital cool qui me dit que non elleux non plus n’ont pas de prise en charge spé pour les dames sans sécu, qu’avec son taux, elle n’a pas d’indication pour un caryotype (qu’iels font quand <1/50, ce qui s’entend) et qu’iels ont des délais de rdv de 5 semaines de toute façon et qu’iels ne feront rien pour elle. Je me retrouve donc devant Mme M à lui dire qu’elle a un taux considéré comme anormal mais pas assez pour avoir recours au caryotype qui lui est pris en charge…mais que je ne peux rien faire pour elle et que si elle veut faire le test secondaire c’est 390€, à une dame qui n’a pas de quoi acheter une baguette de pain…


J’ai reçu Mme S, 38 ans, 5e grossesse, je lui ai proposé le dépistage, elle a accepté, elle a eu le résultat 1/800, elle était super inquiète parce que le laboratoire lui a donné le résultat (ce que normalement iels ne doivent pas faire) donc elle a débarqué en panique dans mon bureau en criant, en pleurant que son bébé était malade. Mme S a la sécurité sociale donc elle a pu faire son DPNI remboursé qui est revenu négatif, elle a respiré et moi aussi.


Ma collègue sage-femme est partie en vacances et j’ai regardé les résultats qui arrivaient pour elle. J’ai trouvé trouvé une T21 à 1/200 pour une dame que je ne connais absolument pas. J’ai appelé l’hôpital avec lequel elle travaille (qui n’est pas mon habituel), à peu près le même discours mais iels m’ont dit de faire une inscription à la maternité et qu’iels lui feront le test sur place…Délai de RDV à la maternité : 6 semaines…J’ai envoyé le fax, j’ai eu comme réponse : faire DPNI en ville et pas de rdv à la maternité. Bien sûr cette dame n’avait pas la sécu. J’ai donc refermé le dossier, j’ai fait un post-it pour la sage-femme en lui disant que j’étais bien désolée mais que je ne me voyais pas d’appeler la dame que je ne connais pas, pour lui expliquer que son taux était anormal en sachant que je ne savais pas quelle information avait été donné au préalable par ma collègue et qu’on ne pouvait rien faire pour elle.


J’essayais de me rassurer en me disant que bon avec des taux comme ça, il y avait peu de risques au final et puis Mme N a appelé.

J’avais suivi Mme N pendant sa grossesse fin 2018, que 2 consultations parce qu’elle avait fait le début dans une clinique et la fin à la maternité. J’avais rien noté de particulier, la clinique ne m’avait jamais faxé le résultat de la T21 faite chez elleux mais iels m’avaient dit « 1/2500« , les échographies étaient normales, rien à signaler. La suite à la maternité avait été normale, 3e écho RAS. ET puis Mme N a accouché à 8 mois. Le bébé était très fatigué et puis il avait un souffle au coeur. On lui a d’abord dit que c’était peut-être normal avec la prématurité et puis on avait été un peu moins rassurant, on lui avait parlé de malformation cardiaque et puis le diagnostic est tombé, son bébé avait la trisomie 21. On était carrément passé à côté, tous et toutes, on ne pouvait pas savoir, on ne pouvait pas prévoir, c’était des dépistages, des statistiques. Test négatif, écho normales et bébé malade. Mme N a 24 ans et c’est son 1e bébé. Elle m’a dit que dans tous les cas elle n’aurait pas fait l’interruption de grossesse et qu’elle l’aime son bébé mais qu’elle aurait aimé savoir parce qu’elle n’était pas du tout préparée et qu’elle a l’impression que son bébé n’est pas normal. Et depuis elle pleure, elle pleure et elle pleure…

Quand j’ai raccroché, j’ai eu la tête qui tournait en me disant : JE NE VEUX PLUS FAIRE DE SUIVIS DE GROSSESSE. (Bon j’en fais toujours et beaucoup trop)

Alors j’ai commencé à râler dans mon coin pour ces prises en charge discriminantes. Elles l’étaient déjà avant quand ce n’était pas remboursé par la sécu et qu’en gros soit tu pouvais payer soit tu attendais. Sauf que là, les chiffres ont changé et ce qui concernait une minorité de femmes en concerne beaucoup plus actuellement et moi je me retrouve devant des dames stressées, angoissées devant un examen anormal et rien derrière.

J’ai râlé et puis j’ai commencé à voir les mails de mes collègues qui râlaient aussi, j’ai commencé à voir les mails de l’administration qui expliquaient le coût du 1e test et le coût du 2e et qu’il fallait des arguments pour une prise en charge…Donc en gros : on va devoir attendre qu’il y ait beaucoup de dames dans cette situation pour pouvoir faire avancer les choses pour les suivantes…

Et en attendant…ben on attend…et moi ça me fout en rogne!

Je suis fatiguée, extrêmement fatiguée par mon travail. Parce que c’est pas qu’un travail, c’est un engagement envers ces femmes et j’ai l’impression de les malmener, de les abandonner…Parce que je suis dans un système administratif qui a du mal, qui n’a plus les moyens, qui fait comme il peut mais ne peut plus.

Alors, tu me diras « Ouais mais elle n’a pas de sécu tant pis pr elle, fallait pas venir en France« , je vais t’expliquer comment des gens qui sont en France depuis des dizaines d’années peuvent ne jamais avoir de sécurité, comment la CPAM te fait galèrer pendant des années, comment iels te disent qu’il manque TOUJOURS un papier pour gagner du temps, comment et pourquoi tu quittes ton pays et ta famille pour venir en France. J’ai vu un post de Lena Headey (Cersei dans GOT) qui était une image avec « No one puts their children on a boat unless the sea is safer than the land » Voilà! Tu ne sais pas pk les gens sont partis donc tu ne juges pas merci.

 

Sur ces tristes nouvelles, je t’annonce que le rythme des articles va changer. Maintenant ce sera 1 article tous les 15 jours, parce que je suis fatiguée psychologiquement et physiquement. Promis, je te prépare des articles rigolos et positifs mais là j’ai besoin de prendre l’air…

 

Love

 

PS: Ne t’inquiète pas, je vais bien pour de vrai, je m’aère beaucoup l’esprit

PS2: J’aime pas suivre les grossesses parce que c’est beaucoup de paperasse et que bon…à force tu imagines bien que moi ce qui m’anime c’est la planification familiale et le côté militant! 

PS3: Et puis avec toutes ces grossesses ben ça me donne encore moins envie de faire moi-même des enfants. C’est pas du tt que l’idée y est, je t’en ai déjà parlé dans « Et vous avez des enfants? » ça n’a pas trop changé depuis…

PS4: Avant c’était déjà discriminant mais bon en théorie il y a plus de gens avec sécu qui pouvaient payer le test à 390€ que des gens sans sécu…

Mes petits kiffs

« Tiens, viens prendre des frites c’est la fête de la femme aujourd’hui »

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Extrait du Livre Ris-Vis-Erre [Rivière] de Kkimpa (lien en PS8)

Ou pourquoi je n’aime pas le 8 mars…

Spoil: C’est pas ce que tu crois #badfeminist

J’ai la gueule de bois, pas d’alcool. Cette gueule de bois d’ivresse parce que t’as mal dormi, parce que tes idées sont embrouillées…

J’aime pas le 8 mars (bouuuuuhhh qu’on la brûle vive, ah non on peut pas les sorcières sont vénérées bon ben je ne sais pas qu’elle se taise).

  • Déjà j’aime pas, parce que je dois rappeler à beaucoup trop de gens que c’est pas « la fête de la femme » mais la « Journée Internationale des Droits Des Femmes« …je passe donc pas mal de temps à répondre aux gens qui m’envoient des fleurs sur whatsapp, je mets des commentaires sur les réseaux sociaux qd on essaie de m’expliquer comment être une Femme en 2019 ou que j’ai droit à une culotte gratuite pour un soutien-gorge offert (même si les bénéfices sont soit disant reversés à une asso, perso je trouve ça dérangeant).
  • Ensuite, j’aime pas parce que ça existe et qu’en fait ça ne devrait pas exister, nos droits devraient être les mêmes depuis une éternité…mais bon passons…(ouais je crache dans la soupe et tant pis)
  • Et puis parce que ben en fait pour ma part c’est tous les jours que je suis active concernant les droits des Femmes à mon petit niveau qui me satisfait pour l’instant, j’ai pas besoin d’une journée pour me rappeler que je suis une « bonne » activiste ou pas et donc ce genre de journée me fatigue
  • Et pour finir, Je vis assez souvent des trucs pas cool ce jours là

Il y a 2 ans, j’ai fêté le 8 mars, un 7 mars avec mes copines de danse, place de la République lors d’un flashmob. Ça a été assez horrible parce que 1/ on a vécu de bonnes agressions sexuelles, des mains aux fesses, des mains aux seins, des incitations au viol, du slutshaming de fou furieux. Et puis surtout je me suis rendue compte oh misère que non toutes les femmes n’étaient pas féministes, qu’elles n’étaient pas toutes bienveillantes envers d’autres femmes, que certaines étaient accusatrices, accusaient de victimisation bref j’en passe…donc j’ai passé le 9 mars dans un poste de police de je ne sais plus quel arrondissement, à attendre qu’on prenne notre main courante. La police a été ok pour de vrai, il n’y a pas eu de phrases bizarres, pas de questions tordues. Et ce jour là, je me suis rendue compte que malgré tous les chiens de la casse, malgré tous les connards, il y avait des mecs cool qui trouvaient que c’était grave ce qui s’était passé (Merci à vous qui étiez là, merci à ceux qui ont exprimé leur soutien, merci aux policiers). Ce jour là, j’ai aussi décidé d’arrêter de danser avec certaines personnes et plus globalement j’ai décidé de m’éloigner des gens qui étaient vraiment trop éloigné.e.s de mes idéologies parce que c’était pas productif, que j’avais pas envie de lutter pour leur partager mes idées, que je n’avais pas non plus envie d’écouter les leurs et que ça me fatiguait physiquement et psychologiquement.

Pour une journée Internationale des Droits des Femmes, ben j’ai donc reçu des remarques sexistes d’inconnu.e.s, des remarques sexistes de gens proches de moi « ouais mais vous étiez en short quand même« , des remarques accusatrices des femmes « vous auriez du faire ça » « il faut arrêter de se victimiser« , « vous avez gâché le flashmob avec votre plainte » et « vous forcez à porter plainte » (je reviens sur ce point, dans ma pratique professionnelle je ne dis jamais « il faut porter plainte » « il faut partir » on fait comme on peut et on ne vit pas ce que la personne vit donc bon m’accuser de forcer c’est bien mal me connaître breffff mais perso quand une dame vit des agressions physiques et qu’elle m’en fait part ben j’aimerai bien qu’elle porte plainte dc histoire d’être en accord avec moi-même je l’ai fait, le dépôt de plainte est un droit pas un devoir! tu es libre de l’utiliser ou pas)

L’an dernier, j’étais tranquillement sur un bateau de croisière et devant une superbe vitrine avec un petit garçon capitaine en position fière et une petite fille princesse avec un petit sourire, j’ai écrit avec un rouge à lèvres : SEXISTE :D. Ma mère m’a félicitée en me disant que quand même je prenais des risques. Mais ça, je le fais souvent…et d’ailleurs j’ai encore des affiches de la Brigade Anti-Sexiste.

