Quoi de neuf docteur?

J’ai arrêté le lait

Et pas mal d’autres choses…Depuis ça va super!

Bellefontaine, Martinique, Août 2020

Je crois que c’est l’article qui m’aura le plus coûté, celui qui m’aura demandé le plus de vulnérabilité, celui qui m’aura demandé de me livrer au plus profond de moi de façon assez étonnante…

Mais il fallait que je raconte cela pour pouvoir continuer.

Cela…ben en fait c’est Covid/confinement/déconfinement. Tu sais le moment où on a dit aux gens de rester chez elleux parce qu’un virus rôdait et qu’on était en guerre…Ce moment où il y a eu une flopée d’apéro skype, de cours en ligne en tout genre…Ce moment où j’ai pété les plombs.

J’aime pas la médecine, j’aime mon métier c’est pas pareil. Je ne suis pas médecin, je fais de la médecine c’est pas pareil. Et j’aime pas trop les moments dans la vie où mon métier devient la partie centrale de ce que je suis et ce que je fais…

Pour que je puisse te raconter « cela« , il faut qu’on remonte un peu dans le temps. Disons à Juin-juillet 2019, au moment où j’ai changé un peu mes centres pour en quitter 1 et en rejoindre 2 autres (au final 4 autres). Ce moment où j’ai décidé de militer en travaillant pour « arrêter » soit disant de militer sur mon temps libre parce que j’avais besoin de souffler.

C’était une bonne idée sur le papier. J’ai rejoins des associations féministes pour y travailler. De chouettes lieux avec des bibliothèques de ouf, avec des gens qui savent ce qui se passe dans la vie « réelle« , des gens qui ne bégayent pas quand je leur demande de l’aide parce qu’une femme se retrouve à la rue parce qu’elle a fui son mari violent.

C’était une bonne idée…

La bonne idée a duré de juin à novembre disons…

En novembre ça a commencé à foutre le camp. Pour plusieurs raisons dépendantes de ma volonté et d’autres non.

Tout d’abord

  • il y a eu la fin de mon 90% et du coup on m’a proposé de reprendre mon 100% qui en réalité était un 110% : j’ai dit oui
  • Ensuite on m’a annoncé que ma collègue partirait en vacances et on m’a demandé si je pouvait rajouter une demi journée par semaine pour la remplacer : j’ai dit oui
  • Puis il y a eu les grèves de décembre qui ont mis un stress sur une fatigue de dingue : j’ai fait comme si tout allait bien en mode wonder woman à gérer le travail, les transports, les gens.
  • Puis un de mes collègues a eu une annonce de cancer, on m’a appelée à l’aide pour le remplacer : j’ai dit oui
  • L’hôpital du coin, comme chaque année, s’est souvenu de moi et a voulu me recruter : j’ai dit que je voulais du temps, on n’a pas voulu m’en donner, j’ai arrêté de répondre au téléphone (au fait, la procrastination c’est pas un signe de fainéantise mais un signe d’anxiété)
  • On m’a relancée sur le sujet des IVG par aspiration dans un centre non hospitalier : j’ai dit oui
  • Moun est mort le 30 décembre 2019 : j’ai été au bout de ma vie

Voilà dans quel état j’ai commencé l’année 2020 : en larmes, en stress avec un 130% qui m’attendait et un mois de février de l’enfer. Donc forcément, j’étais pas du tout en état pour affronter ce qui allait suivre!

On pourrait creuser le pourquoi je dis OUI à quasiment tout mais je vais te raccourcir le chemin, quand on me propose des trucs j’ai l’impression que du coup on me valorise et du coup je me sens(tais) redevable donc je dis(ais) oui systématiquement. (La peur de ne pas être aimée était ma plus grande amie, elle a foutu le camp un 05/05/2020 depuis je suis moi)

Bref!

Début janvier, dans tout mon chagrin, je commence à recevoir des mails m’informant d’un virus, des signes devant faire consulter. On nous le vend comme une grippe dont il faut se méfier mais a priori pas besoin d’en faire tout un foin.

