Glob trott

Je suis Influenceuse

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Nusa Lembogan, Bali, Indonesia, Mai 2019

Loooollll c’est une blague! Mais du coup je t’ai quand même fait une compilation de mes vidéos de Bali!

Je voulais aussi vous dire merci pour votre bienveillance et votre accueil concernant mon article de Bali .

J’ai reçu une tonne d’amour, des commentaires ici, par mail, sur Insta alors merci merci et encore merci!

Sur ce, bon visionnaire 😉

 

Allez clique Bali Is Always A Good Idea

 

Love

PS: En toute honnêteté, on influence tous et toutes à notre niveau. Beaucoup m’ont partagé le fait que j’ai donné envie de partir à Bali, que j’ai donné envie de partir seul.e, que j’ai donné envie de penser positif. J’ai été mal à l’aise mais je suis contente si ça aide certain.e.s. 

PS2: Te leurre pas, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, la mienne encore moins mais j’essaie de garder la tête hors de l’eau.

PS3: Concernant le rythme des articles, je ne sais pas…J’ai plein d’histoires bien catastrophiques à te raconter mais j’essaie de sortir du drama professionnel

 

Glob trott

Bali is always a good idea

Alors pour la petite histoire, cet article a été publié INCOMPLET le 05/06/19 sans que j’en connaisse la raison, donc désolée je le remets en complet cette fois. Cette erreur m’a permis de sortir de ma « MINI DEPRESSION EXPRES » comme l’a nommée ma coach et de rédiger la suite de cet article. Il est donc écrit en 2 parties: une pendant le voyage et une à mon retour

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Bali is always a good idea

Je t’écris cet article alors que mes vacances ne sont pas encore finies mais devant ce ciel plein d’étoiles et avec une lune bientôt pleine, j’ai senti que c’était le moment.

Le moment de te raconter, le moment de me livrer, le moment de t’expliquer.

Je suis actuellement à Bali…

Et pour te raconter Bali, il faut que je te re-raconte cette histoire, mon histoire, parce que je la clôture ici, parce que j’y mets un terme ici, parce que ça se termine ici.

Ce que je vais te raconter, tu le sais sûrement et ce n’est rien de grave. Je vais bien ne t’inquiète pas.

Le 17 octobre 2016, j’ai pris un avion pour partir à Bali. Bali c’était mon rêve depuis Mange, Prie, Aime le film et le livre « l’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle. Je voulais voir les terrasses de rizières et trouver la paix intérieure.

En juillet 2016, nous avons donc pris nos billets pour Bali. Nous, mon ex copain et moi-même. C’était mon rêve, pas le sien. J’aimais voyager, lui n’avait jamais vraiment voyager avant de me rencontrer mais on partait souvent. Ce mois de juillet là, j’ai commencé à être pas bien j’avais pas le moral, je sentais que « qqch de grave » allait m’arriver. J’ai toujours eu de fortes intuitions auparavant. Je lui ai fait part de mes angoisses sorties de nulle part, il n’a pas vraiment cherché à me rassurer.

Puis un jour, j’ai vu un nouveau nom sur son téléphone, une femme que je ne connaissais pas, les excuses habituelles « c’est une collègue » « pourquoi tu regardes mon téléphone? »

Bref…j’a fait mine d’oublier mais j’avais à présent un poids sur le coeur.

En août, je suis allée à une procession religieuse sur une péniche près de Notre Dame pour le 15 août avec une copine. J’y ai vu mon ancien ancien prêtre (je te raconterai un jour mon rapport à la religion) de quand j’étais au lycée qui m’a dit « tu es sûre que tu vas bien? » j’ai eu envie de chialer. Et puis j’ai rencontré une dame. Rencontre de l’espace, qui m’a demandé si « j’avais un mari, si j’étais fiancée, si mon copain était gentil » et j’ai beugué à cette dernière question. En mon fort intérieur, j’ai crié non mais j’ai répondu : « ça peut aller« .

En septembre 2016, je suis partie à Rome avec ma mère et ma petite m’a envoyé une capture d’écran d’un post FB de mon ex copain avec une fille. Les excuses habituelles « c’est une collègue » « c’était une fête, il y avait d’autres gens« .

Ça a pété, je l’ai foutu dehors mais il y avait Bali…les billets payés…j’ai donc décidé de partir avec lui.

Nous avons pris l’avion un 17 octobre 2016, un Paris-Singapour-Bali. J’ai chialé pendant TOUT LE VOL, il m’a dit pouvoir faire demi-tout, je l’ai supplié de ne pas le faire. En regardant le hublot, j’ai demandé un signe à l’Univers, pour que je sache si je devais continuer ma vie avec lui ou pas.

Nous avons pris l’avion le lundi, nous sommes arrivés le mardi, le vendredi après 2 mojitos, je découvrais un 2e téléphone, un 2e numéro de téléphone, une 2e copine, une 2e vie.

Dans ma tête, ça a vrillé. J’ai pris une autre chambre d’hôtel en expliquant tant bien que mal avec l’alcool, les larmes, l’anglais que je m’en fichais de payer une chambre plus chère. Il a débarqué, a voulu me retenir, a menacé de se suicider, que sa vie ne comptait plus si je le quittais, j’ai tenu bon, je n’ai pas crié, j’ai très peu parlé. J’ai reçu un message de ma petite qui me demandait « alors vous faites quoi les amoureux? » j’ai répondu « je rentre à Paris » et là c’était clair dans ma tête, que c’était le signe que j’avais demandé, le signe que j’attendais. J’ai donc appelé mon père pour m’aider à trouver un billet d’avion (parce que dans mon état je n’y arrivais pas). Il a dormi devant ma nouvelle chambre d’hôtel. Le lendemain matin, j’ai pris un taxi pour m’emmener à l’aéroport. Il m’a demandé de « venir à Ubud au moins, c’était ton rêve« . J’ai tenu bon. Je suis arrivée à l’aéroport, pas d’agence pour acheter un billet. J’ai appelé un numéro et je me rappelle avoir donné mon numéro de CB tout haut dans un aéroport international pour payer un billet à plus de 1000€ mais je venais d’être embauchée et donc j’avais les sous. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, j’ai appelé ma BFF qui était au Canada, elle m’a dit « ton avion est à quelle heure? » j’ai répondu et elle m’a dit « ok je reste avec toi au téléphone« . J’ai pleuré, elle a essayé de me faire rire et m’a dit « Attends je fais un post FB avec un truc marrant comme ça on se souviendra qu’on a ri ce jour« . Elle a donc écrit qqch sur le fait que j’étais dans le futur avec mon décalage horaire et elle dans le passé et que les gens dans le présent se trouvaient à Londres. On a ri. Les heures sont passées, elle a raccroché, j’ai téléchargé des séries, je me suis couchée par terre et puis j’ai croisé un monsieur australien ou américain, je ne me rappelle plus de son accent, qui m’a dit cette phrase qui est restée gravée au fond de moi

« Vous savez Bali, on y va 2 fois, la 1e fois on a le coeur en miettes et la 2e fois on renaît »

J’ai chialé et j’ai passé la douane, le monsieur m’a demandé si j’avais qqch à déclarer: j’ai répondu « A broken heart« .

J’ai pris un vol : Bali-Doha-Paris, j’ai chialé pendant tous les vols, pleurer, manger et dormir.

Pendant mes escales, j’ai pris un billet pour aller chez mes parents (à 7h d’avion supplémentaires) et mes ami.e.s ont tous envoyé des messages de soutien.

Je suis arrivée à Paris, j’étais mal, je suis arrivée chez mes parents, mon père m’a prise par l’épaule, il m’a dit « Tkt ça va aller » et j’ai su que c’était grave, parce qu’avec mon père on ne se touche pas.

J’ai vu des copines qui m’ont aidé à aller mieux et puis il a fallu rentrer à Paris, dans cet appart, notre appart.

Il a fallu le mettre dehors définitivement, il a fallu changer le bail, fermer le compte commun, dire adieu à tous ces rêves, tous ces projets, cette partie de ma vie. Il a osé me dire « Mais je t’aime » et j’ai répondu « Visiblement pas assez » et ce jour là…j’ai été fière de moi pour la 1e fois.

Mon père venu « au cas où » parce que bon je ne savais pas comment l’individu allait gérer tout ça, m’a prise dans ses bras et m’a dit « Je suis fier de toi mais maintenant il ne faut pas lâcher« . Il m’a suggéré de prendre un chien, de prendre des cours, d’aller danser, de me faire des nouveaux ami.e.s.

J’ai fait tout ça…j’ai repris la danse à fond, j’ai été dans des dizaines d’ateliers, j’ai pris un chien, je suis partie au bout du monde, j’ai rencontré plein de gens, j’ai eu mille activités, je me suis reconstruite, j’ai décidé d’avancer, de profiter de cette étape pour devenir qqn que j’aimerai, qqn dont je serai fière.

Ça n’a pas été évident, ça a même été difficile, j’ai perdu des choses, des gens, des certitudes, j’ai changé, ça n’a pas plu à tout le monde…

Et puis 2018 a été une année un peu bizarre…où j’ai travaillé sur mes blessures affectives, ça a fait mal mais c’était nécessaire.

Pour 2019, j’avais prévu de partir à Los Angeles sauf que j’avais du mal à le planifier, j’avais plus très envie, j’avais peur d’être déçue.

Alors je me suis demandée où j’avais envie d’aller, ce que j’avais envie de faire…et Bali est arrivé dans ma tête.

Mais j’avais peur, peur de me retrouver à Bali et de pleurer parce que j’étais seule, célibataire sur cette île où je m’étais sentie si seule…

J’ai donc décidé de me laisser un peu de temps et puis…mon ex a redébarqué dans ma life. Je me suis rendue compte qu’il avait créé un compte revenge porn sur Instagram et ce jour là, je me suis rendue compte que j’allais bien.

J’ai donc décidé d’aller à Bali parce que je n’allais plus laisser cette personne toxique me gâcher quoi que ce soit ou avoir une quelconque importance dans mes choix de vie et que bordel je savais pertinemment que cette fois, Bali ce serait totalement différent.

J’en ai quand même parlé à ma coach qui semblait être ok avec ce choix, elle m’a dit « eh bien prends ton billet« , je lui ai rep « non pas aujourd’hui, demain« , elle m’a dit « pourquoi demain? » j’ai répondu « je ne sais pas, je le sens« .

J’ai quand même essayé le soir même et tu me croiras ou pas, LE SITE N’A JAMAIS VOULU FONCTIONNÉ. J’ai donc pris mon billet le lendemain à 6h en promenant mon chien…ce jour là…on était le 14 février 2019 et j’ai passé la meilleure saint valentin de ma vie.

Voilà comment je me suis retrouvée le 8 mai 2019 à prendre un vol Paris-Amsterdam-Bali  seule, accompagnée de moi-même. Mon premier voyage solo du début à la fin.

Beaucoup de gens ont voulu m’accompagner à Bali (iels avaient peut-être peur pour moi je ne sais pas trop) mais ce voyage, il fallait que je le fasse toute seule, je te raconterai pourquoi un peu plus tard.

À chacun de mes vols, j’ai eu 2 places pour moi et les hôtesses m’ont donné des yaourts supplémentaires, j’ai rigolé intérieurement en me disant que si j’avais eu cette chance là, la dernière fois, j’aurais compris que j’étais bien cocue lol.

Et c’était assez marrant parce que dc je suis arrivée le 9/05/19 alors que la dernière fois nous étions arrivés le 18/10/16 (tu divises par 2 la date et tu inverses le 6 par un 9, comme quoi c’était écrit, Mektoub)

 

En arrivant, le monsieur du Airbnb : Wayan est venu me chercher pour m’emmener à Ubud à 2h de l’aéroport…là où je devais aller le jour de mon départ, c’est là où j’ai commencé le nouveau voyage, on boucle la boucle.

Je booke toujours mes voyages séparément, je décide d’abord d’où je veux aller, après je cherche des logements et sur place, je gère les transferts.

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Si jamais tu hésites à partir en vacances seul.e, je t’invite à te mettre sur des groupes de voyageur.se.s sur FB, ça sur motive de ouf

Pour ce trip, j’avais prévu 4 spots :

UBUD-AMED-NUSA LEMBOGAN-CANGUU

Ubud ou la parenthèse enchantée :

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Ne me demande pas qui a pris la photo, les explications sont à la fin de cet article

Je suis tombée amoureuse de Bali en arrivant à Ubud. Cette ville se situe au centre de l’île, en pleine milieu de la végétation. Quand on pense à Bali, on pense en général aux terrasses de rizières, à de la verdure, ben Ubud c’est exactement ça. Je n’avais pas de programme précis d’activités, mais pendant mon escale, j’ai booké une ascension du Mont Batur avec AirBnB.

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Lors de mon 1e jour à Ubud, j’ai pris des cours de Yoga au Ubud Yoga House. Un havre de paix avec des professeur.e.s locaux, le prix étant de 150 000 IDR par cours. Le cadre est idyllique et la route pour rejoindre l’endroit est juste incroyable. Ce même jour, j’ai découvert la joie du Ubud Market, floppée de commerçant.e.s dans la rue qui te vendront encens, sarong, dreamcatchers et compagnie à des prix variants du simple au double (sans que tu saches le vrai prix) et j’ai mangé, j’ai mangé, j’ai mangé! des spring rolls, des nasi goreng, des glaces, des fruits frais…(tkt je n’ai pas eu la tourista)

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Mon 2e jour à Ubud a été plus mouvementé, réveil à 1h30 pour décoller à 2h30 direction le Mont Batur, 2e plus haut volcan de Bali 1717m, l’ascension se fait de nuit pour assister au lever du soleil en haut. J’avais booké cette activité avec Airbnb pour la modique somme de 42€ comprenant la randonnée, une visite de plantation de café et une cascade. Ma guide s’appelait Tri et elle était géniale.