Cette année, je ne savais pas trop quoi faire donc j’ai cherché un event que je trouvais open et cool. J’ai aussi décidé de faire d’autres activités avant, donc j’ai été au jardin (oui je jardine, si tu ne m’as pas sur Fb, tu as de la chance parce que je fais chier tout le monde avec mon jardin) et puis j’ai décidé de jeûner aussi pour rendre le truc un peu plus fun. Bref la journée était pas mal. Sauf qu’en arrivant à l’event, je me suis rendue compte que j’allais être déçue et/ou triste. Déjà il y avait une discussion et j’ai de nouveau pris conscience des difficultés que pouvaient apporter ces convictions quand elles étaient « trop » présentes : tu peux perdre ton job, tu peux être harcelée sur les réseaux, tu peux te sentir seul.e et isolé.e. Ce sont des choses que je sais, que je vis (non j’ai pas perdu mon job et non je ne suis pas harcelée sur les réseaux) mais encore entendre que les autres vivaient soit pareil soit pire en 2019 ben ça m’a découragée (ouais je suis faible, fragile, pense ce que tu veux, je fais comme je peux).

Puis il y a eu les ateliers, le 1e étant sur la masculinité. J’avais hâte d’y aller justement. Le lieu de l’évènement est ouvert et non privatisé, c’est à dire qu’il y avait des gens qui venaient dans ce lieu pour l’event et d’autres qui étaient là juste pour chiller, se reposer, boire des coups, manger une pizza (détail très important). Au tout début nous étions 2, ce qui est « assez révélateur du problème de la masculinité » ai-je pensé puis d’autres gens sont arrivés. Et donc là pendant cet atelier, j’ai été encore une fois confrontée à probablement une de mes croyances limitantes mais ma triste réalité (au moins du moment) c’est à dire que : les rares mecs qui disaient des trucs intéressants, qui avaient une vision progressiste, des idées fraiches sur la masculinité, féminisme etc étaient tous DÉJA en couple et que les nombreux célibataires ramenaient le sujet sur eux, faisaient du manspreading, coupaient la parole et incarnaient cette masculinité toxique que je déteste et qui me fait fuir. Mon mental a flanché et l’odeur de pizza a réveillé mon estomac.

Je suis donc allée à un 2e atelier rapidement sans vouloir assister à la suite du débat sur « galanterie, sexiste ou pas » parce que 1/je pense que oui et 2/malgré ça, je ne sais tjr pas si je dois payer ou pas lors d’un 1e rdv et qu’en pratique, ben ça se fait au feeling, je sors ma CB dans tous les cas, j’ai de l’argent, tu en as, si ça te fait plaiz de m’offrir à manger merci, si ça me fait plaiz de t’offrir à manger plaiz à toi, mais je sais que je ne te dois rien et que tu ne me dois rien, si t’es pas au courant, tant pis pour toi! le seul consensus ben c’est le consentement! Ta pizza ne vaut pas du sexe!

Bref le 2e atelier était avec une personne extra chouette que je connais et je me suis dit « chouette je vais avoir une bouffée d’oxygène » eh ben en fait pas vraiment parce que ça m’a remise en plein dans mes insécurités. La conversation était sur le sujet de la jouissance et donc forcément on a atterri à « ouais mais comment faire pour dire à un mec ce qu’on veut, comment il faut faire? » Messieurs, ne vous leurrez pas, vous êtes très souvent au centre de nos conversations même dans les sphères féministes et souvent sans agressivité ni animosité. Bref on en est arrivé à se dire qu’il fallait être ok avec nous-même, nos corps, nos sexualités et qu’après seulement on rencontrerait (OÙ? On sait pas et c’est ma préoccupation principale, où sont-ils? où êtes-vous?où vous cachez-vous?) des hommes incarnant cette masculinité positive où tu peux exprimer tes désirs sans que ce soit mal perçu ou que tu passes pour une castratrice mais avant ben soit rien, soit des mecs pas ouverts quoi… »Ça réduit le nombre de partenaires potentiels » elle a dit…je suis ok, la qualité plutôt que la quantité, je suis toujours ok mais là c’est ni l’un ni l’autre alors je commence un peu à me poser des questions. 

Je t’ai déjà expliqué que j’étais bien branchée développement perso et tout et personnellement je crois en la loi de l’attraction, « Demande et tu recevras » c’est mon mantra et ça fonctionne pour tout (même pour trouver des cours de yoga aérien en pensant à du jus de clémentine, c’est une longue histoire que je ne te raconterai pas) sauf que depuis 2 ans, ça ne marche plus pour ce domaine précisément. Donc soit, option 1: je demande mal, soit option 2: je ne mérite pas ce que je demande…(la vraie réponse c’est OPTION 3 : SOIT IL FAUT ATTENDRE QUE LE BON MOMENT ARRIVE C’EST TOUT ET PROFITER DE CE TEMPS POUR FAIRE AUTRE CHOSE GENRE DU TRICOT, DE LA MOSAIQUE, DU YUKULELE, LIRE, TE BARRER À BALI, APPRENDRE UNE LANGUE ETRANGERE, FAIRE DE L’ARGENT, ADOPTER UN MOUTON CHAI PAS MOI TOUT EST POSSIBLE) Et donc hier soir, dans ma tête c’était « Tu as un problème, tu n’es pas suffisante, tu n’es pas qqn d’aimable, ça ne t’arrivera plus jamais« . Mon estomac a grogné alors que depuis 24h il était calme.

J’ai filé dans le premier métro, mon estime de moi dans les chaussettes, j’ai pleuré sur tout le trajet. Ma BFF m’a dit d’aller au 1e distributeur et de m’acheter à manger. À la correspondance, je suis tombée sur un distributeur de cochonneries sucrées, comme par hasard j’avais une pièce de 2€ (ce qui n’arrive jamais #teamCB), il y avait une promotion sur des Kinder Bueno et voilà comment j’en suis arrivée à bouffer 4 kinder Bueno dans le Metro à 23h un vendredi soir. Pour un 8 mars, j’ai donc eu le sentiment de ne pas être une femme assez bien pour mériter un amour véritable…et que je méritais soit de tomber sur un connard soit d’être seule ad vitam eternam.

Je suis donc rentrée chez moi, sur la route le monsieur du kebab m’a vue avec les yeux rouges et tout, il m’a demandé si ça allait, j’ai dit « bof » il a répondu « allez viens prendre des frites c’est pour moi, c’est la fête de la femme aujourd’hui« . J’ai rien dit, j’ai poussé la porte, j’ai pris les frites qu’il me tendait gentiment et je suis rentrée chez moi en me disant que cette action que j’aurai détestée le matin me faisait du bien le soir.

J’ai donc passé un 8 mars à avoir faim, à me trouver misérable, à culpabiliser d’en plus être mal alors que des femmes souffrent pour de vrai et à manger des trucs pas vraiment sains pour mon organisme.

Le lendemain, j’ai ouvert les yeux et je suis restée longtemps dans mon lit à repenser à cette soirée. Et je me suis demandée pourquoi tout ceci était arrivé, pourquoi j’avais vécu les choses de cette façon et j’ai essayé de trouver une morale à cette histoire (j’essaie toujours de trouver une morale, une raison, un sens caché, un signe à absolument tout ce qui m’arrive)

1/ Le jeûne alimentaire ne me réussit pas. Mon mental est occupé à gérer la faim et ne peut donc pas s’occuper de mes croyances limitantes, c’est soit l’un soit l’autre. J’ai depuis novembre identifié qu’avec mes histoires personnelles, mon activité professionnelle et les histoires des copines, j’avais associé HOMMES et SOUFFRANCE dans TOUS les cas. Les hommes étaient tous des connards et faisaient forcément souffrir, il n’y avait pas d’autres chemins possibles, soit ils faisaient déjà du mal, soit ça ne saurait tarder. Ce qui forcément n’aide pas à vivre avec eux, à s’ouvrir à l’Amour et à être en paix avec euh…la moitié de la population! Depuis novembre, j’ai donc entrepris beaucoup de choses pour redorer le blason de ces messieurs, j’ai quitté pas mal de groupes, j’ai supprimé pas mal de pages FB qui détruisaient tous les hommes, j’ai arrêté de suivre certaines personnes qui avaient des propos qui ne correspondaient pas à mes propres idées, j’ai essayé de m’entourer d’hommes sains (spoil: c’est pas facile, je ne sais pas où ils sont, si tu as la réponse à cette question stp écris moi le nom de cet el dorado en commentaires ou présente les moi pour que j’arrête de penser que c’est un mythe ou une espèce en voie d’extinction, tu me rendras service et m’éviteras une psychothérapie supplémentaire), j’ai commencé à écouter des podcasts d’hommes, j’ai commencé à chercher des hommes inspirants (des artistes, des illustrateurs, des chanteurs, des photographes, des aventuriers, des acteurs, des écrivains, des docteurs, des hommes que je trouvais cool quoi pour de vrai) j’ai discuté avec mon père, j’ai des défis quotidiens où je dois noter des bonnes actions, des comportements qui me plaisent chez des hommes. Sauf que ben voilà vendredi, j’ai pas pu me résonner et je suis tombée dans mes travers. Note à moi-même, la prochaine fois que je jeûne, je resterai chez moi.

2/ (Et je pense que c’est la vraie raison à tout ça) Ce n’est pas parce qu’un homme n’est pas parfait, qu’il te veut du mal. Je suis ultra ultra pointilleuse, je ne laisse passer aucun travers, si tu dis une phrase, si tu fais une action que je trouve dérangeante, tu jartes de mon quotidien à une vitesse grand V si tu es un homme. Je ne pardonne rien, au moindre petit défaut c’est mort et je t’examine à la loupe. Je ne laisse rien rien rien passer et limite je te provoque pour voir ce que tu dis et fais. Je suis intransigeante et à la recherche du mec « SAIN » comme je l’appelle, preuves à l’appui. Sauf qu’avec toute cette histoire, ben mon petit monsieur du kebab, il a été sain, il m’a vue les yeux bouffis, les traces de larmes sur le visage, il me connait (à force de passer devant lui 3 fois par jour tous les jours) et il voulait que j’aille mieux. Il n’y connait rien au 8 mars, il ne sait probablement même pas que c’est la journée internationale des DROITS et qu’il n’y a pas une Femme mais DES FEMMES mais ce jour là il m’a fait plus de bien que quiconque en présentiel.