Mi janvier, consultant dans le 13e arrondissement de Paris, je me rends compte que le climat est tendu, la population du quartier ne sort plus trop, les gens ne veulent plus se rendre dans ce centre. On fait face à du racisme anti asiatique, je me dis que franchement ce pays me fatigue…Mais on nous le vend tjr comme une grippe qui bon effectivement a un taux de mortalité chez les personnes à risque plus élevé.

Je passe un mois de février SOUS L’EAU entre mon travail sur 6 centres, les remplacements en tout genre, 0 activité agréable, de gros problèmes de communication avec mon entourage, ma peluche d’amour qui me manque, une formation pour les IVG à organiser, ma hiérarchie qui me cherche des poux, des déplacements pro qui me font me lever à pas d’heure.

Now que je te l’écris, bien sûr que la suite était prévisible mais je t’assure que dans le feu de l’action…j’étais loiiiin de me douter de ce qui allait se passer.

Début mars, je prends des jours de congés, je vais chez mon cher et tendre de l’époque. J’essaie de déconnecter mais covid par ci, covid par là, je reçois des mails de tous mes boulots me demandant de chercher des masques avec ma carte pro (carte pro restée chez moi à Paris), je commence à flipper ma race. Je ne regarde pas les infos en tant normal mais là je pouvais difficilement faire autrement. Je reçois pendant mes congés, un coup de fil de ma chef m’informant que la situation est critique et de déplacer tous nos congés pour les prochains jours afin de pouvoir se tenir à disposition pour une réquisition éventuelle.

Bien sûr, je garde tout ça pour moi afin de ne pas affoler les autres autour de moi et en me disant « mais non on nous a dit que c’était comme une grippe ça va aller« 

Dans ma tête, quand je pense à la réquisition, je me vois devoir aller aux Urgences alors qu’honnêtement j’ai pas utilisé un stéthoscope depuis 4 ans, je me dis qu’à ce rythme là c’est clairement pas covid qui va tuer les gens, ce sont les médecins qui ne font plus de médecine d’urgence/générale réquisitionnés qui vont tuer les gens, le stress monte.

Dans l’intervalle de 10 jours, on a tout fermé, les resto, les écoles, la vie…

Et là…c’est parti en cacahuète, le Oia TOTAL.

Tout d’abord les masques :

On n’en avait pas mais il fallait qu’on continue à travailler. J’ai du faire 5 pharmacies dans mon quartier d’habitation où on m’a répondu soit :

  • qu’il n’y en avait plus
  • qu’on les gardait pour les professionnel.le.s du quartier

Je suis allée dans mes quartiers d’exercice (cad dans un département en précarité SUR TOUS LES PLANS) : Pas de masque.

J’ai du aller mendier mes masques à petaouchnok et signer une décharge au Conseil de l’ordre des médecins pour avoir des masques périmés…

Sur la route, je me suis faite emmerdée par le policier qui m’a dit « infirmière à la rigueur mais médecin… » cf Le silence n’est pas acceptable , les autres remarques désobligeantes de la part des policiers n’ont pas aidé à rendre cette période plus facile.

Pendant 2 semaines, j’ai travaillé sans masque, avec des gens sans masque, avec la boule au ventre, la gorge serrée, à me dire que si je n’y allais pas…comment elles allaient faire les dames. (Spoil: tout le monde est important, personne n’est INDISPENSABLE, si tu ne fais pas qqch…ben tkt pas qu’on va te remplacer et qu’il y aura une solution, dis à ton ego que HEUREUSEMENT le monde ne s’arrête pas de tourner parce que tu ne peux pas/ne veux pas/n’est pas disponible/meurt etc)

Ensuite le travail :

On a quand même réduit les consultations, au final 4 de mes centres ont fermé, on en a gardé 2 ouverts et j’ai dit que je ne faisais que les urgences en présentiel c’est à dire les IVG. Le reste c’était de la téléconsultation. On nous a alors appris qu’en fait les implants pouvaient rester 5 ans au lieu de 3…les DIU hormonaux 7 ans au lieu de 5…bref c’était du n’importe quoi.

