Quoi de neuf docteur?

Je n’ai pas réussi à lui retirer son implant

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Moulins, Auvergne, Juillet 2020

Et concrètement s’il n’y en avait qu’un à retirer c’était le sien.

Celui de Mme E…

J’avais depuis 1 mois, un post it m’annonçant sa venue avec une histoire de dame qui pouvait parler sa langue à contacter…J’avais pas aimé ce post-it. J’aime pas les histoires de dames à appeler pour qu’elles traduisent parce que je ne sais pas qui elles sont, si elles traduisent bien, si elles ne sont pas un peu louches…et puis parce qu’on a un système d’interprétariat en fait et parce que souvent les dames parlent un peu français.

Bref elle est arrivée Mme E. Une dame l’accompagnait, elle a voulu rentrer j’ai dit non.

Mme E parlait très bien français. Souvent les dames s’excusent de ne pas « bien parler » français, je souris et je leur réponds qu’elles parlent mieux français que moi leurs langues.

Mme E venait pour retirer son implant. On remplit le dossier, elle ne comprend pas tout mais je comprends qu’elle fait des allergies, qu’elle a 2 enfants dont la dernière a 4 ans, qu’elle a eu une césarienne et qu’elle a un implant depuis 4 ans (normalement c’est 3 ans maximum).

Je ne lui pose pas la question des violences, je ne sais pas pourquoi. En général quand j’oublie c’est pas bon signe…

Je n’ai même pas le temps de lui demander si elle veut un autre moyen de contraception après, qu’elle me dit « Mon mari, c’est lui qui m’a forcée à mettre ça, je savais même pas ce que c’était »

Mes antennes Mari Caca se lèvent…je n’ai plus qu’à écouter.

Mme E a 31 ans, elle a mon âge, elle vient d’un pays d’Afrique. Sa mère est décédée quand elle avait 4 ans, son père est décédé il y a quelques années. Elle est venue en France parce que sa tante ne voulait plus s’occuper d’elle, donc on lui a arrangé un mariage avec un homme de là-bas mais qui vivait ici…

La suite on la connait malheureusement…les coups assez rapidement, pendant les grossesses, après les grossesses, les coups aux enfants.

M. Caca a pris les papiers de Mme E un jour et lui a dit « Comme ça, tu ne partiras pas et si tu pars, je vais te retrouver et te tuer« …alors Mme E a pris peur.

Et puis Mme E a accouché pour la 2e fois et puis là tout s’est accéléré, les coups, les menaces, la contraception forcée, les viols…

On s’installe sur la table pour retirer l’implant, je fais l’anesthésie et puis en attendant, je lui demande de m’expliquer comment elle a fait pour partir. Elle m’explique alors qu’un jour peu après le déconfinement , son mari caca a frappé son fils jusqu’à lui ouvrir l’arcade. C’était trop! Elle n’avait plus rien à perdre. Elle a dit stop, elle a fuis, il lui a attrapé le bras et l’a poussée dans les escaliers, les enfants ont couru, la voisine a ouvert la porte de justesse.

Mme E et ses enfants ont donc passé la nuit là bas. Mari Caca a alors menacé de frapper la voisine…

La voisine a appelé la police…Je te passe les détails…La police n’est jamais venue.

Et puis en plein milieu de la 2e nuit, Mme E est partie avec ses enfants dehors…dans la rue parce qu’elle ne voulait pas causer de problèmes à sa voisine.

Elle a marché, marché sans savoir où elle était parce que son mari l’empêchait de sortir habituellement. Elle n’avait personne ici, personne dans la vie en réalité, rien dans la vie en réalité. Elle ne sait pas lire, elle ne sait pas écrire, et pas un euro en poche.

A un arrêt de bus à 6h du matin, une dame lui a demandé ce qu’elle faisait avec ses 2 enfants sur les bras. Mme E lui a alors raconté.

Cette dame, son ange gardien, a alors appelé une association qui était près de chez elle et depuis Mme E est hébergée là bas avec ses enfants.

Mme E pleure en me racontant ça et je t’avoue que j’étais pas loin moi aussi en me disant qu’il y avait de beaux enfoirés sur la planète et des personnes qu’on croise qui nous sauve sans le savoir.

Je palpe le bras de Mme E, je ne sens pas l’implant, je lui demande où on lui a posé, elle me raconte alors la pose…il y a 4 ans, dans un hôpital près de mon travail. Mari Caca l’a emmenée à l’hôpital sans lui dire pourquoi, personne n’a parlé à Mme E. Quelqu’un s’est approché d’elle avec l’inserteur de l’implant (qui est gros et qui fait peur surtout quand tu ne sais pas ce qu’on va te faire), elle s’est alors débattue, iels l’ont maintenue. Mari caca, un médecin et quelqu’un d’autre. A 3 sur le bras de Mme E, sans anesthésie, sans explication, sans un mot…du coup…on lui a mis profondément…

Elle m’explique qu’elle a voulu à plusieurs reprises le faire retirer, qu’elle a demandé à son mari de l’emmener pour qu’on lui retire il a répondu « Non, tu n’as qu’à y aller toute seule » sauf que Mme E ne parlait pas bien français. Elle a été voir une fois un médecin en essayant de lui expliquer mais il n’a pas compris et lui a fait une échographie du bras qui montrait effectivement un implant profond.

Elle m’explique que quand son père est mort, Mari Caca lui aurait dit « Maintenant tu n’as plus que moi dans la vie » et il aurait rigolé.

Elle me raconte qu’il l’a isolée, qu’elle ne savait même pas son adresse.

J’essaie de lui retirer son implant, moi la pro…mais rien à faire, ce que je dis à mes internes je ne l’applique pas « Si tu ne sens pas l’implant n’essaie pas » non j’essaie parce que l’affect est là, parce que je sais que cette porte ne se fermera qu’une fois cet implant retiré…

Cet implant qui lui rappelle cet homme

Cet implant qui lui rappelle cette violence

Je n’ai pas réussi à lui retirer son implant, je l’ai adressée à l’hôpital…le même qui lui avait mis, parce qu’elle n’a pas de sécu, que les autres hôpitaux donnaient des rdv dans longtemps…

Elle a tenu son sourire jusqu’au bout, jusqu’à franchir la porte du centre.

Moi je suis retournée dans mon bureau rapidement et j’ai pleuré de tristesse, de colère!

Je me suis sentie inutile et puis ça a toqué, c’était elle. Elle m’a prise dans ses bras et elle m’a dit Merci.

Je lui ai demandé pourquoi, parce que je lui avais laissé son implant et elle m’a répondue « d’avoir été sur ma route »

J’ai demandé à Mme E comment elle avait fait pour apprendre à parler aussi vite français, elle m’a répondu « avec le confinement, Mon mari était à la maison, c’était dur mais du coup la télé était allumée en permanence donc j’ai écouté, j’ai appris« 

J’ai souri

Et elle a rajouté « tout arrive pour une raison« 

et là on a chialé ensemble…

 

Love

 

PS: Hier j’ai regardé mes pieds, je leur ai dit « vous êtes pas très beaux mais de toute façon votre but c’est d’être là c’est tout et c’est déjà beaucoup » ben voilà c’est valable pour moi, pour toi, pour nous. Notre but c’est d’être là, de croiser des routes…même si on se demande pour quelles raisons…

PS2 : Normalement l’implant de Mme E sera retiré dans 2 semaines

PS3: Je ne sais pas si je reverrai Mme E mais je sais en tout cas qu’elle est arrivée dans ma vie pile au moment où je me demande le pourquoi de certaines choses

PS4 : Elle ne m’a pas raconté son enfer de confinement…les huis clos de l’enfer je les connais…ils me font peur…

PS5 : L’implant est un moyen contraceptif, un dispositif sous cutané (SUPERFICIEL) mis en place pour une durée maximale à l’heure actuelle de 3 ans. On doit te le mettre et te le retirer SOUS ANESTHESIE!

PS6 : Tout arrive pour une raison, c’est ma philosophie, mon mantra, mais je peux entendre qu’il soit difficile à entendre pour toi voire absurde. Mais aujourd’hui c’était la sienne aussi, ça lui fait du bien, ça me fait du bien…

 

 

Mes petits kiffs

« As-tu du soutien autour de toi…

…famille, parents, compagne ou compagnon? Si tu as besoin de parler je suis à ton écoute. je ne suis pas psy mais parler à une copine ça peut faire du bien »

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Paris, France, Avril 2020 « Nadji » de Gaël Barboza

Ça c’est le message super que j’ai reçu il y a qq semaines d’une copine du jardin


Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de mon copain retrouvé parce qu’il fait partie de mon quotidien.

Depuis bientôt un an, j’ai de nouveau mon copain dans ma vie. Tout a commencé entre nous il y a 16 ans (ouais ça ne nous rajeunit pas du tout), on était au lycée et on entretenait une amitié secrète. En face on ne se parlait pas mais le soir sur msn on se racontait nos vies, on s’envoyait des mails un peu créatifs. Il était observateur, attentif, il était intéressé par ma personne par ce que je faisais, ce que je disais, il connaissait par coeur l’emplacement de mes cicatrices, il savait décrypter mes regards.

1 an d’amitié secrète. Je ne savais pas s’il était totalement sain ou totalement névrosé (sorry). S’il m’aimait vraiment ou s’il était totalement manipulateur (j’ai souvent du mal à faire la différence je m’en rends compte, globalement quand je me pose la question c’est que la personne est safe alors que si je ne me pose pas la question c’est que c’est de la toxicité au possible).

Et puis j’ai déménagé, je lui ai écrit des lettres, il m’a écrit des lettres.

Et puis un jour, j’ai décidé de ne plus donner de nouvelles…

De temps en temps, je me demandais un peu ce qu’il était devenu mais rarement, très rarement. Quand j’ai rencontré mon copain magique et qu’on s’est donné des défis créatifs j’ai repensé à lui et c’est passé.

Et puis il y a 1 an, soit 13 ans après nos derniers échanges, après 4 déménagements pour ma part, je suis allée à un festival. Un festival près de chez moi, un endroit où je vais souvent. J’y allais avec ma soeur qui attendait une copine et là, je l’ai vu.

13 ans plus tard, dans un lieu où ni lui ni moi n’aurions pu nous imaginer là, on était là.

J’ai eu cette phrase « C’est… » et j’ai tourné la tête. J’avais vu qu’il m’avait vue mais j’avais pas envie de réouvrir cette porte qui me rappelait une autre époque de ma vie.

J’ai donc continué à faire ma vie.