Alors j’en sais rien si mon cher et tendre sera déconstruit, sera militant, se considèrera comme allié ou féministe, s’il saura qu’il existe des culottes menstruelles ou s’il connait exactement le fonctionnement du clitoris, s’il adhèrera à la Fondation des Femmes ou à Règles Elémentaires, mais je sais que mon futur cher et tendre voudra mon bien et que je sèche mes larmes que ce soit avec des frites ou un câlin et qu’on ne fera rien de spécial le 8 mars.

 

Peace

PS: Je n’en reste pas moins une féministe activiste et je sais pertinemment que oui il faut se battre pour nos droits. Je le fais allez peut-être pas 365 jours/ an bien que je suis une femme tous les jours mais en tout cas je fais ce qui me semble juste quand j’en ai la force. Ce serait faux de dire que c’est joyeux et facile tous les jours. Non le féminisme c’est dur, c’est être face à des choses difficiles, horribles, c’est se sentir parfois impuissant.e, c’est se sentir désoeuvré.e, c’est être révolté.e face à l’inaction, l’injustice et la lenteur des choses, c’est vouloir partir dans des pays pour faire des IVG sauvages, c’est vouloir brûler, crier, pleurer des fois. L’année 2018 a été très très éprouvante dans mon militantisme, j’ai voulu le rendre plus léger parce que mon quotidien est déjà bien assez lourd comme ça, donc non je ne m’infligerai plus de 8 mars.

PS2: Ceci est mon avis personnel, tu es en droit de ne pas le partager

PS3: Tu peux te dire : « Oh mais quelle fragile cette meuf, elle nous saoule avec les hommes » ben oui dis le.

PS4: Je reste convaincue que le chemin ne se fera pas sans les hommes, justement parce qu’ils détiennent encore toute la place dans l’espace public, politique, économique, écologique et que même si nous voulons la prendre, nous ne pourrons pas toujours le faire de force. Et malheureusement, j’ai l’impression qu’un mec qui veut se déconstruire n’est pas forcément aidé.

PS5: Pour tout ce qui est masculinité, je t’invite à lire le Le mecxpliqueur , écouter Le podcast « Les couilles sur la table » , Suivre la rubrique Masculinité de Mad , Suivre le compte Insta @tubandes , Regarder les vidéos de « Et tout le monde s’en fout » et puis à croire que des hommes bien existent toujours

PS6: Si tu es un homme et qu’un jour je t’ai testé, agressé, j’en suis désolée, tu ne méritais pas de payer pour tous les autres. 

PS7: Si tu es un trentenaire (ouais désolée discrimination de l’âge) célibataire qui veut mon bien et mon happiness, tu sais déjà, chui pas sur Tinder!

PS8: Lien pour acheter ce super bouquin plein de citations positives et inspirantes https://www.amazon.fr/Ris-Vis-Erre-Rivière-K-KIMPA/dp/1796213535 et sur Insta et Fb c’est Kkimpa 

PS9: Blague et Bad Mood à part, le 8 mars est UTILE et NECESSAIRE! Il permet de fédérer, de diffuser et d’améliorer le quotidien! D’ailleurs je t’invite à rejoindre The Clitoris Revolution et à signer la PETITION

PS10: Si tu es un homme et que la question des Femmes, de la charge mentale, du genre, de la sexualité et autres t’intéresse, je t’encourage à continuer sur cette voie, on ne te félicitera pas mais sache que des gens comme moi vous voient! 

Quoi de neuf docteur?

Quand une dame vient systématiquement en retard, c’est qu’il y a peut-être qqn qui l’empêche d’être à l’heure…

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Paris, France, Février 2019

Et quand une dame m’énerve, c’est qu’il y a quelque chose à creuser…Cette dame c’était Mme A.

Alors, je te conseille de prendre une verveine pour rester calme et de prévoir les mouchoirs si tu pleures facilement.

Mme A a 38 ans, ça fait 2 ans que je la suis. Elle était venue la première fois pour que je lui pose un dispositif intra utérin, elle était en retard et elle avait un grand sourire. On avait rempli le dossier, pas de pb médicaux particuliers, 2 petites filles.  J’étais un peu agacée mais j’ai tout expliqué de façon calme et posée.

C’était son 1e stérilet et sa seule question a été : « Mon mari va sentir les fils? » J’ai pas aimé cette question j’ai eu envie de répondre « On s’en bat les couilles de lui, déjà vous êtes en retard, ça va tout décaler dans ma consult » (j’aime pas être en retard et oui je dis que je m’en bats les couilles même si j’en ai pas) mais j’ai répondu « En principe non« . J’ai pas creusé…Honnêtement j’aurais pu…j’aurais du…

je lui avais donné un RDV de contrôle 2 mois après comme pour toutes mes patientes (c’est pas une reco c’est une pratique personnelle). Elle est arrivée en retard, toujours avec un grand sourire et ça m’a énervée. Elle m’a demandée de retirer le stérilet et j’ai vu rouge. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis sentie comme une prestataire de service. (Ce qui en temps normal, ne me dérange absolument pas mais là j’étais énervée). Je lui ai donc demandé ce qu’elle voulait à la place, elle m’a dit : « Rien« , je lui ai demandé si elle avait un désir de grossesse, elle m’a dit « Non mais je n’ai pas le choix« . J’ai expliqué les autres moyens de contraception et je lui ai parlé des injections intramusculaire de DEPOPROVERA (progestatifs à réaliser tous les 3 mois). Elle m’a demandé si c’était possible de la réaliser le jour même. J’ai dit oui en râlant intérieurement, j’ai retiré le stérilet et j’ai fait l’injection. Je lui ai donné le prochain RDV 3 mois plus tard avec une ordonnance pour le prochain flacon.

3 mois plus tard elle est venue. Elle était en retard, toujours avec le sourire et n’avait pas le flacon. J’étais agacée. J’en avais dans ma réserve donc j’ai fait l’injection. Et puis elle m’a parlé d’une histoire de douleur pelvienne un peu bizarre. À l’examen, je n’avais pas grand chose alors j’ai prescrit une échographie pelvienne (meilleur moyen pour trouver ce que tu ne cherches pas).

Elle est revenue 3 mois plus tard avec l’échographie, en retard et sans flacon. Et là j’étais agacée, un peu plus, un peu trop, je ne sais pas. J’ai donc décidé d’ouvrir la porte, d’écouter mon instinct qui me disait que ce n’était pas Mme A qui m’agaçait mais autre chose. Je lui ai demandé pourquoi elle était tout le temps en retard et pourquoi elle ne ramenait jamais les flacons alors que je lui faisais toutes les ordonnances.

Mme A m’a alors raconté (et j’ai envie de chialer). Elle est venue en France pour se marier avec M.A (âge inconnu). C’était en 2005. Bon c’était pas à proprement parlé un mariage forcé mais pas non plus un mariage d’amour. Les premières années se sont déroulées sans encombres et puis les coups ont commencé à pleuvoir. Des coups sans aucune raison, enfin si l’alcoolisme de Monsieur. Madame A travaillait à l’époque dans un laboratoire de recherche donc la journée elle pensait à autre chose. Et puis un matin en arrivant au travail, elle a trouvé un carton avec ses affaires. En allant voir son directeur, elle a alors appris que son mari avait appelé son patron pour lui dire qu’il ne voulait plus que sa femme travaille pour lui. Pour éviter « tout problème » et « ne pas rentrer dans la vie privée de son employée » il a préféré payer les indemnités de licenciement plutôt que de se faire casser la gueule. Je te parle d’un truc en France et dans les années 2000. Madame A a donc été isolée, on lui a coupé les ailes. Et puis ben 1e bébé. Les coups ont continué à pleuvoir, Madame A est partie en 2014, elle a appelé le 115, des associations de femmes battues, on lui a trouvé un hébergement, loin, très loin de l’école de sa fille. Donc au bout de 15 jours et de centaines d’appels de son mari qui s’excusait, elle est retournée « chez elle« . Elle a serré les dents et a continué sa vie. Puis elle est tombée enceinte une 2e fois, une 2e fille. Là les coups ont arrêté de pleuvoir mais l’enfer a continué. M.A est paranoïaque, il pense que Mme A le trompe, si les volets sont trop ouverts c’est que son amant est venu, si elle sourit c’est qu’elle a vu son amant, si elle porte du rouge c’est qu’elle va voir son amant, elle ne peut parler à personne ni femme ni homme, si un homme lui demande l’heure dans la rue, c’est que c’est son amant, si elle a une infection urinaire c’est parce qu’elle a eu des relations sexuelles avec son amant. Mme A est tombée enceinte une 3e fois, sauf qu’elle a avorté sans lui dire parce qu’elle ne pouvait pas avoir un autre enfant dans ces conditions. Et c’est pour ça qu’elle voulait un stérilet. sauf que M.A a été mettre ses doigts dans son vagin, pas pour lui faire du plaiz mais pour voir si elle n’avait de stérilet vu qu’elle ne tombait pas enceinte. Il a menacé de lui arracher et c’est pour ça qu’elle est venue me voir. Elle voulait un moyen qui ne se voit pas donc l’injection paraissait idéale.

Elle ne peut pas me ramener les flacons parce que si elle ramène l’ordonnance chez elle, son mari risque de taper sur google le nom du produit et voir qu’elle utilise une contraception. Parce que lui bien sûr veut un autre enfant, histoire de cadenasser un peu plus Mme A.

Mme A est en retard parce qu’avant de venir, elle doit trouver une excuse pour justifier ses passages fréquents à mon lieu de travail et puis parce que M.A travaille mais ne lui dit jamais ses horaires donc des fois elle attend qu’il s’en aille et il ne part pas…Et puis il trouve que c’est bcp un rdv tous les 3 mois en gynéco et puis en plus comme il n’y a toujours pas de bébé il pose beaucoup de questions…

J’ai eu envie de chialer et j’ai compris que ce n’était pas Mme A qui m’avait agacée mais M.A.

Sur l’échographie de Mme A, il y avait des fibromes alors on a instauré un code avec elle. On dirait qu’elle vient me voir pour les fibromes qui l’empêchent de tomber enceinte (ce n’est pas vraiment vrai) et je lui laisserai l’ordonnance au travail comme ça elle me ramènera le flacon après la consultation.

Ça a marché allez 2-3 fois et puis la dernière fois, elle est venue avec sa dernière fille. J’ai refusé qu’elle rentre dans la salle d’examen (1/ j’aime pas les enfants 2/ iels touchent à tout 3/ c’est un lieu pour mes petites dames donc pas besoin d’autres oreilles). Ça a été la croix et la bannière pour que mes collègues débordées s’en occupent mais je n’ai pas cédé. Mme A a semblé soulagée et m’a demandé si elle pouvait laisser son sac dehors. J’ai pas compris mais j’ai dit ok.

En rentrant, elle s’est effondrée. Il n’y avait plus de sourire cette fois, elle m’a dit avec un profond calme « Il y a dit que s’il trouvait une preuve, il me tuerait« . Tout mon corps a frissonné. Elle m’a alors expliqué que son mari avait insisté pour que la petite vienne afin qu’elle puisse lui raconter ce qui se passait aux consultations et qu’il avait mis une application sur son téléphone pour l’espionner.

