Mes petits kiffs

« Eh Madmoizel »

 

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Paris, France, Juillet 2019

Ouais ouais j’ai disparu pendant quelques semaines, j’avais à faire…je te raconterai ça après!


C’est l’été et IL A FAIT CHAUD!

Là où je suis on a eu 2 épisodes de canicule. Je déteste la canicule pour 2 raisons :

  • Je dors mal (parce que pour dormir j’ai besoin d’un drap, d’une couette, de contact et avec la canicule j’ai du mal à supporter ne serait-ce que mon corps)
  • Les gars ont des neurones qui brûlent…

En règle général, je me fais PEU emmerder dans la rue, les transports etc…(parce que je suis moche, ceci était une blague absolument pas drôle faisant référence à celles qui ont demandé le droit d’être importunées…breeeeffff). Mais il n’empêche que je me fais peu importuner ou du moins j’en suis probablement peu consciente parce que soit je suis sur mon téléphone, soit je suis dans un livre.

Cette année je ne sais pas ce qui s’est passé…(j’ai même pas ovulé…) mais ça a été l’enfer! Je ne vais pas te faire un résumé de tout ce que j’ai entendu mais bon on m’a proposé de faire du sexe à 2, à 3, à 10, de me faire tourner la tête, de me déshabiller, de me raccompagner chez moi…et à 2 reprises j’ai eu peur!

J’ai eu peur pour ma vie, j’ai eu peur d’être violée, j’ai eu peur d’être agressée. La 1e fois en rentrant chez moi un soir tard, chemin que j’emprunte habituellement et là je me suis retrouvée coincée entre un mec et une voiture. Mon instinct de survie m’a fait l’attraper par l’épaule et de présenter mon genou droit à ses testicules. Ça s’est bien terminé mais ça aurait pu ne pas l’être, s’il avait couru, si son pote ne s’était pas foutu de sa gueule, si j’avais fait les choses autrement en terme de timming, d’intensité etc…

La 2e, je trainais près de chez moi dans un endroit pretty cool, un soir et tous les 100m je recevais une insulte, une phrase déplacée, un commentaire sur ma tenue. Ce soir là, j’ai cru que je n’allais jamais arriver chez moi et en rentrant j’ai bien vérifié que la porte de la résidence était bien fermée  (je passe aussi le fait que Guy Georges a tué à l’époque une femme dans la rue d’à côté, ne me demande pas comment je sais ça, ne me demande pas pourquoi je suis allée sur la page wikipedia d’un serial killeur).

Les jours d’après, j’ai changé de tenue, j’ai arrêté de porter certains shorts. Tous les matins, j’analysais mes tenues en me demandant si je serais safe en fonction de mes activités (Spoil : NON on reviendra dessus plus loin).

J’étais mal à l’aise avec mon corps qui était hypersexualisé contre ma volonté, j’étais mal à l’aise avec ces regards insistants, avec tous ces hommes qui me dévisageaient, tous ces hommes qui insistaient…AVEC CE HARCELEMENT DE RUE!

Alors j’en ai discuté avec des gens et j’ai été globalement sur le cul :

1e constat : Globalement toutes les femmes ont compris ce que je vivais…

2e constat : Globalement tous les hommes voulaient me rassurer sur le fait que #NOTALLMEN

3e constat : Les gens bienveillant.e.s ne sont pas toujours celleux qu’on pense

J’ai été assez scandalisée sur Instagram (ouais je traine plus sur IG que FB en ce moment, je fuis la négativité), parce que je me reconnaissais dans tous ces posts, dans tous ces cris d’alarme. J’ai reçu des messages d’inconnues qui me disaient vivre exactement la même chose au quotidien. Et ça peu importe les tenues, les lieux, les activités, les critères de beauté, l’âge, la longueur des cheveux, la couleur de peau etc etc etc. Le seul critère commun était d’être une Femme et ce motif étant visiblement suffisant pr certains pour se permettre de faire chier.

J’ai été assez scandalisée par certains potes mecs qui du coup limite m’accusaient de ne pas donner de chances à des mecs, que je jugeais trop vite, que ce n’était pas forcément mal intentionné. Désolée mec mais si tu arrives après 5 « t’es bonne salope » ben non j’aurais pas forcément envie de te sourire, même si toi tu ne l’as pas dit, même si toi tu es un good guy, même si toi tu es peut-être l’homme de ma vie,  c’est la vie j’ai mes limites et qd je suis harcelée j’ai pas envie d’être gentille pour les potentiels gentils. (Comme je crois en l’Univers, si c’est toi le good guy, on se recroisera j’ai pas de doutes sur ça)

Et puis le coup de grâce a été porté par un mec que je croyais bienveillant…Je lui expliquais que c’était compliqué en ce moment parce que je me faisais emmerder par beaucoup d’hommes, il a répondu

« Ce que tu m’expliques là c’est un problème de luxe! Tu devrais te trouver chanceuse d’attirer des hommes« 

J’ai eu envie de vomir!

Il y a une nette différence entre attirer qqn et être harcelée!

Je ne peux pas t’en vouloir d’être attiré par moi, tu es humain, tu as des récepteurs sensoriels, tu me vois, je te plais peut-être ok. Mais tu es un humain, tu peux me le faire savoir de façon très correcte ou juste checker si je ss ok pour recevoir ta remarque et si je ne le suis pas, sorry not sorry mais oublie moi!

Et le problème c’est que ces personnes ne sont pas attirées par moi…(parce que bon je crois que je t’ai déjà expliqué que moi je ne suis pas attirée par le physique mais je peux comprendre que d’autres le soient MAIS COMMENT PEUT-ON ETRE ATTIRE.E SOIT DISANT PAR QQN QUI EST PASSÉ DEVANT IL Y A 2 SECONDES!) Ces personnes sont juste attirées par le fait de faire chier une femme ou je ne sais pas trop…D’ailleurs personne n’a pu m’expliquer pourquoi ils faisaient ça. (Si tu as la réponse, je t’invite à me la partager en commentaire ou par mail ou comme tu veux)

Ce n’est pas de l’attirance, ce n’est pas de la drague, c’est du harcèlement de rue et je sais faire la différence entre tout ça!

Ce mec a alors continué en me suggérant « d’adapter mon comportement afin de ne pas me faire emmerder » cad: changer d’attitude vestimentaire, de comportement (soit disant il a une pote qui fait ça, qui parle fort, s’habiller « sobrement », essaie d’être pote avec tout le monde et qui du cp ne se fait pas emmerder)

Ce à quoi j’ai rétorqué que je n’allais pas restreindre mes libertés pour qqch qui en fait est interdit par la loi.

Et là j’ai regardé la tenue que j’avais à cet instant qui n’était pas la tenue que j’aurais mise de moi-même, pour moi-même et je me suis faite la promesse de ne plus jamais m’habiller pour les autres…

Je connais des femmes qui se sentent valorisées quand des mecs les sifflent ou même leur font des remarques tendancieuses . Ce n’est pas mon cas (toute façon ma valeur ne dépend pas vraiment des autres) et je pense même que c’est plutôt rare d’apprécier ça, donc dans le doute abstiens-toi.

Mes potes mecs #NotAllMen ont alors remis sur le tapis « Ah on ne peut plus rien faire, rien dire, comment on fait pour rencontrer des personnes si on ne veut pas passer par les applis« 

J’aurais tendance à dire que mec si tu ne sais pas faire la distinction entre ce qui est ok ou pas, tu as encore un peu de taf. Je sais aussi qu’il y a des femmes qui ne veulent aucun commentaire, je sais aussi qu’il y a des femmes pour qui ça dépend du moment, je sais aussi qu’il y a des femmes qui sont ok pour tout. On est toutes différentes, on n’a pas un mode d’emploi universel mais si tu n’arrives pas à accepter ça et le fait que tu puisses potentiellement te faire rembarrer parce que ce ne sera pas le bon jour, le bon moment, la bonne phrase…Ben travaille ta blessure du rejet!

Je drague, je drague dans la rue, en soirée, alors que je suis une femme, que le physique ne m’intéresse pas, que je suis féministe et que je ne suis pas sur les applis de rencontre. Mais jamais j’ai dit à un mec « oh joli cul viens par ici » ou « eh le mec à lunettes là tu lis quoi? tu veux pas qu’on se fasse une initiation 50 shades of Grey? » Non! D’ailleurs quand on me DRAGUE dans la rue c’est pas ça non plus. Une fois j’ai rencontré un mec en promenant mon chien eh bien il m’a parlé de mon chien puis de la lune (parce que mon chien s’appelle Moun mais les gens pensent que c’est Moon) j’ai kiffé, il a kiffé. Donc des techniques de drague n’impliquant ni insultes, ni allusions sexuelles, ni références animales ça existe et tout le reste est à proscrire!

Pas plus tard que ce matin, je parlais avec une fille sur IG du No Bra et elle me faisait part des regards masculins gênants…

Et en fait c’est ça, c’est ça le pb, cette déshumanisation, cette sensation d’être un vagin sur pattes, d’être de la marchandise…C’est ça qu’il faut arrêter…

Pour rappel :

  • Porter un short : n’est pas interdit par la loi
  • Porter une jupe : n’est pas interdit par la loi
  • Sortir le soir : n’est pas interdit par la loi
  • Sortir seule : n’est pas interdit par la loi
  • Etre une Femme : n’est pas interdit par la loi
  • Avoir un corps : n’est pas interdit par la loi
  • Harceler dans la rue/ Outrage sexiste : Interdit par la loi

Peace

PS: Je sais très bien que #NotAllMen, d’ailleurs cette semaine de canicule et suite à un post sur ce que j’étais en train de vivre…j’ai rencontré une chouette personne…

PS2 : Pour que ce soit plus clair pour toi, on sait jamais:  « Le harcèlement de rue, ce sont les comportements adressés aux personnes dans les espaces publics et semi-publics, visant à les interpeler verbalement ou non, leur envoyant des messages intimidants, insistants, irrespectueux, humiliants, menaçants, insultants en raison de leur sexe, de leur genre ou de leur orientation sexuelle.

Vous savez, les sifflements, les commentaires sexistes, les interpellations ou insultes, voire les attouchements… Ces comportements touchent les femmes et les personnes LGBT dans la rue, les bars, les transports et les espaces publics.

Leurs répétitions ou leur violence génèrent un environnement hostile à ces personnes et portent une atteinte inacceptable à leur dignité et à leur liberté. Ce n’est pas de l’humour, ce ne sont pas des compliments, et ce n’est certainement pas de la drague ! Nombre de femmes apprennent à baisser la tête, ne pas répondre, changer de trottoir ou s’habiller différemment. Bref, elles se sentent moins en sécurité, moins autonomes. Par crainte, elles deviennent moins ouvertes aux vraies rencontres, moins enclines à aller draguer ou à se laisser draguer. Et c’est bien dommage.

La drague et le harcèlement de rue ne sont pas la même chose et il est anormal de les confondre. La drague se construit à deux, là où le harcèlement est la responsabilité d’un individu qui ignore volontairement l’absence de consentement de son interlocuteur.

La drague est une main tendue, le harcèlement est une main qui s’abat.  » Site harcèlement de rue

PS3: Non parce qu’on sait jamais, peut-être qu’en tant que personne de genre masculin, tu pensais que ça n’existait plus (j’aimerais tellement…)

PS4: Si tu adaptes tes tenues, tes déplacements, sache que je ne porte aucun jugement, chacun.e fait comme iel peut! Soutien à toi

PS5: J’ai lu le 1e tome de 50 nuances de Grey, j’ai trouvé ça assez mauvais, parce que j’ai une culture littéraire sexuelle autre et qu’en terme de sexualité kinky ben voilà quoi

PS6: Pour le mec qui me parlait de la lune, je crois qu’il avait la tête dans les étoiles (ou le cannabis je ne sais pas) mais un peu trop…

PS7: Si tu es un homme et que tu assistes à ce genre de situation, sois un bon allié, indigne toi, soutiens et envoie nous du love!