Le lendemain, j’ai reçu un mail via ce blog. (d’ailleurs, tu peux m’envoyer des messages d’amour sur nousaussionvoyage@gmail.com si l’envie t’en dit, je te répondrais avec plaisir) Il me disait avoir cru me voir mais qu’il n’était pas sûr que c’était moi, ni même que c’était bien mon blog mais qu’il était content de me voir et que si ce n’était pas moi, qu’il me souhaitait tout de même une bonne continuation.

J’ai souri…

Et j’ai retrouvé mon copain, tout pareil sauf que tout ce qui se disait à l’écrit se dit maintenant à l’oral, qu’il avait maintenant 2 enfants et moi 2 cheveux blancs.

Il m’a fait rire, il m’a fait sourire, il m’a donné une migraine, il m’a pris la tête, il m’a fait manger sans lactose, il est venu à la maison, on a marché dans Paris, on s’est posés sur des bancs, on a traversé des ponts, on a mangé de la nourriture asiatique, on a mangé une pizza, il m’a fait regarder des drama coréens, il me fait psiiit par messages et il m’appelle parce que « comme ça il n’est pas mon activité secondaire pendant que j’ai une activité principale » contrairement aux sms. Il fait même de la visio et j’ai appris à aimer certains enfants (les siens qui sont beaux, qui me disent « Je t’aime »). Il a été là quand j’ai perdu Moun d’ailleurs je crois que c’est la 1e personne que j’ai eu au téléphone pour ça. Il a été là quand j’ai cru que mon coeur faisait crac, il m’a vue avec les yeux bouffis et rouges, il reçoit des photos de moi avec des filtres à la con, on rit…bcp…je souris…beaucoup.

Je te fais un article sur mon copain retrouvé parce qu’il y a quelques jours, j’ai retrouvé ses lettres.

J’écris des lettres, beaucoup, souvent. J’ai des correspondantes privilégiées mais à une époque j’écrivais à beaucoup de monde notamment pendant ma P1 car je n’avais pas internet, j’étais bloquée entre chez moi et la bibliothèque et que l’écriture était l’une de mes rares activités distrayantes Je te raconte ma 1e année de médecine ici .

Mon copain retrouvé n’était pas très branché écriture…mais il a répondu. Il me racontait sa vie, il me disait que sa main lui faisait mal à force d’écrire et qu’il n’arrivait pas à écrire droit.

J’ai pris ça en mode « mais il se fout de ma gueule? je lui écris et il ne fait que se plaindre »

J’étais une gamine et je le suis toujours un peu.

Là où j’ai vu un mec qui se plaignait en fait il y avait qqn qui m’aimait et qui faisait qqch qu’il n’avait pas l’habitude de faire pour moi.

Là où je voyais des banalités, il y avait qqn qui me partageait son quotidien.

Et puis cette phrase

« Comme je te l’ai dit et que je te le dis, tu es chelou comme fille et c’est pour ça que je t’apprécie, que je t’aime« 

Ouais il m’aimait…dans tous mes états. Il m’aimait alors que je peux être chiante, bizarre, insupportable, il m’aimait même à distance, il m’aimait après 13 ans de silence.

En me réveillant ce matin, c’est ce que je me suis rappelée : que j’avais des relations à distance avec ma famille; avec mes ami.e.s. Que je ne les aimais pas parce qu’iels étaient loin ni qu’iels étaient  loin parce que je les aimais mais tout simplement parce que ça ne change rien. On vit nos relations comme ça, on fait partie du quotidien de l’autre même à distance, même en silence, on n’est pas dans l’attente de se voir pour profiter, pour participer, pour vivre. On s’appelle, on fait des FaceTime, on s’écrit, on est là dans les bons et les mauvais moments, on peut compter les un.e.s sur les autres et ça même si on a du décalage horaire ou plus de 6h d’avion. On se soutient dans nos projets, dans nos envies, dans nos déménagements. On est toujours là.

On peut passer des journées sans se parler mais en sachant qu’on s’aime tjr, qu’on pense l’un.e à l’autre.

Je me suis aussi rappelée que dans mes moments de down, de bas…eh ben les vrai.e.s restaient, ou revenaient, que je pouvais être une horrible personne, envoyer chier, tout envoyer valser, me taire pendant des jours, grotter pendant des semaines, bouder, devenir amoureuse et les zapper…ça ne les empêchait pas de m’aimer, qu’on pouvait prendre de la distance mais qu’on se retrouvait toujours.

Mon copain retrouvé, je l’aime fort parce qu’il me fait voir que la vie c’est simple, il suffit juste d’avancer sans se poser la question du pourquoi, du comment, juste avancer et que si qqch ou qqn doit arriver ou revenir dans ta vie…on se retrouve après 13 ans et 8000km.

Et ça l’amour, que ce soit un.e pote, ta famille, ton.a amoureux.se…c’est comme ça qu’on devrait aimer les autres…dans tous leurs états…

 

Love

 

PS : Je suis quand même ultra contente qu’elle ait mis « compagne ou compagnon » dans son message, comme quoi…les mentalités changent (et ce n’est pas une question d’âge) et l’hétéronormalité s’amenuisera peut-être un jour. 

PS2: Je vous love les gens

PS3: Oui promis, je viens te voir bientôt quand même! 

PS4: Tout revient toujours, les gens importants, l’amour, l’espoir…il n’y a que la mort qui rend la fin définitive.

PS5 : Aux autres potos, j’ai pas publié d’articles sur vous, ça veut pas dire que je vous aime moins hein! J’en ai un sur chacun.e d’entre vous, j’ose jamais les publier mais chacune de mes relations est tjr une histoire de dingue…et je suis contente que tu sois dans ma vie

PS6: Dis « je t’aime » aux gens que tu aimes, ça coûte rien, ça rapporte beaucoup à tout le monde.

Mes petits kiffs

Le silence n’est pas acceptable

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Paris, France, Mai 2020

Tout d’abord, je vais préciser que je ne suis pas experte, je te fais part de ma seule expérience personnelle. Dénoncer ne veut pas dire se victimiser, ça veut dire : prendre la parole pour dire STOP! Pour arrêter un comportement, une attitude qu’on ne veut plus.

Si tu n’es pas au courant de ce qui se passe en ce moment, il est temps de rallumer la tv, internet etc…(mais les bons médias) .

Je suis une femme noire habitant en France et j’ai peur

J’ai peur de l’humain, j’ai peur de la connerie, j’ai peur d’avoir des enfants à qui je devrais expliquer des choses qui ne devraient plus exister.

Je suis une femme noire habitant en France

Ma couleur de peau on me la rappelle, on me la montre. Pas tout le monde heureusement, mais il n’empêche. C’est rarement dans un sens positif et ça même si on voudrait me faire croire que « la discrimination positive » c’est cool.

Je suis une femme noire habitant en France

Je t’ai déjà un peu expliqué mon parcours géographique, j’ai vécu longtemps dans une campagne où on était pas beaucoup de personnes non blanches, j’ai terminé un jour après l’école maternelle sous ma douche à vouloir me raper la peau pour être blanche parce qu’on me faisait bien comprendre que ma peau était moche. Mes parents ont fait un boulot extraordinaire mais God ça n’aurait jamais du arriver. Mes parents m’ont toujours soutenue dans tous mes projets, toutes mes envies, rien n’était impossible « mais il fallait que je sois brillante parce qu’on m’attendrait au tournant parce que j’étais noire et qu’on me pardonnera moins mes erreurs » ça non plus ça n’aurait jamais du arriver. Pourquoi devoir en faire plus pour faire oublier ma couleur, pourquoi devoir tjr exceller? Je ne peux pas être juste moi sans me saigner? (Je paye encore ces croyances dans ma vie perso et pro…)

Ma 1ère expérience de racisme, je l’ai vécu en 2013-2014 quand j’ai fait un stage en campagne profonde dans des cabinets de médecine générale. On me demandait systématiquement d’où je venais, d’où je venais VRAIMENT, où étaient nés mes parents en fait, Un article d’il y a fort longtemps, pourquoi je n’avais pas d’accent, pourquoi je parlais si bien français, si le système scolaire était le même, certain.e.s patient.e.s me sortaient leurs cartes d’électeur.rice.s FN en me sortant leurs cartes vitales, certain.e.s ne sont plus venu.e.s quand j’étais là, certain.e.s ne voulaient pas que je participe à la consultation, certain.e.s ne voulaient pas que je les touche. Un de mes praticiens a du remettre plusieurs de ses patient.e.s à leurs places alors que l’autre rigolait de toutes ces « blagues ». C’était épuisant, c’était fatigant, c’était dégoutant…Les 6 mois les plus longs de ma vie…Mais j’ai mis ça sur le compte de la campagne profonde et de l’ignorance. Après tout, forcément si la seule fois où tu vois des personnes noires c’est dans enquête exclusive sur « la délinquance aux Caraîbes » ou « l’embrasement des banlieues » ben ouais c’est biaisé. Mais bon…en 2013, Internet existait, Obama existait et il y a une différence entre des questions pour combler son ignorance et des questions pour stigmatiser…

Cette différence c’est l’intention…

En 2015, j’ai rencontré une médecin généraliste en Ile-de-France qui cherchait une remplaçante. Pendant 30 minutes elle a bien insisté en me disant « de ne pas accepter de faire le tiers payant aux antillais et aux africains parce que souvent leurs CMU n’étaient pas à jour et d’éviter toute familiarité avec eux parce qu’après c’est la bamboula », j’ai fermé ma bouche, je suis rentrée chez moi, j’ai envoyé un mail lui expliquant pourquoi je ne la remplacerai JAMAIS. Elle n’a jamais répondu.

En 2016, j’ai comme souvent apporté des vêtements au Secours catholique, la dame de l’accueil m’a accueillie ultra sèchement en me disant que la distribution alimentaire n’était pas aujourd’hui mais le lendemain donc de partir, avant même que je puisse ouvrir la bouche…Je suis partie, j’ai envoyé un mail à l’antenne régionale et depuis je donne mes vêtements au Secours Populaire ou Emmaüs.

Et puis en 2017, j’ai passé un concours de la fonction territoriale pour mon boulot. Il y a des séances de préparation à l’oral. J’ai déchiré mon oral, tout était calé. Les autres candidat.e.s souriaient. J’attendais le commentaire de la préparatrice afin de pouvoir améliorer mon texte. Et là…elle m’a sorti cette phrase

« Par contre, vous allez vous coiffer comment pour l’oral?« 

J’étais sur le cul…On ne parlait pas de mes compétences, de mon oral, on parlait de mes cheveux afro.