Je me suis alors demandée dans quel monde vivait-on et où était la caméra cachée.

On a fait la DEPO, je lui ai expliqué les possibilités qui se présentaient à elle et je lui ai proposé d’en parler à la directrice du centre pour qu’on puisse trouver une solution. J’ai serré Mme A dans mes bras en lui disant de ne pas hésiter à venir au moindre problème. Elle m’a dit merci.

Une semaine plus tard, la directrice m’a informé que Mme A était venue une vendredi matin après avoir passé la nuit à l’hôpital. Elle avait quitté M.A suite à une dispute pour le pot de harissa qui avait disparu du frigo « surement embarqué par l’amant qui était venu à la maison« . Mme A avait pris ses 2 filles sous ses bras, elle avait été à l’hôpital, iels n’avaient pu l’héberger qu’une nuit. Elle s’était rendue à mon travail le matin, mes collègues lui avaient appelé une association qui lui a conseillé d’appeler le 115. Le 115 lui a trouvé UNE NUIT D’HEBERGEMENT. Le lendemain, elle a rappelé l’association qui lui a conseillé d’aller aux urgences de nouveau. Mme A a donc dormi dans un abri bus avec ses 2 filles, un soir de décembre. Le lendemain, elle rentrait « chez elle » après une centaine d’appels de son mari.

Aujourd’hui Mme A est venue pour sa DEPO. Elle m’a raconté tout ça et j’ai eu les larmes à 2 doigts de couler. On a mis les mots sur la situation : VIOLS, VIOLENCES VERBALES, VIOLENCES ADMINISTRATIVES, VIOLENCES PSYCHOLOGIQUES, VIOLENCES PHYSIQUES. Mme A ne veut pas porter plainte parce que si elle n’est pas hébergée, il saura qu’elle a parlé à qqn et surement un policier HOMME, probablement son amant d’ailleurs. Mme A ne veut pas de problème, elle veut juste s’en aller et qu’il la laisse tranquille. Il lui a redit « Je décide quand tu vis, je décide quand tu meurs« .

Et moi j’ai peur que Mme A soit le 26e féminicide 2019 en France…

Sauf que j’ai appelé l’association qui n’a pas d’hébergement, j’ai appelé le 115 qui n’a plus de place, j’ai appelé l’assistante sociale qui ne peut rien faire, j’ai appelé l’hôpital qui ne peut proposer que des hospitalisations temporaires…

La plainte oui je lui en ai parlée de nouveau, mais quand je vois les 25 autres, elles avaient porté plainte, elles avaient des téléphones d’urgence et elles sont mortes…

J’en ai parlé à la directrice du centre qui m’a dit que « ce n’était pas son secteur et qu’elle ne pouvait pas tout gérer donc de voir avec celle du bon secteur« …

Quand Mme A sera morte, je lui dirai « Désolée c’était pas le bon secteur« , que c’est « dommage si seulement elle avait habité 2 rues plus loin« ?

Aujourd’hui, je me sens démunie, je me sens vide et j’ai envie d’une pause voire de changer de lieu de travail (d’ailleurs si tu connais qqn qui cherche une doc pour faire de la planification familiale, des animations et des trucs cool, tu me dis hein, s’il te plait)

Mme A m’a dit « Merci« , je lui ai demandé si je pouvais l’appeler la semaine prochaine avec d’éventuelles solutions, elle m’a dit « Non, le centre a appelé pour le rdv d’aujourd’hui et depuis il a pris mon téléphone, je vous appellerai« . J’ai été désolée et je lui ai dit et elle m’a répondu « Vous êtes la seule à m’avoir écoutée et m’avoir prise en considération« . J’ai pincé fort fort mes lèvres pour ne pas hurler, chialer, tout péter…

Je suis sortie du bureau, j’ai donné le prochain RDV dans 3 mois en priant pour qu’elle puisse venir en retard ou pas, mais qu’elle vienne.

En rentrant dans mon bureau, j’ai chialé et je me suis demandée à quoi tout cela servait d’écouter et de prendre en considération, si derrière ça n’avançait pas…

Quand une dame m’énerve, c’est qu’il y a quelque chose à creuser…Et quand une dame vient systématiquement en retard, c’est qu’il y a peut-être qqn qui l’empêche d’être à l’heure…

 

Peace

 

PS: C’est pas une blague si tu connais un endroit cool où je pourrai travailler, tu me dis stp! 

PS2: Et d’un autre côté, si je pars, je ne serai pas remplacée et que deviendra Mme B…

PS3: Je sais que tout le monde est utile et que personne n’est irremplaçable mais bon moi je ne sectorise pas…et même si je ne peux pas tout gérer ben j’essaie au moins.

PS4: Après ce genre de journée…mon rituel du soir c’est foncer sous ma douche jusqu’à ce que mes doigts soient tout mous et plonger dans mon lit après un bol de lait avec BEAUCOUP BEAUCOUP BEAUCOUP DE NESQUICK.

PS5: S’il te plait, ne me dis pas à quel point je suis une personne extraordinaire de faire ce boulot parce que là tout de suite c’est pas du tout comme ça que je me sens.

 

Quoi de neuf docteur?

Pilule oh pilule, dis moi qui est la plus belle?

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Paris, France, Janvier 2019

NB: Cet article ne va parler que des pilules oestroprogestatives et pas des pilules progestatives.

Quand je parle de gammas, je fais référence au taux d’oestrogènes contenu dans la pilule. Les générations de pilule sont déterminées en fonction du progestatif contenu dans la pilule

Des pilules il y en a plein, on peut t’en trouver une qui t’aille et sinon il y a d’autres moyens de contraception

Il y a des pilules qu’on arrête (sans placebo) et d’autres qu’on n’arrête pas (avec placebo) – le but étant d’avoir des fausses règles apparemment pour arranger le pape de je ne sais plus quelle époque, des pilules remboursées et d’autres qui ne le sont pas.


 

J’ai repris la pilule. Hip Hip Hip Houra!

Et du coup je me suis dit que je pouvais t’en parler de cette bonne vieille copine.

Tout d’abord, je vais te raconter mon histoire de contraception (à force tu vas connaître toute ma vie)

J’ai commencé la pilule à 19 ans, je ne sais pas trop pour quelle raison, mais je trouvais que c’était chouette. Je n’avais pas de copain à l’époque, pas de règles compliquées, juste des cycles je crois un peu long, pas besoin de réel moyen de contraception mais bon je ne sais pas j’avais trouvé que c’était une bonne idée.

La gynécologue que j’avais vue (une pas très cool, qui m’avait dit de ne pas faire ma chochotte au moment de l’échographie pelvienne par voie vaginale, pour quelle raison? je ne sais pas, j’imagine qu’elle voulait voir si j’avais des kystes aux ovaires, pourquoi? on ne sait toujours pas…) à l’époque avait décidé de me mettre sous Mélodia, une pilule oestro-progestative de 3e génération, à 15 gammas non remboursée par la sécurité sociale, qui coûtait une trentaine d’euros pour 3 mois. Elle comprenait 24 comprimés actifs + 4 placebos. Idéale pour mes migraines cataméniales (les migraines que tu as au moment de tes règles parce que tes hormones chutent brutalement, là avec une pilule sous ce schéma là, la chute dure moins longtemps donc normalement moins de migraine, il y a Mélodia/Minesse/Edenelle, Zoely et Yaz sous ce schéma  donc si tu as une autre pilule et que tu as des migraines cataméniales, tu peux en réalité diminuer ta semaine d’arrêt de pilule/de placebo – Recommencer ta pilule en avance –  voire même la supprimer totalement si tu n’as pas de pb de santé particulier) et pour mon acné, non idéale pour mon porte monnaie d’étudiante à l’époque.

J’ai donc arrêté et puis je l’ai reprise quand j’ai eu un copain qq mois plus tard.

Puis, étant donné que je savais pertinemment que je ne voudrais pas d’enfant à ce moment là, je suis passé sous Nexplanon (implant contraceptif progestatif) pendant 3 ans. Idéal pour mon porte monnaie et ma tranquillité, non idéal pour les spottings (petites pertes marrons/rouges, fausses règles, ton endomètre qui part en miettes un peu tout le temps, c’est pas du tout dangereux pour la santé mais tu dis adieu à tes culottes blanches), mes seins qui ont disparu (bonnet E à bonnet A-B) et mon acné a flambé. J’ai été voir un dermatologue qui a failli me mettre sous Roaccutane, finalement nous avons convenu de changer de contraception.

Après mes 3 ans, j’ai pris la décision de repasser sous pilule. Vu mon acné, ma gynécologue (une autre géniale celle là, qui n’exerce plus à présent) m’a alors proposé Diane (pilule oestroprogestative à progestatif spécial anti-acnéique controversé). J’étais contente, mon acné avait disparu.

Et puis patatra, retrait de Diane du marché quasiment du jour au lendemain à cause des effets secondaires d’accidents thrombo-emboliques. (ça a du coup mis dans la merde pas mal de femmes, parce que bon il ne faut pas se mentir, à l’époque il n’y avait pas doctolib et les rdv chez le/la gynéco ben fallait se lever tôt pour en avoir un) et déremboursement de toutes les pilules de 3e et 4e génération (nouvellement appelées « nouveau progestatifs » ou « autres »)

Cette annonce tombait pile poil au moment d’un déménagement et de mon début d’internat. Je n’avais alors absolument pas le temps d’aller voir mon ancienne gynécologue ni d’en trouver une autre. J’ai donc pris Leeloo de moi-même (pilule oestroprogestative de 2e génération à 20 gammas, 21 comprimés actifs + 7 jours d’arrêt) comme tout le monde (lol). Et là j’ai commencé à avoir de l’acné et…des mycoses à répétition, je ne comprenais absolument pas ce qui se passait. J’en ai parlé à l’interne de gynéco du coin (Merci Pauline d’amour) qui m’a alors dit que je faisais probablement une carence oestrogénique et de passer à un dosage plus fort. Moi bien sûr j’ai décidé d’en faire qu’à ma tête et j’ai voulu reprendre Mélodia qui m’allait bien avant (qui pour rappel est une 15 gammas donc moins dosée).

J’ai passé 3 mois horribles avec des mycoses ET des règles à me mettre en PLS dont une qui m’a quand même valu un passage aux urgences avec écho pelvienne par voie vaginale faite par mon chef (oui oui oui…je peux t’assurer que je ne l’ai plus jamais regardé dans les yeux). J’ai donc pris RDV chez ma gynécologue, à qui j’ai expliqué tout ça. Effectivement j’étais en carence oestrogénique selon elle, elle m’a donc mise sous Varnoline continue (pilule oestroprogestative de 3e génération, à 30 gammas ENFIN, 21 cp actifs + 7 placebos) pour mon acné. Mes règles allaient du coup beaucoup mieux, mon porte feuille n’aimait pas trop mais visiblement il fallait faire un choix.