PS8: Depuis j’ai remis mes shorts à paillettes, mes shorts à fleurs, mes shorts à rayures…

Quoi de neuf docteur?

On s’aime comme on se quitte…

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Paris, France, Juillet 2019

On s’aime comme on se quitte…

J’ai quitté le navire. J’ai quitté un de mes centres, alors je lui ai écrit une lettre d’adieux

 


« Je t’ai aimé et j’aime encore plus te quitter parce que j’ai des limites et que je ne peux plus absorber toute la misère du monde…
Alors je te quitte salement avec personne pour prendre la suite, tu m’as traitée de lâche mais c’était ça ou la dépression.
En 3 ans, je t’ai vu te dégrader, j’ai vu les camps s’installer, j’ai vu l’appart city se remplir, j’ai vu les mineur.e.s de la croix rouge arriver…
J’ai écouté les histoires de viols, de mariages forcés, les violences conjugales, les mutilations sexuelles avec patience et bienveillance…
C’est devenu mon quotidien et puis Mme A…et cette phrase qui m’a fait me sentir si seule «
ce n’est pas mon secteur ».
La misère n’a pas de secteur, la misère elle est en bas de chez moi, en bas de chez toi, à mon travail…
Alors j’ai décidé de partir parce que j’avais des cauchemars le lundi soir, des crises d’angoisse le mardi mardi , des régles douloureuses qd elles arrivaient le mardi et des migraines le mardi soir.
J’ai tenu pour elles…j’ai tenu pour elles…et c’est pr elles aussi que je m’en vais parce qu’elles sont partout et qu’il faut que je sois bien pr celles que j’ai ailleurs…
J’en ai parlé, j’ai entendu « burn out », j’ai entendu « arrêt maladie »…alors avant d’en arriver là, j’ai mis les voiles… »


Tout le monde est utile mais personne n’est irremplaçable…D’ailleurs, je crois qu’iels m’ont trouvé une remplaçante. Je lui souhaite beaucoup de courage pour pouvoir gérer tout ça.

Moi j’ai commencé à vouloir faire de la planification (et pas de la gynécologie) pendant mon stage d’internat. C’était à Toulouse, la misère c’était pas la même. C’était cool, on avait le temps, on parlait contraception, violences, rapports sexuels, un peu du genre…

Quand je suis arrivée sur Paris, j’ai fait des remplacements en libéral, j’ai détesté ça, voir des gens comme des euros potentiels, voir les gens en 10 min (en remplacement, globalement tu dois prendre les habitudes de taf des gens que tu remplaces) c’était pas pour moi, alors un jour j’ai tapé un truc sur internet et j’ai trouvé mon boulot actuel.

C’était de la planification familiale, de la protection maternelle, des prises en charge de situations compliquées mais ça allait, ça m’allait, parce que j’avais du temps pour le faire, parce que j’avais les moyens de le faire.

Et puis à un moment ça a déconné, il y a eu beaucoup beaucoup beaucoup de demandes, je suis devenue une rock star (en fait c’est surtout que j’étais un peu la seule dans le secteur et que comme en plus je suis plutôt cool les gens venaient me voir) avec des plannings pleins 3 mois à l’avance…On a commencé à me demander de voir plus de monde, donc avec moins de temps et ça a commencé à me rendre malade, parce que j’aime accorder le temps nécessaire à chacun et c’était de moins en moins possible. On me raccourcissait mes durées de rdv, on ne respectait pas mes consignes. Comment en 15 min veux-tu faire s’installer la dame sur une chaise, remplir le dossier (parce que sinon on me tape sur les doigts), prendre les constantes (un peu inutile mais bon si ya un pépin, l’administration se retournera contre moi), faire la consultation « classique« , déceler le VRAI motif de consultation, aborder la question des violences, des rapports sexuels, de la libido, de la lubrification, du plaisir féminin, de l’auto examen, de la non saleté des règles, de la polémique glyphosate, de la NON TOILETTE INTIME INTERNE, de l’intérêt du frottis, de l’intérêt de la réeducation périnéale, des moyens de contraception avec points positifs, points négatifs, modalité de prises, de poses, de retraits, durées d’action, surveillances, conduites à tenir en cas d’oublis, de problèmes, examens complémentaires, examen gynéco impliquant un déshabillage progressif en 2 temps avec bienveillance, examen des seins en donnant des conseils sur le soutien-gorge, sur l’auto palpation, examen du bas (avec inspection de la vulve, vagin, zone périnéale voire zone anale parce que les hémorroïdes c’est chiant, palpation utérus et ovaires avec vérification d’absence de pathologies, d’absence de douleur) avec proposition de miroir, lubrification du spéculum, explications, réalisations de gestes (genre frottis, prélèvements, pose et/ou retrait de DIU), remplir la paperasse, dire au revoir madame, en rajoutant la consultation avec INTERPRETE parce que la dame ne parle pas français…Ben moi je ne pouvais plus et c’est ce qu’on me demandait. Donc avant de perdre ma bienveillance pour faire plaisir à je ne sais pas qui…je me suis barrée.

Peace

PS : Ne t’inquiète pas, les croquettes de Moun seront payées, je ne suis pas au chômage (si ça existe des médecins au chômage, ce sont des médecins qui cherchent un mode d’exercice qui leur convienne afin de faire BIEN leur travail), j’ai gardé les 2 autres centres où ça se passe bien et je vais travailler maintenant dans une autre ville qui partage mes valeurs et où en fait je vais consulter et surtout je vais être payée pour militer (le kiff suprême).

PS2 : Vous allez me dire que je suis victime de mon succès, j’en sais rien et c’est pour cela que je ne veux pas être sur Gyn&Co parce que je veux agir dans l’ombre et faire mon travail correctement sans être submergée parce que « je le fais bien » et que du coup face à la demande, je le fasse moins bien et surtout je veux tout de même continuer à le faire pour des femmes qui en ont tout de même plus besoin que d’autres. Je sais que la vie est dure et que tu n’as pas envie de payer un gynéco secteur 2 avec ton SMIC mais je priorise les femmes qui elles n’ont pas de smic, pas de sécurité sociale et pas d’argent pour se payer un manteau l’hiver et les jeunes. 

PS3: Ouais en général quand je demande qqch je l’obtiens, il y a qq mois, je te disais « euh qqn n’a pas un plan pour que je travaille ailleurs? » dans cet article Quand une dame vient systématiquement en retard, c’est qu’il y a peut-être qqn qui l’empêche d’être à l’heure…ben la semaine d’après, je trouvais mon nouveau centre. Je l’écris pas pour me vanter mais juste parce que j’oublie souvent donc je pourrai relire cet article si un jour j’en doute.

PS4. J’ai une vision très utopique de la médecine et je sais qu’à terme je ne pourrai plus continuer à travailler comme cela, mais tant que j’ai ce luxe, je veux pouvoir en profiter. Forcément avec la pénurie de médecins, la demande surpasse l’offre et il faudrait voir beaucoup de gens pour que tout le monde soit vu, mais j’ai beaucoup beaucoup de mal avec ce principe. On est pas des animaux, je ne fais pas d’examens à la chaine. Je refuse et je peux encore, de donner un rdv à qqn dans 3 mois pour qu’au final la personne ne soit pas entendue, pas écoutée, mal traitée et pas contente. Après j’entends que certain.e.s le font, j’ai quitté le libéral pour ça, j’ai sacrifié des chiffres sur mon revenu mais je dors mieux comme ça. Chacun.e sa vision des choses et c’est pas une critique si tu fais différemment de moi. Ce qui est bon pour moi ne l’est pas forcément pour toi.

Glob trott

Je suis Influenceuse

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Nusa Lembogan, Bali, Indonesia, Mai 2019

Loooollll c’est une blague! Mais du coup je t’ai quand même fait une compilation de mes vidéos de Bali!

Je voulais aussi vous dire merci pour votre bienveillance et votre accueil concernant mon article de Bali .

J’ai reçu une tonne d’amour, des commentaires ici, par mail, sur Insta alors merci merci et encore merci!

Sur ce, bon visionnaire 😉

 

Allez clique Bali Is Always A Good Idea

 

Love

PS: En toute honnêteté, on influence tous et toutes à notre niveau. Beaucoup m’ont partagé le fait que j’ai donné envie de partir à Bali, que j’ai donné envie de partir seul.e, que j’ai donné envie de penser positif. J’ai été mal à l’aise mais je suis contente si ça aide certain.e.s. 

PS2: Te leurre pas, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, la mienne encore moins mais j’essaie de garder la tête hors de l’eau.

PS3: Concernant le rythme des articles, je ne sais pas…J’ai plein d’histoires bien catastrophiques à te raconter mais j’essaie de sortir du drama professionnel

 

Glob trott

Bali is always a good idea

Alors pour la petite histoire, cet article a été publié INCOMPLET le 05/06/19 sans que j’en connaisse la raison, donc désolée je le remets en complet cette fois. Cette erreur m’a permis de sortir de ma « MINI DEPRESSION EXPRES » comme l’a nommée ma coach et de rédiger la suite de cet article. Il est donc écrit en 2 parties: une pendant le voyage et une à mon retour

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Bali is always a good idea

Je t’écris cet article alors que mes vacances ne sont pas encore finies mais devant ce ciel plein d’étoiles et avec une lune bientôt pleine, j’ai senti que c’était le moment.

Le moment de te raconter, le moment de me livrer, le moment de t’expliquer.

Je suis actuellement à Bali…

Et pour te raconter Bali, il faut que je te re-raconte cette histoire, mon histoire, parce que je la clôture ici, parce que j’y mets un terme ici, parce que ça se termine ici.

Ce que je vais te raconter, tu le sais sûrement et ce n’est rien de grave. Je vais bien ne t’inquiète pas.

Le 17 octobre 2016, j’ai pris un avion pour partir à Bali. Bali c’était mon rêve depuis Mange, Prie, Aime le film et le livre « l’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle. Je voulais voir les terrasses de rizières et trouver la paix intérieure.

En juillet 2016, nous avons donc pris nos billets pour Bali. Nous, mon ex copain et moi-même. C’était mon rêve, pas le sien. J’aimais voyager, lui n’avait jamais vraiment voyager avant de me rencontrer mais on partait souvent. Ce mois de juillet là, j’ai commencé à être pas bien j’avais pas le moral, je sentais que « qqch de grave » allait m’arriver. J’ai toujours eu de fortes intuitions auparavant. Je lui ai fait part de mes angoisses sorties de nulle part, il n’a pas vraiment cherché à me rassurer.

Puis un jour, j’ai vu un nouveau nom sur son téléphone, une femme que je ne connaissais pas, les excuses habituelles « c’est une collègue » « pourquoi tu regardes mon téléphone? »

Bref…j’a fait mine d’oublier mais j’avais à présent un poids sur le coeur.

En août, je suis allée à une procession religieuse sur une péniche près de Notre Dame pour le 15 août avec une copine. J’y ai vu mon ancien ancien prêtre (je te raconterai un jour mon rapport à la religion) de quand j’étais au lycée qui m’a dit « tu es sûre que tu vas bien? » j’ai eu envie de chialer. Et puis j’ai rencontré une dame. Rencontre de l’espace, qui m’a demandé si « j’avais un mari, si j’étais fiancée, si mon copain était gentil » et j’ai beugué à cette dernière question. En mon fort intérieur, j’ai crié non mais j’ai répondu : « ça peut aller« .

En septembre 2016, je suis partie à Rome avec ma mère et ma petite m’a envoyé une capture d’écran d’un post FB de mon ex copain avec une fille. Les excuses habituelles « c’est une collègue » « c’était une fête, il y avait d’autres gens« .

Ça a pété, je l’ai foutu dehors mais il y avait Bali…les billets payés…j’ai donc décidé de partir avec lui.

Nous avons pris l’avion un 17 octobre 2016, un Paris-Singapour-Bali. J’ai chialé pendant TOUT LE VOL, il m’a dit pouvoir faire demi-tout, je l’ai supplié de ne pas le faire. En regardant le hublot, j’ai demandé un signe à l’Univers, pour que je sache si je devais continuer ma vie avec lui ou pas.