Elle m’a alors suggéré de les lisser…

Je ne les ai pas lissés, j’ai majoré mon oral avec 19 et qq, j’ai blagué en disant qu’avec les cheveux lisses j’aurais peut-être eu 20…mais c’était pas très drôle en fait.

En 2018, avec ma soeur, on a été à Los Angeles. J’ai été prendre des cours de danse et le cours qui devait durer 1h30 a duré beaucoup plus longtemps. J’étais dans une sorte de bulle d’ocytocine extraordinaire et en prenant mon téléphone, j’ai vu les dizaines d’appels de ma mère, de ma soeur et puis un message vocal en pleurs me suppliant de décrocher en espérant que je ne me sois pas faite arrêter par la police. J’ai souri en me disant « Quand même elle exagère » mais non elle n’exagérait pas, ça aurait pu arriver et avoir ce genre de peurs en 2018 tout comme en 2020 EST INACCEPTABLE.

En 2018 toujours, j’ai voulu travailler plus. J’ai donc cherché des centres qui pouvaient me convenir. J’en ai trouvé plusieurs dont un privé qui m’a dit « Votre profil nous a retenu parce qu’on a beaucoup de femmes africaines et donc ce serait mieux« 

Mes compétences, on s’en foutait. On s’en foutait que je pose mes DIU sans pozzi, que je fasse des IVG, que je retire des implants, ce qui importait était que je sois noire.

Je me suis sentie mal, j’ai refusé le poste.

Et puis en 2020, il y a eu le confinement…pour travailler il fallait une bonne raison et un justificatif…une attestation ou un caducée.

J’ai mon caducée de médecin dans ma voiture, je ne le mets quasiment jamais parce que je n’ai pas besoin de l’utiliser.

J’ai pris ma voiture 3 fois pendant toute la période.

La 1e fois, un policier m’a demandé de m’arrêter, il est passé devant mon caducée. Il m’a demandé mon attestation, je lui ai dit que j’avais mon caducée. Il m’a dit ne pas l’avoir vu. Il l’a regardé, il m’a regardée, il a dit « Vous, médecin? infirmière à la limite« 

J’ai fermé ma bouche, je suis partie.

La 2e fois, un police m’a arrêtée, il a vu le caducée. Il m’a dit « On va quand même procéder à un contrôle d’identité« , j’ai demandé pourquoi. Il a répondu « Parce que quand même des caducées, ça peut se voler« . J’avais envie de bondir. J’ai répondu « Vous insinuez que j’ai volé le caducée, c’est un peu raciste non? » il m’a répondu « Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit« , il a fait venir sa collègue policière noire, comme pour avoir une caution noire à son « non racisme » qui m’a dit « Vous savez on voit de tout« 

J’ai fermé ma bouche, je suis partie.

La 3e fois, une policière m’a arrêtée, elle n’avait pas vu mon caducée, je lui ai tendu ma pochette où dedans il y avait le caducée, ma carte pro RPPS et ma pièce d’identité. Elle m’a dit « eh ben vous êtes prévoyante » j’ai répondu « qu’avec les autres policiers visiblement je n’avais pas la tête de l’emploi » Elle s’est excusée pour elleux.

J’ai pris le vélo par la suite pour ne pas être emmerdée.

Mais en fait j’en ai marre de fermer ma gueule, de laisser passer tout ça encore et encore pour ne pas entendre « ouais mais si tu donnes du crédit aux seuls connards que tu croises« , »concentre toi sur le positif » « iels ne sont pas tou.te.s comme ça » « c’est pas si grave que ça« 

Si, c’est grave! C’est grave qu’en 2020, je ne me sente pas en sécurité quand on me demande de m’arrêter et que je me demande ce qu’on va encore me trouver comme problème alors que je suis dans mon droit.

C’est grave qu’en 2020, des policiers blancs se permettent de tuer des personnes noires peu importe le pays dans lequel c’est.

C’est grave qu’en 2020, des personnes noires doivent encore expliquer le racisme systémique qu’on subit, qu’on doivent encore vous éduquer alors que Google existe, que des livres existent, qu’il y a toute une tonne de reportages très bien faits y compris sur Netflix sur la lutte des droits civiques et sur les inégalités « raciales« .

C’est grave qu’en 2020, alors que j’ai vécu dans une caserne de gendarmerie, j’adapte mes comportements pour ne pas être EMMERDÉE PAR LA POLICE.

C’est grave qu’en 2020, on doive expliquer que #alllivesmater c’est NOUS invisibiliser.

C’est grave qu’en 2020, on doive encore justifier pourquoi on dit #blacklivesmatter et qu’on doive expliquer que vos vies aussi comptent et que ça ne veut pas dire qu’il ne vous est rien arrivé de grave, de dur d’un point de vue individuel ou même collectif, que oui des personnes blanches vivent d’autres discriminations (parfois systémique genre le sexisme ou le validisme) mais que dans l’échelle sociale, en dessous de la femme noire, il n’y a pas grand monde en fait.

C’est grave qu’en 2020, on me dise « ah non mais moi je ne vois pas les couleurs » ben si gars, on n’a pas la même couleur et tu devrais le voir par contre tu pourrais « voir les couleurs mais ne pas en faire des différences« 

C’est grave qu’en 2020, on me dise « ouais mais moi j’ai des ami.e.s noir.e.s qui n’ont pas eu d’expériences du racisme » comme pour me dédouaner, ou décrédibiliser. Alors déjà si ça existe TANT MIEUX POUR ELLEUX, ensuite ça peut être pour diverses raisons, soit parce que c’est tellement ancré et systémique que ben en fait on ne s’en rende pas compte (ce qui est peut-être arrivé pour moi avant 2013) soit parce que « heureusement » iel a eu de la « chance » et ce n’est pas parce que ça n’est pas arrivé à TOUTES LES PERSONNES NOIRES, que ça change le problème, qu’il n’y a pas un problème de racisme systémique en France et ailleurs, qu’on ne peut pas améliorer la situation et justement généraliser tout ça. Justement si c’est une chance c’est qu’il y a un problème…si on arrive à noter les personnes à qui ce n’est pas arrivé (un peu comme le nombre d’hommes noirs qui réussissent qui sont en couple avec des femmes noires mais c’est un autre débat, on ne va pas parler du BlackLove aujourd’hui ou même jamais, c’est pas qqch que je valorise mais bon qd j’entends des hommes noirs me sortir qu’éclaircir la peau de leurs descendances est un critère de réussite sociale ça me choque, d’ailleurs on ne sort pas avec des gens POUR leurs couleurs de peau, valable aussi dans l’autre sens, on ne fétichise personne MERCI!) c’est que c’est une minorité.

Je suis une femme noire habitant en France et l’humain me fatigue.

L’humain me désespère, l’humain me dégoute mais je ne vais pas lui donner de la haine, je vais lui donner de l’amour parce qu’il a forcément du manquer d’amour pour avoir le coeur si sombre.

Je suis une femme noire habitant en France qui est privilégiée

Parce que je suis hétérosexuelle, j’ai un statut professionnel confortable, je suis valide, je suis jeune, je correspond à certains critères de beauté mais malgré tout ça…je ne me sens pas en sécurité.

Il ne suffit plus en fait de taire les problèmes en espérant qu’ils disparaissent et de valoriser les bonnes actions, il s’agit de crier ce qu’on ne veut plus pour que ce soit #plusjamaisça.

Si tu es une personne blanche, sois un.e allié.e, renseigne toi de toi-même, questionne toi et participe à des actions concrètes, que ce soit prendre la parole, défier l’oncle relou, partager des infos, discute, à ton niveau. Tu es privilégié.e même si tu ne t’en rendais pas compte et même si tu vis des choses difficiles…toi tu ne te demandes pas si on t’a refusé un appart, un job à cause de ta couleur, toi on ne te touche pas tes cheveux sans te demander ton avis avec un « oh c’est bizarre », toi on ne s’étonne pas quand tu réponds que tu es français et ça même si tu as des origines étrangères, toi on ne te définit pas par ta couleur « Le blanc là » et même mieux, ta couleur n’est pas anglicisée…ça ne veut pas dire que tu n’as pas vécu des choses difficiles ni même que des « minorités » ne t’ont pas fait sentir que tu étais blanc.he.

On ne peut plus être neutre, on ne peut plus être silencieux.se, on ne peut plus se cacher parce qu’on veut un monde différent, on veut un monde égal, un monde où si je suis en retard on ne pensera pas que je gis sur la voie publique à cause de la police, où quand on m’embauche c’est pour mes qualités professionnelles, où on ne remet pas en question mon travail, mon statut, où j’ai pas besoin d’en faire 2 fois plus (voire 3-4 parce que je suis une femme aussi…) pour un poste égal, où je peux avoir des enfants sans me dire que si ce sont des garçons ils se feront contrôlés plus souvent, si ce sont des filles elles auront une double peine…

Je suis une femme noire habitant en France et je veux un monde différent et il est temps que ça change!

Peace

PS: Tu peux ne pas aimer cet article c’est pas grave

PS2 : J’ai pas de problème à dire personne blanche ou personne noire…moi je vois les couleurs juste j’essaie de ne pas de différences entre elles, même si je tombe souvent dans le piège de vouloir me sentir comprise par les personnes me ressemblant physiquement ou ne ressemblant pas à la « norme » ce qui est une erreur. Je ressemble à des gens qui sont comme moi dans mon intérieur et ça peu importe l’extérieur donc peu importe le genre, la couleur, les origines etc…

PS3: Si tu dis Black, peut-être que tu as un problème avec les couleurs…Noir.e n’est pas une insulte, c’est ce que tu y mets derrière qui peut l’être…c’est si tu définis la personne par sa couleur et les stigmates associés qui l’est.

PS4: Je ne suis porte-parole de personne à part moi-même et quand je dis ON, c’est toi, moi, nous, tout le monde.

PS5 : L’argument, « je ne suis pas raciste, j’ai des ami.e.s noir.e.s » (valable avec toutes les « minorités sociétales »)  EST RACISTE. valable aussi avec « mon mari, mon épouse, ma.on collègue » et valable aussi si tu es une personne non blanche. On peut être raciste entre « non blanc.he.s »

PS6: D’ailleurs, si tu es fatiguée.e de voir des posts partout relatif à ça, dis toi que des gens sont fatigué.e.s de vivre ce racisme en fait, fatigué.e.s de devoir encore visibiliser tout ça, de se battre pour juste avoir le droit d’exister, de vivre, de respirer…

PS7: Valoriser les actions positives montrent qu’encore une fois elles sont minoritaires et pas encore NORMALES

PS8: Mon père m’a suggéré d’écrire à je ne sais plus quel ministère pour raconter mes mésaventures policières du confinement, j’ai eu la flemme, parce que je bossais, j’étais déjà stressée etc…mais à un moment j’ai envie d’être cohérente avec moi-même donc je le ferais.

