Mes petits kiffs

Oui mais tu étais en jupe quand même…

« Oui mais quand même, tu étais en jupe tu l’as un peu cherché… »

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Toulouse, Juin 2015
(Donc en jean, je cherche « moins » ou je ne cherche pas?)

STOP !!!

 

Alors il faudra m’expliquer depuis quand faire un acte légal (porter une jupe) peut légaliser un acte illégal (violer…agresser sexuellement…), il faudra arrêter d’infliger une double peine et il faudra arrêter avec le slut shaming parce que personnellement j’en ai marre.

Slut Shaming: concept proposé à l’origine par les féministes canadiennes et américaines. Cette expression, traduisible en français par « intimidation (ou humiliation) des salopes » ou « couvrir de honte les salopes », regroupe un ensemble d’attitudes individuelles ou collectives, agressives envers les femmes dont le comportement sexuel serait jugé « hors-norme ». Le slut-shaming consiste donc à stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l’attitude ou l’aspect physique seraient jugés provocants ou trop ouvertement sexuels, qui cherche à se faire avorter ou qui a été violée. (Wikipédia)

Parce que bon la loi est très claire :


Article 222-22 du Code Pénal:  » Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise.

La contrainte prévue peut être physique ou morale. « 

  • Le viol Art 222-23 à 222-26 du Code Pénal:

Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.

Le viol est puni d’une peine de 15 ans de réclusion criminelle et 20 ans si une ou plusieurs circonstances aggravantes : actes commis par le conjoint ou ex-conjoint, actes commis sous l’emprise d’alcool ou produits stupéfiants, usage ou menace d’une arme, victimes particulièrement vulnérables…

Responsabilité pénale du viol : Crime → Cour d’assise

Victime peut demander le huit clos

Délais de prescription :

  • si victime majeure : 10 ans après le viol (modification le 5 mars 2017, c’est passé à 20 ans, ON PEUT APPLAUDIR!!)

  • si victime mineure : 20 ans après la majorité de la victime
  • Les agressions sexuelles Art 222-27 à 222-30 du Code Pénal autres que le viol

Tout acte à caractère sexuel sans pénétration commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise (caresses, attouchements…)

Elles sont punies par de peines pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Elles peuvent aller jusqu’à 7 à 10 ans si circonstances aggravantes

Responsabilité pénale des autres agressions sexuelles : Délits → Tribunal correctionnel

Délais de prescription :

  • si victime majeure : 3 ans après l’agression sexuelle
  • si victime mineure < 15 ans : 20 ans après la majorité
  • si victime mineure 15-18 ans : 10 ans après la majorité
  • si victime mineure : 15-18 ans : si actes commis par ascendant ou personne ayant autorité ou plusieurs personnes : 20 ans après la majorité
  • L’exhibition sexuelle 222-32 du CP

Imposer à la vue d’une personne non consentante dans un lieu accessible aux regards du public est punie d’1 an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

Responsabilité pénale des autres agressions sexuelles : Délits → Tribunal correctionnel

Délai de prescription : 3 ans après l’exhibition

  • Le harcèlement sexuel222-33 du CP :

Imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

Responsabilité pénale des autres agressions sexuelles : Délits → Tribunal correctionnel

Le harcèlement sexuel est puni d’une peine 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende et 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende en cas de circonstances aggravantes.


Les violences sexuelles c’est un peu…comment dire ça simplement…mon obsession, je traque, je cherche, je pose des questions, j’enquête. Parce que j’y suis sensibilisée, parce que ça me révolte, parce que je me suis formée, parce que ça m’énerve !

J’en ai marre des phrases :

« Oui mais je ne sais pas si c’est viol »

« Oui mais bon c’est mon copain »

« Oui mais j’étais en jupe »

OUI MAIS NON !

J’en ai marre aussi des phrases :

« Oui mais bon ça ne touche que certaines catégories sociales »

« Oui mais moi j’ai pas de patientes victimes »

« Oui mais il ne faut pas généraliser »

« Oui mais je ne veux pas rentrer dans la vie privée de mes patientes »

OUI MAIS NON ENCORE !

Et puis surtout je n’en peux plus des :

« On a pas voulu prendre ma plainte »

« Le psy ne m’a pas écoutée »

« Je ne peux pas en parler à mon médecin »

« Je n’en ai parlé à personne »

« Vous êtes la première personne qui me pose la question »

Alors je vais vous partager 2-3 petites choses :

  • Une femme sur 5 déclare avoir subi au moins une forme de violences sexuelles au cours de la vie (donc forcément ça touche toutes les catégories sociales et surtout tout le monde en connaît !)
  • 8% en parlent à un médecin (donc forcément les autres consultent quand même, elles ont forcément une grippe, ou une gastro)
  • 10% déclarent avoir déposé plainte (y arrivent)
  • Chaque année, en moyenne on estime que 84000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de viols ou de tentatives de viol et dans 90% des cas, la victime connaît son agresseur.
  • Dans 85% des cas, la victime est une femme (mais on oublie pas les hommes quand même)
  • En général, les femmes victimes attendent une écoute sans jugement, une orientation notamment vers des professionnels formés et un accompagnement dans leurs démarches. (Comme quoi ce n’est pas compliqué)
  • Et puis en fait elles aimeraient bien qu’on leur pose la question de si elles ont vécu des violences dans leur vie. (tout simplement et ce n’est pas du voyeurisme)

Pour les médecins qui passent par là, il y a une thèse très bien faite par deux chouettes filles et qui mérite d’être connue ICI et si tu veux la lire tranquille (je te simplifie qq clics): thèse finale

« Que puis-je faire pour vous ? » : la consultation de médecine générale : attentes des femmes ayant vécu des violences sexuelles / Lauriane Vignocan et Marion Monti

Tu peux lire CA aussi!

Et Tiens, là tu trouveras les derniers chiffres sur les violences faites aux femmes

2 réflexions au sujet de « Oui mais tu étais en jupe quand même… »

  1. Oui, il faut combattre les préjugés, briser les tabous, dénoncer, changer les mentalités et surtout lutter pour une meilleure prise en charge des victimes.

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