Nous avons pris l’avion le lundi, nous sommes arrivés le mardi, le vendredi après 2 mojitos, je découvrais un 2e téléphone, un 2e numéro de téléphone, une 2e copine, une 2e vie.

Dans ma tête, ça a vrillé. J’ai pris une autre chambre d’hôtel en expliquant tant bien que mal avec l’alcool, les larmes, l’anglais que je m’en fichais de payer une chambre plus chère. Il a débarqué, a voulu me retenir, a menacé de se suicider, que sa vie ne comptait plus si je le quittais, j’ai tenu bon, je n’ai pas crié, j’ai très peu parlé. J’ai reçu un message de ma petite qui me demandait « alors vous faites quoi les amoureux? » j’ai répondu « je rentre à Paris » et là c’était clair dans ma tête, que c’était le signe que j’avais demandé, le signe que j’attendais. J’ai donc appelé mon père pour m’aider à trouver un billet d’avion (parce que dans mon état je n’y arrivais pas). Il a dormi devant ma nouvelle chambre d’hôtel. Le lendemain matin, j’ai pris un taxi pour m’emmener à l’aéroport. Il m’a demandé de « venir à Ubud au moins, c’était ton rêve« . J’ai tenu bon. Je suis arrivée à l’aéroport, pas d’agence pour acheter un billet. J’ai appelé un numéro et je me rappelle avoir donné mon numéro de CB tout haut dans un aéroport international pour payer un billet à plus de 1000€ mais je venais d’être embauchée et donc j’avais les sous. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, j’ai appelé ma BFF qui était au Canada, elle m’a dit « ton avion est à quelle heure? » j’ai répondu et elle m’a dit « ok je reste avec toi au téléphone« . J’ai pleuré, elle a essayé de me faire rire et m’a dit « Attends je fais un post FB avec un truc marrant comme ça on se souviendra qu’on a ri ce jour« . Elle a donc écrit qqch sur le fait que j’étais dans le futur avec mon décalage horaire et elle dans le passé et que les gens dans le présent se trouvaient à Londres. On a ri. Les heures sont passées, elle a raccroché, j’ai téléchargé des séries, je me suis couchée par terre et puis j’ai croisé un monsieur australien ou américain, je ne me rappelle plus de son accent, qui m’a dit cette phrase qui est restée gravée au fond de moi

« Vous savez Bali, on y va 2 fois, la 1e fois on a le coeur en miettes et la 2e fois on renaît »

J’ai chialé et j’ai passé la douane, le monsieur m’a demandé si j’avais qqch à déclarer: j’ai répondu « A broken heart« .

J’ai pris un vol : Bali-Doha-Paris, j’ai chialé pendant tous les vols, pleurer, manger et dormir.

Pendant mes escales, j’ai pris un billet pour aller chez mes parents (à 7h d’avion supplémentaires) et mes ami.e.s ont tous envoyé des messages de soutien.

Je suis arrivée à Paris, j’étais mal, je suis arrivée chez mes parents, mon père m’a prise par l’épaule, il m’a dit « Tkt ça va aller » et j’ai su que c’était grave, parce qu’avec mon père on ne se touche pas.

J’ai vu des copines qui m’ont aidé à aller mieux et puis il a fallu rentrer à Paris, dans cet appart, notre appart.

Il a fallu le mettre dehors définitivement, il a fallu changer le bail, fermer le compte commun, dire adieu à tous ces rêves, tous ces projets, cette partie de ma vie. Il a osé me dire « Mais je t’aime » et j’ai répondu « Visiblement pas assez » et ce jour là…j’ai été fière de moi pour la 1e fois.

Mon père venu « au cas où » parce que bon je ne savais pas comment l’individu allait gérer tout ça, m’a prise dans ses bras et m’a dit « Je suis fier de toi mais maintenant il ne faut pas lâcher« . Il m’a suggéré de prendre un chien, de prendre des cours, d’aller danser, de me faire des nouveaux ami.e.s.

J’ai fait tout ça…j’ai repris la danse à fond, j’ai été dans des dizaines d’ateliers, j’ai pris un chien, je suis partie au bout du monde, j’ai rencontré plein de gens, j’ai eu mille activités, je me suis reconstruite, j’ai décidé d’avancer, de profiter de cette étape pour devenir qqn que j’aimerai, qqn dont je serai fière.

Ça n’a pas été évident, ça a même été difficile, j’ai perdu des choses, des gens, des certitudes, j’ai changé, ça n’a pas plu à tout le monde…

Et puis 2018 a été une année un peu bizarre…où j’ai travaillé sur mes blessures affectives, ça a fait mal mais c’était nécessaire.

Pour 2019, j’avais prévu de partir à Los Angeles sauf que j’avais du mal à le planifier, j’avais plus très envie, j’avais peur d’être déçue.

Alors je me suis demandée où j’avais envie d’aller, ce que j’avais envie de faire…et Bali est arrivé dans ma tête.

Mais j’avais peur, peur de me retrouver à Bali et de pleurer parce que j’étais seule, célibataire sur cette île où je m’étais sentie si seule…

J’ai donc décidé de me laisser un peu de temps et puis…mon ex a redébarqué dans ma life. Je me suis rendue compte qu’il avait créé un compte revenge porn sur Instagram et ce jour là, je me suis rendue compte que j’allais bien.

J’ai donc décidé d’aller à Bali parce que je n’allais plus laisser cette personne toxique me gâcher quoi que ce soit ou avoir une quelconque importance dans mes choix de vie et que bordel je savais pertinemment que cette fois, Bali ce serait totalement différent.

J’en ai quand même parlé à ma coach qui semblait être ok avec ce choix, elle m’a dit « eh bien prends ton billet« , je lui ai rep « non pas aujourd’hui, demain« , elle m’a dit « pourquoi demain? » j’ai répondu « je ne sais pas, je le sens« .

J’ai quand même essayé le soir même et tu me croiras ou pas, LE SITE N’A JAMAIS VOULU FONCTIONNÉ. J’ai donc pris mon billet le lendemain à 6h en promenant mon chien…ce jour là…on était le 14 février 2019 et j’ai passé la meilleure saint valentin de ma vie.

Voilà comment je me suis retrouvée le 8 mai 2019 à prendre un vol Paris-Amsterdam-Bali  seule, accompagnée de moi-même. Mon premier voyage solo du début à la fin.

Beaucoup de gens ont voulu m’accompagner à Bali (iels avaient peut-être peur pour moi je ne sais pas trop) mais ce voyage, il fallait que je le fasse toute seule, je te raconterai pourquoi un peu plus tard.

À chacun de mes vols, j’ai eu 2 places pour moi et les hôtesses m’ont donné des yaourts supplémentaires, j’ai rigolé intérieurement en me disant que si j’avais eu cette chance là, la dernière fois, j’aurais compris que j’étais bien cocue lol.

Et c’était assez marrant parce que dc je suis arrivée le 9/05/19 alors que la dernière fois nous étions arrivés le 18/10/16 (tu divises par 2 la date et tu inverses le 6 par un 9, comme quoi c’était écrit, Mektoub)

 

En arrivant, le monsieur du Airbnb : Wayan est venu me chercher pour m’emmener à Ubud à 2h de l’aéroport…là où je devais aller le jour de mon départ, c’est là où j’ai commencé le nouveau voyage, on boucle la boucle.

Je booke toujours mes voyages séparément, je décide d’abord d’où je veux aller, après je cherche des logements et sur place, je gère les transferts.

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Si jamais tu hésites à partir en vacances seul.e, je t’invite à te mettre sur des groupes de voyageur.se.s sur FB, ça sur motive de ouf

Pour ce trip, j’avais prévu 4 spots :

UBUD-AMED-NUSA LEMBOGAN-CANGUU

Ubud ou la parenthèse enchantée :

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Ne me demande pas qui a pris la photo, les explications sont à la fin de cet article

Je suis tombée amoureuse de Bali en arrivant à Ubud. Cette ville se situe au centre de l’île, en pleine milieu de la végétation. Quand on pense à Bali, on pense en général aux terrasses de rizières, à de la verdure, ben Ubud c’est exactement ça. Je n’avais pas de programme précis d’activités, mais pendant mon escale, j’ai booké une ascension du Mont Batur avec AirBnB.

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Lors de mon 1e jour à Ubud, j’ai pris des cours de Yoga au Ubud Yoga House. Un havre de paix avec des professeur.e.s locaux, le prix étant de 150 000 IDR par cours. Le cadre est idyllique et la route pour rejoindre l’endroit est juste incroyable. Ce même jour, j’ai découvert la joie du Ubud Market, floppée de commerçant.e.s dans la rue qui te vendront encens, sarong, dreamcatchers et compagnie à des prix variants du simple au double (sans que tu saches le vrai prix) et j’ai mangé, j’ai mangé, j’ai mangé! des spring rolls, des nasi goreng, des glaces, des fruits frais…(tkt je n’ai pas eu la tourista)

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Mon 2e jour à Ubud a été plus mouvementé, réveil à 1h30 pour décoller à 2h30 direction le Mont Batur, 2e plus haut volcan de Bali 1717m, l’ascension se fait de nuit pour assister au lever du soleil en haut. J’avais booké cette activité avec Airbnb pour la modique somme de 42€ comprenant la randonnée, une visite de plantation de café et une cascade. Ma guide s’appelait Tri et elle était géniale.

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Nous avons donc gravi cette montagne toutes les 2, on a parlé de nos vies et en levant les yeux, j’ai vu la lune, les étoiles et la voie lactée. J’ai pleuré de joie. Tri a cru que je n’allais pas bien. Alors je lui ai raconté à quel point j’étais remplie de gratitude pour ce moment que j’étais en train de vivre. Je lui ai raconté pour mon 1e Bali, elle m’a demandé si maintenant j’avais un mari, j’ai répondu non, elle a répondu « Not Yet » et de la même façon dont cette femme qui ne me connaissait pas, avait confiance en la vie, je me suis demandée pourquoi moi j’y croyais pas…

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Nous sommes arrivées en haut et j’ai pu admirer les couchers magnifiques du lever de soleil en prenant un petit déjeuner et en buvant mon thé. C’était un de ces instants qui restera gravé dans ma mémoire à jamais, Tri à ma gauche, mon thé fumant et un sourire sur mes lèvres.

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J’ai sauté du sol, pas du banc, oui je saute haut et tu n’as encore rien vu…

 

Nous sommes allées un peu plus haut, on a fait des photos et nous sommes redescendues. Arrivées en bas, Tri m’a dit cette phrase touchante « Tu souris avec ton coeur et c’est rare« 

J’ai chialé parce que je venais de comprendre que j’étais enfin qqn que je trouve magnifique…

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VALIDATION TOTALE

 

Puis nous sommes allées visiter une plantation de café, j’ai appris qu’ici on faisait du café avec des graines de café qui étaient passées par le tube digestif des mangoustes le Luwak Coffee qui coûte d’ailleurs une blinde (je pense que ce n’est pas très éthique pour les animaux mais bon on m’a assuré que si, j’ai tjr de gros doutes), j’ai goûté toutes sortes de cafés qui étaient tous plus divins les uns que les autres (et pourtant j’en bois jamais) et des thés aux arômes parfumés.

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Et nous avons terminé la matinée dans une cascade beaucoup trop fraîche mais d’une rare beauté qui m’a rappelé mon île.

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Un Espagnol m’a dit « Oh MDC SO NICE MY SISTER LOVE THIS PLACE »

 

L’après-midi, j’avais demandé à Wayan, le proprio du Airbnb (il y aura beaucoup de Wayan dans mon article, je t’expliquerai aussi pourquoi), s’il pouvait m’emmener au Tirta Empul.

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J’avais vu des photos magnifiques de ce temple sur internet.

Les règles concernant les temples sont strictes. À Bali, la religion principale est l’hindouisme, aussi pour visiter un temple, il faut être vêtu.e d’un sarong et ne pas avoir ses règles ou accoucher récemment. (la féministe que je suis a eu un peu de mal avec ces principes mais bon).