PS9: Prendre le vélo pour ne plus être emmerdée c’est un peu comme modifier sa tenue vestimentaire pour ne pas être harcelée dans la rue, c’est une fausse bonne idée…

PS10: Je me concentre tout de même sur les choses chouettes qui m’arrivent, ces expériences font partie de ma vie, je ne leur accorde guère d’importance et je connais ma réelle valeur mais aujourd’hui j’en ai assez de me taire et j’espère que ce monde changera.

PS11 : Le racisme anti-blanc n’existe pas

Mes petits kiffs

J’ai perdu 4 kg

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Paris, France, Mai 2020

En 2 semaines alors que ça faisait 2 ans et demi que j’essayais de m’en débarrasser.

Il est vrai que j’avais diminué la danse (pour une raison que je vais t’expliquer tout à l’heure) et qu’en soit il est fort possible que j’avais augmenté mes McDo hebdomadaires…

Sauf qu’en 2 mois de confinement sans McDo ni fast food rien ça ne diminuait pas.

Ni en faisant les challenges en tout genre fitness, ni en jeûnant, ni en mourant de faim etc…

Un corps que je n’aimais pas…Une moi que je n’aimais pas…

Ça fait tellement longtemps que je pense à écrire ces mots sans jamais jamais y arriver parce que je n’étais pas encore totalement en accord avec tout ça, parce que ça n’allait pas encore, parce que j’avais l’impression de me vider mais des fois c’est bien de se vider…pour se remplir à nouveau de mieux, de beau, de bon, de doux, de tendre…

Cette histoire elle a commencé il y a bien longtemps…il y a plus de 10 ans c’est une histoire assez banale, une histoire assez commune, une histoire qui arrive malheureusement trop souvent.

Souvent quand on me demande de parler de mes blessures…Je parle d’une histoire d’infidélité etc. Sauf qu’en réalité celle là elle ne m’a pas fait mal. Me quitter pour qqn d’autre elle ne résonne pas tellement (surtout qu’en pratique lol c’est moi qui ai quitté mais bref) parce qu’au final c’est un « mal » pour un BIEN.

Après je parle d’une peur de l’abandon…sauf qu’en réalité celle là non plus ne me fait pas mal…On ne m’a jamais abandonnée pour de vrai, ouais on m’a quittée mais pareil c’était pour une BONNE raison, on m’a laissée physiquement mais l’amour restait.

Ça a commencé il y a plus de 10 ans, quand je suis tombée dans une relation maltraitante. L’histoire classique d’une nana en manque de confiance en elle sur sa plus value sentimentale, sur ce qu’elle peut apporter à qqn, sur l’amour amoureux qu’on peut lui porter. (Parce que pour tout le reste, la vie apporte des preuves qu’elle peut tout, qu’elle est sans limite…Mon leitmotiv c’était « quand on veut, on peut » j’y crois encore pour tout te dire même si c’est du bullshit pour bcp et même si ça sonne comme une injonction. J’ai tendance à penser que chacun.e pense ce qui est BON pour lui.elle)

En 2008, je me suis demandée ce qui clochait chez moi, pourquoi je n’avais pas d’amoureux, si j’avais un problème. J’étais au fond au fond au fond de moi-même, j’ai même cru à un moment qu’il fallait que je rentre au couvent vu que bon personne ne voudrait jamais de moi parce que bon yavait que 2 chemins : le mariage ou la religion…

Je crois que j’ai totalement flippé à l’idée de devoir rentrer dans les ordres et donc forcément…

C’est pile poil à ce moment là que je l’ai rencontré. Comme un requin sentant la blessure, comme la grippe attendant la fatigue…Parce qu’à défaut de rien, autant prendre le 1e qui semblait s’intéresser à moi. Un mec lambda que je ne trouvais ni intéressant, ni gentil, ni bienveillant, ni beau mais il s’intéressait à moi et c’était mon seul critère…

J’ai vécu pendant 8 ans dans une relation maltraitante. Je me suis rendue complice de ma propre prison par mes pensées limitantes.

Pendant 8 ans, j’ai cru ne pas mériter mieux. J’ai cru que oui c’était tout ce que je pouvais avoir, une relation à distance, des infidélités, des gifles, des critiques, des remarques…Des scènes de jalousie par milliers, parce que j’étais habillée, parce que j’avais des ami.e.s, parce que je vivais.

J’ai donc arrêté…de parler à bon nombre de mes ami.e.s surtout les mecs (tous les mecs d’ailleurs..le mec psychotait même sur mes cousins), j’ai arrêté la danse parce que mon prof était un mec, j’ai arrêté d’aller aux soirées d’internes, je devais des comptes pour à peu près tout, à qui je parlais, pourquoi untel m’envoyait des sms, pourquoi mon voisin venait me demander du beurre, pourquoi je n’avais jamais de libido…

Pendant 8 ans (en fait plus), j’ai cru que j’étais insupportable, que j’étais chiante, que j’avais un problème sexuel, que jamais je ne serais heureuse, que je pensais mal, que je ne comprenais rien, que j’étais sacrément nulle, que j’étais bête, que j’étais excessive, que j’étais l’enfer sur terre.

Pendant 8 ans (en fait plus), j’ai cru être une personne que je n’étais pas.

Des phrases, des phrases, des phrases, des petites, des grandes, qui restent…

Des « Tu n’es pas très intelligente« , « tu es conne » « personne à part moi ne peut te supporter » « personne ne peut t’aimer« .

Des phrases, des phrases, des phrases qui m’ont construite…

Des phrases qui ont modelé mon ego, qui ont créé tout un monde fictif.

Et puis la fin qu’on connait.


J’ai toujours tendance à me dire que tout a un sens et tu es en droit de penser autrement. je ne détiens aucune vérité à part la mienne qui est elle aussi modifiable. Mais je crois sincèrement que quand tu ressens une immense satisfaction quand tu quittes qqn, qq part ton coeur te dit merci.

Au lieu de la douleur que j’aurais du ressentir face à la perte de cet individu qui était soit disant le seul à pouvoir m’aimer, j’ai ressuscité, j’ai été pour la 1e fois un phénix.

j’ai déconstruit tout ce que j’avais appris de moi, j’ai découvert la merveilleuse personne que j’étais pour les autres et pour surtout MOI.

Ça a été un pur moment de bonheur, dans le présent avec mes nouvelles croyances! J’étais magnifique, j’étais lumière, je brillais, je scintillais.

Je volais, je flottais RIEN N’ETAIT IMPOSSIBLE!

J’étais sans limite, j’étais sans peur.

Plus de place au doute vu que j’étais devant une page vierge que seule moi pouvais écrire.

J’ai tout réussi, j’ai tout eu…l’appart de rêve, le boulot de rêve, les activités de rêve, le mec de rêve.

Et puis un jour tout s’est réveillé. Par cette simple phrase « Je ne suis pas amoureux » comme je te l’ai déjà dit dans « On est tous un coeur brisé »

Mon ego s’est réveillé et il m’a dit « Tu vois, il avait raison, personne ne peut t’aimer, tu n’es pas suffisante« 

À partir de là, tout a foutu le camp…j’ai voulu me réparer, j’ai voulu m’améliorer, être une personne aimable, connaître la bonne formule pour que ça fonctionne, tout lire sur l’amour, tout savoir pour être une personne complète, une personne normale…pour ne plus galèrer, pour réussir.

Je n’avais plus qu’une seule mission : La perfection.

De là tout est devenu contrôle, j’ai voulu tout contrôler, moi, ce que j’étais, ce que je ressentais, ce que je voulais, ce que je disais, ce que je pensais.

Tout était millimétré, tout était planifié, tout devait parfaitement collé.

Je pensais, sans cesse, tout tournait dans tous les sens pour que tout soit parfait, politiquement correct, que je sois tjr alignée avec toutes mes idées, pour être cette version aimable.

N’avoir aucune faille, que tout soit toujours cohérent, que tout soit tjr en accord…

J’avais oublié qui j’étais, l’essence de ce que j’étais, ma valeur, mon humanité, que juste le fait d’être vivante était suffisant…qu’être juste moi était assez.

J’ai bien essayé à des moments de me foutre la paix, d’envoyer valser les trucs relous, force de constater que bizarrement c’est à ces moments là que sont arrivées les meilleurs personnes de ma vie quand je me suis dit « Fuck en fait j’ai envie de me foutre la paix, je suis très bien comme ça, qui m’aime me suive mais je ne vais plus m’adapter pour me faire aimer des gens que je crois aimer« . C’est à ce moment là qu’il est arrivé d’ailleurs…

Des mois sans cerveau…des mois à kiffer juste la situation, sans vouloir plus, sans attendre plus, en sachant que les choses arriveront quand il le faudra, qu’on saura prendre des décisions…

Et puis, la méchante sorcière s’est réveillée… »Tu ne comprends rien » ces quelques mots dans un contexte totalement safe, bienveillant, pour une boutade…mais à l’écrit…et même s’il avait dit « rappelle toi que c’est MOI qui parle quand on s’écrit » je l’ai entendu…l’autre…

Je n’ai plus qu’entendu l’autre…et mon ego qui disait « haaann tu vois, je te l’avais bien dit que t’étais naze, que t’étais nulle, que t’étais insupportable, que personne ne peut t’aimer, toi même tu ne trouves aucun adjectif positif pour te décrire« 

Forcément quand on part avec une idée d’échec, on ne peut pas réussir…Du coup ce soir là ben non je n’ai pas trouvé d’adjectif positif me décrivant… +=+ (d’ailleurs je te recommande la série netflix « Explore le monde » l’épisode sur les pensées, c’est pour « les enfants » mais en fait ça devrait être pour tout le monde…)

Et c’était la fin parce que ben lui n’était pas amoureux de cette personne abjecte, cette personne qui n’existait que dans ma tête et dans mes peurs, lui était amoureux de la personne que je suis et que j’ai oublié d’être.