Et puis je suis passée en stage au Planning familial et je me suis mise toute seule sous Optidril (pilule oestroprogestative de 2e génération mais à 30 gammas donc plus dosée que Leeloo, même taux d’oestro que Varnoline mais 2e génération donc REMBOURSÉE PAR LA SECU 21 cp actifs+ 7 placebos). Et ça allait bien, niveau acné yavait eu pire donc bon j’étais plutôt satisfaite. J’ai hésité plusieurs fois à changer de pilule à cause de ma baisse de libido à ce moment là. Finalement je ne l’ai pas fait.

Et puis ma vie sentimentale a changé et 3 mois après une rupture devant mon miroir de salle de bain, je me suis demandée pourquoi je mettais des hormones dans mon corps pour rien. J’ai donc arrêté. J’ai appris à écouter mon corps, j’ai senti mes ovulations, j’ai découvert mon syndrome pré-menstruel, j’ai su être attentive à mes changements corporels, à mes changements d’humeur, à mes changements de libido. Ça m’allait bien, cycle de 29 jours, règles de 2 jours sans douleur, pas d’acné sauf en phase menstruelle mais je m’en fichais un peu. Par contre retour des migraines cataméniales que je réglais grâce à la réflexologie plantaire.

Et puis il a fallu réfléchir de nouveau à un moyen de contraception, j’ai eu peur de perdre ma libido (qui en réalité n’était pas du tout liée aux hormones dans mon cas mais au mec d’avant mais bon ça je ne pouvais pas le savoir), d’avoir de l’acné donc je suis passée sous Trinordiol une pilule triphasique (c’est à dire à 3 dosages hormonaux différents sur 21 jours qui commençaient à 30 gammas, 21 cp actifs+ 7 jours d’arrêt) oestroprogestative de 2e génération adaptée pour l’acné, niveau acné c’était bien, niveau libido c’était bien, niveau porte feuille c’était bien. Le seul problème a été que vu que j’avais une libido au top, j’ai eu envie de squizzer mes règles (ce que tu peux faire sans aucun pb si tu n’as pas pb de santé particulier lié aux hormones) donc j’ai enchaîné les plaquettes sans arrêter pour ne pas avoir mes règles et pouvoir faire du sexe sans contrainte (alors je reviens sur ce point! le sexe pendant les règles c’est ok si tout le monde a fait ses dépistages, c’est ok si tout le monde est ok et pour le savoir il suffit d’en parler. Personnellement, j’avais pas envie d’aborder ce sujet avec mon partenaire de l’époque comme beaucoup de thèmes d’ailleurs maintenant que j’y pense donc j’ai préféré enchainer les plaquettes plutôt que d’en parler, c’était déjà peut-être signe que ça allait se casser la gueule, le manque de communication tout ça tout ça…bref) . Sauf qu’en bonne triphasique, ça ne fonctionne pas bien car la dernière ligne est le plus fort dosage progestatif et la première ligne le moins fort donc forcément tu chutes en hormones tout de même si tu enchaines sans pause. Résultat: SPOTTING.

La rupture est apparue peu de temps après et j’ai arrêté ma pilule du jour au lendemain, de colère, de tristesse, de mal-être. Depuis ça a été la merde avec mes règles, qui venaient, ne venaient pas, qui duraient pas, qui faisaient mal ou pas…Tu peux lire ça là bas, Le syndrome du « Mec d’après » .

Depuis, c’était devenu une obsession, quand est-ce que mes règles allaient redevenir normales? quand est-ce que ça voudrait dire que dans ma tête ça va? Une obsession quotidienne, à essayer d’interpréter tout ce qui se passait dans mon ventre, à essayer de capter si ça collait avec un quelconque cycle lunaire. Bref l’enfer!

Et puis j’ai décidé de me FOUTRE LA PAIX et de me remettre sous pilule parce que j’en avais marre de compter, d’observer, de m’inquiéter donc j’ai attendu mes règles pour la commencer (Alors pour commencer une pilule tu as 2 options, soit tu la commences le 1er jour des règles et elle est efficace tout de suite, soit tu la commences quand tu veux « Quick Start » mais elle ne sera efficace qu’après le 7e comprimé ingéré, donc en attendant continue les préservatifs, j’en profite pour redire que les préservatifs sont les seuls moyens de contraception qui protègent de la grossesse et des IST donc si VOUS – OUI IL FAUT QUE TOUT LE MONDE FASSE LE DEPISTAGE, UN.E SEUL.E NE SUFFIT PAS – n’avez pas fait les dépistages QUOI QU’IL ARRIVE ON CONTINUE LE PRESERVATIF #injonction je sais je sais)

Mon dernier cycle sans pilule a été catastrophique, j’ai eu de l’acné, j’ai eu une mycose, j’ai eu des seins douloureux et mes règles sont arrivées…

Un mardi à 10h alors que je ne les attendais plus ce jour là, je n’avais donc pas anticipé les antalgiques et après une consultation, ma collègue m’a trouvée contre le poteau du bureau à souffrir le martyr. Je me suis excusée auprès de la patiente suivante, je suis montée à l’étage, je me suis enfermée dans les toilettes. Ça allait mieux, j’ai décidé de retourner aux toilettes et là black out. À mon réveil, je me vois par terre, mes collègues autour de moi inquiètes, moi vaseuse, nauséeuse, douloureuse. Bref je te passe les détails.

En rentrant chez moi, je suis passée à la pharmacie et j’ai avalé mon 1e comprimé de Triafemi, pilule triphasique, à 35 gammas, 3e génération en France, 2e génération partout ailleurs, non remboursée mais mon acné me dit merci, mes seins ont l’air de vouloir exploser. Mon porte feuille s’en fout vu que maintenant j’ai un travail (mais bon hein…). En réalité j’aurai pu repasser sous Trinordiol qui allait bien juste avant la rupture mais psychologiquement j’avais envie d’un nouveau départ! Donc nous verrons bien!


La pilule c’est COMPLIQUÉ. Rien que par cette histoire, tu peux voir que même pou moi, doc et qui en plus parle de contraception toute la journée, ben ça n’a pas été facile. J’en ai testé un paquet, avec des effets secondaires divers et variés, plus ou moins chiants.

C’est pour ça que quand on me demande ce que je pense de la pilule, j’ai du mal à répondre de façon rapide.

La pilule ce n’est pas des bonbons. Ce ne sont pas des tic tac. Ce sont des médicaments avec des hormones, donc forcément ça a plus d’effets que si tu n’en prends pas.

Elle a des effets attendus : la contraception. Si tu ne l’oublies pas (tu as 12 heures pour la prendre si c’est une pilule oestroprogestative en théorie, en pratique ça dépend des femmes), ça fonctionne assez bien (pas à 100%, d’ailleurs RIEN NE FONCTIONNE À 100% à part si tu es une femme sans testicule qui a des relations sexuelles uniquement avec des femmes sans testicule, on peut tomber enceinte rien qu’avec des frottis frottas si si si ça arrive, je l’ai vu de mes yeux! enfin j’y étais pas hein mais je crois les dames, je ne suis pas Dr HOUSE ou le CNGOF #blaguepasmarrante).

Elle a des effets secondaires comme tout MEDICAMENT, oui c’est un MEDICAMENT la pilule, donc si on te demande si tu prends des médicaments il faut dire « OUI JE PRENDS TELLE PILULE »:

  • Non graves (c’est à dire que tu n’en meures pas mais ça ne veut pas dire que ça fait pas chier tout de même) : acné, prise de seins, baisse de la libido, migraines, augmentation de l’appétit, variation de l’humeur, mycoses etc…
  • Grave (c’est à dire que tu peux en mourir) : AUGMENTATION (c’est très très important ce mot AUGMENTATION) du risque d’accidents thromboemboliques veineux (phlébite, embolie pulmonaire), AUGMENTATION de risques vasculaires artériels (accidents vasculaires cérébraux, thromboses artériels, infarctus du myocarde), AUGMENTATION du risque de cancer du sein, AUGMENTION DE RISQUE METABOLIQUE (diabète, hypertriglycéridémie…) etc

Je précise que je n’ai pas tout cité, je ne m’appelle pas VIDAL

Cela dépendant bien sûr du type de pilule, de la personne qui la prend et du moment dans sa vie où elle la prend histoire de rendre l’histoire un peu plus marrante et le choix plus hasardeux (cf Mélodia qui m’allait puis qui ne m’allait plus, cf une pilule si tu fumes et que tu es jeune puis tu vieillis…)

Je vois plein de raccourcis genre la pilule donne le cancer…NON! La pilule rajoute un élément dans une balance qui effectivement peut donner un cancer.

Prescrire une pilule n’est cependant pas anodin, cela nécessite une vraie consultation, un vrai interrogatoire et d’en discuter. Et non de faire comme beaucoup de docs qui prescrivent sur un coin de table à tout le monde la bonne vieille Leeloo qui est une bonne base, remboursée, avec en plus peu d’effets secondaires mais pas forcément adaptée à toutes.

La meilleure contraception est celle qu’on choisit, celle qui est adaptée à notre mode de vie, à ce qu’on est d’accord de supporter. Ça peut être la pilule ou un autre moyen de contraception, ça peut être cette pilule ou une autre. Il faut tester, on ne peut savoir à l’avance comment tu vas réagir avec exactitude (sinon ce serait trop beau voyons).

Pour ma part, je n’ai pas envie d’un moyen de contraception de longue durée d’action :

  • Je ne veux plus de l’acné ou des spottings de l’implant (j’ai une peau à tendance acnéique, ce n’est pas forcément ton cas, la pilule ne donne pas toujours de l’acné, l’implant ne donne pas d’acné à tout le monde. J’ai un endomètre fin c’est comme ça, pareil ce n’est pas forcément ton cas)
  • Je n’ai pas envie de prendre le risque de l’acné et des spottings du dispositif intra-utérin progestatif
  • J’ai peur d’avoir des règles trop douloureuses sous dispositif intra-utérin au cuivre (parce que je suis déjà de temps en temps en PLS et que je m’obstine à ne pas faire d’IRM pour éviter de faire face à une possible endométriose qui n’apporterait que des questions dans ma tête et aucune réponse, le DIU peut donner des règles plus douloureuses que d’hab, j’insiste sur le PEUT et pas VA, ça dépend des gens, moi j’ai pas envie de prendre le risque de faire un malaise pendant la pause, malaise pendant les règles et malaise pendant le retrait, mais ça c’est MOI, J’en pose et retire tous les jours et j’ai très peu de pb en pratique)
  • Et en réalité, les gars, j’ai pas de gars…donc dans 3-5 ans je sais pas ce que j’aurai envie de faire avec mon utérus, mes ovaires, j’ai pas envie de me faire poser un truc alors que là tout de suite, j’assure ma contraception à coup d’emploi du temps chargé et de non inscription sur des sites de rencontre (lol, ne t’inquiète pas pour ma vie sexuelle, occupe toi de la faim dans le monde ou du continent de plastique, ça ce sont de VRAIS PROBLÈMES)

Je suis cependant très ambivalente sur les hormones parce que je suis soucieuse de l’écologie et ça me fait réfléchir toutes ces hormones qui passent dans mon corps puis dans mon urine et qui arrivent à l’intérieur de poissons que je peux manger après et qui potentiellement vont me faire pousser un 3e sein ou me donner un boule d’enfer…

Mais je ne veux plus être en PLS au travail à cause de mes règles, je ne veux plus être obnubilée par mon cycle, je ne veux plus avoir de l’acné et des tâches d’hyperpigmentation qui restent encore sur mon corps 18 mois après mon bouton donc j’ai décidé de reprendre la pilule.