Wayan m’a déposée devant le temple et je suis rentrée au Paradis…

Tirta Empul est un temple où on peut réaliser des ablutions avec de l’eau bénie. Il y a 12 fontaines principales, 12 fontaines pour nettoyer ton karma, pour nettoyer ton corps, ton coeur, ton âme. 2 autres fontaines s’il y a eu un décès récemment, 1 dernière fontaine pour chasser les mauvais cauchemars, les pensées impures, les démons internes et les angoisses. 2 autres dans un autre bassin et 1 autre dans un dernier bassin où tu peux récolter l’eau.

J’ai donc comme une semi grande plongé dans ce bassin avec des balinais.e.s, vêtue d’une tenue spéciale pour réaliser le rituel, 3 fois boire, 3 fois s’asperger, 3 fois plonger à chacune des fontaines. 12 fontaines pour aller bien, 12 fontaines pour guérir, 12 fontaines pour renaître…

Je ne pourrais pas te décrire à quel point j’étais reconnaissante auprès de la vie de me permettre de vivre cet instant, de pouvoir être là.

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J’ai du rester dans ces bassins pendant 2h, une eau gelée jusqu’aux seins avec des poissons à mes pieds et des serpents qui sortent de la pierre, mais à cet instant, le temps s’était arrêté.

Wayan m’a proposé d’aller manger et m’a emmené dans un restaurant juste à côté où j’ai pu manger seule face aux rizières.

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Sinon, il y avait des oeufs dans à peu près tout…

Le soir, j’ai pleuré dans mon lit en me rendant compte que ça y est, je venais de dépasser la durée de l’ancien voyage et que ça tombait ce jour où j’ai eu droit à ma renaissance…

Cette journée a donné lieu à mon nouveau mantra : Today is a good day and today is everyday. Parce que le bonheur est simple et quoi qu’il arrive dans ta journée il y aura toujours eu un bon évènement. À toi de voir sur quoi tu veux te concentrer à la fin de celle-ci.

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Le lendemain, réveil à 4h du mat pour un nouveau trip toujours réservé avec AirBnB, cette fois au programme : Candidasa Beach, Lempuyan Temple, Tirta gagna, Tukad Cepung Waterfall, Jungle Swing à Kumulilir et visite des rice terrace de TEGALALANG! (47€).

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Mon guide Kadek est venu me chercher avec sa soeur Ariska et je dois t’avoue qu’on a beaucoup chanté dans la voiture!

Bon Candidasa Beach, très peu d’intérêt honnêtement…mais bon belles couleurs sur la plage.

Lempuyan Temple, c’est le temple où les gens font les superbes photos avec les Gates of Heaven. La réalité est qu’en tant que touriste, tu n’as droit qu’à la partie du temple pour faire la photo, tu fais 2-3h de queue, tu te places, un photographe te crie 1-2-3 et tu as tes photos sur ton téléphone (il positionne un miroir ce qui fait que tu as un effet double). Bref ça fait une très bonne photo instagram mais le reste…L’histoire dit que quand j’ai sauté, le photographe a dit « wouah best jump ever » et effectivement quand je regarde la photo je me dis que je devais être au Paradis et que Bali me donne des ailes!

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Best Jump Ever

Puis nous sommes arrivés au paradis, le vrai: Tirta Gangga, j’ai adoré cet endroit coloré vivant, plein de poissons, de verdure, de lotus. J’avais l’impression d’être à Disney et d’avoir les yeux d’une enfant.

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Tukad Cepung Waterfall: Bof, allez il y avait de la bonne lumière et des gros cailloux donc de bonnes photos mais clairement j’ai préféré la cascade du jour d’avant où là tu pouvait te baigner. D’ailleurs il y avait beaucoup trop de monde dans celle là.

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Jungle Swing à Kumulilir : Bon j’avoue, c’était mon kiff, je voulais absolument tester une balançoire à Bali et ben là clairement je me suis envoyée en l’air. J’ai crié, j’ai volé et j’ai tout lâché! En buvant mon thé devant cette forêt impressionnante, j’ai gravé cet instant dans ma tête à tout jamais.

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Et puis tegalaland…l’image de Bali, l’image d’Ubud, le rêve qui devient réalité « viens au moins à Ubud, c’était ton rêve« , j’y suis, sans toi, et j’ai réalisé un de mes rêves…

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Le lendemain après un cours de yoga, un dernier tour à l’Ubud Market où j’ai acheté des cristaux, un marque page « Today is a Good Day » et qq souvenirs, j’ai quitté cette ville magnifique pour la 2e partie de mon voyage…

Amed ou le paradis des plongeurs : 

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Aussitôt arrivée à Amed, j’ai compris que cette partie de mon voyage allait se concentrer sur moi et moi-même. J’ai rejoins mon hôtel et un second Wayan , le BBQ Guest House (1 200 000 IDR), hôtel donnant sur la plage.

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J’avais booké des semaines avant, une formation pour repasser l’Open Water Dive dans une école de plongée au Diver’s Café (4 000 000 IDR) et je devais passer le jour même pour qu’on prépare mon équipement. Je me suis d’abord trompée de centre et Hector m’a emmenée en scooter dans le bon centre (baptême de scooter) où j’ai rencontré Jonas, mon moniteur.

IMG_7395S’en est suivi 3 jours, 5 plongées et un examen pour avoir ma certification (Open water here we go)

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À Amed, j’ai donc beaucoup mangé, beaucoup bu, beaucoup plongé et puis les après-midis (on ne plonge que le matin) j’ai pu m’offrir le luxe de faire la sieste sur un transat devant la plage et une eau à 25 degrés.

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Le matin, je pouvais voir le lever de soleil sur la plage à droite et le soir, je pouvais voir le soleil s’écraser sur le Mont Agung (plus haut volcan de Bali) qui fumait à gauche (d’ailleurs il est entré en éruption à mon départ de Bali). Des couleurs, des couleurs.

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J’ai beaucoup médité, devant ce soleil, devant cette lune, sur le sable, sur un banc, avec des animaux, j’ai pu dire merci à tout ce qui m’avait permis d’arriver là, d’en être là, d’être qui je suis, d’être moi.

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Wayan m’a demandé si je voyageais seule, j’ai répondu oui, il m’a répondu « You are an indépendant woman i like that« . Ouais je suis indépendante et bordel je me suis trouvée tellement courageuse là.

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Le dernier jour après une méditation devant le lever de soleil, un petit déjeuner avec des pineapple pancake (une tuerie) et une plongée dans l’épave Liberty, j’ai donc quitté Amed avec un autre Wayan qui m’a emmenée à Sanur où j’ai pris le bateau pour une autre île… (transfert Amed-Sanur-Nusa lembog-Sanur-Canggu pour 900 000 IDR négocié par le Wayant de l’hôtel)

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Nusa Lembogan ou l’île du farniente : 

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J’avais réservé mon hôtel avec Booking : Sukanusa Luxury. J’avais beaucoup hésité mais les huttes me faisaient envie. Arrivée sur place, le gérant m’a annoncé qu’il m’avait changé de hutte pour avoir une piscine privée, autant te dire que la chance de cocue continuait!

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J’ai booké immédiatement avec l’hôtel une matinée de snorkelling à 150 000 IDR (moins de 10€) pour le lendemain et je suis partie admirer le coucher de soleil, tout en tombant sur mon école de yoga.

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Les couleurs étaient encore plus impressionnantes, plus vivantes, plus vibrantes et j’ai pleuré encore…

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Le lendemain, je suis partie au snorkelling, beaucoup de poissons et une tortue mais sur les 4 spots, je n’en ai fait que 2 à cause des méduses beaucoup trop nombreuses. J’étais un peu déçue de ne pas avoir vu de raies manta. J’y pensais sur le trajet du retour et quand je ne m’attendais plus à rien, 3 dauphins sont venus me faire coucou. À peine le temps de le dire aux autres passagers du bateau, qu’ils étaient déjà partis. Comme un signe de l’univers pour me dire « Ne sois pas déçue, il y a toujours de belles choses« 

J’ai passé l’après-midi à cramer au soleil sur un pouf et j’ai terminé la journée en admirant un ciel étoilé en buvant un lime juice.

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Ce jour là, c’est aujourd’hui et j’ai ressenti le besoin de commencer cet article parce qu’en rentrant, j’ai dansé sous l’éclat de la lune qui devenait pleine et qui me disait : « allez viens, on clôture ça aujourd’hui, viens on s’aime, viens on danse toute la nuit notre bonheur, viens et n’oublie pas qu’avec moi tu ne seras plus jamais seule et que quoi qu’il arrive j’apparaitrais toutes les nuits« 

Aujourd’hui j’ai compris pourquoi c’est à Bali que je devais venir cette année, c’était ce petit coup dans le rétro, pour voir que ça y est j’étais la personne que j’avais envie d’être, souriante, positive, confiante et courageuse et me rappeler que tout est désormais encore possible…

Avant de venir ici, j’ai lu Mange, prie, aime, le livre, je me suis demandée combien nous étions à vouloir changer de vie sans le faire, combien d’épreuves fallait-il qu’il arrive pour changer, combien d’entre nous sont inconfortables, combien d’entre nous vont mal? Mon 1e Bali, j’étais malheureuse avant d’y arriver et j’ai cru en partir malheureuse. En réalité, une page neuve s’ouvrait, une page où j’ai eu le choix soit de me morfondre et de pleurer pendant des siècles ou de prendre mes ovaires, de m’entourer et d’avancer. Encore une fois, j’insiste ça n’a pas été facile pourtant concrètement ce n’était rien de « grave » mais c’était « grave » pour moi, j’ai été aidée par des professionnel.le.s, ma famille, mes ami.e.s. Mon 2e Bali, je suis heureuse et épanouie et pour rien au monde, je ne voudrais être qqn d’autre pour rien au monde parce que maintenant je sais sourire avec mon coeur…


Je suis actuellement de retour à Paris et je t’écris la suite juste après un RDV avec ma coach…


Après cette soirée forte en émotions, j’ai décidé de continuer les sensations fortes en testant…LE SURF!

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1e fois dans ma vie que je montais sur une planche mais une envie qui figurait sur ma liste des choses à faire avant de mourir. J’ai eu les pétoches sans mentir, parce que les vagues étaient impressionnantes, parce que j’étais dans la même eau où la veille j’avais vu des dauphins, des méduses et potentiellement des raies manta.

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Le surf c’est une belle métaphore de ma vie, ne pas lutter contre les vagues, se laisser porter, savoir que tu es toujours a priori attachée à ta planche et souffrir beaucoup pour un instant de plaisir court mais tellement intense. Je suis tombée une bonne dizaine de fois mais quand il a dit « Last Wave », j’ai tenu, j’ai volé, j’ai surfe et j’ai ri!

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Après cette matinée de folie, j’étais KO et j’ai donc passé mon aprem avec Cecile rencontrée la veille, une lyonnaise exceptionnelle qui habite en Suisse et qui a été moine bouddhiste. On a mangé, on a bronzé, on a parlé. Elle m’a demandé pk Bali, elle m’a demandé mon âge et si j’avais vécu une crise de la trentaine.

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Oui j’ai bu BEAUCOUP DE WATERMELON JUICE

J’ai répondu que non, parce qu’en fait j’avais tellement d’attentes avant concernant mes 30 ans qui du coup ne se sont pas réalisées : me marier, avoir des enfants (en fait c’était pas une vraie envie), ouvrir mon cabinet, que du coup j’ai pu apprendre à me connaître et à établir ma vraie envie qui était d’être heureuse et franchement…je l’étais à cet instant précis.

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Après une heure de yoga devant le coucher de soleil, j’ai diné au clair de lune qui était maintenant pleine, un plateau de fruits de mer en exprimant toute ma gratitude à la vie.

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Le lendemain, je prenais le bateau pour retourner sur Bali et terminer mon séjour.