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Nous avons donc gravi cette montagne toutes les 2, on a parlé de nos vies et en levant les yeux, j’ai vu la lune, les étoiles et la voie lactée. J’ai pleuré de joie. Tri a cru que je n’allais pas bien. Alors je lui ai raconté à quel point j’étais remplie de gratitude pour ce moment que j’étais en train de vivre. Je lui ai raconté pour mon 1e Bali, elle m’a demandé si maintenant j’avais un mari, j’ai répondu non, elle a répondu « Not Yet » et de la même façon dont cette femme qui ne me connaissait pas, avait confiance en la vie, je me suis demandée pourquoi moi j’y croyais pas…

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Nous sommes arrivées en haut et j’ai pu admirer les couchers magnifiques du lever de soleil en prenant un petit déjeuner et en buvant mon thé. C’était un de ces instants qui restera gravé dans ma mémoire à jamais, Tri à ma gauche, mon thé fumant et un sourire sur mes lèvres.

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J’ai sauté du sol, pas du banc, oui je saute haut et tu n’as encore rien vu…

 

Nous sommes allées un peu plus haut, on a fait des photos et nous sommes redescendues. Arrivées en bas, Tri m’a dit cette phrase touchante « Tu souris avec ton coeur et c’est rare« 

J’ai chialé parce que je venais de comprendre que j’étais enfin qqn que je trouve magnifique…

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VALIDATION TOTALE

 

Puis nous sommes allées visiter une plantation de café, j’ai appris qu’ici on faisait du café avec des graines de café qui étaient passées par le tube digestif des mangoustes le Luwak Coffee qui coûte d’ailleurs une blinde (je pense que ce n’est pas très éthique pour les animaux mais bon on m’a assuré que si, j’ai tjr de gros doutes), j’ai goûté toutes sortes de cafés qui étaient tous plus divins les uns que les autres (et pourtant j’en bois jamais) et des thés aux arômes parfumés.

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Et nous avons terminé la matinée dans une cascade beaucoup trop fraîche mais d’une rare beauté qui m’a rappelé mon île.

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Un Espagnol m’a dit « Oh MDC SO NICE MY SISTER LOVE THIS PLACE »

 

L’après-midi, j’avais demandé à Wayan, le proprio du Airbnb (il y aura beaucoup de Wayan dans mon article, je t’expliquerai aussi pourquoi), s’il pouvait m’emmener au Tirta Empul.

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J’avais vu des photos magnifiques de ce temple sur internet.

Les règles concernant les temples sont strictes. À Bali, la religion principale est l’hindouisme, aussi pour visiter un temple, il faut être vêtu.e d’un sarong et ne pas avoir ses règles ou accoucher récemment. (la féministe que je suis a eu un peu de mal avec ces principes mais bon).

Wayan m’a déposée devant le temple et je suis rentrée au Paradis…

Tirta Empul est un temple où on peut réaliser des ablutions avec de l’eau bénie. Il y a 12 fontaines principales, 12 fontaines pour nettoyer ton karma, pour nettoyer ton corps, ton coeur, ton âme. 2 autres fontaines s’il y a eu un décès récemment, 1 dernière fontaine pour chasser les mauvais cauchemars, les pensées impures, les démons internes et les angoisses. 2 autres dans un autre bassin et 1 autre dans un dernier bassin où tu peux récolter l’eau.

J’ai donc comme une semi grande plongé dans ce bassin avec des balinais.e.s, vêtue d’une tenue spéciale pour réaliser le rituel, 3 fois boire, 3 fois s’asperger, 3 fois plonger à chacune des fontaines. 12 fontaines pour aller bien, 12 fontaines pour guérir, 12 fontaines pour renaître…

Je ne pourrais pas te décrire à quel point j’étais reconnaissante auprès de la vie de me permettre de vivre cet instant, de pouvoir être là.

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J’ai du rester dans ces bassins pendant 2h, une eau gelée jusqu’aux seins avec des poissons à mes pieds et des serpents qui sortent de la pierre, mais à cet instant, le temps s’était arrêté.

Wayan m’a proposé d’aller manger et m’a emmené dans un restaurant juste à côté où j’ai pu manger seule face aux rizières.

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Sinon, il y avait des oeufs dans à peu près tout…

Le soir, j’ai pleuré dans mon lit en me rendant compte que ça y est, je venais de dépasser la durée de l’ancien voyage et que ça tombait ce jour où j’ai eu droit à ma renaissance…

Cette journée a donné lieu à mon nouveau mantra : Today is a good day and today is everyday. Parce que le bonheur est simple et quoi qu’il arrive dans ta journée il y aura toujours eu un bon évènement. À toi de voir sur quoi tu veux te concentrer à la fin de celle-ci.

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Le lendemain, réveil à 4h du mat pour un nouveau trip toujours réservé avec AirBnB, cette fois au programme : Candidasa Beach, Lempuyan Temple, Tirta gagna, Tukad Cepung Waterfall, Jungle Swing à Kumulilir et visite des rice terrace de TEGALALANG! (47€).

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Mon guide Kadek est venu me chercher avec sa soeur Ariska et je dois t’avoue qu’on a beaucoup chanté dans la voiture!

Bon Candidasa Beach, très peu d’intérêt honnêtement…mais bon belles couleurs sur la plage.

Lempuyan Temple, c’est le temple où les gens font les superbes photos avec les Gates of Heaven. La réalité est qu’en tant que touriste, tu n’as droit qu’à la partie du temple pour faire la photo, tu fais 2-3h de queue, tu te places, un photographe te crie 1-2-3 et tu as tes photos sur ton téléphone (il positionne un miroir ce qui fait que tu as un effet double). Bref ça fait une très bonne photo instagram mais le reste…L’histoire dit que quand j’ai sauté, le photographe a dit « wouah best jump ever » et effectivement quand je regarde la photo je me dis que je devais être au Paradis et que Bali me donne des ailes!

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Best Jump Ever

Puis nous sommes arrivés au paradis, le vrai: Tirta Gangga, j’ai adoré cet endroit coloré vivant, plein de poissons, de verdure, de lotus. J’avais l’impression d’être à Disney et d’avoir les yeux d’une enfant.

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Tukad Cepung Waterfall: Bof, allez il y avait de la bonne lumière et des gros cailloux donc de bonnes photos mais clairement j’ai préféré la cascade du jour d’avant où là tu pouvait te baigner. D’ailleurs il y avait beaucoup trop de monde dans celle là.

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Jungle Swing à Kumulilir : Bon j’avoue, c’était mon kiff, je voulais absolument tester une balançoire à Bali et ben là clairement je me suis envoyée en l’air. J’ai crié, j’ai volé et j’ai tout lâché! En buvant mon thé devant cette forêt impressionnante, j’ai gravé cet instant dans ma tête à tout jamais.

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Et puis tegalaland…l’image de Bali, l’image d’Ubud, le rêve qui devient réalité « viens au moins à Ubud, c’était ton rêve« , j’y suis, sans toi, et j’ai réalisé un de mes rêves…

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Le lendemain après un cours de yoga, un dernier tour à l’Ubud Market où j’ai acheté des cristaux, un marque page « Today is a Good Day » et qq souvenirs, j’ai quitté cette ville magnifique pour la 2e partie de mon voyage…

Amed ou le paradis des plongeurs : 

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Aussitôt arrivée à Amed, j’ai compris que cette partie de mon voyage allait se concentrer sur moi et moi-même. J’ai rejoins mon hôtel et un second Wayan , le BBQ Guest House (1 200 000 IDR), hôtel donnant sur la plage.

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J’avais booké des semaines avant, une formation pour repasser l’Open Water Dive dans une école de plongée au Diver’s Café (4 000 000 IDR) et je devais passer le jour même pour qu’on prépare mon équipement. Je me suis d’abord trompée de centre et Hector m’a emmenée en scooter dans le bon centre (baptême de scooter) où j’ai rencontré Jonas, mon moniteur.

IMG_7395S’en est suivi 3 jours, 5 plongées et un examen pour avoir ma certification (Open water here we go)

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À Amed, j’ai donc beaucoup mangé, beaucoup bu, beaucoup plongé et puis les après-midis (on ne plonge que le matin) j’ai pu m’offrir le luxe de faire la sieste sur un transat devant la plage et une eau à 25 degrés.

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Le matin, je pouvais voir le lever de soleil sur la plage à droite et le soir, je pouvais voir le soleil s’écraser sur le Mont Agung (plus haut volcan de Bali) qui fumait à gauche (d’ailleurs il est entré en éruption à mon départ de Bali). Des couleurs, des couleurs.

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J’ai beaucoup médité, devant ce soleil, devant cette lune, sur le sable, sur un banc, avec des animaux, j’ai pu dire merci à tout ce qui m’avait permis d’arriver là, d’en être là, d’être qui je suis, d’être moi.

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Wayan m’a demandé si je voyageais seule, j’ai répondu oui, il m’a répondu « You are an indépendant woman i like that« . Ouais je suis indépendante et bordel je me suis trouvée tellement courageuse là.

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Le dernier jour après une méditation devant le lever de soleil, un petit déjeuner avec des pineapple pancake (une tuerie) et une plongée dans l’épave Liberty, j’ai donc quitté Amed avec un autre Wayan qui m’a emmenée à Sanur où j’ai pris le bateau pour une autre île… (transfert Amed-Sanur-Nusa lembog-Sanur-Canggu pour 900 000 IDR négocié par le Wayant de l’hôtel)

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Nusa Lembogan ou l’île du farniente : 

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J’avais réservé mon hôtel avec Booking : Sukanusa Luxury. J’avais beaucoup hésité mais les huttes me faisaient envie. Arrivée sur place, le gérant m’a annoncé qu’il m’avait changé de hutte pour avoir une piscine privée, autant te dire que la chance de cocue continuait!

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J’ai booké immédiatement avec l’hôtel une matinée de snorkelling à 150 000 IDR (moins de 10€) pour le lendemain et je suis partie admirer le coucher de soleil, tout en tombant sur mon école de yoga.

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Les couleurs étaient encore plus impressionnantes, plus vivantes, plus vibrantes et j’ai pleuré encore…

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Le lendemain, je suis partie au snorkelling, beaucoup de poissons et une tortue mais sur les 4 spots, je n’en ai fait que 2 à cause des méduses beaucoup trop nombreuses. J’étais un peu déçue de ne pas avoir vu de raies manta. J’y pensais sur le trajet du retour et quand je ne m’attendais plus à rien, 3 dauphins sont venus me faire coucou. À peine le temps de le dire aux autres passagers du bateau, qu’ils étaient déjà partis. Comme un signe de l’univers pour me dire « Ne sois pas déçue, il y a toujours de belles choses« 

J’ai passé l’après-midi à cramer au soleil sur un pouf et j’ai terminé la journée en admirant un ciel étoilé en buvant un lime juice.

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Ce jour là, c’est aujourd’hui et j’ai ressenti le besoin de commencer cet article parce qu’en rentrant, j’ai dansé sous l’éclat de la lune qui devenait pleine et qui me disait : « allez viens, on clôture ça aujourd’hui, viens on s’aime, viens on danse toute la nuit notre bonheur, viens et n’oublie pas qu’avec moi tu ne seras plus jamais seule et que quoi qu’il arrive j’apparaitrais toutes les nuits« 

Aujourd’hui j’ai compris pourquoi c’est à Bali que je devais venir cette année, c’était ce petit coup dans le rétro, pour voir que ça y est j’étais la personne que j’avais envie d’être, souriante, positive, confiante et courageuse et me rappeler que tout est désormais encore possible…

Avant de venir ici, j’ai lu Mange, prie, aime, le livre, je me suis demandée combien nous étions à vouloir changer de vie sans le faire, combien d’épreuves fallait-il qu’il arrive pour changer, combien d’entre nous sont inconfortables, combien d’entre nous vont mal? Mon 1e Bali, j’étais malheureuse avant d’y arriver et j’ai cru en partir malheureuse. En réalité, une page neuve s’ouvrait, une page où j’ai eu le choix soit de me morfondre et de pleurer pendant des siècles ou de prendre mes ovaires, de m’entourer et d’avancer. Encore une fois, j’insiste ça n’a pas été facile pourtant concrètement ce n’était rien de « grave » mais c’était « grave » pour moi, j’ai été aidée par des professionnel.le.s, ma famille, mes ami.e.s. Mon 2e Bali, je suis heureuse et épanouie et pour rien au monde, je ne voudrais être qqn d’autre pour rien au monde parce que maintenant je sais sourire avec mon coeur…


Je suis actuellement de retour à Paris et je t’écris la suite juste après un RDV avec ma coach…


Après cette soirée forte en émotions, j’ai décidé de continuer les sensations fortes en testant…LE SURF!

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1e fois dans ma vie que je montais sur une planche mais une envie qui figurait sur ma liste des choses à faire avant de mourir. J’ai eu les pétoches sans mentir, parce que les vagues étaient impressionnantes, parce que j’étais dans la même eau où la veille j’avais vu des dauphins, des méduses et potentiellement des raies manta.

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Le surf c’est une belle métaphore de ma vie, ne pas lutter contre les vagues, se laisser porter, savoir que tu es toujours a priori attachée à ta planche et souffrir beaucoup pour un instant de plaisir court mais tellement intense. Je suis tombée une bonne dizaine de fois mais quand il a dit « Last Wave », j’ai tenu, j’ai volé, j’ai surfe et j’ai ri!

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Après cette matinée de folie, j’étais KO et j’ai donc passé mon aprem avec Cecile rencontrée la veille, une lyonnaise exceptionnelle qui habite en Suisse et qui a été moine bouddhiste. On a mangé, on a bronzé, on a parlé. Elle m’a demandé pk Bali, elle m’a demandé mon âge et si j’avais vécu une crise de la trentaine.

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Oui j’ai bu BEAUCOUP DE WATERMELON JUICE

J’ai répondu que non, parce qu’en fait j’avais tellement d’attentes avant concernant mes 30 ans qui du coup ne se sont pas réalisées : me marier, avoir des enfants (en fait c’était pas une vraie envie), ouvrir mon cabinet, que du coup j’ai pu apprendre à me connaître et à établir ma vraie envie qui était d’être heureuse et franchement…je l’étais à cet instant précis.

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Après une heure de yoga devant le coucher de soleil, j’ai diné au clair de lune qui était maintenant pleine, un plateau de fruits de mer en exprimant toute ma gratitude à la vie.

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Le lendemain, je prenais le bateau pour retourner sur Bali et terminer mon séjour.