Tu me diras que je pourrais très bien faire mon IRM pour éliminer une endométriose, prendre des antalgiques, lâcher prise sur mes cycles et mettre des crèmes dermato pour mon acné. Mais en fait en 1 comprimé, je peux régler 3 problèmes et puis one day j’aurai besoin d’un moyen de contraception, tout de même. C’est mon gynéco qui me l’a dit! je le crois! D’ailleurs ma collègue me l’a dit aussi…

Il n’y a pas de contraception « parfaite », il y a toujours des avantages et des inconvénients, à toi de trouver TON juste milieu qui ne sera pas forcément le même que ta voisine, ta copine, ta cousine, parce que tu es TOI et c’est TANT MIEUX!

Peace

PS: La première consultation contraception ne nécessite pas d’examen gynécologique mais un interrogatoire « policier » comme on nous disait à la faculté (avec tout plein de questions sur la tante que tu ne connais pas, des détails  sur la ménopause de ta maman lol)

PS2: Normalement on te demandera de faire une prise de sang au bout de 3 mois avec la glycémie, les triglycérides et le cholestérol (cf les effets secondaires graves) normalement à chaque changement de pilule puis tous les 5 ans si pas de problème particulier. (Cette pratique est actuellement controversée, les médecins français seraient obsédé.e.s par le cholestérol, tu peux lire cet article de Martin Winckler  mais ce sont toujours les recommandations de l’HAS donc bon ça dépend du taux de rébellion de ton/ta doc)

PS3: Ton médecin doit te faire une ordonnance d’un an, souvent en pratique iels font d’abord 3 mois comme ça tu reviens avec les résultats de ta prise de sang (parce qu’on le cherche encore), si c’est ok là tu repars avec l’ordonnance d’un an. Moi je fais comme ça parce que mes consultations ne sont pas payantes et que je fais faire une prise de sang, comme ça j’en ai une dans le dossier après je suis rassurée. Si je devais faire payer, je ne sais pas trop comment je ferais…

PS4: On doit prendre ta tension artérielle et regarder ton poids (pour établir ton IMC). Normalement c’est pour évaluer la balance pour les risques métaboliques, artériels et veineux…mais je me pose de plus en plus de question concernant la réelle utilité de la prise du poids (c’est une réflexion personnelle hein vu qu’on fait une prise de sang…)

PS5: Concernant l’examen…alors selon l’HAS, pas nécessaire pour la 1e consultation mais à expliquer pour une consultation ultérieure Recommandation HAS Contraception chez l’adolescente, par contre à effectuer à partir de 25 ans Recommandation HAS contraception -prescriptions et conseils aux femmes Donc si tu veux un examen gynéco pour en profiter pour faire ton frottis et ne pas revenir X fois, tu peux si tu as plus de 25 ans et que ton dernier frottis date. Ou parce que tu as un autre problème ou parce que tu en as envie, tu peux (oui ça existe les femmes qui veulent être examinées). Après j’ai vu passer un article sur une gynéco qui expliquait qu’en gros un doc avait mal fait son travail et qu’elle avait découvert une tumeur du sein volumineuse chez une patiente de 20 ans sous pilule depuis 5 ans avec un herpès pris pour une mycose…ça arrive mais ce n’est pas fréquent. Personnellement je fais confiance aux femmes pour me dire ce qu’elles ont ou pas, si elles veulent que je regarde ou pas et j’explique toujours le pourquoi du comment. Je pense qu’il y a un juste milieu à trouver entre palper des seins chez une femme de moins de 25 ans tous les 3 mois et ne jamais le faire. Examen gynéco = examen des seins + examen au spéculum + toucher vaginal.

PS6: Ton/ta médecin généraliste peut te prescrire voire poser tous les moyens de contraception. Ta/ton sage-femme également!

PS7: Seules les pilules de 1e et 2e générations sont remboursées par la sécurité sociale. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sont de les prescrire en 1e intention ayant la même efficacité (en terme de contraception, indice de Pearl) et un moindre risque d’accidents thromboemboliques que les 3e générations. Selon l’HAS, aucune étude n’a montré que les 3e générations apportaient un bénéfice supplémentaire aux 1et 2e générations sur les effets indésirables « non graves ». En pratique, on voit une différence chez beaucoup de femmes mais bon…

PS8 : Pour la question de la fertilité…ça mériterait un article à elle toute seule mais la pilule ne rend pas stérile, aucune étude ne l’a montré de façon significative. Par contre, certaines femmes ont eu une pilule très tôt pour des règles douloureuses, des années plus tard en l’arrêtant elles n’arrivaient pas à faire des enfants, c’est parce qu’en réalité la pilule avait été prescrite pour « soulager masquer » une endométriose méconnue, maladie qui elle, oui entraîne des problèmes de fertilité. Autre cas, pareil pilule prescrite très tôt pour de l’acné chez une patiente qui en réalité était dû à un syndrome des ovaires poly kystiques donc à l’arrêt de la pilule, toujours pas de bébé, c’était pas la faute de la pilule mais des ovaires polykystiques qu’on avait mis au repos pendant des années et qui là ben se réveillaient et bloquaient une ovulation efficace. Autre cas, les femmes arrêtent leurs pilules après des années de pilule et ont du mal à tomber enceinte, 1/leur partenaire peut être responsable , genre s’il fume et c’est valable pour le tabac ET LE CANNABIS 2/forcément après des années de pilule on n’a plus le même âge et la fertilité diminue avec l’âge, moyen de contraception ou pas, it’s the life, 3/avec le temps, certains couples ont de moins en moins de rapports sexuels, je suis toujours assez étonnée quand je leur demande le rythme des RS quand elles viennent pour hypofertilité, tu mets dans une balance 1-2 rapports par mois + un partenaire tabagique + une dame de 35 ans ben…ouais ça peut déconner. Après il y a des réels cas d’hypofertilité liés aux perturbateurs endocriniens qui malheureusement englobent un peu tout ce qui fait partie de nos quotidiens : tupperware, crème de jour, shampooing, savon, micro onde, vernis à ongles, textiles pollués, lessive en dose unique, pollution  etc etc etc…Et puis pareil, le stress, la fatigue, les déménagements, les horaires pourris, les disputes, les ruptures, les burn out, la charge mentale : TOUT ÇA PEUT FAIRE DÉCONNER TES OVULATIONS! Je ne cherche pas à invisibiliser les problèmes de fertilité, loin de là, si tu as moins de 35 ans et qu’après 1 an de rapports sexuels vaginaux sans moyen de contraception, tu n’es toujours pas tombée enceinte (les fausses couches, IVG ou grossesse arrêtée comptent): va consulter, si tu as + 35 ans, c’est au bout de 6 mois que tu peux t’alerter. Attention la PMA est remboursée en France pour les femmes en couple hétérosexuel (on espère que ça changera rapidement ça), âgées de moins de 42 ans révolus.

PS9 : Diane a été remise sur le marché mais personnellement…j’en prescris pas. Mes collègues avec de l’ancienneté le font, moi j’ai peur. Je sais, c’est con.

Quoi de neuf docteur?

Mon corps, mes règles…

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Paris, France, Novembre 2018

Dans mon article « Ces choses que je mets dans mon vagin » je t’avais parlé de la cup et dans « Ça va pas de lire des choses dégoûtantes dans le RER de bon matin »  je t’avais parlé des autres options.

Tu sais que je suis très investie donc je suis partie en mission (c’est pas vrai) et j’ai testé d’autres trucs (c’est vrai).

Début novembre, je suis allée à un très chouette festival : Sang Rancune sur Paris qui parlait des règles and co.

Bref, tu sais que je suis extra faible quand il s’agit des règles alors j’ai acheté des petites nouveautés (en plus de tote bag of course)

Tout d’abord, j’ai acheté une nouvelle CUP!

La cup sans tige de la marque Lunéale

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Kesako : Bon alors, je t’avais déjà fait un topo sur la CUP et de la tige. Mon ancienne Cup avait une tige, que j’avais un peu coupé sinon merci le frottement. En réalité la tige sert à guider tes doigts pour trouver ta cup, tu ne dois pas tirer dessus (lol ouais mais en fait on fait toutes souvent ça quand on y arrive pas).

Les + : Du coup celle là, pas de tige, donc rien à couper, pas de frottement et du coup tu évites de l’enfoncer mega loin (histoire que la tige ne dépasse pas).

Elle est méga méga souple et est pincée à son extrémité pour que tu puisses appuyer avec tes doigts pour la retirer.

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Les – : Bon par contre toujours le même pb de : je ne veux l’utiliser que chez moi. J’ai quand même réussi à l’utiliser chez mes parents. Mais ça c’est perso et puis un peu psy je crois…

La mienne : Côté pliage toujours pareil pour moi, je la plie en fleur, une fois positionnée, je fais une petite danse de la joie genre pour qu’elle se déploie en moi (en réalité je ne pense pas que ça fonctionne mais bon toutes les occaz sont bonnes pour la danse de la joie), en place pour 8h max et voilà. J’ai pris une taille S, la plus petite, vu que bon j’ai jamais accouché, que mon périnée va bien (je crois, en réalité je n’en sais rien), que mon vagin est tonique et que mon flux est assez misérable (nous sommes actuellement sur des cycles de 36-40 jours avec 22h de règles dont 1h de PLS + vomissements voire malaise vagal, tout va bien si si je te jure, non non je n’ai pas envie de consulter qui que ce soit, je sais mon gynéco est super cool mais quand même j’ai pas envie, oui oui l’autruche ça me va bien et PUIS DE TOUTE FAÇON HEIN FOUTUE POUR FOUTUE, #nefaispascommemoi).

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La blague : Alors la 1ere fois…instant de panique parce que j’avais été à la danse, bref ma cup s’est retrouvée avec mon histoire d’utérus retroversé, dans mon cul de sac de Douglas, bref assez inaccessible, je me suis alors demandée à quel.le ami.e dévoué.e je pourrais bien demander de m’aider, si je pouvais contacter la dernière personne avec qui j’avais fait du sexe pour lui demander et si des gens allaient aux urgences pour des cups coincées (après tout j’ai déjà vu des tampons coincés aux urgences gynéco). Bref j’ai respiré, j’ai poussé, j’ai attendu et c’était bon.