Canggu (ça se prononce channngou) ou là où tout a pris sens 

Arrivée à Sanur, taxi direction Canggu et ma villa de rêve. Je suis passée devant un hôtel qui me disait qqch et en réalité c’était l’hôtel où j’avais été récupéré mon billet d’avion retour la dernière fois.

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On a pas mal tourné dans Canggu avant de trouver ma villa…Villa Komea, la paradis a un autre nom, celui ci.

Le réceptionniste m’a alors demandé : « Mais vous êtes combien? » j’ai répondu « Juste moi » Il s’est alors exclamé « Mais nous pensions que c’était votre lune de miel« , j’ai souri et j’ai répondu « Oui c’est exactement ça« 

Ma lune de miel avec moi-même…Parce que bordel ça fait du bien.

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Cette villa, j’avais craqué dessus un soir de mars je crois, gros gros craquage en mode « yolo » « je me fais plaiz » 240m carrés pour moi toute seule, piscine, jaccuzzi, baignoire, douche, cuisinier, masseuse…

Le monsieur a posé mes valises et m’a dit « Vu que vous êtes seule et que la villa est pour 2 vous pouvez tout commander en double » J’ai souri

IL a dit « vous avez un massage par jour par personne donc 2 massages par jour » J’ai souri

Il a dit « On a mis des fleurs partout vu qu’on pensait à une lune de miel » J’ai souri

Et il est parti.

Je me suis foutue à poil et j’ai plongé dans la baignoire pleine de fleurs de frangipanier et j’ai souri.

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La suite du programme est assez inintéressante, j’ai eu des dilemmes entre prendre une douche et prendre un bain, dilemmes entre le barbecue ou le diner aux chandelles, dilemmes entre jus de pastèque ou jus d’ananas, dilemme entre la salade de fruit ou les crêpes à l’ananas.

On s’est occupé de moi et j’ai remercié la vie de m’offrir tout ça parce que pour la première fois je m’accordais le droit de mériter tout ça, le droit de mériter d’être heureuse, d’en profiter et de le crier au monde entier sans avoir peur qu’une tuile m’arrive après.

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Et puis le jour du départ est arrivé, après un tour à la Poste (oui j’envoie tjr des cartes postales à des personnes bien précises), un tour au centre ville, un menu hot dog à 3 euros et un massage des pieds d’une heure, j’ai pris une douche et on m’a emmenée à l’aéroport.

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Ce fameux aéroport…Je l’ai regardé et j’ai chialé. J’ai regardé ma valise et je lui ai dit « Bordel meuf, il y a plus de 2 ans, j’étais sure de devoir te balancer tellement tu ne me servirais plus à rien parce que dans ma tête, j’étais incapable de vivre après ça et regarde on y est, regarde on est de retour, regarde tout ce qu’on a fait« 

Et au fond de moi il y a eu cette phrase : « Tu vois, tout est possible« .

J’ai enregistré ma valise et je suis rentrée à Paris.

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Ma soeur est venue me chercher, j’ai mis 2 jours pour comprendre que j’étais rentrée. J’ai fait un apéro positif pour m’entourer de good vibs, j’ai vu des copains et puis ça a été la chute de moral, j’ai dormi, j’ai disparu sous ma couette, j’ai eu envie de rien. À ce moment là, il y a eu mon changement de travail et le début des démarches pour vendre l’appartement que j’occupe actuellement. J’ai vraiment essayé d’aller mieux mais ça n’allait pas. Les « montagnes russes » comme m’a dit qqn. J’ai eu envie de pleurer, de chialer, j’ai fait des crises d’urticaire, j’ai eu les hanches bloquées, j’ai perdu des cheveux, j’ai arrêté de manger. Alors j’ai appelé ma coach, on a parlé de Bali et j’ai compris ce que j’y avais trouvé : « Je peux compter sur moi » et j’ai compris pourquoi cette histoire d’appartement me minait. J’adore mon appartement, je l’ai adoré…parce que justement après le 1e Bali, j’ai déménagé et je me suis retrouvée ici, j’y ai fait mon nid, j’y ai fait mon sanctuaire, ça a été mon appartement de reconstruction, mon appartement où j’ai soufflé, où tout a été, où j’ai de nouveau aimé, où j’ai de nouveau ri, où j’ai de nouveau appris à vivre et qu’il va falloir le quitter.

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J’aime pas les changements parce que j’ai toujours peur de ne pas trouver mieux, de ne pas avoir mieux que ce soit pour une séparation, un déménagement, un changement de travail, j’ai peur d’être déçue…mais en fait Bali m’a montré que…même si je vis qqch de compliqué et de désagréable, qqch de magnifique arrivera après…toujours…si si je te promets…

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Je tiens à remercier Dary mon ex que j’ai aimé profondément et qui en étant lui m’a permis d’être moi et je t’ai pardonné sincèrement.

Je tiens à remercier Marion qui m’a envoyé le sms qui a rendu tout ça vrai et m’a fait prendre la meilleure décision de ma life à l’heure actuelle.

Je tiens à remercier Lalie qui a passé de longues heures au téléphone avec moi et qui a essayé de me faire rire. J’étais dans le futur, je suis dans le presque présent.

Je tiens à remercier Sébastien qui a été là avant, pendant et après et qui a sorti son nez rouge à chaque fois que ça n’allait pas.

Je tiens à remercier Sandrine qui est venue chez moi vider ma valise pour en refaire une autre.

Je tiens à remercier Priscilla qui grâce à mon post Insta a tout de suite compris et m’a dit « Tkt ça va aller, tu veux venir avec moi à Londres? »

Je tiens à remercier Laetitia qui a été honnête avec moi concernant mon ex et Adama qui m’a envoyé un gentil message.

Je tiens à remercier Samantha qui m’a offert le défi des 100 jours

Je tiens à remercier Anne-Emmanuelle qui a été là avant, pendant et après et qui ne méritait pas ce que je lui ai dit.

Je tiens à remercier Charles-Emmanuel qui m’a fait rire en me proposant une action illégale mais m’a fait avoir une brillante idée qui m’a permis d’avoir une monnaie d’échange dans les discussions avec l’ex.

Je tiens à remercier Odile et Charly, mes parents de substitution qui m’ont ramassée à la petite cuillère.

Je tiens à remercier Jayson qui m’écoute me plaindre encore et encore.

Je tiens à remercier ma soeur qui me remet les idées en place quand j’ai du mal (allez promis on fait les cinammon rolls la semaine prochaine, mardi si tu veux ou mercredi)

Je tiens à remercier Houda ma fée qui a pris de soin de moi et de mon estomac et qui en un mail a compris qu’on était 2 coeurs brisés dans cet appart.

Je tiens à remercier Charlotte pour être de retour.

Je tiens à remercier Caroline pour tous les appels skype, mon coaching et tout.

Je tiens à remercier Maïmouna et la Booty Therapy qui m’ont permis de crier, de me soigner, d’avancer et de laisser le temps passer, j’ai pu danser mes émotions, extérioriser mes sentiments et ça n’a pas de pris.

Je tiens à remercier JP Chandler qui m’a permis de me regarder dans un miroir et de voir la merveilleuse femme qui était au fond de mon corps.

Je tiens à remercier Thomas, parce que grâce à toi j’ai su que je pouvais aimer encore, que mon coeur en miettes pouvait faire boum encore et surtout que toutes les relations ne se terminent pas en drama.

Je tiens à remercier tous les autres, c’est à dire toi, toi, toi qui est rentré.e, sorti.e, revenu.e dans ma vie parce que sans toi, je ne serais pas celle que je suis maintenant…Toutes les personnes qui m’ont encouragée à faire ce voyage, toutes les personnes qui ont pris de mes nouvelles là bas, toutes celles qui ont regardé mes stories (lol), toutes celles qui ont été là quand j’ai été triste ou contente. Pensée pour Cathy et Clara mes petites sorcières, Pensées pour Laetitia que j’ai planté sur le projet Los Angeles…

Je tiens à vous remercier vous qui me lisez et qui me donnez la force mine de rien de faire tout ça!

Je tiens à remercier Bali d’avoir changé ma vie…

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Ouais ouais ouais j’ai mangé tout ça

Concernant les détails pratiques :

  • J’ai pris mon billet d’avion via Air France 3 mois avant mon départ pour un prix de 700€
  • A Ubud , mon AirBnb était celui de Wayan , ma randonnée était via AirBnB et le tour aussi , j’ai changé mon argent liquide d’euros en indonesian rupi (1€ = 16000 IDR les bons jours, le plus souvent il n’y a pas de commission) , mon école de yoga était le Ubud Yoga House et je te la recommande grandement. Il y a plein de boutiques de pierres, plantes, pleins de décorations sur les chakras etc fais toi plaisir pour nettoyer ton âme.
  • A Amed, mon hôtel était le BBQ Guest House , leurs crêpes à l’ananas SONT UNE TUERIE! Tu as une vue sur la plage avec le lever de soleil à droite et le coucher de soleil à gauche sur le Mont Agung. Mon école de plongée était Divers Cafe Dive Resort , les moniteurs parlent français et Jonas est juste ultra cool.
  • Je ne me rappelle plus du nom de la compagnie de bateaux…A Nusa Lembogan, mon hôtel était le Sukanusa Luxury Resort , j’ai adoré mais pas le petit déjeuner que j’ai préféré prendre dans un des nombreux resto bobo, végétarien, mon école de yoga était Yoga Village Nusa Lembogan qui est juste au dessus du restaurantGinger & Jamu juste top! Mon école de surf était la Monkey Surfing avec des moniteurs qui parlent français.
  • A Canggu, ma villa était Komea Villa et franchement le service je vous aime! Sinon Canggu…bof bof mais vu que j’y allais pour rester dans la villa lol…
  • J’ai fait plein de stories Instagram que je dois trier mais tu peux aller mater @lilylvm (à la une Bali)
  • Je prévois de faire un mini vlog de mes pieds quand j’aurai de nouveau de la place sur mon ordinateur ou mon téléphone lol
  • J’ai fait mes photos avec mon appareil photo (grande nouveauté) un iPhone XR et les photos de ma tronche avec mon Canon 1300d + Trépied Manfrotto (vu que tout le monde s’intéresse à qui a pris les photos, c’est mooooiiii)
  • Si tu te demandes si j’ai rencontré un bel australien là bas, NON! Mais je me suis rencontrée moi et franchement c’était une belle rencontre.
  • Il y a beaucoup de Wayan parce qu’en fait les prénoms sont donnés par le rang dans ta lignée, ainée, benjamin, cadet etc…donc tout le monde est Wayan, Made, Nyoman ou Ketut à qq variantes près.

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Musiques qui me rappelleront à jamais ces vacances

Love U Better

Thinking Bout You

Pine & Ginger

 

Pour répondre aux questions les plus fréquentes :

  • Non je ne me suis pas sentie seule, en réalité je l’étais peu et j’ai vraiment apprécié les moments rares où j’ai pu être avec moi-même
  • Non je ne me suis pas du tout ennuyée. J’ai fait du yoga, de la randonnée, du surf, de la plongée, du snorkelling, de la méditation, de la piscine, de la bronzette, de la lecture, de la dégustation culinaire.
  • Les Balinais.es sont adorables, oui iels disent souvent oui et iels veulent réellement t’aider.
  • Mon fruit préféré a été la mangoustine
  • Mon flip a été quand une grenouille est rentrée dans le airbnb et que j’ai appelé mon père en visio WhatsApp (pk on sait pas)
  • Le gecko fait un bruit horrible qui peut faire peur!
  • Il n’y avait pas particulièrement de moustiques
  • Il a fait beau et chaud (29-30 degrés tous les temps)
  • Nan j’ai pas eu d’amoureux photographe secret je t’assure!
  • C’était mon premier voyage solo du début à la fin et oui je recommencerai je pense
  • Je suis partie 2 semaines c’était juste, la prochaine fois (oui parce qu’il y aura une prochaine fois) j’irai 3 semaines
  • Si je ne devais garder qu’un moment, voir la voie lactée pendant la rando
  • Est-ce que ça vaut le coup? Seriously guy t’as rien lu ou quoi? BALI IS ALWAYS A GOOD IDEA! Allez va changer ta vie (coeur coeur sur toi)
  • « Vous savez Bali, on y va 2 fois, la 1e fois on a le coeur en miettes et la 2e fois on renaît » eh bien la 2e fois c’était là et c’est bien vrai

 

Love 

 

PS: J’ai pris 3 kg, j’ai une marque de bronzage, une tonne de photos et juste un gros merci que j’ai envie de crier à la planète entière.