Canggu (ça se prononce channngou) ou là où tout a pris sens 

Arrivée à Sanur, taxi direction Canggu et ma villa de rêve. Je suis passée devant un hôtel qui me disait qqch et en réalité c’était l’hôtel où j’avais été récupéré mon billet d’avion retour la dernière fois.

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On a pas mal tourné dans Canggu avant de trouver ma villa…Villa Komea, la paradis a un autre nom, celui ci.

Le réceptionniste m’a alors demandé : « Mais vous êtes combien? » j’ai répondu « Juste moi » Il s’est alors exclamé « Mais nous pensions que c’était votre lune de miel« , j’ai souri et j’ai répondu « Oui c’est exactement ça« 

Ma lune de miel avec moi-même…Parce que bordel ça fait du bien.

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Cette villa, j’avais craqué dessus un soir de mars je crois, gros gros craquage en mode « yolo » « je me fais plaiz » 240m carrés pour moi toute seule, piscine, jaccuzzi, baignoire, douche, cuisinier, masseuse…

Le monsieur a posé mes valises et m’a dit « Vu que vous êtes seule et que la villa est pour 2 vous pouvez tout commander en double » J’ai souri

IL a dit « vous avez un massage par jour par personne donc 2 massages par jour » J’ai souri

Il a dit « On a mis des fleurs partout vu qu’on pensait à une lune de miel » J’ai souri

Et il est parti.

Je me suis foutue à poil et j’ai plongé dans la baignoire pleine de fleurs de frangipanier et j’ai souri.

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La suite du programme est assez inintéressante, j’ai eu des dilemmes entre prendre une douche et prendre un bain, dilemmes entre le barbecue ou le diner aux chandelles, dilemmes entre jus de pastèque ou jus d’ananas, dilemme entre la salade de fruit ou les crêpes à l’ananas.

On s’est occupé de moi et j’ai remercié la vie de m’offrir tout ça parce que pour la première fois je m’accordais le droit de mériter tout ça, le droit de mériter d’être heureuse, d’en profiter et de le crier au monde entier sans avoir peur qu’une tuile m’arrive après.

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Et puis le jour du départ est arrivé, après un tour à la Poste (oui j’envoie tjr des cartes postales à des personnes bien précises), un tour au centre ville, un menu hot dog à 3 euros et un massage des pieds d’une heure, j’ai pris une douche et on m’a emmenée à l’aéroport.

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Ce fameux aéroport…Je l’ai regardé et j’ai chialé. J’ai regardé ma valise et je lui ai dit « Bordel meuf, il y a plus de 2 ans, j’étais sure de devoir te balancer tellement tu ne me servirais plus à rien parce que dans ma tête, j’étais incapable de vivre après ça et regarde on y est, regarde on est de retour, regarde tout ce qu’on a fait« 

Et au fond de moi il y a eu cette phrase : « Tu vois, tout est possible« .

J’ai enregistré ma valise et je suis rentrée à Paris.

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Ma soeur est venue me chercher, j’ai mis 2 jours pour comprendre que j’étais rentrée. J’ai fait un apéro positif pour m’entourer de good vibs, j’ai vu des copains et puis ça a été la chute de moral, j’ai dormi, j’ai disparu sous ma couette, j’ai eu envie de rien. À ce moment là, il y a eu mon changement de travail et le début des démarches pour vendre l’appartement que j’occupe actuellement. J’ai vraiment essayé d’aller mieux mais ça n’allait pas. Les « montagnes russes » comme m’a dit qqn. J’ai eu envie de pleurer, de chialer, j’ai fait des crises d’urticaire, j’ai eu les hanches bloquées, j’ai perdu des cheveux, j’ai arrêté de manger. Alors j’ai appelé ma coach, on a parlé de Bali et j’ai compris ce que j’y avais trouvé : « Je peux compter sur moi » et j’ai compris pourquoi cette histoire d’appartement me minait. J’adore mon appartement, je l’ai adoré…parce que justement après le 1e Bali, j’ai déménagé et je me suis retrouvée ici, j’y ai fait mon nid, j’y ai fait mon sanctuaire, ça a été mon appartement de reconstruction, mon appartement où j’ai soufflé, où tout a été, où j’ai de nouveau aimé, où j’ai de nouveau ri, où j’ai de nouveau appris à vivre et qu’il va falloir le quitter.

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J’aime pas les changements parce que j’ai toujours peur de ne pas trouver mieux, de ne pas avoir mieux que ce soit pour une séparation, un déménagement, un changement de travail, j’ai peur d’être déçue…mais en fait Bali m’a montré que…même si je vis qqch de compliqué et de désagréable, qqch de magnifique arrivera après…toujours…si si je te promets…

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Je tiens à remercier Dary mon ex que j’ai aimé profondément et qui en étant lui m’a permis d’être moi et je t’ai pardonné sincèrement.

Je tiens à remercier Marion qui m’a envoyé le sms qui a rendu tout ça vrai et m’a fait prendre la meilleure décision de ma life à l’heure actuelle.

Je tiens à remercier Lalie qui a passé de longues heures au téléphone avec moi et qui a essayé de me faire rire. J’étais dans le futur, je suis dans le presque présent.

Je tiens à remercier Sébastien qui a été là avant, pendant et après et qui a sorti son nez rouge à chaque fois que ça n’allait pas.

Je tiens à remercier Sandrine qui est venue chez moi vider ma valise pour en refaire une autre.

Je tiens à remercier Priscilla qui grâce à mon post Insta a tout de suite compris et m’a dit « Tkt ça va aller, tu veux venir avec moi à Londres? »

Je tiens à remercier Laetitia qui a été honnête avec moi concernant mon ex et Adama qui m’a envoyé un gentil message.

Je tiens à remercier Samantha qui m’a offert le défi des 100 jours

Je tiens à remercier Anne-Emmanuelle qui a été là avant, pendant et après et qui ne méritait pas ce que je lui ai dit.

Je tiens à remercier Charles-Emmanuel qui m’a fait rire en me proposant une action illégale mais m’a fait avoir une brillante idée qui m’a permis d’avoir une monnaie d’échange dans les discussions avec l’ex.

Je tiens à remercier Odile et Charly, mes parents de substitution qui m’ont ramassée à la petite cuillère.

Je tiens à remercier Jayson qui m’écoute me plaindre encore et encore.

Je tiens à remercier ma soeur qui me remet les idées en place quand j’ai du mal (allez promis on fait les cinammon rolls la semaine prochaine, mardi si tu veux ou mercredi)

Je tiens à remercier Houda ma fée qui a pris de soin de moi et de mon estomac et qui en un mail a compris qu’on était 2 coeurs brisés dans cet appart.

Je tiens à remercier Charlotte pour être de retour.

Je tiens à remercier Caroline pour tous les appels skype, mon coaching et tout.

Je tiens à remercier Maïmouna et la Booty Therapy qui m’ont permis de crier, de me soigner, d’avancer et de laisser le temps passer, j’ai pu danser mes émotions, extérioriser mes sentiments et ça n’a pas de pris.

Je tiens à remercier JP Chandler qui m’a permis de me regarder dans un miroir et de voir la merveilleuse femme qui était au fond de mon corps.

Je tiens à remercier Thomas, parce que grâce à toi j’ai su que je pouvais aimer encore, que mon coeur en miettes pouvait faire boum encore et surtout que toutes les relations ne se terminent pas en drama.

Je tiens à remercier tous les autres, c’est à dire toi, toi, toi qui est rentré.e, sorti.e, revenu.e dans ma vie parce que sans toi, je ne serais pas celle que je suis maintenant…Toutes les personnes qui m’ont encouragée à faire ce voyage, toutes les personnes qui ont pris de mes nouvelles là bas, toutes celles qui ont regardé mes stories (lol), toutes celles qui ont été là quand j’ai été triste ou contente. Pensée pour Cathy et Clara mes petites sorcières, Pensées pour Laetitia que j’ai planté sur le projet Los Angeles…

Je tiens à vous remercier vous qui me lisez et qui me donnez la force mine de rien de faire tout ça!

Je tiens à remercier Bali d’avoir changé ma vie…

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Ouais ouais ouais j’ai mangé tout ça

Concernant les détails pratiques :

  • J’ai pris mon billet d’avion via Air France 3 mois avant mon départ pour un prix de 700€
  • A Ubud , mon AirBnb était celui de Wayan , ma randonnée était via AirBnB et le tour aussi , j’ai changé mon argent liquide d’euros en indonesian rupi (1€ = 16000 IDR les bons jours, le plus souvent il n’y a pas de commission) , mon école de yoga était le Ubud Yoga House et je te la recommande grandement. Il y a plein de boutiques de pierres, plantes, pleins de décorations sur les chakras etc fais toi plaisir pour nettoyer ton âme.
  • A Amed, mon hôtel était le BBQ Guest House , leurs crêpes à l’ananas SONT UNE TUERIE! Tu as une vue sur la plage avec le lever de soleil à droite et le coucher de soleil à gauche sur le Mont Agung. Mon école de plongée était Divers Cafe Dive Resort , les moniteurs parlent français et Jonas est juste ultra cool.
  • Je ne me rappelle plus du nom de la compagnie de bateaux…A Nusa Lembogan, mon hôtel était le Sukanusa Luxury Resort , j’ai adoré mais pas le petit déjeuner que j’ai préféré prendre dans un des nombreux resto bobo, végétarien, mon école de yoga était Yoga Village Nusa Lembogan qui est juste au dessus du restaurantGinger & Jamu juste top! Mon école de surf était la Monkey Surfing avec des moniteurs qui parlent français.
  • A Canggu, ma villa était Komea Villa et franchement le service je vous aime! Sinon Canggu…bof bof mais vu que j’y allais pour rester dans la villa lol…
  • J’ai fait plein de stories Instagram que je dois trier mais tu peux aller mater @lilylvm (à la une Bali)
  • Je prévois de faire un mini vlog de mes pieds quand j’aurai de nouveau de la place sur mon ordinateur ou mon téléphone lol
  • J’ai fait mes photos avec mon appareil photo (grande nouveauté) un iPhone XR et les photos de ma tronche avec mon Canon 1300d + Trépied Manfrotto (vu que tout le monde s’intéresse à qui a pris les photos, c’est mooooiiii)
  • Si tu te demandes si j’ai rencontré un bel australien là bas, NON! Mais je me suis rencontrée moi et franchement c’était une belle rencontre.
  • Il y a beaucoup de Wayan parce qu’en fait les prénoms sont donnés par le rang dans ta lignée, ainée, benjamin, cadet etc…donc tout le monde est Wayan, Made, Nyoman ou Ketut à qq variantes près.

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Musiques qui me rappelleront à jamais ces vacances

Love U Better

Thinking Bout You

Pine & Ginger

 

Pour répondre aux questions les plus fréquentes :

  • Non je ne me suis pas sentie seule, en réalité je l’étais peu et j’ai vraiment apprécié les moments rares où j’ai pu être avec moi-même
  • Non je ne me suis pas du tout ennuyée. J’ai fait du yoga, de la randonnée, du surf, de la plongée, du snorkelling, de la méditation, de la piscine, de la bronzette, de la lecture, de la dégustation culinaire.
  • Les Balinais.es sont adorables, oui iels disent souvent oui et iels veulent réellement t’aider.
  • Mon fruit préféré a été la mangoustine
  • Mon flip a été quand une grenouille est rentrée dans le airbnb et que j’ai appelé mon père en visio WhatsApp (pk on sait pas)
  • Le gecko fait un bruit horrible qui peut faire peur!
  • Il n’y avait pas particulièrement de moustiques
  • Il a fait beau et chaud (29-30 degrés tous les temps)
  • Nan j’ai pas eu d’amoureux photographe secret je t’assure!
  • C’était mon premier voyage solo du début à la fin et oui je recommencerai je pense
  • Je suis partie 2 semaines c’était juste, la prochaine fois (oui parce qu’il y aura une prochaine fois) j’irai 3 semaines
  • Si je ne devais garder qu’un moment, voir la voie lactée pendant la rando
  • Est-ce que ça vaut le coup? Seriously guy t’as rien lu ou quoi? BALI IS ALWAYS A GOOD IDEA! Allez va changer ta vie (coeur coeur sur toi)
  • « Vous savez Bali, on y va 2 fois, la 1e fois on a le coeur en miettes et la 2e fois on renaît » eh bien la 2e fois c’était là et c’est bien vrai

 

Love 

 

PS: J’ai pris 3 kg, j’ai une marque de bronzage, une tonne de photos et juste un gros merci que j’ai envie de crier à la planète entière.

PS2: Ouais je vais surement devoir déménager, je ne suis pas pressée mais ça va, si tu as un plan d’appart parisien (pas de coloc) merci de me faire signe

PS3: C’est bon j’ai changé de travail, je te raconterai ça prochainement!

PS4: Ouais ya plein de photos ultra narcissiques de moi mais écoute now je m’en fous!

PS5: Je suis ready pour la nouvelle aventure…ah et n’oublie pas, avec toi, tu n’es jamais seul.e en réalité

 

Quoi de neuf docteur?

Mme N

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Paris, France, Avril 2019

Madame N, je t’en ai un peu parlé dans « T’as des sous ou non? » ou la Trisomie 21

Elle a 24 ans, c’était son 1e bébé. On avait fait le dépistage pour le trisomie 21 qui était à 1/2500 et à l’arrivé son bébé avait une trisomie.

Quand Mme N m’a tel pour me le dire, mon coeur et ma tête se sont arrêtés, j’ai d’abord cru à une erreur de ma part. Mais non test négatif, 5 écho au total sans problème, personne n’avait rien vu, on s’était toutes et tous trompé.e.s.