Entretien : Pareil, à faire bouillir avant et après tes règles et pendant, on rince et nettoie au savon clair. À la fin tu la ranges dans son petit sac de protection.

Durée de vie : On m’a dit 5 ans

Prix : 24,90 (je ne sais pas s’il y a des frais de port vu que je l’ai achetée sur place)

Note : 4/5 (j’en suis ravie et mon ancienne a été rangée définitivement)

https://www.lacupluneale.com

La culotte menstruelle FEMPO

J’avais très très très envie de tester mais je ne trouvais pas de boutique pour tester, toucher (Marie Kondo sors de ce corps) et tt! Donc là autant te dire que je suis RAVIE!

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Elle a l’air grande mais en fait absolutely not, après c’est un shorty, j’aurais pu te mettre une photo de mes fesses dedans mais today j’ai pas envie de montrer mes fesses sur internet! Peut-être une prochaine, allez promis la prochaine fois je te montre

Kesako : En gros c’est une culotte normale, un tout petit peu plus épaisse à l’entrejambe, que tu enfiles et t’es tranquille. Promis, on ne voit AUCUNE DIFFERENCE!

Les + : C’est absorbant, donc tu n’as pas le côté « je baigne dans mon sang« , elle est noire donc c’est classique, il n’y a pas d’odeur et pas de sensation humide.

Les – : Peut-être le manque de diversité, choix entre culotte ou shorty, une seule couleur noire. Mais perso ça ne me dérange pas, j’ai une tonne de culottes noires (à cause de mon trauma spotting sous Nexplanon). Il y aura en 2019 une FEMPO FLUX++

Utilisation : Pour ma part, vu tjr mon flux misérable (une cup et demi max sur toute la durée de mes règles), je peux la porter toute la journée sans problème de fuite! (normalement 12h et tu peux tester d’abord la nuit ou le 1e ou dernier jour de tes règles pour voir si tu as peur)

La mienne : J’ai pris le shorty taille 36 alors que je fais une taille 34 normalement. J’étais plutôt partante pour prendre une taille 34 mais la madame était sûre d’elle en me disant de prendre une taille supérieure et elle avait raison. (ça ne serre pas, ça ne flotte pas)

Entretien : Tu rinces ta culotte à l’eau froide pour enlever le sang et tu peux la passer à la machine.

Durée de vie : similaire à une culotte classique.

Prix : 32 pour le shorty, 30 pour la culotte

Note : 5/5 On est sur une frenchy production. J’en suis pluuuuuus que ravie et je m’en vais m’en commander 3 autres. Je pense que j’ai trouvé LE PRODUIT IDEAL POUR MES REGLES! C’est facile d’utilisation, tu mets une culotte qui ressemble à une culotte normale, si tu ne le sais pas, tu ne vois aucune différence.

https://fempo.co

Les serviettes lavables, Les Serviettes Se Mettent Au Vert

Au festival, il y avait un atelier pour t’apprendre à confectionner ta serviette lavable. Bon moi je ne suis pas très douée mais ce n’est vraiment pas difficile, il te faut un peu de patience, une machine à coudre et des chutes de tissus. Bref j’en ai acheté.

C’est Les Serviettes Se Mettent Au Vert qui organisaient, nous apprenaient et vendaient.

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Kesako : Une serviette hygiénique en tissu, lavable, réutilisable, écologique!

Les + : C’est écologique, économique, tu peux la faire toi même ou en choisir une jolie

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Les – : J’ai testé, je n’ai pas apprécié comme les autres moyens décrits plus haut. Le stock était limité, apparemment il y a eu une razzia (vu le prix et l’engouement je comprends pourquoi). Comme elles sont faites mains et uniques, elles n’avaient pas toutes la même épaisseur, j’en ai pris avec des tissus que je trouvais jolis et pas forcément les plus absorbantes (pourquoi, grand mystère) sauf que le côté sang était toujours clair donc personnellement ça me gêne (en gros j’ai pris celles qui restaient donc peut-être pas les meilleures). Ensuite, ce n’est pas méga absorbant pour ma part et les attaches étaient en scratch donc ma serviette se baladait un peu dans ma culotte donc FUITE. Mais à voir…

Sur le site, il y a d’autres types d’accroches : boutons pressions, scratch, fils. D’autres tailles, d’autres couleurs. Et Dara, la créatrice est adorable!

Entretien : Tu rinces à l’eau froide et après tu peux passer à la machine

Durée de vie : Bonne question…

Prix : prix libre à partir de 10 centimes (non ce n’est pas une blague), à récupérer en mains propres (sur Lyon) ou par envoi postal, tu peux envoyer un mail pour les commander, choisir les couleurs et l’épaisseur.

Note : 1/5 mais je pense qu’il faut bien choisir sa serviette lavable, pas à l’arrache comme moi. Après il y a d’autres sites qui en proposent d’autres plus élaborées à des prix plus onéreux. Je vous donnerai mon avis si je teste un jour.

https://serviettes-au-vert.frama.site elle a FB aussi https://www.facebook.com/pages/category/Environmental-Conservation-Organization/Les-serviettes-se-mettent-au-vert-183431255678442/


Entre la rédaction et la publication, je suis allée au salon Vivez Nature à la Villette et j’ai acheté une autre serviette lavable de la marque PLIM (17€). Je ne l’ai pas encore testée mais elle est juste CANOOOOON et je te laisse checker le site internet!

https://www.plim.fr/fr/

Je te mets aussi le site internet d’une autre marque pretty cool : Dans Ma Culotte https://dansmaculotte.com/fr/

Sur ce, Bonnes mentruations! Et la suite au prochain épisode

Peace

PS: C’est pas un partenariat hein, j’ai tout acheté et testé parce que j’en avais envie. Je ne suis payée par personne pour vous donner ces informations! 

PS2: Euh blague à part, ne tkt pas pour mon utérus. Je fais le choix très personnel de ne pas consulter pour des raisons qui me sont propres et parce que je sais que je somatise énormément (tout le tps en réalité). Mais toi, va consulter stp!

Quoi de neuf docteur?

On va prendre le bébé de Mme D

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Paris, France, Janvier 2019

Bon, l’historique est là Madame D Euh t’es bien gentille mais tu fais pleurer quand même! et J’ai disparu…

Mais pour faire un rapide résumé, Mme D a été mon premier fil rouge, mon premier rdv hebdomadaire du jeudi à 12h pour son suivi de grossesse, 7e bébé, placement des autres, suivi psychiatrique, psychotraumatique etc…Finalement on avait laissé Mme D avec son bébé avec un gros gros gros suivi et une grosse grosse grosse prise en charge.

Moi j’avais revu Mme D l’année dernière où elle m’avait donné du beurre de karité parce que mes cheveux étaient secs et elle m’avait donné une photo de sa fille.

Mme D est revenue me voir en fin d’année parce qu’elle voulait un autre bébé et donc voulait que je lui retire son implant (posé donc depuis 2 ans).

J’étais pas chaude…j’ai reporté plein de fois le rendez-vous, c’était pas cool du tout.

Et puis on a organisé un rendez-vous avec plein des gens pour parler de Bébé D. Et ça a été la descente aux enfers.

J’ai appris le dispositif impressionnant mis en place autour de cet enfant, crèche, personnel dédié, CMP, consultation de parentalité, suivi neuro, passage de la puéricultrice, assistante maternelle…6 jours/7 et j’ai entendu le glas sonner :

Bébé D régressait, Bébé D n’avait plus d’interaction, Bébé D se renfermait, Bébé D avait des comportements inadaptés, Bébé D n’allait pas bien, Bébé D faisait des crises à se jeter de tout son corps, Bébé D avait besoin de contention, qu’on la serre fort dans les bras, Bébé D cherchait le contact physique.

Et puis cette maman, Mme D qui ne comprenait pas pourquoi sa fille pleurait alors qu’elle avait mangé et dormi, Mme D qui ne comprenait pas pourquoi sa fille lui tendait les bras, Mme D qui ne comprenait pas pourquoi sa fille voulait lui faire des bisous dans le cou, Mme D qui ne comprenait pas quand sa fille voulait communiquer.

Mme D, elle a déjà eu des enfants mais pour elle, s’occuper d’enfants c’est les nourrir, les coucher, leur mettre des vêtements propres et les emmener aux RDV.

À Mme D, il lui manque la case : AFFECTION. Elle ne sait pas donner d’affection, elle ne sait recevoir d’affection, elle ne sait pas ce que c’est. Du coup elle ne comprend pas sa fille et il y a 0 interaction entre elles, résultat la petite dépérit malgré toutes les stimulations qu’on lui lui donne autour, elle regarde dans le vide et parle peu.

Bébé D ne mange plus beaucoup, elle a perdu du poids, elle fait des cauchemars pendant la sieste, elle a besoin de quelqu’un.e pour dormir avec elle. Bébé D réclame des câlins, Mme D n’a jamais fait de câlins parce qu’elle ne pense pas à en faire, parce qu’elle ne sait pas faire, parce qu’on ne lui en a jamais fait à elle.

Alors on a décidé de placer Bébé D parce qu’on ne peut pas laisser Bébé D être abîmée à cause du comportement de sa maman qui ne peut pas faire autrement vu qu’elle n’a jamais reçu d’amour, elle-même.

Mme D veut donc un autre bébé pour remplacer Bébé D qui va être placée. Tout a déjà été réfléchi dans sa tête, moi j’ai pas vraiment d’autre choix que de lui retirer son implant, parce qu’elle est jugée responsable donc elle a le droit de choisir si elle veut des enfants ou non. Et puis si je ne le fais pas, elle trouvera quelqu’un.e d’autre pour le faire et puis elle ne reviendra plus jamais à mon travail parce qu’elle n’aura plus confiance et on a besoin qu’elle revienne, bébé ou pas.

Mme D est toujours avec son copain mais il  a une autre copine qui vit avec elleux…d’ailleurs, elle est enceinte elle et je vais suivre sa grossesse. Avec un peu de malchance, je suivrai peut-être les deux grossesses en même temps.

Ça me déprime d’avance et quand je vois ça, je me dis que franchement j’ai des bases quand même pour faire des enfants, je sais qu’il faut les aimer mais j’ai peur de les abîmer…mais après…personne n’est parfait et tout le monde est abîmé et je saurais au moins les orienter vers des solutions s’iels ne vont pas bien. Je ne sais pas, j’en sais rien…mais tout ce que je sais c’est que Mme D est abîmée et là elle là a déjà fait 7 enfants foutrement abîmés et que ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Je prie pour que la nature fasse bien les choses ou qu’elle ait une ménopause précoce, c’est vraiment pas bien mais je reste persuadée d’une chose :

« On ne sacrifiera pas un enfant d’une mère déjà toute abîmée… »

Je la vois lundi prochain pour retirer son implant…

 

PS: Donc tu comprendras que quand on me dit qu’il faut une maman et un papa pour faire des enfants ben je réponds que pour moi il faut des parents qui aiment, peu importe leur nombre et leur genre.

