Quoi de neuf docteur?

Je fais des crises d’angoisse

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Sainte-Luce, Martinique, Décembre 2018

Depuis des années…maintenant comme ça, d’une seconde à une autre, avec ou sans facteur déclenchant, je n’arrive plus à respirer, j’ai l’impression que je tombe, que je tombe, que tout tourne autour de moi, que je ne vais pas m’en sortir.

Avant je prenais des beta bloquants (automédication of course) quand vraiment c’était compliqué et un jour ça n’allait tellement pas que j’en ai pris plusieurs et j’ai eu peur pour mon rythme cardiaque (de finir aux urgences, qu’on pense que j’avais fait une tentative de suicide, que je meure…) alors j’ai décidé de faire autrement…

Après j’appelais ma mère au téléphone parce que sa voix m’apaisait, ça marche toujours mais j’avais envie de prendre le problème autrement et puis j’avais aussi envie d’arrêter d’emmerder les gens.

Elles avaient disparu pendant plus d’un an, quand tout allait à peu près bien, que je faisais de la méditation, que je voyais ma coach régulièrement, que j’étais légère et puis elles sont revenues.

Comme un fantôme sombre dessus de ma tête, il glisse des mots dans mes oreilles, il réveille mes peurs profondes et après ça tourne en boucle.

C’est compliqué à vivre au quotidien, parce que ça peut me prendre comme ça, en promenant mon chien, en recevant un texto, en allant sur internet, en regardant un film.

Je n’arrive plus à respirer, je suis prise de vertiges, mon coeur s’accélère et palpite, j’ai des bouffées de chaleur et j’ai l’impression de ne plus faire partie de mon corps, ça tourne, ça tourne, ça tourne, je tombe, je tombe, je tombe.

Ça dure plus ou moins longtemps et quand ça m’arrive maintenant, je fais de la respiration abdominale et je m’allonge au sol.

La respiration abdominale fonctionne assez bien, il faut se concentrer uniquement sur le souffle.

EXERCICE DE RESPIRATION ABDOMINALE : 5 À 10 MINUTES PAR JOUR
Choisis un endroit calme où personne ne puisse te déranger. Allonge-toi sur le dos (sur ton lit si tu veux), prends une couverture pour te réchauffer si besoin et mets un coussin sous ta tête.
Ferme les yeux pour tourner ton regard vers l’intérieur. Détends-toi le plus possible et prends conscience des points de contact de ton corps avec le support (dos, tête, mains…).
1/Bouche fermée, inspire par le nez en gonflant le ventre
L’air pénètre dans tes poumons, puis ton diaphragme s’abaisse pour laisser à la cage thoracique la place de s’ouvrir au maximum. Ne force pas.
Ne gonfle pas la poitrine en inspirant. La respiration doit être naturelle. Mets ta main sur ton ventre pour t’assurer que ton ventre se soulève bien.
2/ Bouche fermée, gardez l’air pendant quelque secondes
3 à 10 secondes suffisent. Avec la pratique, tu arriveras progressivement à augmenter cette durée et éprouver davantage de plaisir à le faire.
3/Expire par la bouche en rentrant le ventre
Vide l’air qu’il contient. Lorsque tes poumons sont pleins, tes muscles abdominaux poussent ton diaphragme vers le haut, l’air est alors expulsé. L’air doit sortir tout seul, comme un ballon de baudruche qui se dégonfle.
4/ Bouche fermée, reste les poumons vides pendant quelque secondes
3 à 10 secondes suffisent. Avec la pratique, tu arriveras progressivement à augmenter cette durée et éprouver davantage de plaisir à le faire. Attends calmement d’avoir envie d’inspirer.

Techniquement, c’est quelque chose que tu peux faire quotidiennement, moi je ne le fais qu’en cas de crise parce que le reste du temps, je n’y pense pas.

Je m’allonge au sol ou sur mon lit (ce n’est pas toujours possible), je ferme les yeux, j’entre ouvre toujours la bouche (parce que sinon mes mâchoires se serrent), j’ouvre les mains (sinon mes poings se ferment), je mets mes orteils en éventail (sinon mes orteils se crispent) et j’attends que ça passe.

Avant, mon corps tout entier pouvait se crisper, c’était assez impressionnant. Des gens ont essayé de m’ouvrir les mains sans jamais y arriver. Maintenant, ça n’arrive plus vraiment, je ne sais pas pourquoi mais tant mieux.

Ce n’est absolument pas rationnel, c’est bien ça le problème et c’est pour cela que je n’appelle pas grand monde quand ça arrive parce que tout le monde ne comprend pas et essayer de me raisonner n’a pas vraiment de sens ni d’impact. Je sais que ce n’est pas réel mais il n’empêche que ça arrive et qu’à ce moment là c’est ma réalite.

Pendant mes crises d’angoisse, je peux pleurer ou pas, ça dépend mais c’est toujours en silence. Un silence écrasant, un silence étouffant, un silence glaçant. Peu importe, le bruit autour, il règne toujours un grand silence à l’intérieur de moi et de ma tête.

Pendant mes crises d’angoisse, j’ai peur, j’ai peur de finir seule, j’ai peur de ne pas être aimée, j’ai peur de ne pas aimer, j’ai peur de rater, j’ai peur de perdre, j’ai peur de mourir tout de suite, j’ai peur que tu meures tout de suite…

Mes insécurités misent à nue, mes insécurités qui me foutent en l’air et ça tourne en boucle, ça tourne en rond…

Une fois que c’est passé en général, je suis très fatiguée physiquement parce que ça demande beaucoup à mon corps, j’ai une migraine et j’ai un poids au niveau des cervicales et de mes mâchoires. Il peut aussi arriver que j’aie mal au ventre ou que ma hanche droite se bloque de nouveau.

En général, quand ça arrive, j’essaie de prévenir certaines personnes. Des gens qui ne sont pas forcément là et qui ne peuvent pas débarquer mais juste pour qu’iels sachent au cas où je ne réponds plus pendant des heures. (ça dure entre 30 minutes et 2h chez moi environ)

Cette année, j’en ai fait beaucoup et je l’ai vécu comme une faiblesse. J’ai eu peur de dire que ça n’allait pas, parce que je le vivais comme un échec. Parce que j’avais l’impression de reculer, parce que j’avais peur du jugement que certain.e.s pourraient avoir envers moi, parce que ce qui fonctionnait avant, ne fonctionnait plus maintenant, parce que je n’y arrivais plus toute seule. Il a fallu que je réapprenne à vivre avec ce fantôme qui me pourrit l’existence. Il a fallu que je réapprenne avec cette partie de moi. Il a fallu que j’accepte de nouveau cet aspect de mon quotidien.

Alors en 2019, j’ai décidé de reprendre soin de moi, de reprendre mon suivi, de tester de nouvelles choses parce que les anciennes ne fonctionnent plus forcément.

Je t’écris tout ça pendant justement une crise d’angoisse (on est vendredi, je suis en vacances et il est 19h20) et je me rends compte que l’écriture vient de m’aider et que peut-être ça pourra t’aider aussi.

Take Care

PS: Ne reste pas seul.e 

Une réflexion au sujet de « Je fais des crises d’angoisse »

  1. Je connais tellement ça. Se répéter que rien n’est permanent et qu’on s’en sortira cette fois ci comme les autres… le problème que j’ai c’est l’anticipation, du coup ce n’est jamais isolé. Mais au fil du temps j’apprends à en sortir plus vite et plus durablement. Courage, tu n’es pas seule et tu n’es pas nulle!

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