(Petite parenthèse, même si tu es la personne la plus insupportable de la planète pour qqn, tu es une magnifique personne pour toi et pour qqn d’autre et tu mérites l’Amour. Toutes les personnes horribles genre Michel Fourniret, Guy George, ouais j’ai regardé Faites entrer l’accusé et chroniques criminelles, Trump, Poutine and co ont eu des gens dans leurs vies…c’est des fois de la fascination ou de la dépendance affective ou des mariages arrangés mais quoi qu’il arrive, il y aura tjr qqn pour te supporter et te trouver une plus value, je ferme cette parenthèse)

Le bonheur c’est quand l’ego rencontre l’Amour. L’Amour inconditionnel…Je ne pensais pas que ça puisse exister entre des humains n’ayant aucun lien de filiation (et encore…c’était pas une condition sinequanone). je pensais même qu’en fait ça ne pouvait exister qu’avec des animaux parce qu’eux nous aiment dans tous nos états, sont dans le présent…Je pensais qu’il y avait différents types d’amour, celui des animaux, celui des ami.e.s, celui de la famille, celui des amoureux…Mais en fait…non…il n’y en a qu’un et si ça ne l’est pas…ce n’est pas de l’Amour.

En perdant Moun, je me suis rendue compte que j’avais aimé cette boule de poils de façon inconditionnelle. En perdant Moun, je me suis rendue compte que cette boule de poils m’avait aimée d’un amour inconditionnel. En perdant Moun, je me suis demandée pourquoi, la raison de tout ça…c’était celle là : d’apprendre l’Amour Inconditionnel pour pouvoir l’identifier. Pas de bol, j’ai mis du temps. Pauvre petite peluche, il a du se retourner dans sa tombe (Oui Moun a une tombe, il est derrière ma chambre chez mes parents, on a planté des fleurs sur lui, d’ailleurs Pepper sa pote chatte se pose souvent près de lui et ça me fait sourire) mais depuis 2 semaines, il doit me regarder avec un sourire lui aussi.

L’Amour sans condition, l’Amour peu importe ton état, ton humeur, ton physique, tes idées…du moment que tu es toi, l’Amour sans attente, l’Amour sans projection, l’Amour sans peur, l’Amour sans se voiler la face…

Ça ne veut pas dire sans projet, sans envie, juste arrêter de faire des plans sur la comète ou dans le futur, juste arrêter de vouloir des choses, juste arrêter d’être dans l’attente de qqch d’autre, d’une autre condition…accueillir ce qui arrive et faire ce dont on a envie là maintenant…

C’est avec cette fin que je l’ai compris, que je l’ai su…

C’est avec cette fin que j’ai réalisé le lien qu’il existait encore entre l’autre et moi, que ces phrases négatives ben je voulais leur dire bye bye aussi pour de bon, à tout jamais et que ça ne dépendait que de moi de voir ma véritable valeur. Il était temps de s’en débarrasser et je ne voulais plus passer une minute de plus avec des idées qui n’étaient pas les miennes.

Alors j’ai exorcisé, j’ai exorcisé, je me suis vidée, vidée, vidée et je me suis remplie de ces mots d’amour de lui, des mots d’amour de ma clic, des mots d’amour de Moun, des mots d’amour de moi à moi-même.

Je me suis rappelée la personne magnifique que j’étais juste en étant moi sans en faire trop, sans en faire bcp, sans faire d’effort, sans vouloir me régler, me réparer, EN ME FOUTANT LA PAIX.

Je me suis rappelée que j’étais/je suis aimable par moi, agréable pour moi et que je n’avais pas à être autre chose pour qui que ce soit. (Qui m’aime me suive hère we go! if you don’t like who i am, don’t try to love me)

Je ne suis pas mon passé, je ne suis pas mes blessures, je ne suis pas mes problèmes, je ne suis pas mes combats, je ne suis pas mes convictions, je ne suis pas cette histoire, je ne suis pas ces/ses paroles.

Il y a une différence entre AVOIR/FAIRE et ETRE.

Je suis MOI et c’est beaucoup, c’est assez!

Je suis ce que je suis là tout de suite au moment où je t’écris, ni ce que j’ai été il y a 1h ni ce que je serai dans 2 ans, ni ce qu’on veut me faire croire que je suis ni même ce que j’ai cru être!

Je n’ai pas à changer, je peux être ce que je veux du moment que c’est ce que je veux POUR MOI, pour me faire du BIEN à moi-même et pas pour arranger les autres, pour me faire aimer d’autres.

Pendant 2 semaines, j’ai donc supprimé toutes ces phrases, une sorte de DELETE, de RESET même, à base de reprogrammation, d’auto hypnose, prières, huiles essentielles et fumigations (ouais je suis un peu sorcière quand même), des trucs que je savais mais que je ne faisais pas comme engluée par qqch et tu me croiras ou pas…le dernier jour, en regardant mes story instagram, je l’ai vu l’autre…l’autre au travers du compte instagram de sa compagne en train d’épier. Comme s’il sentait que ça y est l’emprise n’était plus…j’ai souri en me disant que je n’avais plus de temps pour ces conneries.

Et puis hier, j’ai su qu’il fallait que je te raconte cela…parce que je l’ai croisé celui qui n’était pas amoureux (ouais ma vie est une blague…elle me fait des private joke, je me marre souvent toute seule juste en y repensant). Je l’ai croisé en ayant Queen Bee dans mes oreilles à vélo (oui c’est interdit mais ça me fait du bien donc je le fais). Je l’avais déjà croisé de multiples fois mais ça m’avait fait maaaal. J’avais même arrêté d’aller aux cours de danse car sa copine était subitement arrivée au même cours que moi (sorry JP et ouais Paris c’est petit) et que je le vivais ultra mal. Et hier…rien…hier…juste de la gratitude, de la bienveillance. Un coucou, un échange de banalités entre adultes non blessés qui vivent. Parce que le rencontrer m’a fait avancer, parce que sa phrase m’a fait tomber dans ce qui n’était pas encore nettoyé, parce qu’aujourd’hui j’ai nettoyé, j’étais en paix, pas une fausse, pas une transitoire, non la vraie paix parce que je l’avais identifiée et que je prenais le choix de la garder.

L’Amour c’est réciproque, sinon ça n’en est pas, ça n’en est plus. L’Amour ne se dit pas, il se ressent et il se vit. L’Amour ne fait pas mal ni quand on se rencontre ni quand on se quitte. L’Amour ne fait pas peur, c’est l’ego qui fait peur…

Celui qui veut tjr plus, qui veut acquérir, qui veut faire…

Alors qu’en réalité, il suffit juste d’y croire et de vivre…

Depuis j’ai perdu 4 kg, mes ovaires refonctionnent, mon acné s’est calmée, je respire, je dors bcp mieux, il fait beau dans le ciel et dans ma tête.

J’ai ressenti le besoin de te le dire alors que oui je me mets à nue, je te confie que j’ai été giflée, qu’on a insisté pour avoir du sexe avec moi, que j’ai eu une confiance en moi merdique et que j’ai saboté la plus belle relation que j’ai pu avoir jusqu’à présent parce que je crois que c’est important de te dire que toi seul.e est maitre.sse de tes pensées, que toi seul.e peut décider qui tu es, que tu as de la valeur peu importe ce que tu crois et ce que les autres te disent. Donne toi du pouvoir, ne le donne pas à d’autres. Tu es le.a mieux placé.e pour t’aimer, pour te donner de l’amour. Tu es fort.e, tu peux le faire, tu n’es pas une victime, tu peux t’en sortir, il t’est arrivé des choses je n’en doute pas et je ne remets pas ça en question mais tu peux aussi t’en libérer et vivre de belles choses, ce ne sera peut-être pas évident, ni rapide ni en solo mais je crois que tout est possible et les croyances sont faites pour nous aider et pas nous bloquer. Rien ne te conditionne!

Je ne te dis pas de toujours positiver ni de sourire tout le temps ou d’être content.e quand tu te casses la gueule ou qu’il t’arrive des merdes mais de te dire que c’est dur « pour l’instant » et d’être convaincu.e qu’un jour ton sourire reviendra.

Tu as peut-être un sac de problèmes, tu n’es pas le sac de problèmes, tu peux le déposer en faisant des choix certes difficiles mais nécessaires pour toi…

Moi j’ai déposé mon sac…j’ai déposé cette histoire…j’ai déposé ces croyances…Et maintenant je crois que le meilleur est à venir et que l’Amour j’ai déjà croisé sa route et qu’il n’y a que les montagnes qui ne se rejoignent pas.

Je t’envoie tout plein de love brut!

PS: Tu es tellement plus que tu ne le crois… 

PS2: Merci…

PS3 : Prends soin de toi

PS4 : Si tu vois cet article comme une injonction au bonheur, je ne vais pas m’en excuser pour une fois, chacun.e son point de vue, pour ma santé mentale, mon bonheur est important et je choisis d’oeuvrer dans ce sens. il peut en être autrement pour toi.

PS5 : Prends ce qui te fait du bien dans cet article

PS6 : Et puis Je t’aime…

PS7 : Dans notre échange de banalités, il m’a dit avoir pensé que j’avais quitté Paris…j’ai répondu que j’avais du y penser trop fort…Et c’est vrai, je pense très fort…au point de réaliser mes pensées…alors à moi de choisir celles que je veux voir se concrétiser.

PS8 : Ouais ça peut paraître rapide et fragile…que t’y croies ou pas importe peu, Je suis un Phénix!

 

 

Mes petits kiffs

Ces petits bonheurs

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Paris, France, Avril 2020

Je reprends l’idée de Pépita (cet article ) de te partager les petits riens qui me font du bien.

Je t’ai déjà raconté que je tenais un carnet de la joie qui contient tous ces petits moments de rien qui remplissent mon coeur et rendent la vie plus belle.