Mes petits kiffs

La positive attitude ou comment j’ai passé une journée compliquée

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Paris, France, Janvier 2019

J’ai passé une journée merdique…déjà j’ai commencé en retard. Je crois que je suis la seule personne au monde sans enfant et qui ne fait pas de sport le matin, qui se lève à 6h du matin pour commencer le travail à 9h30 et qui arrive à être en retard.

Bref du coup, j’étais déjà de mauvaise humeur. Puis se font enchainés les couacs. Les rendez-vous compliqués, les mauvais créneaux horaires, les interprètes chelous, l’équipe fatiguée, les mails de l’enfer, les compte-rendus de réunion, les différends, les embrouilles, le bruit à table…+ la dernière consultation de l’enfer : pose de DIU (avec un col capricieux), retrait d’un implant (posé trop profondément par un confrère), frottis et dépistage de chlamydia (bon j’ai quand même tout fait et tout réussi, ouais ouais ouais je gère lol)

Bref j’étais lessivée. J’ai fait du travail « médiocre » (parce que j’ai pas trop écouté les dames, parce que j’ai du avoir une tête agacée avec mon visage méga expressif) avec une journée beaucoup trop chargée, j’ai eu envie de crier, de rouler en boule. Bref ça s’est fini mais j’ai râlé (beaucoup)

Puis j’avais rendez-vous chez le véto. C’était assez intéressant, on est arrivé en avance, Moun comprenait qu’il allait chez le médecin, il était un peu stressé mais il a fait le chien mignon, tout le monde a voulu le toucher et puis il restait près de moi. La vétérinaire est sortie de son bureau et a dit « eh ben dis donc, il est drôlement attaché à vous ce petit chien« . Je lui ai demandé si c’était pathologique elle m’a alors répondu « Un chien est un être qui vous aimera plus qu’il ne s’aime lui-même, profitez de cette boule d’amour » (à la différence de sa 1ere véto qui m’avait lâché un « C’est pas un bébé ni un amoureux, si vous voulez un copain, trouvez-vous un copain » Merci madame mais j’essaie ok?). Du coup j’ai eu le sourire et quand ma boule d’amour m’a prise entre ses pattes pour que je la réconforte après vaccin ben j’ai eu le coeur plein d’amour.

Et puis, j’avais RDV avec une copine pour son projet professionnel. Ça consistait  (je raccourcis beaucoup mais je ne veux pas spoiler) à sélectionner 3 photos de moi (Me, Myself and I) et dire ce à quoi ces photos me faisaient penser. C’est sorti tout seul, j’ai raconté mes joies, mes peines, mes doutes, mes victoires, les gens qui m’entouraient, les activités qui me plaisaient, ma détermination, mes envies folles, ma féminité, ma créativité. J’aimais la nana sur ces photos, j’aimais la vie qu’avait cette nana, j’aimais les moments où on avait fait ses photos, j’aimais les gens qui avaient fait ces photos, j’aimais les occasions qui avaient fait que ces photos existaient. J’ai repensé à toute cette joie que j’avais eu sur ces photos et sur tant d’autres, sur toutes ces bonnes journées, sur tous ces bons moments, j’étais contente et j’ai dit « ma vie aurait pu être différente mais je ne pense pas qu’elle aurait pu être mieux » et je le pensais sincèrement à cet instant T, après une journée pourrie, un célibat pesant, des parents loin et 120€ de véto en moins sur mon compte bancaire. Et puis on m’a posé cette question :

« Depuis quand tu adoptes cette attitude positive?« 

J’ai répondu depuis 2 ans.

Ça fait effectivement 2 ans que j’ai changé de mode de vie. Pas parce que c’est une mode mais parce que c’était vital pour moi. J’étais arrivée à une intersection de vie : soit je pleurais dans mon lit jusqu’à la fin de mes jours soit je décidais d’être face à moi-même et de m’occuper à devenir qqune qui me plairait. J’ai pris le 2e chemin.

Je ne suis pas positive H24, 7/7, loiiiiin de là. Je râle, je boude, je peste, je passe de mauvaises journées (de mauvais mois cf « On ne peut pas plaire à tout le monde »). En 2 ans j’ai vécu des ruptures, des choix difficiles, des disputes avec des gens importants, des problèmes au travail. Mais quand je rentre dans mon lit, je m’endors et le lendemain arrive et demain est toujours un autre jour. J’ai choisi d’essayer – au moins – de me concentrer sur les choses positives, parce que le négatif ben en fait il est passé et on ne peut plus y faire grand chose. Ça paraît con mais ce n’est pas qu’une question de volonté, c’est comme ça, on y arrive ou pas, seul.e ou pas.

Je ne me force pas à sourire ou à envoyer du love ou à être agréable, des fois je n’y arrive pas, j’ai pas la force, alors je ne le fais. Mais quand j’y arrive, je le fais pour moi et pour les autres. Je ne me force pas non plus à suivre des routines parce qu’il faut en faire pour être à la mode, non j’ai de routines parce que j’en ai besoin pour mon équilibre. Comme je te l’ai dit ici , je fais des crises d’angoisse, donc l’inconnu me fait peur, donc j’ai besoin de cadres, de trucs que je connais pour m’apaiser. Je peux sortir des sentiers battus mais uniquement quand je l’ai décidé et que je suis prête. Sinon en dehors de ça, je réfléchis toujours à quel pied poser quand je me lève, je fais toujours 18 minutes de méditation avant de manger, je sors toujours de chez moi en marchant en arrière. C’est pas parce qu’on m’a dit de le faire, c’est parce que j’ai des tocs je crois et que ça me fait croire que tout ira bien. It’s the life!  (d’ailleurs si je ne le fais pas, tu peux être certain.e que je vais te dire que j’ai passé une mauvaise journée de façon absolument pas objective)

Et puis pour le reste ben il y a les autres…

Tout d’abord il y a ma coach que j’adore et qui m’aide depuis maintenant presque 3 ans. Elle m’a connue mal, bien, très bien, moins bien et de nouveau bien. On s’appelle toujours, que j’aille bien ou pas et quand on me demande « ah bon tu vois une coach? mais pourquoi? » Je réponds : POUR CONTINUER D’ALLER BIEN.

La santé mentale est primordiale, sans ça, ça te flingue. Je crois en une harmonie du corps et de l’esprit parce que je le vis, parce que je le vois. Pendant très longtemps, j’ai été entourée de gens qui pensaient que les « psy étaient pour les fous« , qui du coup minimisaient leurs problématiques, ne s’en préoccupaient pas et laissaient couler. Pour ma part, je n’ai aucune honte à le dire, j’ai vu une psychologue pendant 1 an (suivi arrêté parce que j’ai déménagé et parce que je pensais que j’allais bien lol!), j’ai ma coach depuis 3 ans et je continuerai à voir qq.une tant que j’en ressentirai le besoin. Mon avis est qu’il faudrait que tout le monde voit qq.une à un moment donné, parce qu’on a bien trop de traumatismes enfouis, cachés, qui peuvent polluer nos quotidiens. Là perso c’est une coach parce que j’ai bien accroché avec elle, qu’elle me parle d’énergies, de chakras, de tout ce qui me parle depuis qq temps, on a beaucoup travaillé ensemble sur la non comparaison aux autres, sur le temps qui passe, sur l’estime de moi et dernièrement sur les peurs. Je la vois par skype, parce qu’elle habite loin. Je l’ai rencontrée via quelqu’un de mon entourage et depuis je ne la lâche pas. Je n’ai pas pris de psy parce que je fonctionne au feeling et à Paris, je ne connaissais pas grand monde pour me conseiller et maintenant vu que je suis satisfaite de mon suivi, je n’ai pas envie de voir quelqu’un.e d’autre.

Et puis il y a les copains, les copines, celleux que je pollue avec mes messages quand ça va pas, quand ça va, tout le temps en fait. Ces ami.e.s que j’ai rencontré il y a 10 ans, 5 ans ou il y a 6 mois, à l’école, à la fac, au travail, à la danse, par d’autres intermédiaires. Des gens qui étaient là, qui ne sont plus là, qui sont toujours là. Toutes ces personnes formidables qui ont été si bénéfiques dans mon parcours et pour qui j’aurai toujours beaucoup de bienveillance.

Je ne suis pas positive, j’essaie juste de voir la vie comme un enchainement d’opportunité et je crois que tout arrive pour une raison, alors j’analyse, j’essaie de trouver des sens cachés à à peu près tout, je fais chier avec mes déductions mais ça me fait sourire et plaisir.

Je ne suis pas positive parce que je ne pense pas positif au quotidien ni au moment présent mais je suis positive sur le fait que même si aujourd’hui a été compliqué, il y aura un moment de tranquilité et de ciel bleu. Car à chaque nuit voit son matin et qu’il faut que le soleil se couche pour que la lune apparaisse. Ça prend des fois plusieurs jours et puis il m’arrive de replonger mais bon on continue de m’appeler Madame Positive malgré mes moments de râlance extrême et de down profond, alors bon…et puis de toute façon, la vie n’est pas uniforme, il y a des hauts, des bas donc c’est normal de ne pas toujours réussir à s’adapter en un claquement de doigts à quelque chose de moins agréable.

Alors si toi aussi tu as passé une journée merdique, ben t’as le droit de râler. Fous toi la paix, c’est pas une course au bonheur! Mais sache juste que tu n’es pas tout.e seul.e et que je t’envoie beaucoup d’affection.

Peace

PS: Merci à Ma Petite et aux Étoiles de ma vie.

PS2: Tu vis peut-être des choses très graves dans ta vie et là tout de suite même si je ne te connais pas ben sache que je pense à toi!

PS3: Les haters diront que c’est bien facile quand on n’a rien vécu de grave dans sa vie d’avoir une attitude positive, ce à quoi je pourrais te citer 1000 exemples de gens positifs qui ont vécu des choses juste atroces, des gens connus comme des Madames que je vois, mais je ne cherche à convaincre personne. Adopte le style de vie qui te fait du bien, le mien n’étant pas forcément le tien.

PS4: Je ne fais jamais semblant et je ne me force pas à grand chose. Ne fais pas semblant d’aller bien pour paraître cool ou te soumettre au dictat actuel, vide toi, parle à des gens qui te veulent du bien, tu verras ça aide de briser sa carapace. Ce n’est pas une faiblesse que d’avouer aller mal.

PS5: Je me suis habillée dans le noir donc je me suis rendue compte à 11h que j’avais des collants bleus et non noirs…on pourrait s’en foutre mais au moins j’ai rigolé en me disant que « ça mettait un peu de couleur ». On peut rire de pas grand chose et ça fait du bien

PS6: Ouais j’ai des chaussures qui brillent, j’adoooooore ça! et j’adore aussi les tutus donc bon si tu cherches une idée cadeau hein!