J’ai vu Mme N en consultation la semaine dernière, elle est arrivée en retard mais je m’en fichais ROYALEMENT! On est montées rapidement dans mon bureau et j’ai vu la plus belle maman du monde (désolée maman)

Mme N a commencé par me dire qu’elle avait ramené le dossier, on a tout regardé, j’ai fait les photocopies du test et du caryotype sans appel: trisomie 21 homogène…

Et puis Mme N a rangé ses papiers et elle m’a dit :

« Vous savez mon fils, il est beau« 

Et elle m’en a parlé pendant 45 minutes. 45 minutes où j’étais la tête posée sur mes deux mains à admirer cette mère courage qui n’était qu’amour pour cet enfant. Cette mère courage qui dormait à l’hôpital (à plus d’une heure de chez elle) depuis 2 mois près de son fils, cette mère courage qui ne se douchait que tous les 3 jours parce qu’à l’hôpital c’était compliqué (d’ailleurs elle s’excusait du retard parce qu’elle en avait profité pour se doucher avant de venir me voir), cette mère courage qui me parlait de monter une association et de prendre ses études d’infirmière. Cette mère courage qui m’a dit faire les prélèvements de caca de son fils, cette mère courage qui m’expliquait que toute la journée d’hier elle avait alerté l’équipe sur le fait que la sonde nano-gastrique de son fils était déplacée, que personne ne l’avait cru et qu’au final à 21h c’était bien ça,  cette mère courage qui avait commandé tout un tas de livres sur la trisomie, cette mère courage qui avait déjà contacté tout le réseau, cette mère courage qui avait regardé une tonne de reportages sur la trisomie, cette mère courage qui mangeait peu, cette mère courage qui tirait son lait pour d’autres bébés parce que le sien était trop fatigué pour se nourrir, cette mère courage qui devait se battre contre les questions des autres, cette mère courage qui savait qu’elle sacrifiait son couple là tout de suite, cette mère courage qui m’expliquait que son fils n’ETAIT PAS TRISOMIQUE mais qu’il AVAIT UNE TRISOMIE, cette mère courage qui m’a dit qu’elle ne laisserait pas son fils se définir par la maladie parce que son fils est beau, son fils est l’enfant de ses parents, son fils est bien des choses mais son fils n’est pas une maladie.

Je dois t’avouer que j’ai pleuré et j’ai su que je faisais vraiment le plus beau métier du monde parce que j’étais entourée de belles personnes.

Je n’ai pas vu de photos de son fils, j’en ai pas demandé même si j’étais sûre que son smartphone en était rempli, mais j’ai pas osé en me disant que ça pouvait être mal interprété mais elle m’a promis d’elle-même de me le ramener après son opération fixée le mois prochain, pour que je le vois cet ange magnifique.

J’ai pleuré devant elle, ça n’arrive quasiment jamais, j’ai pleuré une fois partie, j’ai pleuré sur tout le trajet pour arriver chez moi, parce que je venais de croiser une mère que je ne pensais pas pouvoir être un jour.

Elle a 24 ans, c’était son 1e bébé, son test était estimé à 1/2500, ce qui veut dire que si elle avait eu 2500 bébés dans son ventre, un seul aurait été malade, son bébé c’était celui là, le 1/2500 et je sais que ce sera le bébé le plus aimé au monde et pas un bébé trisomique.

À ce petit ange…

PS: Mme M m’a redit que même si elle avait su, elle aurait gardé la grossesse, que oui elle aurait été préparé mais elle aurait angoissé pendant le reste de la grossesse dans tous les cas.

PS2: Mme M m’a dit merci, je ne sais pas pourquoi…

PS3: Après cette consultation, j’ai annoncé à mes collègues que je ne voulais pas d’enfants, elles n’ont pas compris, m’ont dit « d’en faire au moins un », j’ai écouté les arguments de chacune et puis j’ai demandé « mais en réalité quels sont les avantages? » j’ai du faire face à un silence puis à cette réponse « en réalité il n’y en a pas, c’est un investissement à très long terme sans retour forcément, mais c’est de l’Amour L, c’est de l’Amour comme jamais tu n’as ressenti, comme jamais tu ne pourras donner » J’ai souri…et j’ai presqu’eu envie d’en faire « au moins un »

Quoi de neuf docteur?

« T’as des sous ou non? » ou la Trisomie 21

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Paris, France, Mars 2019 (ces fraises sont françaises et bio)

J’écris cet article, le jour de la journée internationale pour la trisomie 21. Il fallait poster des photos de chaussettes dépareillées sauf que j’aime pas faire comme tt le monde et puis je porte tjr des chaussettes en paires.

Par contre la trisomie…j’avais déjà envie de t’en parler depuis qq semaines donc ça tombe bien.

En réalité, je ne vais pas te parler de la maladie en elle-même, je vais te parler de mes problématiques actuelles.

Comme tu le sais, je suis les grossesses (beaucoup trop et je déteste ça. One day, un ex m’a demandé si qd je voyais une grossesse arriver je me disais « Merde » ben c’est totalement ça, pas merde pour elles, mais merde pour moi parce que je déteste vraiment ça bref!) et je suis les grossesses de dames qui n’ont pas de papiers, pas de sécu, qui ne parlent pas français.

Je t’ai déjà raconté des histoires de trisomie 1/8 

Mais cette année on a atteint un autre level. La trisomie 21 est une maladie génétique c’est à dire qu’au niveau de tes chromosomes, là où il doit y en avoir 2 au numéro 21, il y en a 3. C’est une maladie incurable qui entraîne potentiellement un handicap mental, des malformations d’organes, des caractéristiques physiques and co…On n’a pas de traitement.

Donc chez toutes les femmes (normalement), on propose de réaliser un dépistage (qui est proposé mais NON OBLIGATOIRE). Ce dépistage se fait en plusieurs étapes (je vais essayer de faire simple mais complet mais si tu comprends pas, je peux te faire une version plus soft) :

  • D’abord on évalue un risque potentiel en fonction de l’échographie (avec la mesure de la clarté nucale) et de facteurs maternels dans le sang de la maman. Soit le risque était considéré comme faible (>1/250) soit le risque est considéré comme à élevé (<1/250) et très élevé si c’est <1/50
  • Si le risque était faible, on ne faisait rien, si le risque était élevé : elle était reçue par le service de diagnostic ante-natal qui lui proposait soit le DPNI qui est une prise de sang chez la mère pour chercher s’il y a une surreprésentation du nombre de chromosomes dans l’ADN libre circulant chez la mère (en gros encore une estimation) ou on établissait un caryotype = carte génétique du bébé avec une amniocentèse ou choriocentèse (comme je dis vulgairement une piqure dans le ventre qui peut entraîner une fausse couche). Ça, c’était décidé de façon pluridisciplinaire.
  • Si le DPNI ou caryotype revenait neg, c’était bon, si le DPNI ou caryotype revenait positif, elles avaient toute une batterie d’examen pour en gros décider si on faisait une interruption médicale de grossesse ou si on gardait la grossesse avec un suivi spécialisé et un accompagnement des parents.
  • À chaque étape, la femme peut dire stop bien entendu! et on s’arrête! J’ai certaines femmes qui refusent parce qu’elles n’ont pas envie de savoir, que dans tous les cas elles garderont la grossesse, font confiance à l’Univers, Dieu ou qui sait-je, elles font comme elles veulent!

Plusieurs éléments là tout de suite sont à préciser :

  • La base 1/250 était l’ancienne norme
  • Le DPNI n’était pas remboursée par la sécu et coûte 390€
  • Le caryotype est pris en charge par la sécu et par des prises en chargés spécifiques hospitalières si la dame n’avait pas de sécurité sociale
  • toutes les dames à résultat patho pratiquement pouvaient passer par le service hospitalier de Diagnostic Ante natal dans des délais « raisonnables » pour ne pas « trop » angoisser la maman

Je t’avais raconté 2 cas en fin 2017:

Mme K avec son résultat limité 1/240, elle avait fait un DPNI non remboursé par la sécu, avait claqué 390€, le résultat était revenu négatif, on avait respiré.

Mme S qui avait un résultat à 1/8, qui n’avait pas les moyens de faire le DPNI, qui n’avait pas voulu faire le caryotype à cause du risque de fausse couche et son bébé va bien.

En janvier, 2 choses ont changé :

  • Le taux est passé de 1/250 à 1/1000 donc autant te dire que depuis on voit le nombre de résultats pathologiques flamber.
  • Le DPNI est maintenant remboursé par le sécurité sociale (qd tu as la sécurité sociale, d’ailleurs il faudrait que je regarde le taux)

Et puis bien sur…

  • Il n’y a pas encore de prise en charge par contre ni hospitalière ni par nos services pour les DPNI chez les dames sans sécu

 

Donc voilà que Mme M arrive à ma consultation…Patiente de 28 ans, 1e grossesse, je lui propose le dépistage de la T21, elle accepte de le faire et là je reçois le résultat : 1/300. Mme M n’a pas la sécurité sociale (comme euh 80% de mes patientes). J’appelle donc ma hiérarchie pour savoir si nous avons une prise en charge spéciale pour les DPNI, on me dit que non. Je force un peu j’appelle le laboratoire en leur demandant s’ils prennent mes bons habituels de prise en charge, iels rigolent en me disant que bien sûr que non. J’appelle donc l’hôpital cool qui me dit que non elleux non plus n’ont pas de prise en charge spé pour les dames sans sécu, qu’avec son taux, elle n’a pas d’indication pour un caryotype (qu’iels font quand <1/50, ce qui s’entend) et qu’iels ont des délais de rdv de 5 semaines de toute façon et qu’iels ne feront rien pour elle. Je me retrouve donc devant Mme M à lui dire qu’elle a un taux considéré comme anormal mais pas assez pour avoir recours au caryotype qui lui est pris en charge…mais que je ne peux rien faire pour elle et que si elle veut faire le test secondaire c’est 390€, à une dame qui n’a pas de quoi acheter une baguette de pain…


J’ai reçu Mme S, 38 ans, 5e grossesse, je lui ai proposé le dépistage, elle a accepté, elle a eu le résultat 1/800, elle était super inquiète parce que le laboratoire lui a donné le résultat (ce que normalement iels ne doivent pas faire) donc elle a débarqué en panique dans mon bureau en criant, en pleurant que son bébé était malade. Mme S a la sécurité sociale donc elle a pu faire son DPNI remboursé qui est revenu négatif, elle a respiré et moi aussi.


Ma collègue sage-femme est partie en vacances et j’ai regardé les résultats qui arrivaient pour elle. J’ai trouvé trouvé une T21 à 1/200 pour une dame que je ne connais absolument pas. J’ai appelé l’hôpital avec lequel elle travaille (qui n’est pas mon habituel), à peu près le même discours mais iels m’ont dit de faire une inscription à la maternité et qu’iels lui feront le test sur place…Délai de RDV à la maternité : 6 semaines…J’ai envoyé le fax, j’ai eu comme réponse : faire DPNI en ville et pas de rdv à la maternité. Bien sûr cette dame n’avait pas la sécu. J’ai donc refermé le dossier, j’ai fait un post-it pour la sage-femme en lui disant que j’étais bien désolée mais que je ne me voyais pas d’appeler la dame que je ne connais pas, pour lui expliquer que son taux était anormal en sachant que je ne savais pas quelle information avait été donné au préalable par ma collègue et qu’on ne pouvait rien faire pour elle.


J’essayais de me rassurer en me disant que bon avec des taux comme ça, il y avait peu de risques au final et puis Mme N a appelé.

J’avais suivi Mme N pendant sa grossesse fin 2018, que 2 consultations parce qu’elle avait fait le début dans une clinique et la fin à la maternité. J’avais rien noté de particulier, la clinique ne m’avait jamais faxé le résultat de la T21 faite chez elleux mais iels m’avaient dit « 1/2500« , les échographies étaient normales, rien à signaler. La suite à la maternité avait été normale, 3e écho RAS. ET puis Mme N a accouché à 8 mois. Le bébé était très fatigué et puis il avait un souffle au coeur. On lui a d’abord dit que c’était peut-être normal avec la prématurité et puis on avait été un peu moins rassurant, on lui avait parlé de malformation cardiaque et puis le diagnostic est tombé, son bébé avait la trisomie 21. On était carrément passé à côté, tous et toutes, on ne pouvait pas savoir, on ne pouvait pas prévoir, c’était des dépistages, des statistiques. Test négatif, écho normales et bébé malade. Mme N a 24 ans et c’est son 1e bébé. Elle m’a dit que dans tous les cas elle n’aurait pas fait l’interruption de grossesse et qu’elle l’aime son bébé mais qu’elle aurait aimé savoir parce qu’elle n’était pas du tout préparée et qu’elle a l’impression que son bébé n’est pas normal. Et depuis elle pleure, elle pleure et elle pleure…

Quand j’ai raccroché, j’ai eu la tête qui tournait en me disant : JE NE VEUX PLUS FAIRE DE SUIVIS DE GROSSESSE. (Bon j’en fais toujours et beaucoup trop)

Alors j’ai commencé à râler dans mon coin pour ces prises en charge discriminantes. Elles l’étaient déjà avant quand ce n’était pas remboursé par la sécu et qu’en gros soit tu pouvais payer soit tu attendais. Sauf que là, les chiffres ont changé et ce qui concernait une minorité de femmes en concerne beaucoup plus actuellement et moi je me retrouve devant des dames stressées, angoissées devant un examen anormal et rien derrière.

J’ai râlé et puis j’ai commencé à voir les mails de mes collègues qui râlaient aussi, j’ai commencé à voir les mails de l’administration qui expliquaient le coût du 1e test et le coût du 2e et qu’il fallait des arguments pour une prise en charge…Donc en gros : on va devoir attendre qu’il y ait beaucoup de dames dans cette situation pour pouvoir faire avancer les choses pour les suivantes…

Et en attendant…ben on attend…et moi ça me fout en rogne!

Je suis fatiguée, extrêmement fatiguée par mon travail. Parce que c’est pas qu’un travail, c’est un engagement envers ces femmes et j’ai l’impression de les malmener, de les abandonner…Parce que je suis dans un système administratif qui a du mal, qui n’a plus les moyens, qui fait comme il peut mais ne peut plus.

Alors, tu me diras « Ouais mais elle n’a pas de sécu tant pis pr elle, fallait pas venir en France« , je vais t’expliquer comment des gens qui sont en France depuis des dizaines d’années peuvent ne jamais avoir de sécurité, comment la CPAM te fait galèrer pendant des années, comment iels te disent qu’il manque TOUJOURS un papier pour gagner du temps, comment et pourquoi tu quittes ton pays et ta famille pour venir en France. J’ai vu un post de Lena Headey (Cersei dans GOT) qui était une image avec « No one puts their children on a boat unless the sea is safer than the land » Voilà! Tu ne sais pas pk les gens sont partis donc tu ne juges pas merci.