Ces petites choses banales qui me font du bien…

 


 

Boire un chocolat chaud réconfortant

Colorier des mandalas

Prendre une douche bien chaude

Danser de la façon la plus sexy qui soit

Ecrire des poèmes ou juste laisser le stylo filer

Faire un câlin

Monter sur la terrasse et regarder le ciel, la lune, les étoiles, les nuages

Appeler les copains

Manger des crêpes au nutella (ou équivalent moins caca)

M’enrouler dans un plaid doudou

Méditer en position allongée

Ecouter les bruits de la nature

Prendre une descente à vélo et écarter les jambes

Faire une sieste dans un hamac

Me promener dans Paris la nuit avec une jupe ou une robe qui tourne

Rentrer chez moi au petit matin avec l’ivresse de la nuit blanche sobre

Regarder par le hublot d’un avion ou la fenêtre d’un train

Marcher pieds nus dans l’herbe

Refaire le monde avec quelqu’un

Trier mes vêtements et faire un essayage de ce que je ne mets plus

Lire des poèmes

Mettre les mains dans la terre

Parler à mes plantes

Enfiler un sweat de danse

Mettre une playlist de jazz

Me lever tôt et voir le lever de soleil en été

Sentir les rayons de soleil sur la peau de mon visage

Ne pas porter de culotte

Ne pas porter de soutien gorge

Boire un coca-cola frais dans une bouteille en verre l’été

Regarder ma vidéo de Bali

Faire une sieste au parc l’été (globalement l’été c’est chouette en fait)

Passer des dimanches sans téléphone l’hiver et cocooner

Manger une burrata

Me faire masser

L’embrasser

Purifier chez moi

Sauter dans une flaque d’eau

Rire à gorge déployée

Les journées sans réveil

Voir un spectacle de danse

Chanter du zouk de l’époque collège chez mes parents

Voir ma famille

Gribouiller dans le carnet gribouillis

Nager nue

Dormir jusqu’à pas d’heure

 

Et toi, qu’est ce qui te fait du bien?

 

Love

 

PS: Le bonheur c’est le plaisir X par le temps…C’est vivre des moments de joie, c’est vivre…c’est pas une destination, c’est être dans le présent.

PS2: Tu as le droit d’être triste, anxieux.se, dépressif.ve, énervé.e, j’espère juste que ça ira mieux pour toi

PS3: Tiens écoute ça 

 

 

 

Mes petits kiffs

« On est tous un coeur brisé »

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Marseille, France, Mars 2020

Quand j’ai lu cet article de Marion Seclin encore Que tu peux lire ici , j’ai eu envie de faire un article et puis je me suis dit que bof ça n’intéresserait peut-être pas grand monde et puis ma petite m’a envoyé cette capture d’écran du même article…donc j’ai pris ça pour un signe de l’Univers!

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« On est tous un coeur brisé« …je ne sais pas pour le tou.te.s mais en tout cas beaucoup de gens oui!

Le mien, il a été mis en poudre, il a été flingué, il a été malmené, il est triste à l’heure où je te parle mais il est toujours là…avec des cicatrices de fils d’or.

Comme pour me rappeler que des mauvais moments il peut en ressortir qqch de beau…

La 1ere fois que j’ai vraiment eu le coeur brisé (parce qu’avant je croyais mais en fait non), j’ai eu le syndrome du coeur brisé, ça m’a fait l’équivalent d’une douleur de crise cardiaque. Comme si il se serrait pour disparaître au plus profond. C’était une douleur physique. J’avais mal à vouloir me l’arracher de la poitrine. J’ai mis du temps à l’accepter mais ma médecin généraliste m’a affirmé que oui ça pouvait exister et qu’on pouvait en retrouver les stigmates physiques anatomiques. Une douleur brutale mais fugace…Je me suis alors occupée de Petit Coeur, je lui ai mis ses premiers fils d’or. Ça a été court parce que Petit Coeur avait souffert certes mais pas Cerveau. Cerveau était plutôt serein et en accord avec la décision, il a dit à Petit Coeur « T’inquiète pas, ça va aller, on s’aime le reste viendra« 

Game Over Try Again

Et puis, Petit Coeur a voulu replonger tout entier. Cerveau n’a pas vraiment cherché à le freiner, tout collait. Alors on y a été et puis au moment où tout commençait à monter en exponentiel…la claque… « Je ne suis pas amoureux » et là il a morflé Petit Coeur. Il était prêt, il était dans les starting block et BAM. De nouveau… Il est redescendu penaud, une balafre en plein milieu. Il s’est posé beaucoup de questions, alors il a demandé des réponses à Cerveau. Cerveau l’a rejoint dans la descente parce que lui non plus ne comprenait pas, dans cette phrase « je ne suis pas amoureux« , lui il a entendu « Je ne suis pas amoureux DE TOI » il l’a interprété comme « On ne peut pas être amoureux DE TOI » et il s’est dit « qu’ON NE POUVAIT PAS ÊTRE AIMÉ« . Il est un peu comme ça mon cerveau, il réfléchit de façon négative, il nous poignarde, il dit des trucs horribles qu’on retient. Cette fois, pour soigner Petit Coeur, ça a été dur parce qu’il était amoché pas beaucoup mais surtout parce que Cerveau ruminait dans son coin « à quoi bon?« . Tout le monde allait mal…Cerveau voulait une bonne raison de laisser Petit Coeur fonctionner « à quoi bon prendre le risque que ça ne fonctionne pas?« , Petit Coeur voulait que Cerveau le laisse aimer, que ça fonctionne ou pas d’ailleurs. Ils ont conclu un pacte en secret, Petit Coeur pouvait aimer mais Cerveau devait être suffisamment rassuré qu’on était aimé en retour. Petit Coeur a dit ok. Cerveau a dit qu’il voulait aussi connaître la recette parfaite pour que ça fonctionne. Alors on est allé dans des ateliers, dans des conférences, on a lu, on a écouté, on a regardé. On croyait savoir…(les certitudes tout ça tout ça)Petit coeur était tout beau avec ses fils d’or tout neufs…

Il battait…

Et puis ce qui devait arriver, arriva. Petit Coeur n’a pas beaucoup hésité parce que c’est comme ça qu’il est mon coeur. Il bat fort, il bat vite, il est intense et puissant. Tout roulait pendant de nombreux mois. On était aimé…On a aimé…

Et puis Cerveau est apparu un soir de février, en lui rappelant le pacte secret…

Cerveau avait dit qu’il voulait être rassuré…suffisamment…qu’on était aimé…Coeur avait accepté…C’était le pacte…Sans ça, tout s’arrêtait!

Sauf qu’à partir de là, suffisamment ne suffisait jamais…que suffisamment n’était jamais assez…

Que même 100 sms par jour ne suffisaient pas

Que des milliers de je t’aime ne suffisaient pas

Que des coeurs partout ne suffisaient pas

Parce que cerveau disait toujours « et si? » « et pourquoi? » « et comment? »

Cerveau en voulait toujours plus, et plus et plus. Et est-ce qu’on était vraiment sûr? Est-ce que ça allait fonctionner? Et si on voulait avancer comment allait-on faire? Fallait-il déménager? Et si les ovaires ne fonctionnaient plus? D’ailleurs peut-être étions-nous les seuls à vouloir avancer? le futur, le futur…

Des questions à n’en plus finir…

Des questions à ne plus en vivre…

Des scenarios, des angoisses, des inquiétudes

Cerveau étouffait Petit Coeur

Cerveau avec sa voix de malheur

De là est apparue la psychose… et ma joie de vivre s’en est définitivement allée, comme si Cerveau avait oublié tout ce qu’il était en dehors de ça, comme si Cerveau avait oublié qu’en fait on était tous heureux et qu’il n’en fallait pas plus, comme si Cerveau voulait saboter…Parce que Cerveau avait peur…

« Il n’a pas dit bonjour, il ne pense pas à moi, il ne m’aime plus« 

« Il me parle moins qu’avant, il doit me trouver chiante« 

Cerveau avait perdu la raison, il répétait sans cesse que ça n’avait pas fonctionné avant, il refaisait le film encore et encore, il ressortait toutes nos insécurités, il voulait des certitudes, il voulait des plans, il voulait du futur, il posait des questions à Petit Coeur qui n’avait pas de réponses parce que lui il était dans le présent et que ben le reste ne comptait pas, mais Cerveau prenait ça comme la certitude que ça n’allait pas fonctionner vu qu’on n’avait pas de visibilité, nous entrainant dans une chute inévitable. Cerveau a pris le dessus…

Je veux dorénavant voir chaque personne pour ce qu’elle est, plutôt que de lui faire subir les coups de poignards du passé.

Chaque personne est unique…chaque histoire est différente et si tu as l’impression qu’elle se répète c’est peut-être que tu n’as pas retenu l’enseignement à en tirer…

et comme dit Marion :

Personne ne doit porter mes insécurités à moi

Parce qu’en réalité ce n’est pas à l’autre de rassurer mon cerveau. Cerveau n’en aura rien à faire des actes et paroles d’autrui en réalité, ça n’aura pas d’impact!

La seule personne qui peut rassurer Cerveau c’est moi…Il n’y a que moi qui peut montrer à mon cerveau que je suis aimable parce que la 1e personne, la plus importante, qui doit m’aimer…c’est moi et lui montrer que c’est ça qui compte, que le reste c’est du bonus.

C’est ça, la seule certitude à avoir…

Ce soir là de février…c’est moi qui ne m’aimais plus…parce que j’avais oublié qui j’étais, j’avais oublié ce que j’étais, parce que je n’étais plus que l’ombre de moi-même, parce que je n’allais pas bien, parce que je ne me trouvais que des défauts, parce que j’étais cette personne triste, en colère, stressée, négative que je n’aime pas, parce qu’à la question « décris-toi en un mot » moi à la différence des autres, je ne trouvais rien de bien, rien de cool à dire…parce que je n’étais plus heureuse avec moi-même…juste dans le présent, là juste maintenant…

Si je ne m’aime pas, qui m’aimera? Personne

Et si je m’aime, qui pourra abîmer à la fois mon coeur et mon cerveau? Personne

Si je m’aime, mon Cerveau il se tait et quand on renvoie Petit Coeur dans les cages, il accepte, il le laisse tranquille, il le laisse repartir…

Parce qu’au fond Cerveau, il n’a peur que d’une chose : de ne pas être aimé

Ça a pris plusieurs semaines pour éteindre la psychose, me rendre compte du réel problème et à agir.

Entre temps, ça nous a abîmé. L’amour est parti parce que c’est l’Amour ou la peur dans la vie. Toujours. C’est binaire. L’Amour avec un grand A, la peur avec un petit p. Ils ne peuvent pas coexister.

Et malgré toute sa patience et tous ses mots, on aime à deux, on s’aime soi et soi et on aime nous. Et autant +=+ autant le – entraine tout le monde dans sa chute.

J’ai oublié l’Amour, le mien, je ne m’en suis pas occupée alors que dans tout couple surtout celui avec soi-même, il faut s’en occuper, se le rappeler, s’aimer, se le montrer, se complimenter, s’offrir des cadeaux, passer des moments de qualité, se toucher, être là pour soi.