Dans les urgences…on a eu les violences…celles qui m’ont fait mal pour de vrai…Les femmes qui travaillaient au noir et qui là ne pouvaient plus désormais nourrir leurs enfants, celles qui se faisaient tabasser TOUS LES JOURS et qui envoyaient juste des sms : A sur le portable du taf, celles qui voyaient leurs enfants se faire TABASSER TOUS LES JOURS et qui pleuraient au téléphone. Toute cette violence que j’ai absorbée, que j’ai absorbée avec RIEN POUR VIDER. Parce que les cours de ligne de yoga ben j’aime pas, les apéritifs skype à 16h ben moi je bossais, les amoureux stressés par leurs propres vies ben en fait je ne voulais pas les polluer même si je l’ai fait autrement, sorry ou pas, j’ai fait comme j’ai pu!

Et puis les réseaux :

J’avais décidé de militer en travaillant mais j’avais oublié les réseaux sociaux…Je ne pourrais pas te dire combien de comptes militants je suivais (un bon paquet) mais en fait ça a disjoncté dans ma tête parce qu’en fait, je ne pouvais plus absorber toute cette violence sur mon téléphone, dans mon quotidien professionnel en plus du stress quotidien au summum. Voir le nombre de féminicides augmenter, avoir encore ce climat négatif qui en fait me donnait envie de quitter cette planète quand derrière ben je sortais d’un vrai climat négatif au travail…j’ai fait un burn out militant. Ce qui est une bonne chose maintenant je trouve!

Ça c’était sans parler des gens théorie du complot, des débats pro/anti Raoult, des conspirationnistes, des gens qui crient au liberticide (franchement les gens si vous voulez crever, allez y, juste allez y solo ok?)

Et puis la vie :

Un de mes collègues est décédé en plein covid, un mail d’au revoir de 2 lignes après 30 ans de bons et loyaux services, la constatation qu’en fait il faut vraiment ce qui est bon POUR TOI et cesser de vouloir faire plaisir et ARRANGER les autres. Quasiment tous mes autres collègues se sont arrêté.e.s, le père d’une collègue est décédé on a « bien voulu » lui accorder 1 semaine pour se rétablir. Mon stress concernant la santé de mes parents à 8000 km sur une île où les infrastructures hospitalières sont plus que limites…Et puis toutes mes peurs de vie qui sont sorties : mes histoires de rupture, ma peur de ne pas être aimée, les croyances limitantes que d’autres ont mis dans ma tête, des phrases triggers…j’étais devenue l’ombre de moi-même, qqn que je n’aime pas, qqn qui ne me fait pas du bien.


J’ai essayé de canaliser tout ça, j’ai stoppé Instagram, j’ai eu ma soeur chez moi, j’ai essayé de respirer avant de répondre à des sms, j’ai fait du stretching mais c’est parti en cacahuète quand même, il y a eu des ruptures, il y a eu des larmes, il y a eu une crise existentielle.

Et puis le déconfinement et puis la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : Il a fallu reprendre comme si de rien n’était, il a fallu reprendre sans faire de débriefing, il a fallu dire merci parce qu’on a eu une prime covid, il a fallu encore s’adapter.

La goutte de trop ça a été un mail: pour me demander d’aller sur un autre centre parce que la doc qui y était partait en congé mater et qu’il fallait qqn pour la remplacer. C’était « pas grand chose« , c’était qqch que j’avais l’habitude de faire et qu’en pratique je pouvais faire mais là c’était trop! Trop pour moi, trop pour mon mental…

Alors j’ai dit NON. Un vrai NON, un putain de GRAND NON. J’ai dit que je n’étais pas un pion qu’on pouvait déplacer pour arranger Pierre, Paul, Jacques. Que je comptais aussi et que pour ma santé mentale je me choisissais et ça même s’il fallait que je pose un CA hebdomadaire pour ne pas y aller.

J’ai attendu une réponse, une remarque qui n’est jamais venue. Comme quoi en fait, on se fait toute une montagne de comment sera reçu le non sauf qu’en fait le plus souvent ben ton Non il est respecté et non négocié…

De là sont sortis plein de NON : Non à cette formation pour les IVG par aspiration qui me mettait ultra inconfortable compte tenu des conditions et qui me forçait à traverser tout Paris le mercredi en 30 minutes pour faire une autre consultation sans avoir manger. Non à travailler dans des conditions précaires. Non à travailler cet été parce que j’étais crevée. Non à ce rythme de vie que j’avais depuis 1 an quasiment et qui m’épuisait.