PS2: Ouais je vais surement devoir déménager, je ne suis pas pressée mais ça va, si tu as un plan d’appart parisien (pas de coloc) merci de me faire signe

PS3: C’est bon j’ai changé de travail, je te raconterai ça prochainement!

PS4: Ouais ya plein de photos ultra narcissiques de moi mais écoute now je m’en fous!

PS5: Je suis ready pour la nouvelle aventure…ah et n’oublie pas, avec toi, tu n’es jamais seul.e en réalité

 

Quoi de neuf docteur?

Mme N

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Paris, France, Avril 2019

Madame N, je t’en ai un peu parlé dans « T’as des sous ou non? » ou la Trisomie 21

Elle a 24 ans, c’était son 1e bébé. On avait fait le dépistage pour le trisomie 21 qui était à 1/2500 et à l’arrivé son bébé avait une trisomie.

Quand Mme N m’a tel pour me le dire, mon coeur et ma tête se sont arrêtés, j’ai d’abord cru à une erreur de ma part. Mais non test négatif, 5 écho au total sans problème, personne n’avait rien vu, on s’était toutes et tous trompé.e.s.

J’ai vu Mme N en consultation la semaine dernière, elle est arrivée en retard mais je m’en fichais ROYALEMENT! On est montées rapidement dans mon bureau et j’ai vu la plus belle maman du monde (désolée maman)

Mme N a commencé par me dire qu’elle avait ramené le dossier, on a tout regardé, j’ai fait les photocopies du test et du caryotype sans appel: trisomie 21 homogène…

Et puis Mme N a rangé ses papiers et elle m’a dit :

« Vous savez mon fils, il est beau« 

Et elle m’en a parlé pendant 45 minutes. 45 minutes où j’étais la tête posée sur mes deux mains à admirer cette mère courage qui n’était qu’amour pour cet enfant. Cette mère courage qui dormait à l’hôpital (à plus d’une heure de chez elle) depuis 2 mois près de son fils, cette mère courage qui ne se douchait que tous les 3 jours parce qu’à l’hôpital c’était compliqué (d’ailleurs elle s’excusait du retard parce qu’elle en avait profité pour se doucher avant de venir me voir), cette mère courage qui me parlait de monter une association et de prendre ses études d’infirmière. Cette mère courage qui m’a dit faire les prélèvements de caca de son fils, cette mère courage qui m’expliquait que toute la journée d’hier elle avait alerté l’équipe sur le fait que la sonde nano-gastrique de son fils était déplacée, que personne ne l’avait cru et qu’au final à 21h c’était bien ça,  cette mère courage qui avait commandé tout un tas de livres sur la trisomie, cette mère courage qui avait déjà contacté tout le réseau, cette mère courage qui avait regardé une tonne de reportages sur la trisomie, cette mère courage qui mangeait peu, cette mère courage qui tirait son lait pour d’autres bébés parce que le sien était trop fatigué pour se nourrir, cette mère courage qui devait se battre contre les questions des autres, cette mère courage qui savait qu’elle sacrifiait son couple là tout de suite, cette mère courage qui m’expliquait que son fils n’ETAIT PAS TRISOMIQUE mais qu’il AVAIT UNE TRISOMIE, cette mère courage qui m’a dit qu’elle ne laisserait pas son fils se définir par la maladie parce que son fils est beau, son fils est l’enfant de ses parents, son fils est bien des choses mais son fils n’est pas une maladie.

Je dois t’avouer que j’ai pleuré et j’ai su que je faisais vraiment le plus beau métier du monde parce que j’étais entourée de belles personnes.

Je n’ai pas vu de photos de son fils, j’en ai pas demandé même si j’étais sûre que son smartphone en était rempli, mais j’ai pas osé en me disant que ça pouvait être mal interprété mais elle m’a promis d’elle-même de me le ramener après son opération fixée le mois prochain, pour que je le vois cet ange magnifique.

J’ai pleuré devant elle, ça n’arrive quasiment jamais, j’ai pleuré une fois partie, j’ai pleuré sur tout le trajet pour arriver chez moi, parce que je venais de croiser une mère que je ne pensais pas pouvoir être un jour.

Elle a 24 ans, c’était son 1e bébé, son test était estimé à 1/2500, ce qui veut dire que si elle avait eu 2500 bébés dans son ventre, un seul aurait été malade, son bébé c’était celui là, le 1/2500 et je sais que ce sera le bébé le plus aimé au monde et pas un bébé trisomique.

À ce petit ange…

PS: Mme M m’a redit que même si elle avait su, elle aurait gardé la grossesse, que oui elle aurait été préparé mais elle aurait angoissé pendant le reste de la grossesse dans tous les cas.

PS2: Mme M m’a dit merci, je ne sais pas pourquoi…

PS3: Après cette consultation, j’ai annoncé à mes collègues que je ne voulais pas d’enfants, elles n’ont pas compris, m’ont dit « d’en faire au moins un », j’ai écouté les arguments de chacune et puis j’ai demandé « mais en réalité quels sont les avantages? » j’ai du faire face à un silence puis à cette réponse « en réalité il n’y en a pas, c’est un investissement à très long terme sans retour forcément, mais c’est de l’Amour L, c’est de l’Amour comme jamais tu n’as ressenti, comme jamais tu ne pourras donner » J’ai souri…et j’ai presqu’eu envie d’en faire « au moins un »

Quoi de neuf docteur?

« T’as des sous ou non? » ou la Trisomie 21

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Paris, France, Mars 2019 (ces fraises sont françaises et bio)

J’écris cet article, le jour de la journée internationale pour la trisomie 21. Il fallait poster des photos de chaussettes dépareillées sauf que j’aime pas faire comme tt le monde et puis je porte tjr des chaussettes en paires.

Par contre la trisomie…j’avais déjà envie de t’en parler depuis qq semaines donc ça tombe bien.

En réalité, je ne vais pas te parler de la maladie en elle-même, je vais te parler de mes problématiques actuelles.

Comme tu le sais, je suis les grossesses (beaucoup trop et je déteste ça. One day, un ex m’a demandé si qd je voyais une grossesse arriver je me disais « Merde » ben c’est totalement ça, pas merde pour elles, mais merde pour moi parce que je déteste vraiment ça bref!) et je suis les grossesses de dames qui n’ont pas de papiers, pas de sécu, qui ne parlent pas français.

Je t’ai déjà raconté des histoires de trisomie 1/8 

Mais cette année on a atteint un autre level. La trisomie 21 est une maladie génétique c’est à dire qu’au niveau de tes chromosomes, là où il doit y en avoir 2 au numéro 21, il y en a 3. C’est une maladie incurable qui entraîne potentiellement un handicap mental, des malformations d’organes, des caractéristiques physiques and co…On n’a pas de traitement.

Donc chez toutes les femmes (normalement), on propose de réaliser un dépistage (qui est proposé mais NON OBLIGATOIRE). Ce dépistage se fait en plusieurs étapes (je vais essayer de faire simple mais complet mais si tu comprends pas, je peux te faire une version plus soft) :

  • D’abord on évalue un risque potentiel en fonction de l’échographie (avec la mesure de la clarté nucale) et de facteurs maternels dans le sang de la maman. Soit le risque était considéré comme faible (>1/250) soit le risque est considéré comme à élevé (<1/250) et très élevé si c’est <1/50
  • Si le risque était faible, on ne faisait rien, si le risque était élevé : elle était reçue par le service de diagnostic ante-natal qui lui proposait soit le DPNI qui est une prise de sang chez la mère pour chercher s’il y a une surreprésentation du nombre de chromosomes dans l’ADN libre circulant chez la mère (en gros encore une estimation) ou on établissait un caryotype = carte génétique du bébé avec une amniocentèse ou choriocentèse (comme je dis vulgairement une piqure dans le ventre qui peut entraîner une fausse couche). Ça, c’était décidé de façon pluridisciplinaire.
  • Si le DPNI ou caryotype revenait neg, c’était bon, si le DPNI ou caryotype revenait positif, elles avaient toute une batterie d’examen pour en gros décider si on faisait une interruption médicale de grossesse ou si on gardait la grossesse avec un suivi spécialisé et un accompagnement des parents.
  • À chaque étape, la femme peut dire stop bien entendu! et on s’arrête! J’ai certaines femmes qui refusent parce qu’elles n’ont pas envie de savoir, que dans tous les cas elles garderont la grossesse, font confiance à l’Univers, Dieu ou qui sait-je, elles font comme elles veulent!

Plusieurs éléments là tout de suite sont à préciser :

  • La base 1/250 était l’ancienne norme
  • Le DPNI n’était pas remboursée par la sécu et coûte 390€
  • Le caryotype est pris en charge par la sécu et par des prises en chargés spécifiques hospitalières si la dame n’avait pas de sécurité sociale
  • toutes les dames à résultat patho pratiquement pouvaient passer par le service hospitalier de Diagnostic Ante natal dans des délais « raisonnables » pour ne pas « trop » angoisser la maman

Je t’avais raconté 2 cas en fin 2017:

Mme K avec son résultat limité 1/240, elle avait fait un DPNI non remboursé par la sécu, avait claqué 390€, le résultat était revenu négatif, on avait respiré.

Mme S qui avait un résultat à 1/8, qui n’avait pas les moyens de faire le DPNI, qui n’avait pas voulu faire le caryotype à cause du risque de fausse couche et son bébé va bien.

En janvier, 2 choses ont changé :

  • Le taux est passé de 1/250 à 1/1000 donc autant te dire que depuis on voit le nombre de résultats pathologiques flamber.
  • Le DPNI est maintenant remboursé par le sécurité sociale (qd tu as la sécurité sociale, d’ailleurs il faudrait que je regarde le taux)

Et puis bien sur…

  • Il n’y a pas encore de prise en charge par contre ni hospitalière ni par nos services pour les DPNI chez les dames sans sécu

 

Donc voilà que Mme M arrive à ma consultation…Patiente de 28 ans, 1e grossesse, je lui propose le dépistage de la T21, elle accepte de le faire et là je reçois le résultat : 1/300. Mme M n’a pas la sécurité sociale (comme euh 80% de mes patientes). J’appelle donc ma hiérarchie pour savoir si nous avons une prise en charge spéciale pour les DPNI, on me dit que non. Je force un peu j’appelle le laboratoire en leur demandant s’ils prennent mes bons habituels de prise en charge, iels rigolent en me disant que bien sûr que non. J’appelle donc l’hôpital cool qui me dit que non elleux non plus n’ont pas de prise en charge spé pour les dames sans sécu, qu’avec son taux, elle n’a pas d’indication pour un caryotype (qu’iels font quand <1/50, ce qui s’entend) et qu’iels ont des délais de rdv de 5 semaines de toute façon et qu’iels ne feront rien pour elle. Je me retrouve donc devant Mme M à lui dire qu’elle a un taux considéré comme anormal mais pas assez pour avoir recours au caryotype qui lui est pris en charge…mais que je ne peux rien faire pour elle et que si elle veut faire le test secondaire c’est 390€, à une dame qui n’a pas de quoi acheter une baguette de pain…


J’ai reçu Mme S, 38 ans, 5e grossesse, je lui ai proposé le dépistage, elle a accepté, elle a eu le résultat 1/800, elle était super inquiète parce que le laboratoire lui a donné le résultat (ce que normalement iels ne doivent pas faire) donc elle a débarqué en panique dans mon bureau en criant, en pleurant que son bébé était malade. Mme S a la sécurité sociale donc elle a pu faire son DPNI remboursé qui est revenu négatif, elle a respiré et moi aussi.