 

Sur ces tristes nouvelles, je t’annonce que le rythme des articles va changer. Maintenant ce sera 1 article tous les 15 jours, parce que je suis fatiguée psychologiquement et physiquement. Promis, je te prépare des articles rigolos et positifs mais là j’ai besoin de prendre l’air…

 

Love

 

PS: Ne t’inquiète pas, je vais bien pour de vrai, je m’aère beaucoup l’esprit

PS2: J’aime pas suivre les grossesses parce que c’est beaucoup de paperasse et que bon…à force tu imagines bien que moi ce qui m’anime c’est la planification familiale et le côté militant! 

PS3: Et puis avec toutes ces grossesses ben ça me donne encore moins envie de faire moi-même des enfants. C’est pas du tt que l’idée y est, je t’en ai déjà parlé dans « Et vous avez des enfants? » ça n’a pas trop changé depuis…

PS4: Avant c’était déjà discriminant mais bon en théorie il y a plus de gens avec sécu qui pouvaient payer le test à 390€ que des gens sans sécu…

Mes petits kiffs

« Tiens, viens prendre des frites c’est la fête de la femme aujourd’hui »

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Extrait du Livre Ris-Vis-Erre [Rivière] de Kkimpa (lien en PS8)

Ou pourquoi je n’aime pas le 8 mars…

Spoil: C’est pas ce que tu crois #badfeminist

J’ai la gueule de bois, pas d’alcool. Cette gueule de bois d’ivresse parce que t’as mal dormi, parce que tes idées sont embrouillées…

J’aime pas le 8 mars (bouuuuuhhh qu’on la brûle vive, ah non on peut pas les sorcières sont vénérées bon ben je ne sais pas qu’elle se taise).

  • Déjà j’aime pas, parce que je dois rappeler à beaucoup trop de gens que c’est pas « la fête de la femme » mais la « Journée Internationale des Droits Des Femmes« …je passe donc pas mal de temps à répondre aux gens qui m’envoient des fleurs sur whatsapp, je mets des commentaires sur les réseaux sociaux qd on essaie de m’expliquer comment être une Femme en 2019 ou que j’ai droit à une culotte gratuite pour un soutien-gorge offert (même si les bénéfices sont soit disant reversés à une asso, perso je trouve ça dérangeant).
  • Ensuite, j’aime pas parce que ça existe et qu’en fait ça ne devrait pas exister, nos droits devraient être les mêmes depuis une éternité…mais bon passons…(ouais je crache dans la soupe et tant pis)
  • Et puis parce que ben en fait pour ma part c’est tous les jours que je suis active concernant les droits des Femmes à mon petit niveau qui me satisfait pour l’instant, j’ai pas besoin d’une journée pour me rappeler que je suis une « bonne » activiste ou pas et donc ce genre de journée me fatigue
  • Et pour finir, Je vis assez souvent des trucs pas cool ce jours là

Il y a 2 ans, j’ai fêté le 8 mars, un 7 mars avec mes copines de danse, place de la République lors d’un flashmob. Ça a été assez horrible parce que 1/ on a vécu de bonnes agressions sexuelles, des mains aux fesses, des mains aux seins, des incitations au viol, du slutshaming de fou furieux. Et puis surtout je me suis rendue compte oh misère que non toutes les femmes n’étaient pas féministes, qu’elles n’étaient pas toutes bienveillantes envers d’autres femmes, que certaines étaient accusatrices, accusaient de victimisation bref j’en passe…donc j’ai passé le 9 mars dans un poste de police de je ne sais plus quel arrondissement, à attendre qu’on prenne notre main courante. La police a été ok pour de vrai, il n’y a pas eu de phrases bizarres, pas de questions tordues. Et ce jour là, je me suis rendue compte que malgré tous les chiens de la casse, malgré tous les connards, il y avait des mecs cool qui trouvaient que c’était grave ce qui s’était passé (Merci à vous qui étiez là, merci à ceux qui ont exprimé leur soutien, merci aux policiers). Ce jour là, j’ai aussi décidé d’arrêter de danser avec certaines personnes et plus globalement j’ai décidé de m’éloigner des gens qui étaient vraiment trop éloigné.e.s de mes idéologies parce que c’était pas productif, que j’avais pas envie de lutter pour leur partager mes idées, que je n’avais pas non plus envie d’écouter les leurs et que ça me fatiguait physiquement et psychologiquement.

Pour une journée Internationale des Droits des Femmes, ben j’ai donc reçu des remarques sexistes d’inconnu.e.s, des remarques sexistes de gens proches de moi « ouais mais vous étiez en short quand même« , des remarques accusatrices des femmes « vous auriez du faire ça » « il faut arrêter de se victimiser« , « vous avez gâché le flashmob avec votre plainte » et « vous forcez à porter plainte » (je reviens sur ce point, dans ma pratique professionnelle je ne dis jamais « il faut porter plainte » « il faut partir » on fait comme on peut et on ne vit pas ce que la personne vit donc bon m’accuser de forcer c’est bien mal me connaître breffff mais perso quand une dame vit des agressions physiques et qu’elle m’en fait part ben j’aimerai bien qu’elle porte plainte dc histoire d’être en accord avec moi-même je l’ai fait, le dépôt de plainte est un droit pas un devoir! tu es libre de l’utiliser ou pas)

L’an dernier, j’étais tranquillement sur un bateau de croisière et devant une superbe vitrine avec un petit garçon capitaine en position fière et une petite fille princesse avec un petit sourire, j’ai écrit avec un rouge à lèvres : SEXISTE :D. Ma mère m’a félicitée en me disant que quand même je prenais des risques. Mais ça, je le fais souvent…et d’ailleurs j’ai encore des affiches de la Brigade Anti-Sexiste.

Cette année, je ne savais pas trop quoi faire donc j’ai cherché un event que je trouvais open et cool. J’ai aussi décidé de faire d’autres activités avant, donc j’ai été au jardin (oui je jardine, si tu ne m’as pas sur Fb, tu as de la chance parce que je fais chier tout le monde avec mon jardin) et puis j’ai décidé de jeûner aussi pour rendre le truc un peu plus fun. Bref la journée était pas mal. Sauf qu’en arrivant à l’event, je me suis rendue compte que j’allais être déçue et/ou triste. Déjà il y avait une discussion et j’ai de nouveau pris conscience des difficultés que pouvaient apporter ces convictions quand elles étaient « trop » présentes : tu peux perdre ton job, tu peux être harcelée sur les réseaux, tu peux te sentir seul.e et isolé.e. Ce sont des choses que je sais, que je vis (non j’ai pas perdu mon job et non je ne suis pas harcelée sur les réseaux) mais encore entendre que les autres vivaient soit pareil soit pire en 2019 ben ça m’a découragée (ouais je suis faible, fragile, pense ce que tu veux, je fais comme je peux).

Puis il y a eu les ateliers, le 1e étant sur la masculinité. J’avais hâte d’y aller justement. Le lieu de l’évènement est ouvert et non privatisé, c’est à dire qu’il y avait des gens qui venaient dans ce lieu pour l’event et d’autres qui étaient là juste pour chiller, se reposer, boire des coups, manger une pizza (détail très important). Au tout début nous étions 2, ce qui est « assez révélateur du problème de la masculinité » ai-je pensé puis d’autres gens sont arrivés. Et donc là pendant cet atelier, j’ai été encore une fois confrontée à probablement une de mes croyances limitantes mais ma triste réalité (au moins du moment) c’est à dire que : les rares mecs qui disaient des trucs intéressants, qui avaient une vision progressiste, des idées fraiches sur la masculinité, féminisme etc étaient tous DÉJA en couple et que les nombreux célibataires ramenaient le sujet sur eux, faisaient du manspreading, coupaient la parole et incarnaient cette masculinité toxique que je déteste et qui me fait fuir. Mon mental a flanché et l’odeur de pizza a réveillé mon estomac.

Je suis donc allée à un 2e atelier rapidement sans vouloir assister à la suite du débat sur « galanterie, sexiste ou pas » parce que 1/je pense que oui et 2/malgré ça, je ne sais tjr pas si je dois payer ou pas lors d’un 1e rdv et qu’en pratique, ben ça se fait au feeling, je sors ma CB dans tous les cas, j’ai de l’argent, tu en as, si ça te fait plaiz de m’offrir à manger merci, si ça me fait plaiz de t’offrir à manger plaiz à toi, mais je sais que je ne te dois rien et que tu ne me dois rien, si t’es pas au courant, tant pis pour toi! le seul consensus ben c’est le consentement! Ta pizza ne vaut pas du sexe!

Bref le 2e atelier était avec une personne extra chouette que je connais et je me suis dit « chouette je vais avoir une bouffée d’oxygène » eh ben en fait pas vraiment parce que ça m’a remise en plein dans mes insécurités. La conversation était sur le sujet de la jouissance et donc forcément on a atterri à « ouais mais comment faire pour dire à un mec ce qu’on veut, comment il faut faire? » Messieurs, ne vous leurrez pas, vous êtes très souvent au centre de nos conversations même dans les sphères féministes et souvent sans agressivité ni animosité. Bref on en est arrivé à se dire qu’il fallait être ok avec nous-même, nos corps, nos sexualités et qu’après seulement on rencontrerait (OÙ? On sait pas et c’est ma préoccupation principale, où sont-ils? où êtes-vous?où vous cachez-vous?) des hommes incarnant cette masculinité positive où tu peux exprimer tes désirs sans que ce soit mal perçu ou que tu passes pour une castratrice mais avant ben soit rien, soit des mecs pas ouverts quoi… »Ça réduit le nombre de partenaires potentiels » elle a dit…je suis ok, la qualité plutôt que la quantité, je suis toujours ok mais là c’est ni l’un ni l’autre alors je commence un peu à me poser des questions. 

Je t’ai déjà expliqué que j’étais bien branchée développement perso et tout et personnellement je crois en la loi de l’attraction, « Demande et tu recevras » c’est mon mantra et ça fonctionne pour tout (même pour trouver des cours de yoga aérien en pensant à du jus de clémentine, c’est une longue histoire que je ne te raconterai pas) sauf que depuis 2 ans, ça ne marche plus pour ce domaine précisément. Donc soit, option 1: je demande mal, soit option 2: je ne mérite pas ce que je demande…(la vraie réponse c’est OPTION 3 : SOIT IL FAUT ATTENDRE QUE LE BON MOMENT ARRIVE C’EST TOUT ET PROFITER DE CE TEMPS POUR FAIRE AUTRE CHOSE GENRE DU TRICOT, DE LA MOSAIQUE, DU YUKULELE, LIRE, TE BARRER À BALI, APPRENDRE UNE LANGUE ETRANGERE, FAIRE DE L’ARGENT, ADOPTER UN MOUTON CHAI PAS MOI TOUT EST POSSIBLE) Et donc hier soir, dans ma tête c’était « Tu as un problème, tu n’es pas suffisante, tu n’es pas qqn d’aimable, ça ne t’arrivera plus jamais« . Mon estomac a grogné alors que depuis 24h il était calme.

J’ai filé dans le premier métro, mon estime de moi dans les chaussettes, j’ai pleuré sur tout le trajet. Ma BFF m’a dit d’aller au 1e distributeur et de m’acheter à manger. À la correspondance, je suis tombée sur un distributeur de cochonneries sucrées, comme par hasard j’avais une pièce de 2€ (ce qui n’arrive jamais #teamCB), il y avait une promotion sur des Kinder Bueno et voilà comment j’en suis arrivée à bouffer 4 kinder Bueno dans le Metro à 23h un vendredi soir. Pour un 8 mars, j’ai donc eu le sentiment de ne pas être une femme assez bien pour mériter un amour véritable…et que je méritais soit de tomber sur un connard soit d’être seule ad vitam eternam.

Je suis donc rentrée chez moi, sur la route le monsieur du kebab m’a vue avec les yeux rouges et tout, il m’a demandé si ça allait, j’ai dit « bof » il a répondu « allez viens prendre des frites c’est pour moi, c’est la fête de la femme aujourd’hui« . J’ai rien dit, j’ai poussé la porte, j’ai pris les frites qu’il me tendait gentiment et je suis rentrée chez moi en me disant que cette action que j’aurai détestée le matin me faisait du bien le soir.

J’ai donc passé un 8 mars à avoir faim, à me trouver misérable, à culpabiliser d’en plus être mal alors que des femmes souffrent pour de vrai et à manger des trucs pas vraiment sains pour mon organisme.

Le lendemain, j’ai ouvert les yeux et je suis restée longtemps dans mon lit à repenser à cette soirée. Et je me suis demandée pourquoi tout ceci était arrivé, pourquoi j’avais vécu les choses de cette façon et j’ai essayé de trouver une morale à cette histoire (j’essaie toujours de trouver une morale, une raison, un sens caché, un signe à absolument tout ce qui m’arrive)

1/ Le jeûne alimentaire ne me réussit pas. Mon mental est occupé à gérer la faim et ne peut donc pas s’occuper de mes croyances limitantes, c’est soit l’un soit l’autre. J’ai depuis novembre identifié qu’avec mes histoires personnelles, mon activité professionnelle et les histoires des copines, j’avais associé HOMMES et SOUFFRANCE dans TOUS les cas. Les hommes étaient tous des connards et faisaient forcément souffrir, il n’y avait pas d’autres chemins possibles, soit ils faisaient déjà du mal, soit ça ne saurait tarder. Ce qui forcément n’aide pas à vivre avec eux, à s’ouvrir à l’Amour et à être en paix avec euh…la moitié de la population! Depuis novembre, j’ai donc entrepris beaucoup de choses pour redorer le blason de ces messieurs, j’ai quitté pas mal de groupes, j’ai supprimé pas mal de pages FB qui détruisaient tous les hommes, j’ai arrêté de suivre certaines personnes qui avaient des propos qui ne correspondaient pas à mes propres idées, j’ai essayé de m’entourer d’hommes sains (spoil: c’est pas facile, je ne sais pas où ils sont, si tu as la réponse à cette question stp écris moi le nom de cet el dorado en commentaires ou présente les moi pour que j’arrête de penser que c’est un mythe ou une espèce en voie d’extinction, tu me rendras service et m’éviteras une psychothérapie supplémentaire), j’ai commencé à écouter des podcasts d’hommes, j’ai commencé à chercher des hommes inspirants (des artistes, des illustrateurs, des chanteurs, des photographes, des aventuriers, des acteurs, des écrivains, des docteurs, des hommes que je trouvais cool quoi pour de vrai) j’ai discuté avec mon père, j’ai des défis quotidiens où je dois noter des bonnes actions, des comportements qui me plaisent chez des hommes. Sauf que ben voilà vendredi, j’ai pas pu me résonner et je suis tombée dans mes travers. Note à moi-même, la prochaine fois que je jeûne, je resterai chez moi.