J’ai laissé la place pour que la peur s’engouffre. Qu’est ce qu’on y gagne? Rien à part de devoir recommencer à 0 et de pouvoir mieux réussir la prochaine fois…

On est tous un coeur brisé mais aujourd’hui je ne veux plus me définir comme tel ni laisser mon cerveau se conduire comme tel…alors cette fois, je ne vais pas uniquement mettre des fils d’or, parce que quoi qu’il arrive Petit Coeur rebat toujours, Petit Coeur renaît de ses cendres, on peut le rembarrer comme on veut, Petit Coeur se remet toujours debout…Non cette fois, je vais reprogrammer mon cerveau pour qu’il s’éteigne quand on aime et qu’il se calme quand Petit Coeur va mal. Parce qu’il ne nous apprend rien de bon à ces moments là et nous donne de mauvaises idées, de mauvais plans, de mauvaises instructions. De toute façon Petit Coeur a son instinct. Il n’est pas inconscient, il sait faire des choix et puis s’il se trompe ce n’est pas grave parce qu’il aura aimé…fort…

Et puis on va s’aimer aussi pour de vrai…et arranger le quotidien pour le rendre de nouveau agréable quoi qu’il en coûte.

Ça prendra du temps, je le sais. Mais ça en vaut la peine!

On est un coeur qui bat…Pour moi-même, pour lui et pour les autres…

Love

PS: Mon cerveau n’a qu’une peur : celle de ne pas être aimé…

PS2: Sauf que Je l’aime…

PS3: Je m’aime (un peu)

PS4: Et Je t’aime (bcp)

PS5 : Et si ce n’est pas réciproque, ce n’est pas grave car le plus important est là.

PS6 : Je ne connais pas la formule de l’Amour, j’aime mal, trop, maladroitement…mon ego est trop présent et je fais souvent des plans sur la comète parce que le futur m’angoisse avec son caractère imprévisible…Il faudrait lâcher prise et puis être dans le présent mais ce que j’ai compris avec tout ça c’est que mon cerveau se réveille dès que mon présent ne me convient plus. Le problème c’est qu’à ces moments là au lieu de se concentrer sur moi, sur comment m’améliorer moi dans mon présent, je veux rajouter des éléments extérieurs parce que c’est plus facile hein de demander aux autres plutôt que de fouiller à l’intérieur de soi. On rentre donc dans le besoin et pas l’envie, dans la dépendance et pas l’Amour. 

PS7 : Je t’envoie du love tout de même parce que malgré tout, mon Petit Coeur il déborde et débordera toujours d’Amour à donner. 

PS8: Cet article j’ai commencé à l’écrire avant la fin…comme quoi pareil…l’Univers tout ça tout ça…

PS9: Je ne vais pas te mentir et te dire que « ça vaaa tkt », en réalité ça va moyen, ma fidèle amie est ma couette, la clic est là et j’ai envie d’une glace haagen dazs macadamia mais je suis en vie, Petit Coeur rebattra parce qu’il est comme ça…que ce soit dans 6 mois, 1 an ou 10 ans. Et en attendant que cette belle aventure revienne frapper à ma porte, je m’occupe de reprogrammer Cerveau. Et puis s’il ne bat pas pour qqn d’autre, il battra pour moi.

PS10: Cette fois, Petit Coeur ne souffre pas vraiment, je crois qu’il aime toujours mais il sait que la priorité n’est plus l’autre mais moi. Il y a Cerveau qui crie au fond « ça ne va jamais nous arriver de nouveau », il est un peu trop radical Cerveau c’est toujours des toujours et des jamais avec lui. On le laisse un peu crier 1 jour ou 2 encore, le temps de prendre des forces, après on le fera taire pour de bon. Le bullshit ça a assez duré.

PS11: Et puis je souris toujours quand elles me disent « non mais plus jamais ça n’arrivera, l’Amour c’est fini »…

 

Mes petits kiffs

Toi, tu es le seul qui restera jusqu’à la fin

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Paris, France, Mars 2020

Alors je vais essayer de prendre soin de toi…

Il y a quelques jours, une magnifique personne a publié Mon corps et moi ça m’a fait penser à cet article que j’avais essayé d’écrire après avoir visionné Mon corps – ce héros de Marion Seclin il y a quelques années et puis j’avais renoncé.

Parce que c’est tjr difficile de parler des complexes parce qu’ils ne sont jamais compris, parce que les autres les minimisent, parce qu’on te dit qu’il faut s’accepter, qu’il faut aimer son corps peu importe comment il est alors que ce n’est évident pour personne et que certain.e.s sont discriminé.e.s de façon systémique de part leur physique.

En ce moment, je remplis un carnet de la joie. idée d’Elise Francisse, je t’invite à regarder La vidéo qui a changé ma vie , hormis que cette idée est totalement géniale et que je t’invite à faire le tien, la partie sur les parties du corps qu’elle aimait m’a interrogé.

Je sais pertinemment les parties de mon corps que je n’aime pas : mes pieds plats avec mes 5e orteils de travers, mon ventre tout mou, mes lèvres toutes petites et sombres, mon nez trop large et trop rond, mes yeux trop plats, mes cils trop courts, mes cicatrices d’acné ou d’opérations, mes fesses cellulitées, mon double menton, mes cuisses trop épaisses, mes aisselles foncées. Je les connais par coeur et je sais même exactement pourquoi je ne les aime pas à force de me scruter dans ce miroir sous tous les angles à en prendre des positions cheloues.

Mais les parties de mon corps que j’aime…vide intersidéral alors j’ai essayé de faire un effort :

J’aime mes oreilles que j’ai pimpées avec 6 piercings, elles sont d’une forme qui me convient totalement.

J’aime mes seins dont la taille varie tous les mois, qui pendent un peu mais qui sont doux

J’aime mon duvet intégral, héritage de mon père qui rend ma peau douce et qui me donne envie de me faire des auto-câlins Solange t’apprend ici à les faire (je viens de réaliser que dans cet article il n’y a que des femmes que j’adore!)

J’aime quand même l’arrondi de mes fesses

J’aime mes cheveux qui sont en parfaite autonomie, ils font leur vie, je fais la mienne, j’aime leur côté vaporeux, qui me donne un volume de dingue et qui pétillent

J’aime mes mains, petites mais délicates, que je prends plaisir à faire danser et qui me permettent de sentir des textures diverses et variées

J’aime mes jambes plutôt bien proportionnées, plutôt droites

J’aime mes poignets un peu osseux, tout fins

J’aime mes dents pas totalement blanches mais droites, sans écart, sans chevauchement, je remercie le travail de l’orthodentiste qui a sauvé ma dentition après 9 ans de pouce gauche humide

J’aime mes grains de beauté de mon avant bras, signe commun avec mon père et ma soeur

J’aime mon grain de beauté sur la paume de ma main gauche à la base de mon 5e doigt parce que je le trouve unique et assez caractéristique

J’aime mes organes internes : mon foie et ma rate qui ont tenu le choc lors de ma mononucléose en 2012

J’aime mon coeur qui palpite souvent quand je suis stressée ou quand j’arrête le sport trop longtemps parce qu’il est vivant et me montre qu’il peut battre fort quand j’en ai besoin

J’aime mon cerveau aux 1000 pensées, qui s’affole qui essaie de tout contrôler et qui ne lâche jamais l’affaire

J’aime mon tube digestif rien qu’à l’idée qu’il y a des mètres et des mètres dans mon petit corps d’1m56 et que mon ventre non plat arrive tout de même à rendre ça très discret

J’aime mes sourcils un peu épais, qui habituellement sont épilés mais là vivent leur meilleure vie

J’aime mon cou et ma nuque qui me donnent des frissons comme ça devrait être interdit…

Alors Merci mon corps, pour tes kilos en trop selon moi, pour tes imperfections qui me rappellent que tu es vivant, qu’il t’est arrivé des trucs, pour toutes les sensations que tu me procures, pour les joies que tu m’apportes, pour être là et en bonne santé.

Je t’aime et tu me le rends au centuple, pardonne moi pour toutes les fois où je t’ai maltraité, où je t’ai imposé des nuits sans sommeil, où je ne t’ai pas nourri parce que je me trouvais moche, où je t’ai fait du mal, où je t’ai négligé, où je t’ai insulté, où je me suis concentrée sur ce qui n’allait pas alors que tu fais toujours de ton mieux…

Love

 

PS: Tu as le droit de ne pas aimer ton corps, tu as le droit de le modifier, tu as le droit de t’en foutre

PS2: Par contre on n’a pas le droit de juger TON corps et de te discriminer à cause de de celui-ci

PS3: Vraiment, fais un cahier de la joie, c’est EXTRA!

PS4: T’as le droit de pimper ton corps aussi avec du maquillage, de l’épilation, du push up, tout ce que tu veux si tu en as envie pour toi

PS5 : Dis lui que tu l’aimes, de temps en temps, même si c’est pas vrai, tu verras ça fait du bien

PS6: J’adore les vidéos de Solangeteparle avec sa délicatesse, j’aime les vidéos de Marion Seclin quand elle parle à son corps (celle sur le cerveau et le coeur me donnent envie de chialer à chaque fois), j’aime les vidéos d’Elise Francisse qui à chaque fois me font développer ma créativité.

Quoi de neuf docteur?

J’aime pas quand on me dit Merci

 

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Paris, France, Avril 2020

Alors le concept de gratitude, ça, ya pas de problème, je remercie la vie, l’univers, les gens etc etc…

Mais alors quand il m’est adressé…l’angoisse.

En ce moment…c’est pire! Je ne vais rien t’apprendre mais on est en confinement, c’est compliqué, je bosse en planification familiale, donc qd les femmes arrivent à me trouver pour faire une IVG ou quand elles arrivent à nous joindre pour nous raconter leurs enfers…Elles me disent MERCI.

À ces merci, je réponds « c’est normal », pas pour sous estimer ce que je fais mais parce que je suis réellement convaincue que cela devrait être normal, de pouvoir aider des gens, de pouvoir les écouter, de pouvoir les recevoir.

Mais force de constater que non…j’ai du appeler 2 labos qui ont dit « que quand même la priorité n’était pas de tuer des enfants », 3 radiologues qui ont dit « que c’était pas une urgence » et je te passe les faux numéros verts qui culpabilisent etc etc etc…

BREF, ça, c’est pour l’IVG.

Pour les violences…on a un numéro pour envoyer des SMS parce que ouais hein c’est pas évident de base d’appeler (hello les phobiques du tel comme quoi qui transpirent quand on doit passer un coup de fil) et encore moins quand tu vis avec qqn de violent! et on répond par mail aussi!

Bref, je vais te raconter l’histoire de Mme F 25 ans.