Ma collègue sage-femme est partie en vacances et j’ai regardé les résultats qui arrivaient pour elle. J’ai trouvé trouvé une T21 à 1/200 pour une dame que je ne connais absolument pas. J’ai appelé l’hôpital avec lequel elle travaille (qui n’est pas mon habituel), à peu près le même discours mais iels m’ont dit de faire une inscription à la maternité et qu’iels lui feront le test sur place…Délai de RDV à la maternité : 6 semaines…J’ai envoyé le fax, j’ai eu comme réponse : faire DPNI en ville et pas de rdv à la maternité. Bien sûr cette dame n’avait pas la sécu. J’ai donc refermé le dossier, j’ai fait un post-it pour la sage-femme en lui disant que j’étais bien désolée mais que je ne me voyais pas d’appeler la dame que je ne connais pas, pour lui expliquer que son taux était anormal en sachant que je ne savais pas quelle information avait été donné au préalable par ma collègue et qu’on ne pouvait rien faire pour elle.


J’essayais de me rassurer en me disant que bon avec des taux comme ça, il y avait peu de risques au final et puis Mme N a appelé.

J’avais suivi Mme N pendant sa grossesse fin 2018, que 2 consultations parce qu’elle avait fait le début dans une clinique et la fin à la maternité. J’avais rien noté de particulier, la clinique ne m’avait jamais faxé le résultat de la T21 faite chez elleux mais iels m’avaient dit « 1/2500« , les échographies étaient normales, rien à signaler. La suite à la maternité avait été normale, 3e écho RAS. ET puis Mme N a accouché à 8 mois. Le bébé était très fatigué et puis il avait un souffle au coeur. On lui a d’abord dit que c’était peut-être normal avec la prématurité et puis on avait été un peu moins rassurant, on lui avait parlé de malformation cardiaque et puis le diagnostic est tombé, son bébé avait la trisomie 21. On était carrément passé à côté, tous et toutes, on ne pouvait pas savoir, on ne pouvait pas prévoir, c’était des dépistages, des statistiques. Test négatif, écho normales et bébé malade. Mme N a 24 ans et c’est son 1e bébé. Elle m’a dit que dans tous les cas elle n’aurait pas fait l’interruption de grossesse et qu’elle l’aime son bébé mais qu’elle aurait aimé savoir parce qu’elle n’était pas du tout préparée et qu’elle a l’impression que son bébé n’est pas normal. Et depuis elle pleure, elle pleure et elle pleure…

Quand j’ai raccroché, j’ai eu la tête qui tournait en me disant : JE NE VEUX PLUS FAIRE DE SUIVIS DE GROSSESSE. (Bon j’en fais toujours et beaucoup trop)

Alors j’ai commencé à râler dans mon coin pour ces prises en charge discriminantes. Elles l’étaient déjà avant quand ce n’était pas remboursé par la sécu et qu’en gros soit tu pouvais payer soit tu attendais. Sauf que là, les chiffres ont changé et ce qui concernait une minorité de femmes en concerne beaucoup plus actuellement et moi je me retrouve devant des dames stressées, angoissées devant un examen anormal et rien derrière.

J’ai râlé et puis j’ai commencé à voir les mails de mes collègues qui râlaient aussi, j’ai commencé à voir les mails de l’administration qui expliquaient le coût du 1e test et le coût du 2e et qu’il fallait des arguments pour une prise en charge…Donc en gros : on va devoir attendre qu’il y ait beaucoup de dames dans cette situation pour pouvoir faire avancer les choses pour les suivantes…

Et en attendant…ben on attend…et moi ça me fout en rogne!

Je suis fatiguée, extrêmement fatiguée par mon travail. Parce que c’est pas qu’un travail, c’est un engagement envers ces femmes et j’ai l’impression de les malmener, de les abandonner…Parce que je suis dans un système administratif qui a du mal, qui n’a plus les moyens, qui fait comme il peut mais ne peut plus.

Alors, tu me diras « Ouais mais elle n’a pas de sécu tant pis pr elle, fallait pas venir en France« , je vais t’expliquer comment des gens qui sont en France depuis des dizaines d’années peuvent ne jamais avoir de sécurité, comment la CPAM te fait galèrer pendant des années, comment iels te disent qu’il manque TOUJOURS un papier pour gagner du temps, comment et pourquoi tu quittes ton pays et ta famille pour venir en France. J’ai vu un post de Lena Headey (Cersei dans GOT) qui était une image avec « No one puts their children on a boat unless the sea is safer than the land » Voilà! Tu ne sais pas pk les gens sont partis donc tu ne juges pas merci.

 

Sur ces tristes nouvelles, je t’annonce que le rythme des articles va changer. Maintenant ce sera 1 article tous les 15 jours, parce que je suis fatiguée psychologiquement et physiquement. Promis, je te prépare des articles rigolos et positifs mais là j’ai besoin de prendre l’air…

 

Love

 

PS: Ne t’inquiète pas, je vais bien pour de vrai, je m’aère beaucoup l’esprit

PS2: J’aime pas suivre les grossesses parce que c’est beaucoup de paperasse et que bon…à force tu imagines bien que moi ce qui m’anime c’est la planification familiale et le côté militant! 

PS3: Et puis avec toutes ces grossesses ben ça me donne encore moins envie de faire moi-même des enfants. C’est pas du tt que l’idée y est, je t’en ai déjà parlé dans « Et vous avez des enfants? » ça n’a pas trop changé depuis…

PS4: Avant c’était déjà discriminant mais bon en théorie il y a plus de gens avec sécu qui pouvaient payer le test à 390€ que des gens sans sécu…

Mes petits kiffs

« Tiens, viens prendre des frites c’est la fête de la femme aujourd’hui »

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Extrait du Livre Ris-Vis-Erre [Rivière] de Kkimpa (lien en PS8)

Ou pourquoi je n’aime pas le 8 mars…

Spoil: C’est pas ce que tu crois #badfeminist

J’ai la gueule de bois, pas d’alcool. Cette gueule de bois d’ivresse parce que t’as mal dormi, parce que tes idées sont embrouillées…

J’aime pas le 8 mars (bouuuuuhhh qu’on la brûle vive, ah non on peut pas les sorcières sont vénérées bon ben je ne sais pas qu’elle se taise).

  • Déjà j’aime pas, parce que je dois rappeler à beaucoup trop de gens que c’est pas « la fête de la femme » mais la « Journée Internationale des Droits Des Femmes« …je passe donc pas mal de temps à répondre aux gens qui m’envoient des fleurs sur whatsapp, je mets des commentaires sur les réseaux sociaux qd on essaie de m’expliquer comment être une Femme en 2019 ou que j’ai droit à une culotte gratuite pour un soutien-gorge offert (même si les bénéfices sont soit disant reversés à une asso, perso je trouve ça dérangeant).
  • Ensuite, j’aime pas parce que ça existe et qu’en fait ça ne devrait pas exister, nos droits devraient être les mêmes depuis une éternité…mais bon passons…(ouais je crache dans la soupe et tant pis)
  • Et puis parce que ben en fait pour ma part c’est tous les jours que je suis active concernant les droits des Femmes à mon petit niveau qui me satisfait pour l’instant, j’ai pas besoin d’une journée pour me rappeler que je suis une « bonne » activiste ou pas et donc ce genre de journée me fatigue
  • Et pour finir, Je vis assez souvent des trucs pas cool ce jours là

Il y a 2 ans, j’ai fêté le 8 mars, un 7 mars avec mes copines de danse, place de la République lors d’un flashmob. Ça a été assez horrible parce que 1/ on a vécu de bonnes agressions sexuelles, des mains aux fesses, des mains aux seins, des incitations au viol, du slutshaming de fou furieux. Et puis surtout je me suis rendue compte oh misère que non toutes les femmes n’étaient pas féministes, qu’elles n’étaient pas toutes bienveillantes envers d’autres femmes, que certaines étaient accusatrices, accusaient de victimisation bref j’en passe…donc j’ai passé le 9 mars dans un poste de police de je ne sais plus quel arrondissement, à attendre qu’on prenne notre main courante. La police a été ok pour de vrai, il n’y a pas eu de phrases bizarres, pas de questions tordues. Et ce jour là, je me suis rendue compte que malgré tous les chiens de la casse, malgré tous les connards, il y avait des mecs cool qui trouvaient que c’était grave ce qui s’était passé (Merci à vous qui étiez là, merci à ceux qui ont exprimé leur soutien, merci aux policiers). Ce jour là, j’ai aussi décidé d’arrêter de danser avec certaines personnes et plus globalement j’ai décidé de m’éloigner des gens qui étaient vraiment trop éloigné.e.s de mes idéologies parce que c’était pas productif, que j’avais pas envie de lutter pour leur partager mes idées, que je n’avais pas non plus envie d’écouter les leurs et que ça me fatiguait physiquement et psychologiquement.

Pour une journée Internationale des Droits des Femmes, ben j’ai donc reçu des remarques sexistes d’inconnu.e.s, des remarques sexistes de gens proches de moi « ouais mais vous étiez en short quand même« , des remarques accusatrices des femmes « vous auriez du faire ça » « il faut arrêter de se victimiser« , « vous avez gâché le flashmob avec votre plainte » et « vous forcez à porter plainte » (je reviens sur ce point, dans ma pratique professionnelle je ne dis jamais « il faut porter plainte » « il faut partir » on fait comme on peut et on ne vit pas ce que la personne vit donc bon m’accuser de forcer c’est bien mal me connaître breffff mais perso quand une dame vit des agressions physiques et qu’elle m’en fait part ben j’aimerai bien qu’elle porte plainte dc histoire d’être en accord avec moi-même je l’ai fait, le dépôt de plainte est un droit pas un devoir! tu es libre de l’utiliser ou pas)

L’an dernier, j’étais tranquillement sur un bateau de croisière et devant une superbe vitrine avec un petit garçon capitaine en position fière et une petite fille princesse avec un petit sourire, j’ai écrit avec un rouge à lèvres : SEXISTE :D. Ma mère m’a félicitée en me disant que quand même je prenais des risques. Mais ça, je le fais souvent…et d’ailleurs j’ai encore des affiches de la Brigade Anti-Sexiste.

Cette année, je ne savais pas trop quoi faire donc j’ai cherché un event que je trouvais open et cool. J’ai aussi décidé de faire d’autres activités avant, donc j’ai été au jardin (oui je jardine, si tu ne m’as pas sur Fb, tu as de la chance parce que je fais chier tout le monde avec mon jardin) et puis j’ai décidé de jeûner aussi pour rendre le truc un peu plus fun. Bref la journée était pas mal. Sauf qu’en arrivant à l’event, je me suis rendue compte que j’allais être déçue et/ou triste. Déjà il y avait une discussion et j’ai de nouveau pris conscience des difficultés que pouvaient apporter ces convictions quand elles étaient « trop » présentes : tu peux perdre ton job, tu peux être harcelée sur les réseaux, tu peux te sentir seul.e et isolé.e. Ce sont des choses que je sais, que je vis (non j’ai pas perdu mon job et non je ne suis pas harcelée sur les réseaux) mais encore entendre que les autres vivaient soit pareil soit pire en 2019 ben ça m’a découragée (ouais je suis faible, fragile, pense ce que tu veux, je fais comme je peux).

Puis il y a eu les ateliers, le 1e étant sur la masculinité. J’avais hâte d’y aller justement. Le lieu de l’évènement est ouvert et non privatisé, c’est à dire qu’il y avait des gens qui venaient dans ce lieu pour l’event et d’autres qui étaient là juste pour chiller, se reposer, boire des coups, manger une pizza (détail très important). Au tout début nous étions 2, ce qui est « assez révélateur du problème de la masculinité » ai-je pensé puis d’autres gens sont arrivés. Et donc là pendant cet atelier, j’ai été encore une fois confrontée à probablement une de mes croyances limitantes mais ma triste réalité (au moins du moment) c’est à dire que : les rares mecs qui disaient des trucs intéressants, qui avaient une vision progressiste, des idées fraiches sur la masculinité, féminisme etc étaient tous DÉJA en couple et que les nombreux célibataires ramenaient le sujet sur eux, faisaient du manspreading, coupaient la parole et incarnaient cette masculinité toxique que je déteste et qui me fait fuir. Mon mental a flanché et l’odeur de pizza a réveillé mon estomac.