2/ (Et je pense que c’est la vraie raison à tout ça) Ce n’est pas parce qu’un homme n’est pas parfait, qu’il te veut du mal. Je suis ultra ultra pointilleuse, je ne laisse passer aucun travers, si tu dis une phrase, si tu fais une action que je trouve dérangeante, tu jartes de mon quotidien à une vitesse grand V si tu es un homme. Je ne pardonne rien, au moindre petit défaut c’est mort et je t’examine à la loupe. Je ne laisse rien rien rien passer et limite je te provoque pour voir ce que tu dis et fais. Je suis intransigeante et à la recherche du mec « SAIN » comme je l’appelle, preuves à l’appui. Sauf qu’avec toute cette histoire, ben mon petit monsieur du kebab, il a été sain, il m’a vue les yeux bouffis, les traces de larmes sur le visage, il me connait (à force de passer devant lui 3 fois par jour tous les jours) et il voulait que j’aille mieux. Il n’y connait rien au 8 mars, il ne sait probablement même pas que c’est la journée internationale des DROITS et qu’il n’y a pas une Femme mais DES FEMMES mais ce jour là il m’a fait plus de bien que quiconque en présentiel.

Alors j’en sais rien si mon cher et tendre sera déconstruit, sera militant, se considèrera comme allié ou féministe, s’il saura qu’il existe des culottes menstruelles ou s’il connait exactement le fonctionnement du clitoris, s’il adhèrera à la Fondation des Femmes ou à Règles Elémentaires, mais je sais que mon futur cher et tendre voudra mon bien et que je sèche mes larmes que ce soit avec des frites ou un câlin et qu’on ne fera rien de spécial le 8 mars.

 

Peace

PS: Je n’en reste pas moins une féministe activiste et je sais pertinemment que oui il faut se battre pour nos droits. Je le fais allez peut-être pas 365 jours/ an bien que je suis une femme tous les jours mais en tout cas je fais ce qui me semble juste quand j’en ai la force. Ce serait faux de dire que c’est joyeux et facile tous les jours. Non le féminisme c’est dur, c’est être face à des choses difficiles, horribles, c’est se sentir parfois impuissant.e, c’est se sentir désoeuvré.e, c’est être révolté.e face à l’inaction, l’injustice et la lenteur des choses, c’est vouloir partir dans des pays pour faire des IVG sauvages, c’est vouloir brûler, crier, pleurer des fois. L’année 2018 a été très très éprouvante dans mon militantisme, j’ai voulu le rendre plus léger parce que mon quotidien est déjà bien assez lourd comme ça, donc non je ne m’infligerai plus de 8 mars.

PS2: Ceci est mon avis personnel, tu es en droit de ne pas le partager

PS3: Tu peux te dire : « Oh mais quelle fragile cette meuf, elle nous saoule avec les hommes » ben oui dis le.

PS4: Je reste convaincue que le chemin ne se fera pas sans les hommes, justement parce qu’ils détiennent encore toute la place dans l’espace public, politique, économique, écologique et que même si nous voulons la prendre, nous ne pourrons pas toujours le faire de force. Et malheureusement, j’ai l’impression qu’un mec qui veut se déconstruire n’est pas forcément aidé.

PS5: Pour tout ce qui est masculinité, je t’invite à lire le Le mecxpliqueur , écouter Le podcast « Les couilles sur la table » , Suivre la rubrique Masculinité de Mad , Suivre le compte Insta @tubandes , Regarder les vidéos de « Et tout le monde s’en fout » et puis à croire que des hommes bien existent toujours

PS6: Si tu es un homme et qu’un jour je t’ai testé, agressé, j’en suis désolée, tu ne méritais pas de payer pour tous les autres. 

PS7: Si tu es un trentenaire (ouais désolée discrimination de l’âge) célibataire qui veut mon bien et mon happiness, tu sais déjà, chui pas sur Tinder!

PS8: Lien pour acheter ce super bouquin plein de citations positives et inspirantes https://www.amazon.fr/Ris-Vis-Erre-Rivière-K-KIMPA/dp/1796213535 et sur Insta et Fb c’est Kkimpa 

PS9: Blague et Bad Mood à part, le 8 mars est UTILE et NECESSAIRE! Il permet de fédérer, de diffuser et d’améliorer le quotidien! D’ailleurs je t’invite à rejoindre The Clitoris Revolution et à signer la PETITION

PS10: Si tu es un homme et que la question des Femmes, de la charge mentale, du genre, de la sexualité et autres t’intéresse, je t’encourage à continuer sur cette voie, on ne te félicitera pas mais sache que des gens comme moi vous voient! 

Quoi de neuf docteur?

Quand une dame vient systématiquement en retard, c’est qu’il y a peut-être qqn qui l’empêche d’être à l’heure…

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Paris, France, Février 2019

Et quand une dame m’énerve, c’est qu’il y a quelque chose à creuser…Cette dame c’était Mme A.

Alors, je te conseille de prendre une verveine pour rester calme et de prévoir les mouchoirs si tu pleures facilement.

Mme A a 38 ans, ça fait 2 ans que je la suis. Elle était venue la première fois pour que je lui pose un dispositif intra utérin, elle était en retard et elle avait un grand sourire. On avait rempli le dossier, pas de pb médicaux particuliers, 2 petites filles.  J’étais un peu agacée mais j’ai tout expliqué de façon calme et posée.

C’était son 1e stérilet et sa seule question a été : « Mon mari va sentir les fils? » J’ai pas aimé cette question j’ai eu envie de répondre « On s’en bat les couilles de lui, déjà vous êtes en retard, ça va tout décaler dans ma consult » (j’aime pas être en retard et oui je dis que je m’en bats les couilles même si j’en ai pas) mais j’ai répondu « En principe non« . J’ai pas creusé…Honnêtement j’aurais pu…j’aurais du…

je lui avais donné un RDV de contrôle 2 mois après comme pour toutes mes patientes (c’est pas une reco c’est une pratique personnelle). Elle est arrivée en retard, toujours avec un grand sourire et ça m’a énervée. Elle m’a demandée de retirer le stérilet et j’ai vu rouge. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis sentie comme une prestataire de service. (Ce qui en temps normal, ne me dérange absolument pas mais là j’étais énervée). Je lui ai donc demandé ce qu’elle voulait à la place, elle m’a dit : « Rien« , je lui ai demandé si elle avait un désir de grossesse, elle m’a dit « Non mais je n’ai pas le choix« . J’ai expliqué les autres moyens de contraception et je lui ai parlé des injections intramusculaire de DEPOPROVERA (progestatifs à réaliser tous les 3 mois). Elle m’a demandé si c’était possible de la réaliser le jour même. J’ai dit oui en râlant intérieurement, j’ai retiré le stérilet et j’ai fait l’injection. Je lui ai donné le prochain RDV 3 mois plus tard avec une ordonnance pour le prochain flacon.

3 mois plus tard elle est venue. Elle était en retard, toujours avec le sourire et n’avait pas le flacon. J’étais agacée. J’en avais dans ma réserve donc j’ai fait l’injection. Et puis elle m’a parlé d’une histoire de douleur pelvienne un peu bizarre. À l’examen, je n’avais pas grand chose alors j’ai prescrit une échographie pelvienne (meilleur moyen pour trouver ce que tu ne cherches pas).

Elle est revenue 3 mois plus tard avec l’échographie, en retard et sans flacon. Et là j’étais agacée, un peu plus, un peu trop, je ne sais pas. J’ai donc décidé d’ouvrir la porte, d’écouter mon instinct qui me disait que ce n’était pas Mme A qui m’agaçait mais autre chose. Je lui ai demandé pourquoi elle était tout le temps en retard et pourquoi elle ne ramenait jamais les flacons alors que je lui faisais toutes les ordonnances.

Mme A m’a alors raconté (et j’ai envie de chialer). Elle est venue en France pour se marier avec M.A (âge inconnu). C’était en 2005. Bon c’était pas à proprement parlé un mariage forcé mais pas non plus un mariage d’amour. Les premières années se sont déroulées sans encombres et puis les coups ont commencé à pleuvoir. Des coups sans aucune raison, enfin si l’alcoolisme de Monsieur. Madame A travaillait à l’époque dans un laboratoire de recherche donc la journée elle pensait à autre chose. Et puis un matin en arrivant au travail, elle a trouvé un carton avec ses affaires. En allant voir son directeur, elle a alors appris que son mari avait appelé son patron pour lui dire qu’il ne voulait plus que sa femme travaille pour lui. Pour éviter « tout problème » et « ne pas rentrer dans la vie privée de son employée » il a préféré payer les indemnités de licenciement plutôt que de se faire casser la gueule. Je te parle d’un truc en France et dans les années 2000. Madame A a donc été isolée, on lui a coupé les ailes. Et puis ben 1e bébé. Les coups ont continué à pleuvoir, Madame A est partie en 2014, elle a appelé le 115, des associations de femmes battues, on lui a trouvé un hébergement, loin, très loin de l’école de sa fille. Donc au bout de 15 jours et de centaines d’appels de son mari qui s’excusait, elle est retournée « chez elle« . Elle a serré les dents et a continué sa vie. Puis elle est tombée enceinte une 2e fois, une 2e fille. Là les coups ont arrêté de pleuvoir mais l’enfer a continué. M.A est paranoïaque, il pense que Mme A le trompe, si les volets sont trop ouverts c’est que son amant est venu, si elle sourit c’est qu’elle a vu son amant, si elle porte du rouge c’est qu’elle va voir son amant, elle ne peut parler à personne ni femme ni homme, si un homme lui demande l’heure dans la rue, c’est que c’est son amant, si elle a une infection urinaire c’est parce qu’elle a eu des relations sexuelles avec son amant. Mme A est tombée enceinte une 3e fois, sauf qu’elle a avorté sans lui dire parce qu’elle ne pouvait pas avoir un autre enfant dans ces conditions. Et c’est pour ça qu’elle voulait un stérilet. sauf que M.A a été mettre ses doigts dans son vagin, pas pour lui faire du plaiz mais pour voir si elle n’avait de stérilet vu qu’elle ne tombait pas enceinte. Il a menacé de lui arracher et c’est pour ça qu’elle est venue me voir. Elle voulait un moyen qui ne se voit pas donc l’injection paraissait idéale.

Elle ne peut pas me ramener les flacons parce que si elle ramène l’ordonnance chez elle, son mari risque de taper sur google le nom du produit et voir qu’elle utilise une contraception. Parce que lui bien sûr veut un autre enfant, histoire de cadenasser un peu plus Mme A.

Mme A est en retard parce qu’avant de venir, elle doit trouver une excuse pour justifier ses passages fréquents à mon lieu de travail et puis parce que M.A travaille mais ne lui dit jamais ses horaires donc des fois elle attend qu’il s’en aille et il ne part pas…Et puis il trouve que c’est bcp un rdv tous les 3 mois en gynéco et puis en plus comme il n’y a toujours pas de bébé il pose beaucoup de questions…

J’ai eu envie de chialer et j’ai compris que ce n’était pas Mme A qui m’avait agacée mais M.A.

Sur l’échographie de Mme A, il y avait des fibromes alors on a instauré un code avec elle. On dirait qu’elle vient me voir pour les fibromes qui l’empêchent de tomber enceinte (ce n’est pas vraiment vrai) et je lui laisserai l’ordonnance au travail comme ça elle me ramènera le flacon après la consultation.

Ça a marché allez 2-3 fois et puis la dernière fois, elle est venue avec sa dernière fille. J’ai refusé qu’elle rentre dans la salle d’examen (1/ j’aime pas les enfants 2/ iels touchent à tout 3/ c’est un lieu pour mes petites dames donc pas besoin d’autres oreilles). Ça a été la croix et la bannière pour que mes collègues débordées s’en occupent mais je n’ai pas cédé. Mme A a semblé soulagée et m’a demandé si elle pouvait laisser son sac dehors. J’ai pas compris mais j’ai dit ok.

En rentrant, elle s’est effondrée. Il n’y avait plus de sourire cette fois, elle m’a dit avec un profond calme « Il y a dit que s’il trouvait une preuve, il me tuerait« . Tout mon corps a frissonné. Elle m’a alors expliqué que son mari avait insisté pour que la petite vienne afin qu’elle puisse lui raconter ce qui se passait aux consultations et qu’il avait mis une application sur son téléphone pour l’espionner.

Je me suis alors demandée dans quel monde vivait-on et où était la caméra cachée.

On a fait la DEPO, je lui ai expliqué les possibilités qui se présentaient à elle et je lui ai proposé d’en parler à la directrice du centre pour qu’on puisse trouver une solution. J’ai serré Mme A dans mes bras en lui disant de ne pas hésiter à venir au moindre problème. Elle m’a dit merci.

Une semaine plus tard, la directrice m’a informé que Mme A était venue une vendredi matin après avoir passé la nuit à l’hôpital. Elle avait quitté M.A suite à une dispute pour le pot de harissa qui avait disparu du frigo « surement embarqué par l’amant qui était venu à la maison« . Mme A avait pris ses 2 filles sous ses bras, elle avait été à l’hôpital, iels n’avaient pu l’héberger qu’une nuit. Elle s’était rendue à mon travail le matin, mes collègues lui avaient appelé une association qui lui a conseillé d’appeler le 115. Le 115 lui a trouvé UNE NUIT D’HEBERGEMENT. Le lendemain, elle a rappelé l’association qui lui a conseillé d’aller aux urgences de nouveau. Mme A a donc dormi dans un abri bus avec ses 2 filles, un soir de décembre. Le lendemain, elle rentrait « chez elle » après une centaine d’appels de son mari.