Mme F a 25 ans, elle bosse en freelance, elle vit dans un studio à son nom. Elle rencontre un mec, bof qui a « l’air normal » (now quand on me dit ça, je me méfie, je ne sais pas ce que c’est la normalité avec tout ça) bref il a l’air normal. 2-3 resto, 2-3 cadeaux, il lui dit qu’il est fou d’elle mais que misère, iels ne peuvent pas rester ensemble s’iels ne sont pas mariés (non je ne vais pas sur un terrain glissant, ceci n’a rien à voir avec la religion musulmane, ça a juste à voir avec des connards, je trouve ça dingue qu’il faille encore expliquer ça mais bon).

Bref donc Mme F se retrouve mariée sans être présente à son mariage (je ne sais pas comment c’est possible) de façon « religieuse ». De là Monsieur change…(toujours ils changent…non je déconne! Pas de généralité, il existe des personnes très bien et qui le restent) il commence à être un peu insistant pour les rapports sexuels, il commence à vouloir rester tout le temps dans son appartement à elle, ben iels sont marié.e.s qu’il lui dit, il exige un double des clés (misère misère) et il débarque chez elle sans frapper à n’importe quel moment (merci l’intimité).

Et puis ça s’enchaine, les critiques, les reproches, les insultes. Petit à petit, il lui demande de changer son style vestimentaire. Il ne faut pas s’habiller comme une tchoin qu’il dit. Et puis il « se calme » qu’elle me dit, il lui propose d’aller faire ses courses pour elle, il lui propose de payer son loyer un mois où elle galère financièrement…Petit à petit, elle ne maitrise plus rien de sa vie…ni ce qu’elle porte sur elle, ni ce qu’elle mange, ni rien.

Elle n’a plus le droit de voir ses ami.e.s, elle leur envoie un sms qu’il lui dicte, il fouille son téléphone. Elle parle peu à ses parents qui ne sont au courant de rien « pour ne pas les inquiéter » et puis les gifles arrivent peu de temps après.

Puis ce qui devait arriver, arriva, vu qu’elle ne peut pas prendre de moyens de contraception parce qu’il fouille tout et lui a interdit, elle tombe enceinte. Il le sait parce qu’elle n’a pas écrit « serviettes hygiéniques » sur la liste de courses et qu’il tique tout de suite. De là elle apprend qu’elle n’est pas la seule, il y a une autre femme enceinte elle aussi…

Son monde s’écroule.

Elle galère pour sortir de chez elle, vu qu’il la piste, alors quand je lui apprends que je peux faire l’échographie sur place et que sa vieille carte de groupe sanguin qui date de son appendicectomie à 8 ans suffit, elle est contente.

Je la reçois, elle me déballe tout ça, je lui explique la procédure, je lui demande comment elle va cacher les comprimés, les ordonnances tout ça, on trouve une stratégie. Je lui demande ce qu’elle va lui dire pour expliquer cette grossesse qui s’arrête, on trouve une stratégie. Je lui demande comment elle peut sortir de cet enfer, on trouve une stratégie.

Et puis elle m’a dit Merci…

Elle m’a dit merci, elle a pris ses comprimés, ses enveloppes et elle est partie. Elle a promis de nous appeler la semaine d’après, elle ne l’a pas fait. On ne pouvait pas l’appeler nous parce qu’elle nous avait donné consigne de ne pas le faire vu qu’il surveille ses appels voire même a son téléphone à elle sur lui. J’ai vu qu’elle avait pu faire son contrôle biologique et que la grossesse était finie. J’ai soufflé un peu en espérant que la prochaine étape serait que cette relation se termine aussi.

Ça m’a pris 1 semaine pour digérer tout ça, 1 semaine pour arrêter d’y penser, 1 semaine pour arrêter de dire « mais quelle bande d’enfoirés« , 1 semaine pour arrêter de me dire « Mais tu imagines si toi un jour tu te retrouves embarquée dans une histoire comme ça« , 1 semaine pour arrêter de me dire que tous les hommes étaient des pervers narcissiques manipulateurs, 1 semaine pour arriver enfin à faire la distinction entre une absence d’ego et un « je m’en fous de toi, je disparais, je me tais pour que tu deviennes totalement dépendante et que je te brise« , 1 semaine pour me dire #notallmen parce que j’avais oublié, 1 semaine…

Ce merci il me fait mal…

Merci de quoi? d’être humaine? d’essayer d’être bienveillante? d’être là pour celleux en souffrance? de vouloir que la planète tourne un peu mieux. Beaucoup de gens me mettent sur une sorte de piédestal. Je ne me considère pas comme irremplaçable, si ce n’est pas moi, d’autres le feront (du moins j’espère). Je n’ai aucune gloire ni aucun courage à faire ce que je fais parce qu’en plus je ne le fais pas toujours bien même si je fais toujours de mon mieux.

J’ai fait ce choix un jour parce que je crois que le mot qui me définit le mieux c’est altruiste. J’aime aider, ça me démolit, ça me détracte, ça me fait du mal aussi de temps en temps mais c’est la mission que j’ai décidé de donner à ma vie actuellement. Mais ce choix me donne aussi beaucoup de satisfaction quand on s’en sort, quand j’entends certains discours qui me font espérer que ça ira mieux, quand je vois les choses avancer (doucement mais avancer tout de même).

J’ai un prisme particulier, accentué probablement bien que…quand tu regardes les stats je ne suis pas certaine.

1 semaine…

Parce qu’il y eu encore une fois un Merci, parce qu’en ce moment j’en ai beaucoup des merci…

Parce que la violence, la souffrance, l’anxiété, je peux la supporter au travail, même si en ce moment, on explose tous les compteurs…(forcément les huis clos je t’en ai déjà racontés et globalement c’est l’image d’une allumette devant la bonbonne de gaz) mais je ne peux plus la supporter et la voir dans les autres sphères de ma vie et du coup avec le contexte actuel c’est ULTRA DIFFICILE! (hello BFM, hello les publications conspirations, les appels à l’hyperproductivité, les injonctions, l’écoanxiété etc etc)

Il y a maintenant 2 semaines et demi, que je fuis les réseaux sociaux, même ceux que j’adore, que je fuis les actualités, que je fuis les mails, parce que le contexte est compliqué, que tout le monde est anxieux et que je ne peux pas en fait absorber le stress des autres au quotidien en plus de celui pour lequel je suis payée.

C’est aussi ça être humain.e et aider. S’aider déjà soi, prendre de bonnes décisions pour soi, respecter ses limites.

Alors n’hésite pas à profiter de ce moment pour trier ce qui t’apporte de la joie ou du stress, les gens qui te font du bien ou pas, les activités qui t’apportent plus qu’elles ne te prennent. (même si cela veut dire que tu te désabonnes et que tu ne lis plus mes articles, fais ce qui te semble bon pour toi)

Love

PS: Mme F va s’en sortir, malgré sa précarité, elle n’est pas dépendante administrativement, elle a un travail, un entourage et elle n’est pas dans le déni et elle a des stratégies. J’en suis persuadée!

PS2: J’ai demandé à Mme F quand même pourquoi à chaque fois on me racontait la même histoire…elle m’a dit qu’il existait des « Couille Club » où ils se donnent des bonnes idées et astuces pour biiiiiien « dresser leurs femmes » J’ai eu envie de vomir.

PS3: Ça peut arriver à beaucoup de personnes, les plus grandes maladies du monde je crois que c’est le manque de confiance en soi, le manque d’estime de toi et le manque d’amour pour soi…ça attire des gens qui veulent en profiter, ça te met dans une situation de dépendance, d’emprise et le piège se referme.

PS4: Si un jour j’ai des enfants, je pense que c’est ce que j’essaierais de leur apprendre…ne pas attendre de l’autre même si c’est pas évident. Qu’on peut avoir des envies avec qqn mais que c’est la cerise sur le gâteau. (après ce n’est pas ce que la société définit comme « réussir sa vie »…faut être marié.e.s, avoir des enfants, le cdi pour faire le prêt immo pour la maison avec jardin, les 2 chiens et le monospace qui encore actuellement demandent souvent la participation d’un tiers, il y a d’autres schémas possibles même si tu as le droit de vouloir tout ça et de l’avoir d’ailleurs, par exemple je veux tout ça aussi (ouais ouais ça change doucement pour l’histoire des enfants) mais j’essaie d’abord d’avoir d’autres aspirations qui me font elles aussi vibrer genre aider, genre m’épanouir solo, genre plonger dans une rivière nue, genre ne pas stresser si tout ça n’arrive pas parce que j’existe et suis déjà heureuse et puis au pire je peux me marier religieusement avec pierre, paul, jacques visiblement ou même avec moi-même je pense dans certains états des USA, je peux partir dans un pays faire une FIV ou demander à qqn (j’insiste bien IL FAUT DEMANDER, ON NE FAIT PAS DES ENFANTS DANS LE DOS DE QQN) et ouvrir un cabinet en libéral pour mon prêt immo, faut juste savoir ce qui est le plus important) 

PS5: Faut que d’ici là je l’intègre bien bien bien personnellement et que je ne l’oublie pas

PS6: Porte toi bien! Je t’envoie du love

PS7: 3919 par tel, 114 par sms, 119 pour les enfants

PS8: Pleaaaaaase, ne me dis pas Merci en commentaire. Par contre tu peux me dire coucou.

Mes petits kiffs

+=+

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Marseille, « France », Mars 2020

Quand on me parle de cet été, je n’en ai aucun souvenir. Des brides de soleil, de siestes dans l’herbe mais qu’ai-je fait?

Et puis je me revois sur mon téléphone, à sourire, à rire, à enfouir ma tête dans l’oreiller devant des réponses.

Des heures et des heures qui passaient et qui remplissaient mon coeur.

Quand on y pense…

On aurait pu passer à côté

On aurait pu se louper

On aurait pu ne jamais se croiser

Et puis une évidence aux rythmes de sonneries, des notifications.

Par la petite porte, tu t’es fait une place.

Dans mon téléphone

Dans ma tête

Dans mon coeur

Dans ma vie

Si on m’avait dit, y aurais-je cru?

Si on t’avait dit, y aurais-tu cru?

Que tout cela était réel

Que tout cela était sincère

Que tout cela était vrai

Crois-tu au destin?

Je crois en nous

Parce que quand on me dit « il était une fois »

Derrière il y a toi…

Love

PS: Cuz On a dit que maintenant on aimait 

PS2: Demain est un autre jour

PS3: Si vraiment tu vis un truc extraordinaire, profite au présent. I know i know le lâcher prise on ne connait pas la recette mais juste tu respires et tu souris.