Je suis donc allée à un 2e atelier rapidement sans vouloir assister à la suite du débat sur « galanterie, sexiste ou pas » parce que 1/je pense que oui et 2/malgré ça, je ne sais tjr pas si je dois payer ou pas lors d’un 1e rdv et qu’en pratique, ben ça se fait au feeling, je sors ma CB dans tous les cas, j’ai de l’argent, tu en as, si ça te fait plaiz de m’offrir à manger merci, si ça me fait plaiz de t’offrir à manger plaiz à toi, mais je sais que je ne te dois rien et que tu ne me dois rien, si t’es pas au courant, tant pis pour toi! le seul consensus ben c’est le consentement! Ta pizza ne vaut pas du sexe!

Bref le 2e atelier était avec une personne extra chouette que je connais et je me suis dit « chouette je vais avoir une bouffée d’oxygène » eh ben en fait pas vraiment parce que ça m’a remise en plein dans mes insécurités. La conversation était sur le sujet de la jouissance et donc forcément on a atterri à « ouais mais comment faire pour dire à un mec ce qu’on veut, comment il faut faire? » Messieurs, ne vous leurrez pas, vous êtes très souvent au centre de nos conversations même dans les sphères féministes et souvent sans agressivité ni animosité. Bref on en est arrivé à se dire qu’il fallait être ok avec nous-même, nos corps, nos sexualités et qu’après seulement on rencontrerait (OÙ? On sait pas et c’est ma préoccupation principale, où sont-ils? où êtes-vous?où vous cachez-vous?) des hommes incarnant cette masculinité positive où tu peux exprimer tes désirs sans que ce soit mal perçu ou que tu passes pour une castratrice mais avant ben soit rien, soit des mecs pas ouverts quoi… »Ça réduit le nombre de partenaires potentiels » elle a dit…je suis ok, la qualité plutôt que la quantité, je suis toujours ok mais là c’est ni l’un ni l’autre alors je commence un peu à me poser des questions. 

Je t’ai déjà expliqué que j’étais bien branchée développement perso et tout et personnellement je crois en la loi de l’attraction, « Demande et tu recevras » c’est mon mantra et ça fonctionne pour tout (même pour trouver des cours de yoga aérien en pensant à du jus de clémentine, c’est une longue histoire que je ne te raconterai pas) sauf que depuis 2 ans, ça ne marche plus pour ce domaine précisément. Donc soit, option 1: je demande mal, soit option 2: je ne mérite pas ce que je demande…(la vraie réponse c’est OPTION 3 : SOIT IL FAUT ATTENDRE QUE LE BON MOMENT ARRIVE C’EST TOUT ET PROFITER DE CE TEMPS POUR FAIRE AUTRE CHOSE GENRE DU TRICOT, DE LA MOSAIQUE, DU YUKULELE, LIRE, TE BARRER À BALI, APPRENDRE UNE LANGUE ETRANGERE, FAIRE DE L’ARGENT, ADOPTER UN MOUTON CHAI PAS MOI TOUT EST POSSIBLE) Et donc hier soir, dans ma tête c’était « Tu as un problème, tu n’es pas suffisante, tu n’es pas qqn d’aimable, ça ne t’arrivera plus jamais« . Mon estomac a grogné alors que depuis 24h il était calme.

J’ai filé dans le premier métro, mon estime de moi dans les chaussettes, j’ai pleuré sur tout le trajet. Ma BFF m’a dit d’aller au 1e distributeur et de m’acheter à manger. À la correspondance, je suis tombée sur un distributeur de cochonneries sucrées, comme par hasard j’avais une pièce de 2€ (ce qui n’arrive jamais #teamCB), il y avait une promotion sur des Kinder Bueno et voilà comment j’en suis arrivée à bouffer 4 kinder Bueno dans le Metro à 23h un vendredi soir. Pour un 8 mars, j’ai donc eu le sentiment de ne pas être une femme assez bien pour mériter un amour véritable…et que je méritais soit de tomber sur un connard soit d’être seule ad vitam eternam.

Je suis donc rentrée chez moi, sur la route le monsieur du kebab m’a vue avec les yeux rouges et tout, il m’a demandé si ça allait, j’ai dit « bof » il a répondu « allez viens prendre des frites c’est pour moi, c’est la fête de la femme aujourd’hui« . J’ai rien dit, j’ai poussé la porte, j’ai pris les frites qu’il me tendait gentiment et je suis rentrée chez moi en me disant que cette action que j’aurai détestée le matin me faisait du bien le soir.

J’ai donc passé un 8 mars à avoir faim, à me trouver misérable, à culpabiliser d’en plus être mal alors que des femmes souffrent pour de vrai et à manger des trucs pas vraiment sains pour mon organisme.

Le lendemain, j’ai ouvert les yeux et je suis restée longtemps dans mon lit à repenser à cette soirée. Et je me suis demandée pourquoi tout ceci était arrivé, pourquoi j’avais vécu les choses de cette façon et j’ai essayé de trouver une morale à cette histoire (j’essaie toujours de trouver une morale, une raison, un sens caché, un signe à absolument tout ce qui m’arrive)

1/ Le jeûne alimentaire ne me réussit pas. Mon mental est occupé à gérer la faim et ne peut donc pas s’occuper de mes croyances limitantes, c’est soit l’un soit l’autre. J’ai depuis novembre identifié qu’avec mes histoires personnelles, mon activité professionnelle et les histoires des copines, j’avais associé HOMMES et SOUFFRANCE dans TOUS les cas. Les hommes étaient tous des connards et faisaient forcément souffrir, il n’y avait pas d’autres chemins possibles, soit ils faisaient déjà du mal, soit ça ne saurait tarder. Ce qui forcément n’aide pas à vivre avec eux, à s’ouvrir à l’Amour et à être en paix avec euh…la moitié de la population! Depuis novembre, j’ai donc entrepris beaucoup de choses pour redorer le blason de ces messieurs, j’ai quitté pas mal de groupes, j’ai supprimé pas mal de pages FB qui détruisaient tous les hommes, j’ai arrêté de suivre certaines personnes qui avaient des propos qui ne correspondaient pas à mes propres idées, j’ai essayé de m’entourer d’hommes sains (spoil: c’est pas facile, je ne sais pas où ils sont, si tu as la réponse à cette question stp écris moi le nom de cet el dorado en commentaires ou présente les moi pour que j’arrête de penser que c’est un mythe ou une espèce en voie d’extinction, tu me rendras service et m’éviteras une psychothérapie supplémentaire), j’ai commencé à écouter des podcasts d’hommes, j’ai commencé à chercher des hommes inspirants (des artistes, des illustrateurs, des chanteurs, des photographes, des aventuriers, des acteurs, des écrivains, des docteurs, des hommes que je trouvais cool quoi pour de vrai) j’ai discuté avec mon père, j’ai des défis quotidiens où je dois noter des bonnes actions, des comportements qui me plaisent chez des hommes. Sauf que ben voilà vendredi, j’ai pas pu me résonner et je suis tombée dans mes travers. Note à moi-même, la prochaine fois que je jeûne, je resterai chez moi.

2/ (Et je pense que c’est la vraie raison à tout ça) Ce n’est pas parce qu’un homme n’est pas parfait, qu’il te veut du mal. Je suis ultra ultra pointilleuse, je ne laisse passer aucun travers, si tu dis une phrase, si tu fais une action que je trouve dérangeante, tu jartes de mon quotidien à une vitesse grand V si tu es un homme. Je ne pardonne rien, au moindre petit défaut c’est mort et je t’examine à la loupe. Je ne laisse rien rien rien passer et limite je te provoque pour voir ce que tu dis et fais. Je suis intransigeante et à la recherche du mec « SAIN » comme je l’appelle, preuves à l’appui. Sauf qu’avec toute cette histoire, ben mon petit monsieur du kebab, il a été sain, il m’a vue les yeux bouffis, les traces de larmes sur le visage, il me connait (à force de passer devant lui 3 fois par jour tous les jours) et il voulait que j’aille mieux. Il n’y connait rien au 8 mars, il ne sait probablement même pas que c’est la journée internationale des DROITS et qu’il n’y a pas une Femme mais DES FEMMES mais ce jour là il m’a fait plus de bien que quiconque en présentiel.

Alors j’en sais rien si mon cher et tendre sera déconstruit, sera militant, se considèrera comme allié ou féministe, s’il saura qu’il existe des culottes menstruelles ou s’il connait exactement le fonctionnement du clitoris, s’il adhèrera à la Fondation des Femmes ou à Règles Elémentaires, mais je sais que mon futur cher et tendre voudra mon bien et que je sèche mes larmes que ce soit avec des frites ou un câlin et qu’on ne fera rien de spécial le 8 mars.

 

Peace

PS: Je n’en reste pas moins une féministe activiste et je sais pertinemment que oui il faut se battre pour nos droits. Je le fais allez peut-être pas 365 jours/ an bien que je suis une femme tous les jours mais en tout cas je fais ce qui me semble juste quand j’en ai la force. Ce serait faux de dire que c’est joyeux et facile tous les jours. Non le féminisme c’est dur, c’est être face à des choses difficiles, horribles, c’est se sentir parfois impuissant.e, c’est se sentir désoeuvré.e, c’est être révolté.e face à l’inaction, l’injustice et la lenteur des choses, c’est vouloir partir dans des pays pour faire des IVG sauvages, c’est vouloir brûler, crier, pleurer des fois. L’année 2018 a été très très éprouvante dans mon militantisme, j’ai voulu le rendre plus léger parce que mon quotidien est déjà bien assez lourd comme ça, donc non je ne m’infligerai plus de 8 mars.

PS2: Ceci est mon avis personnel, tu es en droit de ne pas le partager

PS3: Tu peux te dire : « Oh mais quelle fragile cette meuf, elle nous saoule avec les hommes » ben oui dis le.

PS4: Je reste convaincue que le chemin ne se fera pas sans les hommes, justement parce qu’ils détiennent encore toute la place dans l’espace public, politique, économique, écologique et que même si nous voulons la prendre, nous ne pourrons pas toujours le faire de force. Et malheureusement, j’ai l’impression qu’un mec qui veut se déconstruire n’est pas forcément aidé.

PS5: Pour tout ce qui est masculinité, je t’invite à lire le Le mecxpliqueur , écouter Le podcast « Les couilles sur la table » , Suivre la rubrique Masculinité de Mad , Suivre le compte Insta @tubandes , Regarder les vidéos de « Et tout le monde s’en fout » et puis à croire que des hommes bien existent toujours

PS6: Si tu es un homme et qu’un jour je t’ai testé, agressé, j’en suis désolée, tu ne méritais pas de payer pour tous les autres. 

PS7: Si tu es un trentenaire (ouais désolée discrimination de l’âge) célibataire qui veut mon bien et mon happiness, tu sais déjà, chui pas sur Tinder!

PS8: Lien pour acheter ce super bouquin plein de citations positives et inspirantes https://www.amazon.fr/Ris-Vis-Erre-Rivière-K-KIMPA/dp/1796213535 et sur Insta et Fb c’est Kkimpa 

PS9: Blague et Bad Mood à part, le 8 mars est UTILE et NECESSAIRE! Il permet de fédérer, de diffuser et d’améliorer le quotidien! D’ailleurs je t’invite à rejoindre The Clitoris Revolution et à signer la PETITION

PS10: Si tu es un homme et que la question des Femmes, de la charge mentale, du genre, de la sexualité et autres t’intéresse, je t’encourage à continuer sur cette voie, on ne te félicitera pas mais sache que des gens comme moi vous voient!