J’ai donc pris BEAUCOUP de congés cet été, je me suis reposée, j’ai imposé 30 minutes par RDV contre 15. Oui les dames râlent parce que les rdv sont lointains mais moi je ne cours plus, ni après le temps, ni après les autres, ni après moi-même. J’ai arrêté un centre pour passer now à 5. J’ai gardé les créneaux de consultation qui me convenaient totalement et qui ne me demandaient pas une organisation de malade ou de faire battre mon coeur à 150 bpm sur mon vélo pour être à l’heure.

J’ai dit non à la pollution digitale, j’ai supprimé tous les comptes militants, féministes de mes réseaux sociaux parce qu’en fait je bosse déjà dedans et j’ai pas envie de bosser encore qd je suis en culotte sur mon canap le samedi soir, depuis j’ai des citations romantiques, des petites phrases positives et des recettes magiques de sorcières. J’ai mis des gros stop à des gens qui se sentaient libres de me demander des conseils médicaux en MP alors que nulle part sur mon compte il est marqué que je fais de la médecine et que je suis ok pour discuter mycose le dimanche aprem. J’ai arrêté de regarder des trucs anxiogènes sur la fin du monde, la guerre, la maltraitance animale, bref je suis rentrée chez bisounours land même si je sais que tout ça existe, j’ai préféré changer de monde, un qui me convient et j’ai tendance à croire que pour changer le monde, il faut déjà changer le sien et insuffler un peu plus de ce qu’on veut et un peu moins de ce qu’on ne veut pas, alors now j’envoie du love en story insta (j’ai lâché Fb) et des trucs qui me font QUE du bien.

J’ai lu sur l’Amour, sur de beaux voyages, sur des choses très spirituelles et honnêtement c’est grâce à tout ça que j’ai survécu à Black Lives Matter parce que clairement les gens, j’aurais été dans le maaaaal.

J’ai arrêté de discuter avec des gens qui étaient trop éloignés de mes pensées quitte à passer pour une intolérante mais je sais que ces idées existent je ne suis pas obligée de baigner dedans si elles ne me font pas de bien. Que selon toi, le racisme anti blanc existe, que selon toi il y a des races plus méritantes, que selon toi les femmes en jupe sont quand même un peu responsables du viol, que si je suis nue dans un lit avec toi ça veut dire que je consens à tout…Libre à toi! Mon énergie ira ailleurs désormais!

La goutte d’eau c’était il y a bientôt 6 mois…6 mois que depuis tout est fluide, tout est facile, que tous les jours je me demande ce que j’ai envie de faire et que je le fais (et si ça passe par ne pas aller travailler ben je n’y vais pas! j’ai cette position ultra privilégiée qu’on a voulu me faire oublier qui est que du boulot je peux en trouver partout et tout le temps dc si qqch ne me convient pas, je peux quitter tout simplement – et ça même si tu n’as pas mes conditions en réalité c’est valable pour toi aussi), que je connais ma propre valeur, que je ne dis plus OUI pour faire plaisir à d’autres mais OUI pour me faire plaisir!

6 mois que j’aime de nouveau mon métier, 6 mois que je ne suis plus dans la difficulté, 6 mois que je subis plus les choix, des décisions d’autres, 6 mois que je fais ce que je veux, 6 mois que je suis peut-être dans ma réalité mais celle qui me fait du bien! 6 mois que je peux de nouveau avoir foi en l’humanité, 6 mois que je vis dans la légèreté.

Du coup pendant ces 6 mois…

J’ai voyagé, j’ai été voir des copains, j’ai été voir ma famille, j’ai dansé, j’ai ri, j’ai sauté, j’ai couru, j’ai nagé, j’ai pris des bains de mer, j’ai pris des douches de rivière, j’ai souri, j’ai médité, j’ai aimé, j’ai lu, j’ai parlé, j’ai fait de la trottinette, j’ai fait du vélo, j’ai chanté, j’ai joué du piano, j’ai fait tomber la pluie, j’ai fait des câlins, j’ai fait des bisous, j’ai dormi, j’ai écris, j’ai peins, j’ai dessiné, j’ai pleuré, j’ai fait la roue, j’ai bronzé, j’ai bu, j’ai fait des folies, j’ai été présente pour les autres, j’ai mangé, j’ai stoppé le lait, j’ai eu 32 ans, je me suis retrouvée…

Et paraît que c’était (c’est) beau à voir

Love

PS : Prends bien soin de toi now et toujours, tu es ta priorité et celle de personne d’autre

PS2 : On n’a pas encore établi toutes les conséquences de cette crise sanitaire sur le mental des gens, si tu l’as bien vécu tant mieux, si finalement avec du recul tu te dis que ça ne va pas si bien que ça, je t’invite à en discuter avec qqn.