Aujourd’hui Mme A est venue pour sa DEPO. Elle m’a raconté tout ça et j’ai eu les larmes à 2 doigts de couler. On a mis les mots sur la situation : VIOLS, VIOLENCES VERBALES, VIOLENCES ADMINISTRATIVES, VIOLENCES PSYCHOLOGIQUES, VIOLENCES PHYSIQUES. Mme A ne veut pas porter plainte parce que si elle n’est pas hébergée, il saura qu’elle a parlé à qqn et surement un policier HOMME, probablement son amant d’ailleurs. Mme A ne veut pas de problème, elle veut juste s’en aller et qu’il la laisse tranquille. Il lui a redit « Je décide quand tu vis, je décide quand tu meurs« .

Et moi j’ai peur que Mme A soit le 26e féminicide 2019 en France…

Sauf que j’ai appelé l’association qui n’a pas d’hébergement, j’ai appelé le 115 qui n’a plus de place, j’ai appelé l’assistante sociale qui ne peut rien faire, j’ai appelé l’hôpital qui ne peut proposer que des hospitalisations temporaires…

La plainte oui je lui en ai parlée de nouveau, mais quand je vois les 25 autres, elles avaient porté plainte, elles avaient des téléphones d’urgence et elles sont mortes…

J’en ai parlé à la directrice du centre qui m’a dit que « ce n’était pas son secteur et qu’elle ne pouvait pas tout gérer donc de voir avec celle du bon secteur« …

Quand Mme A sera morte, je lui dirai « Désolée c’était pas le bon secteur« , que c’est « dommage si seulement elle avait habité 2 rues plus loin« ?

Aujourd’hui, je me sens démunie, je me sens vide et j’ai envie d’une pause voire de changer de lieu de travail (d’ailleurs si tu connais qqn qui cherche une doc pour faire de la planification familiale, des animations et des trucs cool, tu me dis hein, s’il te plait)

Mme A m’a dit « Merci« , je lui ai demandé si je pouvais l’appeler la semaine prochaine avec d’éventuelles solutions, elle m’a dit « Non, le centre a appelé pour le rdv d’aujourd’hui et depuis il a pris mon téléphone, je vous appellerai« . J’ai été désolée et je lui ai dit et elle m’a répondu « Vous êtes la seule à m’avoir écoutée et m’avoir prise en considération« . J’ai pincé fort fort mes lèvres pour ne pas hurler, chialer, tout péter…

Je suis sortie du bureau, j’ai donné le prochain RDV dans 3 mois en priant pour qu’elle puisse venir en retard ou pas, mais qu’elle vienne.

En rentrant dans mon bureau, j’ai chialé et je me suis demandée à quoi tout cela servait d’écouter et de prendre en considération, si derrière ça n’avançait pas…

Quand une dame m’énerve, c’est qu’il y a quelque chose à creuser…Et quand une dame vient systématiquement en retard, c’est qu’il y a peut-être qqn qui l’empêche d’être à l’heure…

 

Peace

 

PS: C’est pas une blague si tu connais un endroit cool où je pourrai travailler, tu me dis stp! 

PS2: Et d’un autre côté, si je pars, je ne serai pas remplacée et que deviendra Mme B…

PS3: Je sais que tout le monde est utile et que personne n’est irremplaçable mais bon moi je ne sectorise pas…et même si je ne peux pas tout gérer ben j’essaie au moins.

PS4: Après ce genre de journée…mon rituel du soir c’est foncer sous ma douche jusqu’à ce que mes doigts soient tout mous et plonger dans mon lit après un bol de lait avec BEAUCOUP BEAUCOUP BEAUCOUP DE NESQUICK.

PS5: S’il te plait, ne me dis pas à quel point je suis une personne extraordinaire de faire ce boulot parce que là tout de suite c’est pas du tout comme ça que je me sens.

 

Quoi de neuf docteur?

Pilule oh pilule, dis moi qui est la plus belle?

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Paris, France, Janvier 2019

NB: Cet article ne va parler que des pilules oestroprogestatives et pas des pilules progestatives.

Quand je parle de gammas, je fais référence au taux d’oestrogènes contenu dans la pilule. Les générations de pilule sont déterminées en fonction du progestatif contenu dans la pilule

Des pilules il y en a plein, on peut t’en trouver une qui t’aille et sinon il y a d’autres moyens de contraception

Il y a des pilules qu’on arrête (sans placebo) et d’autres qu’on n’arrête pas (avec placebo) – le but étant d’avoir des fausses règles apparemment pour arranger le pape de je ne sais plus quelle époque, des pilules remboursées et d’autres qui ne le sont pas.


 

J’ai repris la pilule. Hip Hip Hip Houra!

Et du coup je me suis dit que je pouvais t’en parler de cette bonne vieille copine.

Tout d’abord, je vais te raconter mon histoire de contraception (à force tu vas connaître toute ma vie)

J’ai commencé la pilule à 19 ans, je ne sais pas trop pour quelle raison, mais je trouvais que c’était chouette. Je n’avais pas de copain à l’époque, pas de règles compliquées, juste des cycles je crois un peu long, pas besoin de réel moyen de contraception mais bon je ne sais pas j’avais trouvé que c’était une bonne idée.

La gynécologue que j’avais vue (une pas très cool, qui m’avait dit de ne pas faire ma chochotte au moment de l’échographie pelvienne par voie vaginale, pour quelle raison? je ne sais pas, j’imagine qu’elle voulait voir si j’avais des kystes aux ovaires, pourquoi? on ne sait toujours pas…) à l’époque avait décidé de me mettre sous Mélodia, une pilule oestro-progestative de 3e génération, à 15 gammas non remboursée par la sécurité sociale, qui coûtait une trentaine d’euros pour 3 mois. Elle comprenait 24 comprimés actifs + 4 placebos. Idéale pour mes migraines cataméniales (les migraines que tu as au moment de tes règles parce que tes hormones chutent brutalement, là avec une pilule sous ce schéma là, la chute dure moins longtemps donc normalement moins de migraine, il y a Mélodia/Minesse/Edenelle, Zoely et Yaz sous ce schéma  donc si tu as une autre pilule et que tu as des migraines cataméniales, tu peux en réalité diminuer ta semaine d’arrêt de pilule/de placebo – Recommencer ta pilule en avance –  voire même la supprimer totalement si tu n’as pas de pb de santé particulier) et pour mon acné, non idéale pour mon porte monnaie d’étudiante à l’époque.

J’ai donc arrêté et puis je l’ai reprise quand j’ai eu un copain qq mois plus tard.

Puis, étant donné que je savais pertinemment que je ne voudrais pas d’enfant à ce moment là, je suis passé sous Nexplanon (implant contraceptif progestatif) pendant 3 ans. Idéal pour mon porte monnaie et ma tranquillité, non idéal pour les spottings (petites pertes marrons/rouges, fausses règles, ton endomètre qui part en miettes un peu tout le temps, c’est pas du tout dangereux pour la santé mais tu dis adieu à tes culottes blanches), mes seins qui ont disparu (bonnet E à bonnet A-B) et mon acné a flambé. J’ai été voir un dermatologue qui a failli me mettre sous Roaccutane, finalement nous avons convenu de changer de contraception.

Après mes 3 ans, j’ai pris la décision de repasser sous pilule. Vu mon acné, ma gynécologue (une autre géniale celle là, qui n’exerce plus à présent) m’a alors proposé Diane (pilule oestroprogestative à progestatif spécial anti-acnéique controversé). J’étais contente, mon acné avait disparu.

Et puis patatra, retrait de Diane du marché quasiment du jour au lendemain à cause des effets secondaires d’accidents thrombo-emboliques. (ça a du coup mis dans la merde pas mal de femmes, parce que bon il ne faut pas se mentir, à l’époque il n’y avait pas doctolib et les rdv chez le/la gynéco ben fallait se lever tôt pour en avoir un) et déremboursement de toutes les pilules de 3e et 4e génération (nouvellement appelées « nouveau progestatifs » ou « autres »)

Cette annonce tombait pile poil au moment d’un déménagement et de mon début d’internat. Je n’avais alors absolument pas le temps d’aller voir mon ancienne gynécologue ni d’en trouver une autre. J’ai donc pris Leeloo de moi-même (pilule oestroprogestative de 2e génération à 20 gammas, 21 comprimés actifs + 7 jours d’arrêt) comme tout le monde (lol). Et là j’ai commencé à avoir de l’acné et…des mycoses à répétition, je ne comprenais absolument pas ce qui se passait. J’en ai parlé à l’interne de gynéco du coin (Merci Pauline d’amour) qui m’a alors dit que je faisais probablement une carence oestrogénique et de passer à un dosage plus fort. Moi bien sûr j’ai décidé d’en faire qu’à ma tête et j’ai voulu reprendre Mélodia qui m’allait bien avant (qui pour rappel est une 15 gammas donc moins dosée).

J’ai passé 3 mois horribles avec des mycoses ET des règles à me mettre en PLS dont une qui m’a quand même valu un passage aux urgences avec écho pelvienne par voie vaginale faite par mon chef (oui oui oui…je peux t’assurer que je ne l’ai plus jamais regardé dans les yeux). J’ai donc pris RDV chez ma gynécologue, à qui j’ai expliqué tout ça. Effectivement j’étais en carence oestrogénique selon elle, elle m’a donc mise sous Varnoline continue (pilule oestroprogestative de 3e génération, à 30 gammas ENFIN, 21 cp actifs + 7 placebos) pour mon acné. Mes règles allaient du coup beaucoup mieux, mon porte feuille n’aimait pas trop mais visiblement il fallait faire un choix.

Et puis je suis passée en stage au Planning familial et je me suis mise toute seule sous Optidril (pilule oestroprogestative de 2e génération mais à 30 gammas donc plus dosée que Leeloo, même taux d’oestro que Varnoline mais 2e génération donc REMBOURSÉE PAR LA SECU 21 cp actifs+ 7 placebos). Et ça allait bien, niveau acné yavait eu pire donc bon j’étais plutôt satisfaite. J’ai hésité plusieurs fois à changer de pilule à cause de ma baisse de libido à ce moment là. Finalement je ne l’ai pas fait.

Et puis ma vie sentimentale a changé et 3 mois après une rupture devant mon miroir de salle de bain, je me suis demandée pourquoi je mettais des hormones dans mon corps pour rien. J’ai donc arrêté. J’ai appris à écouter mon corps, j’ai senti mes ovulations, j’ai découvert mon syndrome pré-menstruel, j’ai su être attentive à mes changements corporels, à mes changements d’humeur, à mes changements de libido. Ça m’allait bien, cycle de 29 jours, règles de 2 jours sans douleur, pas d’acné sauf en phase menstruelle mais je m’en fichais un peu. Par contre retour des migraines cataméniales que je réglais grâce à la réflexologie plantaire.

Et puis il a fallu réfléchir de nouveau à un moyen de contraception, j’ai eu peur de perdre ma libido (qui en réalité n’était pas du tout liée aux hormones dans mon cas mais au mec d’avant mais bon ça je ne pouvais pas le savoir), d’avoir de l’acné donc je suis passée sous Trinordiol une pilule triphasique (c’est à dire à 3 dosages hormonaux différents sur 21 jours qui commençaient à 30 gammas, 21 cp actifs+ 7 jours d’arrêt) oestroprogestative de 2e génération adaptée pour l’acné, niveau acné c’était bien, niveau libido c’était bien, niveau porte feuille c’était bien. Le seul problème a été que vu que j’avais une libido au top, j’ai eu envie de squizzer mes règles (ce que tu peux faire sans aucun pb si tu n’as pas pb de santé particulier lié aux hormones) donc j’ai enchaîné les plaquettes sans arrêter pour ne pas avoir mes règles et pouvoir faire du sexe sans contrainte (alors je reviens sur ce point! le sexe pendant les règles c’est ok si tout le monde a fait ses dépistages, c’est ok si tout le monde est ok et pour le savoir il suffit d’en parler. Personnellement, j’avais pas envie d’aborder ce sujet avec mon partenaire de l’époque comme beaucoup de thèmes d’ailleurs maintenant que j’y pense donc j’ai préféré enchainer les plaquettes plutôt que d’en parler, c’était déjà peut-être signe que ça allait se casser la gueule, le manque de communication tout ça tout ça…bref) . Sauf qu’en bonne triphasique, ça ne fonctionne pas bien car la dernière ligne est le plus fort dosage progestatif et la première ligne le moins fort donc forcément tu chutes en hormones tout de même si tu enchaines sans pause. Résultat: SPOTTING.

La rupture est apparue peu de temps après et j’ai arrêté ma pilule du jour au lendemain, de colère, de tristesse, de mal-être. Depuis ça a été la merde avec mes règles, qui venaient, ne venaient pas, qui duraient pas, qui faisaient mal ou pas…Tu peux lire ça là bas, Le syndrome du « Mec d’après » .

Depuis, c’était devenu une obsession, quand est-ce que mes règles allaient redevenir normales? quand est-ce que ça voudrait dire que dans ma tête ça va? Une obsession quotidienne, à essayer d’interpréter tout ce qui se passait dans mon ventre, à essayer de capter si ça collait avec un quelconque cycle lunaire. Bref l’enfer!

Et puis j’ai décidé de me FOUTRE LA PAIX et de me remettre sous pilule parce que j’en avais marre de compter, d’observer, de m’inquiéter donc j’ai attendu mes règles pour la commencer (Alors pour commencer une pilule tu as 2 options, soit tu la commences le 1er jour des règles et elle est efficace tout de suite, soit tu la commences quand tu veux « Quick Start » mais elle ne sera efficace qu’après le 7e comprimé ingéré, donc en attendant continue les préservatifs, j’en profite pour redire que les préservatifs sont les seuls moyens de contraception qui protègent de la grossesse et des IST donc si VOUS – OUI IL FAUT QUE TOUT LE MONDE FASSE LE DEPISTAGE, UN.E SEUL.E NE SUFFIT PAS – n’avez pas fait les dépistages QUOI QU’IL ARRIVE ON CONTINUE LE PRESERVATIF #injonction je sais je sais)

Mon dernier cycle sans pilule a été catastrophique, j’ai eu de l’acné, j’ai eu une mycose, j’ai eu des seins douloureux et mes règles sont arrivées…

Un mardi à 10h alors que je ne les attendais plus ce jour là, je n’avais donc pas anticipé les antalgiques et après une consultation, ma collègue m’a trouvée contre le poteau du bureau à souffrir le martyr. Je me suis excusée auprès de la patiente suivante, je suis montée à l’étage, je me suis enfermée dans les toilettes. Ça allait mieux, j’ai décidé de retourner aux toilettes et là black out. À mon réveil, je me vois par terre, mes collègues autour de moi inquiètes, moi vaseuse, nauséeuse, douloureuse. Bref je te passe les détails.

En rentrant chez moi, je suis passée à la pharmacie et j’ai avalé mon 1e comprimé de Triafemi, pilule triphasique, à 35 gammas, 3e génération en France, 2e génération partout ailleurs, non remboursée mais mon acné me dit merci, mes seins ont l’air de vouloir exploser. Mon porte feuille s’en fout vu que maintenant j’ai un travail (mais bon hein…). En réalité j’aurai pu repasser sous Trinordiol qui allait bien juste avant la rupture mais psychologiquement j’avais envie d’un nouveau départ! Donc nous verrons bien!


La pilule c’est COMPLIQUÉ. Rien que par cette histoire, tu peux voir que même pou moi, doc et qui en plus parle de contraception toute la journée, ben ça n’a pas été facile. J’en ai testé un paquet, avec des effets secondaires divers et variés, plus ou moins chiants.

C’est pour ça que quand on me demande ce que je pense de la pilule, j’ai du mal à répondre de façon rapide.

La pilule ce n’est pas des bonbons. Ce ne sont pas des tic tac. Ce sont des médicaments avec des hormones, donc forcément ça a plus d’effets que si tu n’en prends pas.

Elle a des effets attendus : la contraception. Si tu ne l’oublies pas (tu as 12 heures pour la prendre si c’est une pilule oestroprogestative en théorie, en pratique ça dépend des femmes), ça fonctionne assez bien (pas à 100%, d’ailleurs RIEN NE FONCTIONNE À 100% à part si tu es une femme sans testicule qui a des relations sexuelles uniquement avec des femmes sans testicule, on peut tomber enceinte rien qu’avec des frottis frottas si si si ça arrive, je l’ai vu de mes yeux! enfin j’y étais pas hein mais je crois les dames, je ne suis pas Dr HOUSE ou le CNGOF #blaguepasmarrante).

Elle a des effets secondaires comme tout MEDICAMENT, oui c’est un MEDICAMENT la pilule, donc si on te demande si tu prends des médicaments il faut dire « OUI JE PRENDS TELLE PILULE »:

  • Non graves (c’est à dire que tu n’en meures pas mais ça ne veut pas dire que ça fait pas chier tout de même) : acné, prise de seins, baisse de la libido, migraines, augmentation de l’appétit, variation de l’humeur, mycoses etc…
  • Grave (c’est à dire que tu peux en mourir) : AUGMENTATION (c’est très très important ce mot AUGMENTATION) du risque d’accidents thromboemboliques veineux (phlébite, embolie pulmonaire), AUGMENTATION de risques vasculaires artériels (accidents vasculaires cérébraux, thromboses artériels, infarctus du myocarde), AUGMENTATION du risque de cancer du sein, AUGMENTION DE RISQUE METABOLIQUE (diabète, hypertriglycéridémie…) etc

Je précise que je n’ai pas tout cité, je ne m’appelle pas VIDAL

Cela dépendant bien sûr du type de pilule, de la personne qui la prend et du moment dans sa vie où elle la prend histoire de rendre l’histoire un peu plus marrante et le choix plus hasardeux (cf Mélodia qui m’allait puis qui ne m’allait plus, cf une pilule si tu fumes et que tu es jeune puis tu vieillis…)

Je vois plein de raccourcis genre la pilule donne le cancer…NON! La pilule rajoute un élément dans une balance qui effectivement peut donner un cancer.

Prescrire une pilule n’est cependant pas anodin, cela nécessite une vraie consultation, un vrai interrogatoire et d’en discuter. Et non de faire comme beaucoup de docs qui prescrivent sur un coin de table à tout le monde la bonne vieille Leeloo qui est une bonne base, remboursée, avec en plus peu d’effets secondaires mais pas forcément adaptée à toutes.

La meilleure contraception est celle qu’on choisit, celle qui est adaptée à notre mode de vie, à ce qu’on est d’accord de supporter. Ça peut être la pilule ou un autre moyen de contraception, ça peut être cette pilule ou une autre. Il faut tester, on ne peut savoir à l’avance comment tu vas réagir avec exactitude (sinon ce serait trop beau voyons).

Pour ma part, je n’ai pas envie d’un moyen de contraception de longue durée d’action :

  • Je ne veux plus de l’acné ou des spottings de l’implant (j’ai une peau à tendance acnéique, ce n’est pas forcément ton cas, la pilule ne donne pas toujours de l’acné, l’implant ne donne pas d’acné à tout le monde. J’ai un endomètre fin c’est comme ça, pareil ce n’est pas forcément ton cas)
  • Je n’ai pas envie de prendre le risque de l’acné et des spottings du dispositif intra-utérin progestatif
  • J’ai peur d’avoir des règles trop douloureuses sous dispositif intra-utérin au cuivre (parce que je suis déjà de temps en temps en PLS et que je m’obstine à ne pas faire d’IRM pour éviter de faire face à une possible endométriose qui n’apporterait que des questions dans ma tête et aucune réponse, le DIU peut donner des règles plus douloureuses que d’hab, j’insiste sur le PEUT et pas VA, ça dépend des gens, moi j’ai pas envie de prendre le risque de faire un malaise pendant la pause, malaise pendant les règles et malaise pendant le retrait, mais ça c’est MOI, J’en pose et retire tous les jours et j’ai très peu de pb en pratique)
  • Et en réalité, les gars, j’ai pas de gars…donc dans 3-5 ans je sais pas ce que j’aurai envie de faire avec mon utérus, mes ovaires, j’ai pas envie de me faire poser un truc alors que là tout de suite, j’assure ma contraception à coup d’emploi du temps chargé et de non inscription sur des sites de rencontre (lol, ne t’inquiète pas pour ma vie sexuelle, occupe toi de la faim dans le monde ou du continent de plastique, ça ce sont de VRAIS PROBLÈMES)

Je suis cependant très ambivalente sur les hormones parce que je suis soucieuse de l’écologie et ça me fait réfléchir toutes ces hormones qui passent dans mon corps puis dans mon urine et qui arrivent à l’intérieur de poissons que je peux manger après et qui potentiellement vont me faire pousser un 3e sein ou me donner un boule d’enfer…

Mais je ne veux plus être en PLS au travail à cause de mes règles, je ne veux plus être obnubilée par mon cycle, je ne veux plus avoir de l’acné et des tâches d’hyperpigmentation qui restent encore sur mon corps 18 mois après mon bouton donc j’ai décidé de reprendre la pilule.

Tu me diras que je pourrais très bien faire mon IRM pour éliminer une endométriose, prendre des antalgiques, lâcher prise sur mes cycles et mettre des crèmes dermato pour mon acné. Mais en fait en 1 comprimé, je peux régler 3 problèmes et puis one day j’aurai besoin d’un moyen de contraception, tout de même. C’est mon gynéco qui me l’a dit! je le crois! D’ailleurs ma collègue me l’a dit aussi…

Il n’y a pas de contraception « parfaite », il y a toujours des avantages et des inconvénients, à toi de trouver TON juste milieu qui ne sera pas forcément le même que ta voisine, ta copine, ta cousine, parce que tu es TOI et c’est TANT MIEUX!

Peace

PS: La première consultation contraception ne nécessite pas d’examen gynécologique mais un interrogatoire « policier » comme on nous disait à la faculté (avec tout plein de questions sur la tante que tu ne connais pas, des détails  sur la ménopause de ta maman lol)

PS2: Normalement on te demandera de faire une prise de sang au bout de 3 mois avec la glycémie, les triglycérides et le cholestérol (cf les effets secondaires graves) normalement à chaque changement de pilule puis tous les 5 ans si pas de problème particulier. (Cette pratique est actuellement controversée, les médecins français seraient obsédé.e.s par le cholestérol, tu peux lire cet article de Martin Winckler  mais ce sont toujours les recommandations de l’HAS donc bon ça dépend du taux de rébellion de ton/ta doc)

PS3: Ton médecin doit te faire une ordonnance d’un an, souvent en pratique iels font d’abord 3 mois comme ça tu reviens avec les résultats de ta prise de sang (parce qu’on le cherche encore), si c’est ok là tu repars avec l’ordonnance d’un an. Moi je fais comme ça parce que mes consultations ne sont pas payantes et que je fais faire une prise de sang, comme ça j’en ai une dans le dossier après je suis rassurée. Si je devais faire payer, je ne sais pas trop comment je ferais…

PS4: On doit prendre ta tension artérielle et regarder ton poids (pour établir ton IMC). Normalement c’est pour évaluer la balance pour les risques métaboliques, artériels et veineux…mais je me pose de plus en plus de question concernant la réelle utilité de la prise du poids (c’est une réflexion personnelle hein vu qu’on fait une prise de sang…)

PS5: Concernant l’examen…alors selon l’HAS, pas nécessaire pour la 1e consultation mais à expliquer pour une consultation ultérieure Recommandation HAS Contraception chez l’adolescente, par contre à effectuer à partir de 25 ans Recommandation HAS contraception -prescriptions et conseils aux femmes Donc si tu veux un examen gynéco pour en profiter pour faire ton frottis et ne pas revenir X fois, tu peux si tu as plus de 25 ans et que ton dernier frottis date. Ou parce que tu as un autre problème ou parce que tu en as envie, tu peux (oui ça existe les femmes qui veulent être examinées). Après j’ai vu passer un article sur une gynéco qui expliquait qu’en gros un doc avait mal fait son travail et qu’elle avait découvert une tumeur du sein volumineuse chez une patiente de 20 ans sous pilule depuis 5 ans avec un herpès pris pour une mycose…ça arrive mais ce n’est pas fréquent. Personnellement je fais confiance aux femmes pour me dire ce qu’elles ont ou pas, si elles veulent que je regarde ou pas et j’explique toujours le pourquoi du comment. Je pense qu’il y a un juste milieu à trouver entre palper des seins chez une femme de moins de 25 ans tous les 3 mois et ne jamais le faire. Examen gynéco = examen des seins + examen au spéculum + toucher vaginal.

PS6: Ton/ta médecin généraliste peut te prescrire voire poser tous les moyens de contraception. Ta/ton sage-femme également!

PS7: Seules les pilules de 1e et 2e générations sont remboursées par la sécurité sociale. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sont de les prescrire en 1e intention ayant la même efficacité (en terme de contraception, indice de Pearl) et un moindre risque d’accidents thromboemboliques que les 3e générations. Selon l’HAS, aucune étude n’a montré que les 3e générations apportaient un bénéfice supplémentaire aux 1et 2e générations sur les effets indésirables « non graves ». En pratique, on voit une différence chez beaucoup de femmes mais bon…

PS8 : Pour la question de la fertilité…ça mériterait un article à elle toute seule mais la pilule ne rend pas stérile, aucune étude ne l’a montré de façon significative. Par contre, certaines femmes ont eu une pilule très tôt pour des règles douloureuses, des années plus tard en l’arrêtant elles n’arrivaient pas à faire des enfants, c’est parce qu’en réalité la pilule avait été prescrite pour « soulager masquer » une endométriose méconnue, maladie qui elle, oui entraîne des problèmes de fertilité. Autre cas, pareil pilule prescrite très tôt pour de l’acné chez une patiente qui en réalité était dû à un syndrome des ovaires poly kystiques donc à l’arrêt de la pilule, toujours pas de bébé, c’était pas la faute de la pilule mais des ovaires polykystiques qu’on avait mis au repos pendant des années et qui là ben se réveillaient et bloquaient une ovulation efficace. Autre cas, les femmes arrêtent leurs pilules après des années de pilule et ont du mal à tomber enceinte, 1/leur partenaire peut être responsable , genre s’il fume et c’est valable pour le tabac ET LE CANNABIS 2/forcément après des années de pilule on n’a plus le même âge et la fertilité diminue avec l’âge, moyen de contraception ou pas, it’s the life, 3/avec le temps, certains couples ont de moins en moins de rapports sexuels, je suis toujours assez étonnée quand je leur demande le rythme des RS quand elles viennent pour hypofertilité, tu mets dans une balance 1-2 rapports par mois + un partenaire tabagique + une dame de 35 ans ben…ouais ça peut déconner. Après il y a des réels cas d’hypofertilité liés aux perturbateurs endocriniens qui malheureusement englobent un peu tout ce qui fait partie de nos quotidiens : tupperware, crème de jour, shampooing, savon, micro onde, vernis à ongles, textiles pollués, lessive en dose unique, pollution  etc etc etc…Et puis pareil, le stress, la fatigue, les déménagements, les horaires pourris, les disputes, les ruptures, les burn out, la charge mentale : TOUT ÇA PEUT FAIRE DÉCONNER TES OVULATIONS! Je ne cherche pas à invisibiliser les problèmes de fertilité, loin de là, si tu as moins de 35 ans et qu’après 1 an de rapports sexuels vaginaux sans moyen de contraception, tu n’es toujours pas tombée enceinte (les fausses couches, IVG ou grossesse arrêtée comptent): va consulter, si tu as + 35 ans, c’est au bout de 6 mois que tu peux t’alerter. Attention la PMA est remboursée en France pour les femmes en couple hétérosexuel (on espère que ça changera rapidement ça), âgées de moins de 42 ans révolus.

PS9 : Diane a été remise sur le marché mais personnellement…j’en prescris pas. Mes collègues avec de l’ancienneté le font, moi j’ai peur. Je sais, c’est con.