PS3 : Ose dire non et puis surtout fous toi la paix, ta tranquillité n’a pas de prix!

PS4 : S’il y a un 2e confinement (j’y crois pas) mais si ça redevient tendu, je fais la promesse de ne pas retourner au charbon pour faire plaisir à je ne sais qui, qui pourra dire que le service public a bien tenu. (ouais mais dans quelles conditions, mettre des sacs poubelles comme protections covid dans des hôpitaux en France en 2020, j’appelle pas ça une réussite mais bon…)

PS5 : Avec ma prime covid, j’ai acheté une liseuse et plein de livres. Je te recommande : La discrétion de Faïza Guène, Soufi mon amour de Elif Shafak, Good vibes good life de Vex King et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de Eric-Emmanuel Schmitt.

PS6 : Oui j’ai vraiment arrêté le lait après 32 ans…depuis j’ai bcp moins d’acné, je n’ai plus le ventre aussi ballonné. Je bois du thé, c’était difficile mais maintenant ça va. Je donne donc une boîte de Chocapic de 1kg si qqn veut. Par contre je mange tjr des yaourts et du fromage!

PS7 : Si toi aussi tu as cette peur de ne pas être aimé.e et du cp tu dis oui à des trucs que tu ne veux pas pour être bien vu.e ou être valorisé.e ou accepté.e, aimé.e sache que ton oui ne changera absolument pas comment les autres te voient en réalité, si tu décrètes que tu n’es pas aimable ben il est fort probable que pour le autres tu ne sois pas. La bonne nouvelle c’est qu’on est tou.te.s aimables, même si tu es la plus horrible personne de cette planète (tu n’as qu’à prendre un chiot tu verras qu’il t’aime alors qu’il ne sait rien de toi, de ton caractère, de ton compte bancaire, de ton taf, il t’aimera parce que tu es là, parce que tu es toi). Sans Amour on ne survit pas… c’est prouvé scientifiquement. Dc si tu es encore en vie c’est que qq part qqn t’a aimé.e même si tu ne sais pas qui. Et puis moi je t’aime même si tu aimes Raoult, que tu fais des pétitions contre le port du masque, que tu râles parce qu’on a fermé ton bar pref, que tu parles fort et que tu ne comprends pas pourquoi le féminisme est encore important de nos jours.

PS8: j’ai fait un burn out militant, ça ne veut pas dire que j’ai arrêté mes luttes, ça veut juste dire que maintenant je les fais différemment. Ça veut dire que je prends soin de moi et que je m’octroie le droit comme autrui d’être dans le déni qd c’est trop difficile à l’instant T.

PS9 : Néanmoins, je sais que je suis privilégiée. Je n’ai pas eu de décès dans mon entourage, je n’ai pas perdu mon boulot, j’ai pu connaître la réalité atroce de certains confinements donc je sais que oui j’ai de la chance. Mais ce n’est pas parce qu’il y a pire que nous (il y aura tjr pire) qu’il faut taire ce qui ne va pas.

Saint-Pierre, Martinique, Août 2020
Sainte-Anne, Martinique, Août 2020

4 réflexions au sujet de « J’ai arrêté le lait »

  1. Et si c’était l’abandon du Chocapik qui a été bénéfique ? Dire Non à cette douceur enfantine addictive est une sacrée révolution qui ne peut qu’en appeler d’autres.
    S’aimer pour aimer les autres, changer son monde pour changer le Monde…
    Ah ces merveilleuses vidéos empreintes de liberté …

    PS : Les conseils spécialisés donnés gratuitement ne sont jamais appréciés à leur juste valeur (connaissances, temps passé…). Ils sont à proscrire autant que les Oui à tout, comme porteurs de mésestime de soi perceptible.

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